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 HISTOIRE et CIVILISATIONS

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epistophélès

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MessageSujet: HISTOIRE et CIVILISATIONS   Mar 28 Aoû - 22:12

L'APOCALYPSE A FLORENCE

SAVONAROLE

Corruption, dépravation, luxure ! Repentez-vous, Florentins !
Lorsqu'il instaure en 1494 une République religieuse, le moine dominicain veut combattre le vice et l'impiété. Mais cette vision ascétique de la société a-t-elle un avenir ?


Didier LETT
PROFESSEUR EN HISTOIRE MEDIEVALE
UNIVERSITE PARIS 7 PARIS-DIDEROT



LA MISSION DE REFORMER L'EGLISE

Dès son entrée au couvent San Marco de Florence, en 1482, Savonarole exprime l'angoisse que lui cause l'état de corruption où se trouve l'Eglise, à commencer par l'institution papale. Après la nomination d'Innocent VIII en 1484, le moine dominicain écrit un poème dans lequel il prie : "Jésus (...), viens en aide à ta Sainte Eglise romaine, que le démon s'efforce d'abattre." L'élection d'Alexandre VI en 1492, confirma ses pires présages. Il l'évoquera plus tard dans un sermon : "Au début, quand je vous dit qu'il fallait rénover l'Eglise, il s'est passé là-bas, à Rome, une chose telle que beaucoup m'ont dit : "Tu peux voir que ce que tu dis est vrai (...). Si saint Pierre lui-même revenait sur terre et voulait réformer l'Eglise, il ne pourrait pas et serait même condamné à mort.""

Jérôme Savonarole est né à Ferrare le 21 septembre 1452 dans une famille de médecins. L'éducation humaniste et raffinée qu'il reçoit lui est en partie dispensée par son grand-père paternel, Michel Savonarole, célèbre médecin de Padoue (1385-1468), protégé du marquis de Ferrare, Nicolas III d'Este, et auteur d'un des premiers traités de puériculture en langue vernaculaire vers 1450. Comme son illustre aïeul, Jérôme débute des études de médecine à l'université de Ferrare. Mais, subitement, vers 1475, il les abandonne pour se mettre à dénoncer la luxure et l'impiété de ses contemporains. Il entre alors au couvent dominicain de Bologne. En 1479, il est envoyé à Ferrare comme maître des novices puis, de 1482 à 1487, il est lecteur du couvent San Marco à Florence, où il commence à prêcher, se faisant remarquer par ses compétences oratoires et son charisme. En 1485, lors d'une prédication à San Cimignano, il se sent investi d'une mission prophétique pour la renovatio ecclesiae. Il dénonce la curie pontificale romaine, accusée d'être une "putain fière et menteuse", présente un tableau apocalyptique de son époque et prône le retour aux préceptes de l'Evangile. L'élite florentine humaniste et Laurent de Médicis, dit "le Magnifique", s'inquiètent des positions radicales et intransigeantes de ce "prédicateur des désespérés" et s'arrangent pour qu'il soit éloigné de la ville.
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epistophélès

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MessageSujet: HISTOIRE et CIVILISATIONS   Mar 28 Aoû - 22:35

