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 LE PULL-OVER RUOGE

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epistophélès

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MessageSujet: LE PULL-OVER ROUGE   Sam 11 Nov - 23:34

Une petite parenthèse :

Patrick Henry avait enlevé le petit Philippe Bertrand et l'avait étranglé, comme ça. Apparemment il voulait soutirer de l'argent à la famille qui l'avait toujours accueilli avec gentillesse chez elle.
Libéré en 2001, après 7 demandes de remise en liberté, qui lui avaient été refusées, il est à nouveau arrêté en juin 2002, en Espagne, avec en sa possession un peu moins de 10 kilos de résine de cannabis.
Il est réincarcéré. En 2014, François Holland refuse de le gracier.
En septembre 2017, atteint d'un cancer du poumon, il demande sa libération pour raison médicale.
Le 15 septembre, il obtient une suspension de peine après 40 ans de détention.
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epistophélès

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MessageSujet: LE PULL-OVER ROUGE   Sam 11 Nov - 23:46

Ce qui me sidère, c'est la "banalisation" actuelle des viols et meurtres d'enfants. Plus de fureur vengeresse, comme au temps de C. Ranucci ou de P. Henry.
C'est devenu tellement banal que les pervers sont presque exonérés de peines lourdes. En plus, apparemment les violeurs du XXIe siècle sont de "petits minables" qui ne valent pas le coup de faire la une des journaux . Comme si les violeurs-tueurs d'il y a 40 ans étaient des génies !
Non, vraiment, ce qui intéresse les journaux aujourd'hui, ce sont des pseudos-vedettes, qui dévoilent leur nudité à tout-va, qui poignardent leur conjoint dans un accès d'hystérie et qui sont acquittés avec bonhomie par un juge indulgent devant une jeunesse "un peu" impulsive. ....scratch ...
Rolling Eyes
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epistophélès

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MessageSujet: LE PULL-OVER ROUGE   Sam 11 Nov - 23:49

Bon, ben moi, vais dodo. Faut que je me remette de ce que je viens de lire sur l'Affaire Christian Ranucci. ......... Laughing
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MORGANE

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MessageSujet: Re: LE PULL-OVER RUOGE   Dim 12 Nov - 17:06

Avec Dutroux
beaucoup de réactions
marche blanche .
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epistophélès

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MessageSujet: LE PULL-OVER ROUGE   Dim 12 Nov - 18:51

Oui, Morgane, il y a les "Marches blanches", organisées par les familles, avec l'appui des populations locales. Et c'est très bien. Mais ma critique va aux pouvoirs publics.
Il y a quelque temps, un homme qui avait violé et tué un enfant de 5 ans, avait été condamné à seulement 9 ans de prison. Il en est sorti au bout de 4, pour récidiver.
Un autre petit garçon avait été enlevé et abusé sexuellement. La police avait vite retrouvé le pervers. Et je me souviens d'un certain M. Sarkozy, qui, aux côtés du père de la victime, avait promis publiquement de faire construire une prison spéciale pour tous les violeurs et tueurs d'enfants (sous-entendu, que ce lieu d'incarcération pourrait être définitif pour ces criminels). On n'a plus jamais entendu parler de cette fameuse construction ! A moins qu'elle ne soit en cours. On ne sait jamais.
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epistophélès

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MessageSujet: LE PULL-OVER ROUGE   Dim 12 Nov - 19:23

