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 LES FANTÔMES DU TRIANON

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epistophélès

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MessageSujet: LES FANTÔMES DU TRIANON   Dim 4 Sep - 19:01

1901. Le voyage dans le temps de deux Anglaises

Il fait chaud et lourd ce samedi 10 août 1901. Deux Anglaises très convenables, en visite à Paris, décident d'aller prendre l'air dans le parc de Versailles, oeuvre de Le Nôtre. Elles profiteront de ces instants magiques pour découvrir le Petit Trianon dans son écrin champêtre.
Issue de la meilleure famille, Charlotte Anne E. Moberly, cinquante-cinq ans, septième fille des quinze enfants de l'évêque de Salisbury, dirige le collège féminin St. Hugh's Hall, à Oxford, don telle ne cesse de perfectionner l'enseignement. C'est d'ailleurs la raison qui l'a conduite à Paris retrouver Eleanor Frances Jourdain brillante enseignante de trente-trois ans. Depuis 1898, miss Jourdain dirige à Watford la Corran School, une institution pour jeunes filles dont les méthodes enthousiasment sa hiérarchie, autant que ses élèves et leurs parents. Eleanor aime la France. Elle est d'ailleurs docteur en Sorbonne, où elle se trouve depuis un an. Elle y accueille miss Moberly, soucieuse d'en faire son adjointe. Miss Jourdain lui succédera d'ailleurs, en 1915, à la tête de St. Hugh's Hall.

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MessageSujet: LES FANTÔMES DU TRIANON   Dim 4 Sep - 20:37

Elles viennent de parcourir les salles du château, ravies d'admirer autant de raffinement. Elles veulent maintenant voir ce fameux "Hameau", où la reine Marie-Antoinette aimait jouer aux bergères... Il est 16 heures.
Elles n'empruntent pas l'allée des Deux-Trianons, généralement suivie par les touristes. De plus, elles sont tellement absorbées par leur conversation qu'elles ne font guère attention à leur route, de plus en plus déserte, lorsqu'un instant auparavant, il y avait foule. Les voici qui s'engagent, par une porte dérobée, dans une allée qui, à droite du Grand Trianon, passe sous le petit pont et, par la porte voisine de celle du jardinier, débouche dans le domaine de la reine.
A cet endroit précis, les deux femmes éprouvent soudain 'l'étrange illusion de marcher dans un rêve". "Les arbres, les feuilles, le paysage ne nous parurent plus naturels, et tout prit l'aspect rigide et froid d'une tapisserie", préciseront-elles par la suite.
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MessageSujet: LES FANTÔMES DU TRIANON   Dim 4 Sep - 21:16

Etrange promenade

Sur l'instant, elles n'osent se confier l'une à l'autre.
Chacune pense avoir eu un moment d'absence... mais il se prolonge. Une impression générale de malaise et de mystère les enveloppe, que les deux femmes perçoivent de manière différente. C'est une impression étrange, désagréable, presque tangible.
Et soudain, une vision : voici deux hommes curieusement vêtus de longs manteaux gris-vert et coiffés de petits tricornes fort inhabituels. S'agit-il d'un déguisement pour une quelconque reconstitution ou pour une fête ? Ils sont près d'une brouette. Miss Moberly remarque que l'un d'eux tient une bêche, tandis que miss Jourdain voit un simple bâton. L'autre ramasse des feuilles mortes avec un râteau, comme en automne. Or l'été n'est pas achevé. Toutes deux sont étonnées par leur vêtement, semblable à un uniforme... Curieux accoutrement pour des jardiniers !
Miss Jourdain, qui parle français, leur demande le chemin du Petit Trianon, qu'ils lui indiquent. Les voici reparties "tout droit". Mais elles sont toujours perdues, quand apparaît sur leur droite une petite maison. Un sentiment inexplicable d'angoisse les étreint davantage... A mesure qu'elles avancent, un silence pesant se fait, épais anormal, presque palpable... Pas le moindre bruissement de feuilles, pas de cris d'oiseaux, très actifs en cette saison, pas le moindre brouhaha de promeneurs. Tout semble figé, mort...