Oser prêcher contre le pape

Mais, en 1490, Savonarole revient à Florence.
En juillet 1491, il devient prieur du couvent San Marco. Il entreprend d'abord - préalable indispensable selon lui à une rénovation de Florence et de l'Eglise - une réforme de son couvent et de son ordre. Il impose donc une règle monastique plus stricte, la non-possession des biens matériels et obtient du papa Alexandre VI, en 1493, que le couvent de San Marco soit séparé de la Congrégation dominicaine de Lombardie et devienne autonome. Il fonde donc la Congrégation de San Marco, qui regroupe plusieurs couvents dominicains, dont ceux de Fiesole et de Prato. Il prêche de plus en plus violemment contre Laurent de Médicis, accusé d'être un tyran, et contre le pape, vilipendé pour vendre des indulgences (ou rémissions des pêchés). Durant cette période, il publie également de petits traités à caractère spirituel et mystique. Dans ses prédications, il en appelle à un retour à l'ascétisme chrétien, annonce une catastrophe imminente qui doit conduire l'Eglise à une vie nouvelle et multiplie les prophéties.
Dans la nuit du 5 au 6 avril 1492, la foudre s'abat sur la coupole de Santa Maria del Fiore, cathédrale de la ville. Le lendemain, en chaire, Savonarole annonce que c'est un signe divin et que bientôt, le "glaive du Seigneur" va frapper pour que son Eglise se réforme. Deux jours après, Laurent le Magnifique meurt prématurément. Le dominicain prédit ensuite la venue d'un nouveau "Cyrus" (par référence au fondateur de l'Empire perse, de 559 à 530 av. J.-C., et symbole du souverain conquérant, ayant soumis en particulier la ville de Babylone en 539 av. J.-C.), qui sera l'instrument du châtiment divin et qui s'emparera de la ville.
Peu de temps après, le roi de France Charles VIII entre en Italie. Tout le monde voit dans ces prophéties et dans ces événements la volonté de Dieu de punir Florence et l'Italie.
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MessageSujet: HISTOIRE et CIVILISATIONS   Mar 28 Aoû - 23:13

Le bûcher des vanités flamboie

Le roi de France, en effet, qui veut s'emparer du royaume de Naples et déposer le pape, vient d'écraser Gênes et se présente aux portes de Florence avec une armée de 15 000 hommes en novembre 1494. Pierre II de Médicis, qui a remplacé Laurent, est chassé de la ville le 9 novembre de la même année. Savonarole, qui prêche dans la cathédrale et qui reçoit le soutien de son confesseur, Pic de la Mirandole, décide de rencontrer le roi de France pour négocier la paix, évitant sans doute le sac de la ville.
A partir de la fin du mois de décembre 1494, Savonarole instaure à Florence une "République chrétienne et religieuse", fondée sur un Grand Conseil d'environ 3 000 citoyens. Ce gouvernement "démocratique" réforme le système fiscal, abolit la torture, prend des mensures plus radicales contre l'usure et lutte contre la sodomie et la prostitution. Selon Savonarole, Florence doit devenir la ville exemplaire et le modèle de la réforme de l'Eglise.
Aussi multiplie-t-il les bûchers des vanités (falo delle vanita), où il ordonne de brûler les livres jugés immoraux, tels ceux de Boccace ou de Pétraque, les objets incitant à la vanité (miroirs, cosmétiques, bijourx, instruments de musique, etc.) et des oeuvres d'art considérées comme indécentes : on raconte que Botticelli serait venu lui-même déposer ses propres tableaux de nus pour qu'ils soient détruits.
Savonarole pense que l'humanité peut être sauvée grâce aux enfants (fanciulli), purifiés.
Dans sa farouche volonté de réforme des moeurs, il s'appuie donc sur eux. Une loi du 18 janvier 1497 proclame que désormais les mineurs de moins de 14 ans n'auront pas le droit de porter de l'or, de l'argent, de la soie, des broderies et aucun vêtement ou chausse de couleurs rose ou rouge sou peine de 10 florins d'amende.
Epaulé par Dominique de Pescia, un autre frère de son ordre, il divise les enfants et les jeunes de moins de 18 ans en quatre groupes suivant les subdivisions administratives des quartiers de la ville les dotant de leur propre magistrature : dirigées par un custode (gardien) et quatre conseillers, ces societates puerorum ("sociétés d'enfants") incorporent aussi des officiers aux fonctions spécifiques (correcteurs, collecteurs d'aumônes, inquisiteurs). Elles sont censées agir comme une police des moeurs. Les enfants, parfois armés de frondes, sillonnent la ville, la surveillent dans ses moindres recoins, dénoncent sodomites et prostituées, s'attaquent parflois aux femmes trop richement vêtues, aux Florentins se livrant aux jeux de cartes ou de dés et tentent de mettre fin au jeu de la"bataglia", une bataille de cailloux au cours de laquelle de manière ritualisée, les enfants (et pardois les adultes) des communes italiennes s'affrontent. Cette fonction purificatrice dévolue aux enfants se manifeste principalement pendant la période du carnaval, décriée par Savonarole.
Dans ces moments habituellement festifs et souvent transgressifs, les groupes d'enfants savonaroliens, tous vêtus de blanc, la tête ornée d'une couronne d'olivier, processionnent dans la ville en portant des effigies de l'Enfant Jésus et incitent tous les Florentins à mener une vie ascétique, faite de charité. Ils sont vus par Savonarole comme les anges de la nouvelle Jérusalem céleste, qui vont bientôt triompher de la"Babylone-Florence" où règne le mal.
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MessageSujet: HISTOIRE et CIVILISATIONS   Mar 28 Aoû - 23:54