Mais voici que Patrick Henry, l'homme le plus haï de France depuis des décennies, est escamoté par la machine judiciaire et disparaît dans l'ombre miséricordieuse d'une instruction qu'il n'est au pouvoir d'aucun garde des Sceaux, fût-il le plus cynique, d'avilir en une livraison hâtive au compère bourreau de son humaine matière première. On n'entendra plus parler de lui d'ici un an. La soif de vengeance va cependant être étanchée et la formidable charge de haine accumulée trouvera un exutoire, puisque le destin fait justement sortir des coulisses une providentielle doublure, cet autre assassin d'enfant qu'on avait un peu oublié. Certes, Christian Ranucci affirme son innocence, mais l'opinion publique l'ignore et ne se souvient que de ses aveux. Certes, il a enlevé Marie-Dolorès, s'il l'a enlevée, sous l'empire d'obscures pulsions sexuelles, et non pas dans le dessein crapuleux de battre monnaie avec l'angoisse d'une famille, comme a fait Patrick Henry. Sans doute a-t-il tué, s'il a tué, dans un moment d'égarement, submergé par la peur et non point par le calcul délibéré, comme à peut-être fait Patrick Henry. Mais n'importe ! il a vingt-deux ans, l'autre vingt-trois, et il a lui aussi tué un enfant. Il fera l'affaire.
"Qui ne voit derrière les traits émaciés le regard absent de l'accusé, le masque cynique de Patrick Henry?" écrira un chroniqueur du procès Ranucci.
Ainsi la pièce qu'on va jouer à Aix est-elle folle puisque les acteurs n'ont pas appris le même texte. Tout ce q ui n'est pas l'accusé et sa défense s'attend à voir célébrer une immolation expiatoire sur l'autel de l'enfance assassinée. Christian Ranucci se prépare à fulminer son courroux contre les misérables qui ont bafoué son innocence. "Il se languissait d'aller aux assises, dit sa mère, il attend le procès avec une impatience que vous ne pouvez pas savoir, et il y est allé comme à une fête." Pour Ranucci, c'est après son acquittement que commenceront les choses sérieuses. Il a longuement débattu s'il tirerait pleine vengeance de ses persécuteurs ou s'il se prêterait à un compromis raisonnable. Et comme il s'est mis en tête d'aller vivre aux Amériques, sa dernière parole à Jean-François Le Forsonney avant de partir pour Aix a été celle-ci ; "Il faudra négocier avec Giscard, après mon acquittement. Je veux deux billets d'avion pour le Venezuela ; un pour ma mère, un pour moi. Et suffisamment d'argent pour nous installer. Sinon, je fais éclater le scandale et je pousse l'affaire jusqu'au bout." Héloïse Mathon, toujours soucieuse de la santé de son fils, a prévu de six semaines à deux mois de repos près de Perpignan avant le grand départ outre-Atlantique. Ils s'installeront dans un meublé, à l'abri de la curiosité publique. Elle a retenu un chauffeur de taxi marseillais, "homme sérieux, digne de confiance", pour qu'il attende Christian à la porte de la prison, le soir de l'acquittement. La voiture est une Mercedes blanche, couleur de l'innocence. Héloïse sera là, bien entendu, mais elle a prévenu son fils que s'il pleuvait ou s'il faisait froid, elle se réfugierait dans le café d'en face. Ils partiront directement pour Perpignan.
L'opinion publique, Christian Ranucci : deux aveugles fonçant l'un vers l'autre sur une autoroute, convaincus qu'aucun obstacle ne peut se présenter.
La collision fera un mort.
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epistophélès

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MessageSujet: LE PULL-OVER ROUGE   Dim 12 Nov - 21:23