Les deux femmes n'échangent pas encore leurs impressions, quoique l'atmosphère devienne plus oppressante. Miss Moberly évoquera par la suite un "abattement extraordinaire", tandis que miss Jourdain parlera d'"impression attristante".
Poursuivant leur étrange promenade, elles aperçoivent deux femmes devant la porte, silencieuses et immobiles. Toutes deux portent un fichu blanc. La plus jeune des deux porte une robe qui lui descend jusqu'aux chevilles.
Des mèches châtain clair s'échappent de son bonnet.
L'inquiétante situation qui étreint les deux Anglaises s'augmente soudain d' "un extraordinaire sentiment de dépression et d'abandon" et d'une "impression de désolation et de solitude".


Elles poursuivent leur étrange promenade sur un sentier. Voici une intersection donnant sur une allée. Elles distinguent un ruisseau et, au-delà, un kiosque circulaire, d'aspect chinois, qu'elles prennent pour le Temple de l'Amour. Un homme est assis sur la balustrade, enveloppé dans un long manteau noir et coiffé d'un grand chapeau. Son visage terreux et rouge, est ravagé par la petite vérole. D'aspect sinistre et repoussant, tout en lui incite à la prudence. Il les presse d'emprunter le chemin de droite, qui mène vers un petit pont... Elles s'écartent rapidement dans la direction indiquée.
S'il s'agit d'une reconstitution historique les organisateurs ont poussé très loin le sens du détail.
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MessageSujet: LES FANTÔMES DU TRIANON   Lun 5 Sep - 21:49

Soudain, un bruit de course, derrière elles, les fait sursauter. Derrière un gros rocher, elles voient surgir un jeune homme aux yeux sombres et aux longs cheveux bruns bouclés. Le visage route, tout en sueur, il se précipite vers elles. Miss Moberly lui trouve l'air d'un gentleman, car il est asse élégant et n'a pas l'air de vouloir les agresser. Tout essoufflé, le mystérieux coureur leur adresse vivement la parole :
- Mesdames ! Mesdames ! Vous ne devez pas passer par là. Passez par ici... Cherchez la maison !
Le propos les surprend... D'autant que l'attitude de ce guide est fort étrange ; il s'éloigne soudainement à grands pas, en marmonnant des paroles incompréhensibles. Et soudain... voilà qu'il s'est volatilisé !
Les deux Anglaises suivent cependant la direction qu'il a montrée, à droite. Elles traversent un pont rustique enjambant un étroit ravin au fond duquel cascade une charmante chute d'eau, puis elles suivent une allée ombragée avant d'émerger dans une prairie bordée de maisonnettes. Et c'est enfin le Petit Trianon.


Une artiste mystérieuse

Les deux promeneuses parviennent près d'une maison carrée aux volets clos, flanquée de deux terrasses, l'une au nord, l'autre à l'ouest.
Une femme attire l'attention de miss Moberly. Assise sur la pelouse, près d'une terrasse, vêtue d'une robe ample et assez courte, coiffée d'un fichu de mousseline, elle leur tourne le dos et dessine des arbres. Des boucles blondes s'échappent de son chapeau de paille claire. L'Anglaise discerne maintenant son visage ; c'est celui d'une femme mûre. La belle dame pose sur les visiteuses un regard vague qui les transperce... et reprend son ouvrage.
A cet instant, une force étrange arrête miss Moberly. C'est un "sentiment indescriptible", semblable aux sensations qu'elle éprouve depuis le début de cette promenade surnaturelle. Un pressentiment, tel un ordre venu d'un autre monde, l'incite à s'éloigner de cette dame si belle et majestueuse, mais si bizarre, et qui ne semble pas les voir. Cette belle femme frêle n'est pas effrayante, mais il émane d'elle et de ce lieu une profonde désolation, une tristesse infinie. Tout les pousse à s'en écarter. Ce sentiment est si puissant qu'elles se sentent poussées ailleurs, presque physiquement.
Sur le moment, miss Moberly croit qu'il s'agit d'une touriste... mais quelle robe démodée et insolite ! Surtout, elle éprouve un vif soulagement quand miss Jourdain, qui se trouve encore près de la dame, s'abstient de lui demander où se trouve l'entrée de la maison qu'elles cherchaient. Mais c'est qu'elle ne la voit pas !
Les deux Anglaises accèdent à la terrasse ouest quand un jeune homme sort d'un bâtiment. il avait, diront-elles, "l'aspect d'un valet de pied, mais ne portait pas de livrée". Elles commencent à se demander si elles ne se sont pas égarées sur une propriété privée et s'excusent auprès du "domestique" qui, venu au devant d'elles, les informe qu'il faut passer par la cour d'honneur pour entrer au Petit Trianon. Il leur montre d'ailleurs le chemin et propose de les accompagner à travers le jardin français.