Enragés contre Pleurards

Mais le discours et les actes radicaux de Savonarole commencent à agacer. En 1498, parlant de lui, Machiavel écrit : "Selon moi, il s'adapte aux circonstances et farde ses mensonges." Une faction de la ville, les "Enragés" (Arrabbiati), soutien des Médicis et très hostile à la réforme, se constitue.
Elle menace de plus en plus les partisans de Savonarole, surnommés les "Pleurards" (Piagnoni). Les enfants et les jeunes appartenant au groupe des Enragés, appelés Compagnacci, acceptent mal d'être privés de leur carnaval, fête de l'inversion, prérogative habituelle des abbayes de la jeunesses (confréries de garçons regroupés pour organiser des fêtes). Les chroniqueurs racontent de nombreuses altercations entre les deux bandes rivales de jeunes. Ainsi, à la veille de l'Ascension de l'année 1497, les Compagnacci jettent des ordures sur la chaire de la cathédrale et, le lendemain, interrompent bruyamment la prédication de Savonarole.
Les mécontentements grondent de plus en plus, et de très nombreux citoyens de la cité toscane commencent à être lassés des méthodes brutales et intransigeantes du réformateur. Comme Savonarole reste hostile à la participation de Florence à une ligue contre Charles VIII, ses adversaires en profitent pour dénoncer cette position auprès du pape qui, le 8 septembre 1495, accuse les prédicateur d'hérésie, de sédition et de fausse prophétie, et menace de jeter l'interdit sur Florence. Cette décision pontificale, si elle était appliquée, aurait des conséquences spirituelles et économiques dramatiques pour la ville : les Florentins se verraient privés de l'accès au Paradis, et les autres Etats n'accepteraient plus d'emprunter et de commercer avec une cité hérétique.
Le 16 octobre, le pape franchit un pas de plus en interdisant à Savonarole de prêcher, ce que ce dernier continue malgré tout à faire, non plus dans le Duomo de Florence, mais du haut de la chaire de l'église du couent San Marco. Cherchant une ultime tentative de conciliation, le 15 août 1496, le pape propose à Savonarole de le nommer cardinal, mais le réformateur refuse et proclame qu'il ne veut que la martyre. Il est finalement excommunié le 12 mai 1497. Entre janvier et février 1498, il rédige à la hâte et en langue vulgaire, pour toucher un lctorat plus large, un court traité politique intitulé Sur la façon de régir et de gouverner la cité de Florence.
En avril 1498, il est emprisonné et torturé. Lors du dernier interrogatoire qu'il subit, la veille de sa mort, conscient qu'il ne verrait pas l'aboutissement de la réforme des moeurs, de la cité toscane et de l'Eglise qui'l avait tant souhaitée, il aurait déclaré : "Les choses qui pour Dieu vont vite peuvent sur terre prendre plus longtemps." Finalement, le 23 mai 1498, avec ses confrères dominicains Dominique de Pescia et Silvestro Maruffi, il est condamné à être pendu puis brûlé place de la Seigneurie à Florence. Les enfants, ceux-là même qu'il avait essayé de placer au centre de sa réforme morale, le jour de son arrestation, bombardent de pierres la porte du couvent San Marco et lapident son corps déjà inanimé durant sa crémation. Pour éviter qu'un culte ne soit rendu par ses derniers partisans, ses cendres sont jetées dans le fleuve Arno.
Savonarole reste une figure historique controversée. Pour les uns, il est le défenseur des libertés individuelles et politiques, le protecteur des plus démunis contre les élites, attaché à une réforme morale de l'Eglise, dénonçant la corruption du clergé et l'abus de l'utilisation des indulgences, sorte de précurseur de Luther et de la Réforme. Pour les autres, c'est un prédicateur et un mystique exalté, voire halluciné, faux prophète et intégriste, pour qui la lutte contre la corruption et la dépravation justifie l'intolérance, la violence et l'instauration d'un Etat policier.
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MessageSujet: HISTOIRE et CIVILISATIONS   Mar 4 Sep - 20:30

