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 Une histoire érotique de la diplomatie

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epistophélès

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MessageSujet: Une histoire érotique de la diplomatie   Lun 11 Sep - 23:34

Le 25 février 1856, le comte Walewski, fils naturel de Napoléon Ier et ministre des Affaires étrangères, ouvrit le congrès, qu'il présida jusqu'à la signature du traité de peix, le 30 mars suivant. L'ambiance fut aussi brillante et frivole que lors du congrès de Vienne, quarante ans plus tôt : "Ce n'est que plaisirs", écrivait la marquise de Contades, qui coucha avec Napoléon III afin d'obtenir l'ambassade de Constantinople pour son mari - "le mettre à la Porte" comme dirent les plaisantins. Morny participa à ce tourbillon et reçut à plusieurs reprises les délégués, auxquels il offrit de fastueux soupers à l'hôtel de Lassay.
Pour ne pas froisser Waleswski, il ne participa pas officiellement aux travaux du congrès, mais profita de cette liberté pour travailler en coulisse à apaiser les susceptibilités russes. Au bout du compte, la mer Noire devint neutre et les Détroits restèrent sous contrôle ottoman. Mais la Russie n'eut à signer aucune clause humiliante.

La décision de Napoléon III de nommer son demi-frère ambassadeur extraordinaire en Russie, à l'occasion du sacre du tsar Alexandre II, vint fort à propos. Partir pour Moscou offrait l'avantage de s'éloigner de Fanny, qui devenait de plus en plus "empoisonnante". Selon la propre expression de Morny, leurs disputes ressemblaient à des règlements de comptes entre deux associés prêts à rompre. En outre, Napoléon III voulait le voir cesser ses scandaleux trafics financiers. " (L'empereur) me fit venir chez lui un matin, écrira-t-il, m'annonça cette intention en ajoutant qu'il désirait me donner une grande situation politique, un titre de duc, un hôtel à Paris et une dotation de 200 000 livres de rentes, mais qu'il désirait que je quittasse les affaires."
En plus de le récompenser pour ses bons offices durant les négociations ayant précédé la signature du traité de Paris, Napoléon III voulait sceller par cette nomination la réconciliation avec la Russie. Morny se montra d'abord réservé : il pensait qu'il était inutile de tenter de s'assurer l'alliance russe si le gouvernement français n'avait rien à offrir au tsar.
Cependant, après réflexion, il décida d'accepter l'offre de son impérial demi-frère, car il éprouvait de sérieux embarras financiers dont la presse se faisait fâcheusement l'écho.
Il eut alors la satisfaction de voir de hauts représentants de l'aristocratie, qui d'habitude snobaient l'Empire, demander à faire partie de sa suite. On rapporta que les premiers noms de France sollicitaient l'honneur d'accompagner à la cour de Russie ce "grand personnage" qui avait du mérite d'être resté, au milieu de tant de flatteries, ce qu'on pouvait appeler "un bon enfant".
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epistophélès

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MessageSujet: Une histoire érotique de la diplomatie   Mar 12 Sep - 0:27

Il se constitua donc une ambassade fastueuse, dessina pour ses collaborateurs des uniformes somptueux et pour son personnel une livrée blanche et écarlate. Trois généraux l'accompagneraient, dont Leboeuf et Frossar, qui avaient servi en Crimée. Il y aurait aussi le marquis de Gallifet, à l'époque sous-lieutenant, et le comte Joachim Murat, petit-fils de Murat et de Caroline Bonaparte. Parmi les diplomates, on comptait Félix de La Valette et le marquis de Piennes. Morny emmènerait en outre avec lui Gauché, ancien chef cuisinier du comte de La Ferronaie (ambassadeur de France en Russie sous la Restauration), et le joaillier Lemonnier, pour ne pas avoir à lui régler une facture de 60 000 francs. Il donnait ainsi la possibilité à Lemonnier de faire passer des bijoux par la valise diplomatique et de les vendre très cher à Saint-Pétersbourg.
De grands noms russe lui préparèrent le terrain. Ainsi la princesse Radziwill le mit-elle en relation avec Lise Troubetzkoï, dont le salon était célèbre dans toute l'Europe. Elle lui donna également de précieuses lettres de recommandation. Morny comptait rappeler que, jadis, le tsar Alexandre Ier avait traité avec bienveillance l'impératrice Joséphine, la reine Hortense et ses enfants. Comme il voulait souligner à la cour de Russie sa haute ascendance, il fit pendre des armes parlantes sur la carrosse qu'il devait emprunter pour le sacre : un hortensia, accompagné de la devise Tace sed memento ("Tais-toi, mais souviens-toi").

