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 Ravaillac le régicide

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epistophélès

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MessageSujet: Ravaillac le régicide   Jeu 12 Jan - 20:52

Avant de quitter la Russie, il eut la satisfaction de signer un nouveau traité de commerce entre les deux empires, puis il prit congé d'Alexandre II, qui lui dit sa déception de ne pas le voir rester plus longtemps à Saint-Pétersbourg. Morny lui répondit : "Sire, j'ai bien des intérêts qui m rappellent à Paris ; mais de la confiance flatteuse que me témoigne Votre Majesté, je rendrai compte à mon souverain, et s'il se trouve que je puisse le mieux servir qu'en France, je saurai sacrifier mes intérêts privés."

Le 20 juin 1857, Sophie et lui quittèrent Saint-Pétersbourg pour la France, où ils arrivèrent dix jours plus tard. Morny rentrait la tête haute, sa mission ayant été un succès. Sa position politique s'en trouva renforcée.Le 2 juillet à Plombières, Napoléon III le reconduisit dans ses fonctions de président et offrit à la nouvelle comtesse de Morny le diadème de la reine Hortense.
Le couple connut huit années de bonheur. Reine de l'hôtel de Lassay, la comtesse (puis duchesse) de Morny donna quatre enfants à son époux, dont elle ne mesura jamais exactement les infidélités. Car il avait repris ses vieilles habitudes, ne pouvant se passer des "perles Jenkins", ces fatals bonbons cantharidés. "impossible, n'est-ce pas, d'abandonnerl es perles ?" lui fait dire Daudet dans Le Nabab. Il cocufia sa femme avec ses meilleures amies, eut des bâtards (selon la rumeur, Morny serait le vrai père de Georges Feydeau - né en 1862 - et de l'avocat et académicien Henri Robert - né en 1863 - ) et ne cessa pas d'avoir recours à des maquerelles, même les moins reluisantes.
Dans sa chambre à coucher de l'hôtel de Lassay, qui faisait penser irrésistiblement à celle d'un claque avec ses tentures pourpres et ses meubles "aux formes indolentes et voluptueuses", il traitait les questions les plus graves comme les plus légères et pouvait recevoir qui bon lui semblait. C'était d'autant plus facile que son épouse ne quittait guère ses appartements, séparée de lui par le mur de la mondanité. Ses proches collaborateurs devinrent ses complices en organisant une conjuration du silence autour de sa personne, afin que Sophie ne sache rien de ses débordements. Alphonse Daudet accepta ainsi de le soulager d'une maîtresse devenue envahissante, et y gagna une vérole carabinée. L'apprenant, Morny fut désolé et, pour se faire pardonner, lui donna une promotion.

Après la mort du satrape de l'hôtel de Lassay, le 10 mars 1865, son fidèle secrétaire détruisit sa correspondance compromettante. Sophie coupa théâtralement ses splendides nattes blondes, qu'elle déposa dans le cercueil, avant de s'abîmer dans le désespoir... Jusqu'à ce qu'elle tombe, deux ans plus tard sur des lettres qui avaient été oubliées et qui lui révélèrent combien elle avait été trompée. Alors elle quitta immédiatement le deuil, et comme on s'en étonnait autour d'elle, elle expliqua : "J'ai compris que je n'avais existé pour lui que comme un moyen de pénétrer dans une société différente et nouvelle. Puisque je n'étais à ses yeux qu'un chiffre dans le nombre, mes obligations ont changé comme mes sentiments." (Elle se remaria avec le duc de Sesto, doyen des Grands d'Espagne, chevalier de la Toison d'or et tueur du futur Alphonse XII).

L'avenir démontra que les vues de Morny en politique étrangère étaient fondées. La France ne sut pas répondre aux avances d'Alexandre II, ulcéré parl e soulèvement polonais de 1863 et par l'accueil glacial que lui réservèrent les Parisiens lors de l'Exposition universelle de 1867. Dès le lendemain de l'effondrement du Second Empire, le tsar dénonçait les clauses du traité de Paris.
Il fallut attendre le début des années 1890, plus d'un quart de siècle après la mort de Morny, pour que la Russie accepte de répondre favorablement aux avances de la France, désormais républicaine : la nécessaire alliance franco-russe était enfin née.


FIN
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Martine

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Date d'inscription : 22/11/2008

MessageSujet: Re: Ravaillac le régicide   Mar 24 Jan - 8:42

study
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