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LA MISSION DE REFORMER L'EGLISE


Dès son entrée au couvent San Marco de Florence, en 1482, Savonarole exprime l'angoisse que lui cause l'état de corruption où se trouve l'Eglise, à commencer par l'institution papale. Après la nomination d'Innocent VIII en 1484, le moine dominicain écrit un poème dans lequel il prie "Jésus" (...) viens en aide à ta Sainte Eglise romaine, que le démon s'efforce d'abattre." L'élection d'Alexandre VI en 1492 confirma ses pires présages. Il l'évoquera plus tard dans un sermon : "Au début quand je vous aid dit qu'il fallait rénover l'Eglise, il s'est passé là-bas, à Rome une chose telle que beaucoup m'ont dit : "Tu peux voir que ce que tu dis est vrai (...).
Si saint Pierre lui-même revenait sur terre et voulait réformer l'Eglise, il ne pourrait pas et serait même condamné à mort"".

1475

Né en 1452, Jérôme Savonarole quitte la maison paternelle de Ferrare à 22 ans et entre au couvent dominicain San Domenico de Bologne où, peu de temps après, il prend l'habit.

1490

Après un premier séjour en 1482-1487, Savonarole retourne à Florence à la demande de Laurent le Magnifique, chef du lignage des Médicis qui gouverne la ville depuis plus d'un demi-siècle.

1494

A l'arrivée de Charles VIII de France, les Florentins se révoltent contre Pierre II de Médicis, qui est obligé de s'enfuir. Savonarole devient le principal inspirateur de la politique de la cité.

1497

Jérôme Savonarole est excommunié par le pape Alexandre VI, qui l'accuse d'avoir divulgué des doctrines dangereuses et refusé de se présenter à Rome devant le pontife.

1498

Le moine est pendu et brûlé sur la place de la Seigneurie, pleine de monde, à Florence. Ses cendres sont dispersées dans l'Arno.

LA PROPHETIE DE L'INVASION

Le 1er novembre 1494 lorsqu'on apprend à Florence que Pierre de Médicis a remis les clés de la ville à Charles VIII de France, Savonarole prononce un sermon incendiaire dans la cathédrale Santa Maria del Fiore. Son message central est un appel au repentir pour les péchés : "Ô pécheurs, ô obstinés, ô tièdes, à vous qui attendez la dernière minute pour vous repentir, faites pénitence, faites-le maintenant, n'attendez plus ! (...) Tes méchancetés, ô Italie, ô Florence, tes impiétés, tes fornications, tes usures, tes cruautés sont la cause de tes tribulations. La voici, la cause ! Et si tu as trouvé la cause de ce mal, chercher le remède. Eloigne le péché qui est la cause de ce mal et tu guériras." Le frère en profitait aussi pour justifier la prophétie qu'il avait annoncée peu avant et qui se réalisait : l'invasion française.
"Tu sais qu'il y a moins de deux ans je te disais : "Voici le glaive du Seigneur qui va s'abattre sur la Terre, tout de suite et rapidement. Ce n'est pas moi, mais Dieu qui l'a prédit. Et voilà, elle vient ! '...) Voici le jour du Seigneur qui arrive (...) Le jour du Seigneur est ténèbres et non lumière. Faites pénitence et aucune autre chose."