Le journal Le Sport ayant annoncé qu'il allait bientôt convoler avec Miss Hutton, Fanny Le Hon exigea de lui un démenti public, ce qu'il refusa, arguant du ridicule que cela entraînerait. Elle s'emporta, et il ne put la calmer qu'en lui promettant de régler définitivement cette affaire. En réalité, il lui mentait effrontément car il s'était engagé bien au-delà de ce qu'il voulait avouer. Il avait tenu à Annie des propos imprudents que la famille Hutton avait pris pour une promesse de mariage. Il avait même écrit à Mme Hutton que, s'il n'éprouvait pas encore d'amour pour sa fille, les qualités de celle-ci lui faisaient espérer "le bonheur intérieur" ; que bien des obstacles s'opposaient encore à leur union et qu'il ne pourrait les vaincre qu'à la condition d'un secret absolu, mais qu'avant d'aller plus loin il désirait au moins savoir si sa demande serait favorablement reçue par les parents de la jeune femme.
Ravie, Mme Hutton lui répondit en l'assurant de son consentement et de celui de son mari... mais il était bien entendu que tous leurs arrangements ne pouvaient être définitifs que si, comme il l'avait promis, il rompait les liens qui pouvaient encore l'attacher à "Mme Le H". Celle-ci eut du moins la satisfaction de le voir constituer une dot de 1 million pour leur fille Louise, qui s'apprêtait à épouser en juin le prince Stanislas Poniatowski.
Morny offrit à sa fille naturelle douze robes de chez Worth, le célèbre couturier, pour un total de 3 600 francs. Il laissa également à Louise son hôtel des Chaps-Elysées, ce qui était clairement signifier à Fanny qu'il en avait assez d'elle : "Je le quitte, je la quitte et je m'acquitte", dit-il à l'un de ses amis.
Son départ pour Saint-Pétersbourg l'obligeait aussi à prendre ses distances avec Miss Hutton. A Wiesbaden où il dut s'arrêter, ne se sentant pas bien, il eut la désagréable surprise d'apprendre pas son père, le comte de Flahaut, que Mme Hutton se répandait sur le prochain mariage de sa fille avec lui. Il saisit cettte occasion pour envoyer à la petite Américaine une lettre sèche qui faisait pressentir leur rupture. Effondrée, Annie protesta noblement de son amour dans une missive qu'il ne reçut qu'à Saint-Pétersbourg.
Le trajet fut fatigant et mouvementé, Morny voyageant vite pour arriver avant l'ambassadeur d'Angleterre, lord Granville, et l'ambassadeur d'Autriche. Le comte Esterhazy. L'accueil fut chaleureux que lui réservèrent les Russes l'aida à oublier son épuisement. Au palais de Peterhof, il présenta ses lettres de créances au tsar, qui lui souhaita aimablement la bienvenue. Dès le lendemain, il assista à la messe célébrée pour l'anniversaire de la tsarine. Sa nonchalante élégance impressionna favorablement la cour.