Aussitôt cesse le sortilège qui les maintenait dans un autre espace-temps... Elles se sentent de retour à l'été de 1901, ce que leur confirme la vue des nombreux touristes devant le Petit Trianon. Bouleversées, elles reprennent le cours de leur visite avant de regagner Paris. Mais elles évitent encore, au cours des jours suivants, de se parler du sentiment aussi puissant qu'indicible qui les a saisies, lors de cette étrange incursion... dans une autre époque !
Cela paraît si invraisemblable...
L'aspect extraordinaire de cette aventure frappe miss Moberly une semaine plus tard, alors qu'elle rédige un courrier dans l'appartement qu'elles ont loué au 270 boulevard Raspail. Lorsqu'elle commence à raconter leur balade à Versailles, une forte angoisse l'envahit soudain, identique à celle éprouvée dans les allées désertes du Petit Trianon. Elle s'en ouvre à miss Jourdain qui, pour la première fois depuis leur bizarre excursion, lui confie avoir eu, elle aussi le sentiment de pénétrer dans "un monde complètement étrange"...
Chose incroyable : toutes deux ont ressenti la même chose... sans oser se le dire ! Cette histoire intrigante, chacune l'a intensément vécue, mais à l'insu de l'autre.
Miss Jourdain, très émue, confie à miss Moberly avoir eu, elle aussi, "le sentiment de pénétrer dans un monde mystérieusement étrange", sans oser le lui dire. Quant aux personnages rencontrés en chemin, ils lui ont paru "extraordinaires, aussi bien par leurs costumes que par leurs manières". Une "impression de profonde tristesse" s'est alors emparée d'elle.
Surprises, les deux Anglaises découvrent qu'elles n'ont pas rêvé. Mais quelle est l'explication ? Le Trianon serait-il hanté ? Elles auraient donc croisé des fantômes ? L'idée fait frissonner les deux femmes. Mais des détails illogiques les intriguent. Miss Moberly ne parvient pas à s'expliquer pourquoi elles n'ont pas osé demander leur chemin à cette dame de belle allure, occupée à dessiner.
- Quelle dame ? l'interroge son amie. Je n'ai vu personne dessiner des arbres !
Miss Moberly lui décrit la belle artiste au décolleté bleu, aux traits délicats, au fichu vert pâle. Mais non, Jourdain ne l'a pas vue !
Les deux amies sont stupéfaites. Comment comprendre ce qu'elles ont vécu ? Elles décident de rédiger, chacune de son côté, le récit de leur aventure, afin de les comparer.
Leurs deux rédactions présentent beaucoup de points communs, prouvant qu'elles ont bien vécu et vu "quelque chose de surnaturel". Mais il y a aussi d'importantes différences ; si miss Jourdain n'a pas remarqué la dessinatrice distinguée, miss Moberly ne signale pas la présence de la femme et de l'adolescente à fichu blanc sur le seuil d'une maison.
Bizarre et... inquiétant. Sont-elles devenues folles ?

Miss Moberly regagne Oxford, où miss Jourdain la rejoint en novembre 1901. Bien sûr, l'affaire du Petit Trianon revient dans leurs conversations et les tracasse.
Que s'est-il réellement passé ce 10 août 1901 ? Le malaise persiste. Ce sentiment d'avoir été transportées "ailleurs", cette impression de tristesse et de désolation... Et tous ces personnages en costumes d'une autre époque, comme épinglés dans un paysage fixe, mort, figé... Ont-elles franchi une fracture temporelle, ont-elles... effectué un voyage dans le temps ?
Miss Jourdain veut en avoir le coeur net. Le 2 janvier 1902, seule, elle retourne à Versailles arpenter les allées du parc.