Le président Anton - Corse, sexagénaire, visage rond et rouge, cheveu rare et moustache fournie, l'air d'un brave homme sans malice - procéda à l'interrogatoire d'ientité de l'accusé, puis au tirage au sort des neuf jurés qui allaient composer le jury. L'avocat général demanda et obtint que deux jurés supplémentaires fussent désignés pour le cas où des titulaires viendraient à faire défaut en raison de la longueur prévisible des débats.
Les bulletins portant les noms de ving-trois jurés furent placés dans une urne pour être tirés au sort. Sur ces vingt-trois jurés, six - soit plus d'un quart - sont originaires de ce qu'on appelait jadis l'A.F.N. : l'Afrique française du Nord ; cinq sont à la retraite ; les quatre femmes sont sans profession ; trois hommes sont, ou ont été militaires de carrière ; sept - soit près d'un tiers - appartiennent à la catégorie des cadres ; les autres sont commerçants ou agriculteurs ; un seul est ouvrier. C'est ce qu'on nomme la justice populaire.
La défense, comme l'accusation, a le droit de récuser quatre jurés dont le nom est sorti de l'urne. C'est un exercice difficile que de déduire de la profession d'un juré, de son âge, de son apparence physique, s'il penchera vers la répression ou vers l'indulgence. On songe à maître Badinter qui, dans un an et précisément au procès de Patrick Henry, recevra lors d'une suspension d'audience cette confidence navrée du président départemental de la Ligue des droits de l'homme : "Hélas, vous avez récusé une femme : c'est l'une de mes meilleures militantes, adversaire sésolue de la peine de mort..." Comment savoir ? Mais un homme peut vivre ou mourir selon que ses avocats ont été séduits par un visage faussement bonhomme ou au contraire défavorablement impressionnés par une physionomie revêche plaquée sur la miséricorde.
Les avocats de Christian Ranucci récusèrent une femme, un officier, un militaire en retraite et un agriculteur. Le jury se trouva donc ainsi composé : une femme sanq profession, un retraité, un agriculteur, un technicien, un contrôleur des P.T.T., un commerçant, un cadre des assurances, un sous-directeur de banque, un directeur de société. La moyenne d'âge était de quarante-trois ans.
L'avocat général Viala n'exerça pas son droit de récusation. Ce magistrat blanchi sous le harnois est un homme de belle apparence, décoré de la Légion d'honneur, d'une intelligence et d'une éloquence redoutables. Il avait alors la réputation établie d'être opposé à la peine capitale. Son handicap, dans l'affaire Ranucci, était d'avoir été désigné au tout dernier moment, de sorte qu'il n'avait disposé que e quelques jours pour étudier le dossier. Cette désignation tardive était le résultat d'une tentative désespérée de Paul Lombard visant à faire renvoyer le procès à une date ultérieure. Pour autant qu'on ait bien compris l'opération, il semble que l'avocat, justement angoissé par la vague de haine née de l'affaire Patrick Henry, ait imaginé d'appeler à ses côtés un avocat parisien connu pour les dignités éminentes auxquelles il a atteint dans la franc-maçonnerie. Le substitut d'Aix qui devait requérir contre Ranucci étant considéré, à tort ou à raison, comme relevant de la même obédience maçonnique, il eût peut-être été possible d'obtenir un renvoi salvateur. Le procédé pouvait paraître osé, mais à considérer le péril extrême où l'hystérie suscitée par l'affaire de Troyes mettait son client, l'avocat devait tenir que tout était bon pour neutraliser l'injustice colossale née du calendrier. Toujours est-il que le projet avait échoué, le substitut mis en cause ayant demandé lui-même son remplacement, et que M. Viala avait été désigné pour occuper le siège du ministère public. L'affaire avait créé une certaine émotion dans la magistrature aixoise, qui en restait amertumée. Aainsi continuait de se manifester inexorablement l'exceptionnelle malchance de Christian Ranucci. Ses défenseurs avaient fait d'excellente besogne en usant de tous les moyens dilatoires à leur disposition, de sorte qu'il était jugé près de deux ans après la mort de Marie-Dolorès Rambla, mais ce délai, au lieu de le faire bénéficier de l'apaisement qu'apporte avec lui le temps, le précipitait sur l'estrade dans la circonstance la plus effroyablement contraire. Et quand son principal avocat tentait une manoeuvre ultime pour conjurer le sort, elle n'aboutissait qu'à irriter contre lui les magistrats du siège.
Si l'accusateur public était impromptu, la défense allait à la bataille profondément divisée et André Fraticelli s'était résolu à être présent mais à ne pas plaider.
Il est si l'on veut le Porthos du trio (auquel manque évidemment un Aramis) ; un Porthos rugbyman court de taille mais large d'épaules, habitué en bon talonneur à évaluer la puissance de la poussée adverse, attentif au score et disposé à botter en touche pour préserver un résultat. Il n'estime pas que les plaidoiries désespérées sont aussi les plus belles et, plutôt qu'à un éventuel génie qui'l n'est point assuré de posséder, il fait confiance à son bon sens, qui est écrasant.
"Je ne voyais pas la possibilité de plaider l'innocence de Ranucci, dit-il. Cela ne veut pas dire que je le considérais comme coupable ; simplement, je ne croyais pas possible de démontrer son innocence. Bien entendu, c'est à l'accusation de prouver la culpabilité. Mais dans ce cas précis, il y avait des témoins, des aveux - des aveux copieux, répétés -, tant et si bien que la culpabilité paraissait acquise au départ et que la défense devait remonter le courant, prouver l'innocence. Le vrai n'est pas plaidable s'il n'est pas vraisemblable. Je dois préciser que je n'avais pas été associé à toutes les histoires autour du pull-over rouge et que je n'en savais pas grand-chose.
"Ma stratégie était donc la suivante ; plaider la culpabilité et prendre l'accusation à contre-pied en accentuant le côté macabre, scandaleux, excessif du crime. J'aurais longuement parlé de la malheureuse petite victime, du calvaire qu'elle avait subi, du véritable massacre qui avait mis fin à ses jours. Délibérément, je serais allé au-delà même de l'accusation dans l'évocation de l'horrible. Mais j'en aurais tiré cette conclusion : "Le crime est si atroce, si gratuit, qu'un être normal ne peut l'avoir commis. Les examens psychiatriques pratiqués sur Ranucci concluent à son entière responsabilité ? C'est vrai, mais ils ont été faits plusieurs semaines après l'acte. Or, les psychiatres eux-mêmes parlent de pulsion.
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