Puis, avec le reste du corps diplomatique, il gagna Moscou où devait se dérouler le couronnement. Il loua dans la capitale deux palais, où il s'empressa de donner des fêtes somptueuses. Son cuisinier fit merveille : comme le dit Alexandre II, l'argenterie de l'ambassadeur d'Angleterre était magnifique, mais il était dommage que l'on n'y trouvât point ce qu'il y avait dans les assiettes du comte de Morny !
Celui-ci donna en l'honneur des souverains russes un bal qui resta dans les mémoires et qu'il ouvrit au bras de l'impératrice. Il avait conçut lui-même la décoration de la salle et réglé tous les détails.
Après les célébrations de Moscou, la cour et le corps diplomatique regagnèrent Saint-Pétersbourg. Morny eut de longues conversations avec Alexandre II, qui lui confia la sympathie naturelle qu'il éprouvait pour la France. Imitant Talleyrand, le nouvel ambassadeur de France se prit à rêver à un Tilsit pacifique et adressa une lettre à son demi-frère, le mettant en garde contre les manoeuvres du cabinet britannique, "égoïste et turbulent", et contre le danger de négliger les avances russes. Cela équivalait, selon luiiiiiii, à risquer d'être isolé, ce qui ferait l'affaire de la Prusse, qui "nous (détestait) du fond du coeur".
A Paris, Napoléon III n'était pas prêt à entendre ce langage. Pour favoriser le regroupement des nationalités, en Italie et en Allemagne, il avait besoin de la neutralité anglaise. Morny écrivit de nouveau, cette fois à Walewski, son ministre de tutelle : "Les Anglais ? (....) N'ont-ils pas combattu la politique de l'empereur partout ? Je redoute les Anglais comme le feu (...) S'il s'agit de vexer et d'entraver l'Autriche, la Russie nous secondera, (...) mais elle n'ira pas jusqu'à compromettre le système monarchique, surtout au profit de révolutions nationales qui, partant d'Italie, retentiraient nécessairement en Pologne." C'était faire preuve de la plus grande prescience.
En outre, Morny s'irritait des attaques de la presse britannique, qui l'accusait de profiter secrètement de son ambassade pour se livrer à des tripotages fianciers. Ce n'était pas faux, et il s'était bien gardé d'en avertir Walewski, qui prit fort mal la chose et lui demanda des explications. Effrontément, Morny protesta de son innocence. Walewski lui répondit sèchement et l'aurait volontiers sanctionné si Napoléon III n'était intervenu en faveur de son demi-frère, qui put continuer à vaquer à ses "occupations".
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MessageSujet: Une histoire érotique de la diplomatie   Mar 12 Sep - 3:20