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MessageSujet: LES FANTÔMES DU TRIANON   Lun 5 Sep - 23:01

Retour vers le passé

Cette fois, elle n'empreinte pas le chemin détourné. Elle avance, poussée par un mélange de curiosité et d'appréhension. Et chose extraordinaire... le phénomène se reproduit ! Une sensation pesante, angoissante, de se trouver transportée subitement dans un autre temps...
Miss Jourdain entre dans un monde désolé, non pas hostile. Après avoir franchi un pont, elle aperçoit des hommes revêtus de tuniques et de capes vivement colorées, qui chargent des fagots sur une charrette. Impression d'être frôlée par des êtres invisibles en vêtements soyeux. Des fantômes la frôlent... Enfin - sa bonne éducation musicale lui permet d'être affirmative sur ce point - , elle entend une musique lointaine, typiquement du XVIIIe siècle, jouée par un orchestre à cordes.
Au cours de cette nouvelle promenade, miss Jourdain croise un jardinier qui lui indique le Hameau de la reine, où elle parvient finalement. L'endroit semble désert. Les volets de la laiterie sont fermés. Une sensation pénible la submerge et l'incite à partir. En vue du Belvédère, elle pense revoir le kiosque aperçu lors de sa visite avec miss Moberly. Sa promenade s'achève... Miss Jourdain est décontenancée, destabilisée.


Les deux femmes attendent trois ans pour retourner ensemble au Petit Trianon, les 4 et 9 juillet 1904. Cette fois, elles n'éprouvent pas cette sensation de chute d'une époque dans l'autre. Mais de nouvelles bizarreries les attendent.
Le paysage a été bouleversé. Le kiosque et le ravin ont disparu, ainsi que le pont. La pelouse qui s'étendait face à la terrasse a cédé la place à une étendue de gravier. Miss Jourdain constate que le bois où elle s'était perdue n'existe plus ! On leur affirme pourtant que rien n'a bougé depuis des années.
Elles apprennent également que les vêtements des "jardiniers" sont identiques à ceux des gardes suisses de la reine Marie-Antoinette, parfois employés comme piqueurs et garçons jardiniers de la Chambre ! Quant à la porte de la chapelle d'où est sorti le domestique, elle est condamnée depuis plus de trente ans...
Autre surprise ; Joseph-Hyacinthe de Rigaud, comte de Vaudreuil, familier de la reine - dont il se dit même qu'il fut son amant -, pourrait être l'homme bizarre au visage grêlé qu'elles ont vu devant le kiosque. Il participait aux soirées théâtrales organisées par la souveraine à Trianon.
C'est lui qui interpréta le rôle du comte Almaviva dans Le Barbier de Séville de Beaumarchais, donné en 1784 et 1785. Une cape noire et un grand chapeau espagnol singularisaient son costume.
Les deux Anglaises se regardent, maintenant persuadées qu'elles ont bien effectué un voyage dans le temps.
Comment comprendre ce phénomène ? Passé, futur, présent... tout se mélange. Miss Jourdain et miss Moberly ont du mal à croire à leur propre histoire. Ne va-t-on pas les prendre pour des illuminées ?
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MessageSujet: LES FANTÔMES DU TRIANON   Lun 5 Sep - 23:36