L'OPINION AMBIGUË DE MACHIAVEL

Savonarole et Machiavel ont souvent été opposés en tant que symboles de deux mentalités radicalement différentes : religieuse, médiévale et rétrograde pour le premier ; laïque, moderne et pragmatique pour le second. Cette opposition réductrice, permet de comprendre pourquoi Machiavel a qualifié Savonarole de "prophète désarmé", incapable de voir que la foi et la parole ne pouvaient lui assurer de garder le pouvoir sans recourir à la force. Machiavel n'a pas ménagé ses critiques sur l'action politique du dominicain et la division qu'il a causée parmi les florentins.
Mais il faut signaler que Machiavel a aussi manifesté son admiration pour la doctrine et le mode de vie exemplaire de Savonarole, dont il a dit que "d'un tel homme il faut parler avec révérence".

CONFESSION SOUS LA TORTURE

Le procès de Savonarole a été organisé à partir de trois interrogatoires, qui ont eu lieu en avril et en mai 1498.
Ils ont été menés par une commission nommée par la seigneurie de Florence, mais deux commissaires pontificaux envoyés par Alexandre VI ont également participé au troisième interrogatoire. Le fait que tous les commissaires judiciaires aient été choisis parmi les adversaires politiques du dominicain n'est pas un hasard : ce fut un jugement politique, au résultat connu d'avance. On a beaucoup débattu sur la présumée falsification des actes judiciaires, qui aurait attribué à Savonarole des phrases qu'il n'avait jamais prononcées, afin de justifier sa condamnation. Il n'existe aucune certitude sur ce point, signalé par les disciples et les hagiographes de Savonarole. Cependant, il est sûr que, lors des interrogatoires, des châtiments corporels ont été infligés Sur ces tortures, les historiens s'accordent à considérer qu'il s'agissait de supplices plutôt légers selon les standards de l'époque. Elles sont néanmoins plus que suffisantes pour jeter une ombre sur la confession des fautes de Savonarole.
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MessageSujet: HISTOIRE et CIVILISATIONS   Mer 5 Sep - 19:58

PROCESSION ET BÛCHER DANS LA FLORENCE DE 1497

La biographie de Savonarole attribuée à un disciple du dominicain, frère Pacifico Burlamacchi, relate l'épisode du bûcher des vanités que le moine de Ferrare avait organisé en 1497. Burlamacchi explique qu'au contre de la place de la Seigneurie avait été installée une pyramide à huit faces de 20 m de haut. La structure comptait 15 degrés, où furent empilés "les vanités et objets lascifs" que ses disciples, les piagnoni avaient collectés dans tous les coins de la ville.

La liste de "tous les objets odieux" est longue : sur le premier échelon, "il y avait des étoffes étrangères magnifiques, mais pleines de figures impudiques" ; sur un autre étage, "des portraits de femmes florentines et d'ailleurs peints par d'escellents artistes". Dessus, des damiers, des cartes et des dés, et aussi "des masques, barbes, costumes et autres instruments carnavalesques". Plus haut, "les vanités des femmes" : perruques, flacons de parfum, miroirs "et autres objets lascifs."
Des instruments de musique, des "peintures et sculptures", des "livres de poètes pleins de lascivité", comme Boccace et Pétrarque. Tout cela couronné par "une figure de carnaval, si monstrueuse qu'on pouvait à peine l'imaginer".

La journée commença par "une très belle procession" de centaines de piagnoni vêtus de blanc, symbole de pureté. Ils portaient une sculpture de l'Enfant Jésus de Donatello. Autour, "d'autres garçons entonnaient une douce mélodie", accompagnés par "des milliers de personnes qui chantaient des hymnes" et offraient des aumônes aux pauvres.

La procession arriva sur la place de la Seigneurie, au milieu de cantiques contre le carnaval. Alors, quatre hommes mirent le feu au bûcher, tandis que sonnaient les cloches du palais devant une foule étonnée "qui s'en donnait à coeur joie et se réjouissait de ce qu'elle voyait".
Ainsi, "tandis que les flammes montaient au ciel, toutes les vanités furent consumées par le feu".
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MessageSujet: HISTOIRE et CIVILISATIONS   Mer 5 Sep - 19:59

FIN
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Martine

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MessageSujet: Re: HISTOIRE et CIVILISATIONS   Jeu 6 Sep - 21:19

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