En mars 1856, la naissance du prince impérial accrut en Morny le désir de fonder une famille. Il avait depuis longtemps le projet de se marier en Russie. Déjà, à la fin de 1852, après la mort du duc de Leuchtenberg (qui était le fils d'Eugène de Beauharnais, donc le neveu de la reine Hortense et le cousin germain de Morny), il avait songé à demander la main de sa veuve, la grande-duchesse Maria, fille du tsar Nicolas Ier. Maintenant qu'il était quasiment débarrassé de Fanny et d'Annie, l'idée d'un mariage russe pouvait se concrétiser. Le bruit de son projet matrimonial se répandit et il vit venir à lui une multitude de beaux partis. Il tomba sous le charme de celle qu'il surnomma la "fée des neiges", en l'occurence la princesse Sophie Troubetzkoï. Bien que portant l'un des plus grands noms de Russie, elle n'avait pas de fortune, mais le bruit courait que son père était en réalité feu le tsar Nicolas et qu'elle était donc la demi-soeur d'Alexandre II.
Morny l'avait aperçue pour la première fois lors du sacre de Moscou et avait eu le coup de foudre : "Je ne voyais qu'un de ses profils, mais ce que j'en découvrais suffisait à me donner une furieuse envie de voir l'autre !" Elle avait vingt-sept ans de moins que lui, et il la décrit de façon dithyrambique : "Quelle merveille ! Si blanche, si blonde, avec des yeux noirs étonnés et curieux ; elle était frêle, mignonne, avec des mains fluettes et le pied de Cendrillon." Il constat vite qu'elle était intelligente aussi. Alors qu'il lui faisait la cour, elle lui répondit, fine mouche : "Mon printemps vous amuse, monsieur l'ambassadeur, mais j'ai déjà deviné que vous étiez un homme des quatre saisons." Piqué au vif, il protesta de la réalité de son amour et lui proposa le mariage, ce qu'elle accepta.
A Paris, la nouvelle ne souleva pas l'enthousiasme de Napoléon III, qui mit en garde son demi-frère contre un emballement qu'il pourrait regretter par la suite. Morny écrivit à Annie Hutton pour lui annoncer qu'il "ajournait" leur bonheur. La petite Américaine fut désespérée et sa mère le somma de s'expliquer. Assez lâchement, il tenta de se justifier en invoquant son état de santé.
Peut-être pour lui forcer la main, Mme Hutton multiplia les indiscrétions. Elles finirent par arriver aux oreilles de Sophie, qui se montra cinglante : "Ainsi, mon cher comte, non seulement vous avez une vieille maîtresse, mais encore vous êtes en possession d'une fiancée ! Décidément, cous êtes un homme comblé ! Trop comblé pour avoir besoin de ma modeste personne !" Ainsi mis en demeure, Morny promit de faire le ménage dans sa vie et se résigna à écrire à la malheureuse Annie une lettre de rupture définitive et dégoulinante d'hypocrisie.
Il annonça également son mariage à Fanny : "Je me marie. L'empereur le veut, la France le désire. Pendant que j'étais au pouvoir, les rapports de police me disaient toujours ! "Mariez-vous... Mariez-vous"" Et il osa ajouter : "J'espère quem a femme n'aura pas de meilleure amie que vous."
Le 19 janvier 1857, il épousa donc Sophie ; mais s'il pensait que Fanny accepterait sa défaite avec dignité, il se trompait. Ridiculisée, elle se vengea avec l'aide de Rouher (farouche conservateur, Eugène Rouher se fit surtout connaître comme ministre d'Etat chargé de défendre la politique impériale devant les Chambres. Son influence fut telle qu'on le surnomma le "vice-empereur". C'était le grand ennemi de Morny), son nouvel amant, en prétendant que Morny lui devait 6 millions. En réalité, il lui avait déjà remboursé tous ses prêts et elle était même devenue sa débitrice.
Comme Napoléon III redoutait qu'elle n'aille devant les tribunaux et ne présente des pièces compromettantes, Morny devait donc rester en Russie tant que le scandale n'était pas étouffé, et certaines mauvaises langues prédirent qu'il pourrait bien être forcé d'y demeurer en exilé. Finalement, l'empereur informa son demi-frère que Fanny réclamait 4,4 millions de francs. Elle était prêtre, sinon, à révéler l'usage des fonds qu'elle avait avancés à Morny, comme lors du coup d'Etat du 2 décembre. Aussi se vit-elle accorder la somme de 3,5 millions de francs. Son ex-amant se déclara "injustement dépouillé" et se retrouva brouillé avec Walewski, que l'empereur avait cru bon de mêler à l'affaire. Fanny eut le mot de la fin : "Je l'ai eu sous-lieutenant, je le quitte ambassadeur !" Elle n'avait pas tort, mais Morny était désormais libre de tourner la page.
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epistophélès

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MessageSujet: Une histoire érotique de la diplomatie   Mar 12 Sep - 16:25

Avant de quitter la Russie, il eut la satisfaction de signer un nouveau traité de commerce entre les deux empires, puis il prit congé d'Alexandre II, qui lui dit sa déception de ne pas le voir rester plus longtemps à Saint-Pétersbourg. Morny lui répondit : "Sire, j'ai bien des intérêts qui me rappellent à Paris ; mais de la confiance flatteuse que me témoigne Votre Majesté, je rendrai compte à mon souverain, et s'il se trouve que je puisse le mieux servir ici qu'en France, je saurai sacrifier mes intérêts privés."
Le 20 juin 1857, Sophie et lui quittèrent Saint-Pétersbourg pour la France, où ils arrivèrent dix jours plus tard. Morny rentrait la tête haute, sa mission ayant été un succès. Sa position pollitique s'en trouva renforcée. Le 2 juillet à Plombières, Napoléon III le reconduisit dans ses fonctions de président du Corps législatif et offrit à la nouvelle comtesse de Morny le diadème de la reine Hortense.
Le couple connut huit années de bonheur. Reine de l'hôtel de Lassay, la comtesse (puis duchesse) de Morny donna quatre enfants à son époux, dont elle ne mesura jamais exactement les infidélités. Car il avait repris ses vieilles habitudes, ne pouvant se passer des "perles Jenkins", ces fatals bonbons cantharidés. "Impossible, n'est-ce pas, d'abandonner les perles ?" lui fait dire Daudet dans Le Nabab. Il cocufia sa femme avec ses meilleures amies, eut des bâtards (selon la rumeur, Morny serait le vrai père de Georges Feydeau - né en 1862 - et de l'avocat et académicien Henri Robert - né en 1863 -) et ne cessa pas d'avoir recours à des maquerelles, même les moins reluisantes.
Dans sa chambre à coucher de l'hôtel Lassay, qui faisait penser irrésistiblement à celle d'un claque avec ses tentures pourpres et ses meubles "aux formes indolentes et voluptueuses" (Alphonse Daudet, Le Nabab), il traitait les questions les plus graves comme les plus légères et pouvait recevoir qui bon lui semblait. C'était d'autant plus facile que son épouse ne quittait guère ses appartements, séparée de lui par le mur de la mondanité. Ses proches collaborateurs devinrent ses complices en organisant une conjuration du silence autour de sa personne, afin que Sophie ne sache rien de ses débordements. Alphonse Daudet accepta ainsi de le soulager d'une maîtresse devenue envahissante, et y gagna une vérole carabinée. L'apprenant, Morny fut désolé et, pour se faire pardonner, lui donna une promotion.

Après la mort du satrape de l'hôtel de Lassay, le 10 mars 1865, son fidèle secrétaire détruisit sa correspondance compromettante. Sophie coupa théâtralement ses splendides nattes blondes, qu'elle déposa dans le cercueil, avant de s'abîmer dans le désespoir... Jusqu'à ce qu'elle tombe, deux ans plus tard, sur des lettres qui avaient été oubliées et qui lui révélèrent combien elle avait été trompée. Alors elle quitta immédiatement le deuil, et comme on s'en étonnait autour d'elle, elle expliqua : "J'ai compris que je n'avais jamais existé pour lui que comme un moyen de pénétrer dans une société différente et nouvelle. Puisque je n'étais à ses yeux qu'un chiffre dans le nombre, mes obligations ont changé comme mes sentiments." (Elle se remaria avec le duc de Sesto, doyen des Grands d'Espagne, chevalier de la Toison d'or et tuteur du futur Alphonse XII).

L'avenir démontra que les vues de Morny en politique étrangère étaient fondées. La France ne sut pas répondre aux avances d'Alexandre II, ulcéré par le soulèvement polonais de 1863 et par l'accueil glacial que lui réservèrent les Parisiens lors de l'Exposition universelle de 1867. Dès le lendemain de l'effondrement du Second Empire, le tsar dénonçait les clauses du traité de Paris.
Il fallut attendre le début des années 1890, plus d'un quart de siècle après la mort de Morny, pour que la Russie accepte de répondre favorablement aux avances de la France, désormais républicaine : la nécessaire alliance franco-russe était enfin née.


FIN
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