Troublantes coïncidences

A partir de 1907, elles se lancent dans un minutieux travail de recherche historique et dévorent toute la littérature sur Versailles et Marie-Antoinette. Elles apprennent ainsi qu'une charrue entrevue au cours de leur expédition correspond à un modèle de la fin du XVIIIe siècle.
Une autre information les passionne : le 5 octobre 1789, les deux frères Bersy, gardes suisses, étaient présents au Petit Trianon, preuve que la reine s'y trouvait.
De même, une étude du registre des salaires montre qu'à cette même date tous les jardiniers avaient été requis pour ramasser les feuilles... exactement comme elles l'ont vu.
Ce n'est pas tout. La ferme sur le seuil de laquelle, peu après l'épisode des jardiniers, miss Jourdain a vu une femme et une adolescente, n'existait plus en 1901... mais elle apparaît sur un plan de 1783 conservé aux Archives nationales, à l'endroit précis indiqué par les deux demoiselles. Même constatation pour le kiosque où était assis l'homme vérolé ; il existait bel et bien à la fin du XVIIIe siècle, précisément à l'endroit indiqué par les deux Anglaises. Mais en 1901... il n'existait plus !
Même le jeune homme essoufflé par sa course est identifié. C'est un page envoyé par le roi au-devant de la reine, cachée dans la Grotte où elle aime se réfugier, afin de l'avertir d'un danger. Il survient alors qu'elle s'apprête à regagner le château à pied et la conjure de se rendre "à la maison", comme il appelle le Petit Trianon, où l'attend une calèche rapide à deux chevaux. Les deux Anglaises l'ont surpris sur le chemin du retour.

Les surprises s'accumulent. Des plans déposés aux Archives nationales révèlent que le pont et la cascade, ainsi que le gros rocher, existaient bien à la fin du XVIIIe siècle. Mais en 1901, le rocher n'y était plus. Elles l'ont pourtant vu, saperlipopette !
Le plus stupéfiant reste à venir. En effet, alors que les deux Anglaises feuillettent un énième ouvrage sur le Petit Trianon, miss Moberly tombe en arrêt devant un portrait de Marie-Antoinette dû au pinceau d'Adolf Ulrik Wertmüller. Ces traits, ce visage... Pas de doute, ce sont ceux de la mystérieuse artiste ! Or, plusieurs familiers de la Cour et de Versailles, dont Mme Campan, préceptrice des enfants royaux, considéraient que Wertmüller, de tous les portraitistes de la reine, était le plus fidèle à la réalité...


Cette fois, le doute n'est plus permis : miss Moberly et miss Jourdain sont convaincues d'avoir remonté le temps jusqu'en octobre 1789 !
Les deux Anglaises poursuivent leur minutieuse enquête. Le 12 septembre 1908, sept ans après les faits, miss Jourdain revient photographier le parc du Petit Trianon, dont les travaux en cours menacent de bouleverser l'aspect. Elle aimerait ajouter un volet au récit de son étrange expérience ; mais, cette fois, elle décide de faire leur promenade... en sens inverse.
Alors qu'elle arrive en vue de l'ancien logis des gardes, où elles avaient demandé leur route aux jardiniers, elle assiste à une violente altercation entre deux femmes. Au même instant, un sérieux malaise manque l'évanouir, exactement comme en 1901 et 1902. Malgré l'angoisse qui l'envahit, elle entend s'imprégner de la moindre image. Elle résumera ainsi son excursion : "La scène tout entière, ciel, arbres, bâtiments, frémissait comme une toile de fond de théâtre." La puissante sensation de tristesse intense s'interrompt lorsqu'elle débouche sur l'allée principale.
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MessageSujet: LES FANTÔMES DU TRIANON   Mar 6 Sep - 0:49

Une bulle extra-temporelle ?

Les deux Anglaises poursuivent leur investigation avec obstination nullement découragées par l'hostilité de la Society for Psychical Research qui, en 1902, a refusé de publier leur témoignage, au motif que leurs documents étaient "injustifiables d'une enquête".
Le 24 janvier 1911, après dix ans d'enquêtes et de recherches, elles publient An Adventure ("Une aventure"), livre dont le succès - immédiat - ne se démentira pas au fil des nombreuses rééditions. En raison de leur position reconnue dans le milieu éducatif britannique, les deux femmes ont pris la précaution d'adopter des pseudonymes. Pour "Elizabeth Morison" et "Frances Lamont", le doute n'est pas permis ; la femme au beau visage qui dessinait n'est autre que la reine Marie-Antoinette. Elles établissent même un parallèle habile entre le 10 août 1901 et le 10 août 1792, date de la prise des Tuileries, qui correspond à la chute de la monarchie et à l'enfermement de la famille royale à la prison du Temple.
Miss Moberly et miss Jourdain, sans doute après avoir consulté des spécialistes des phénomènes de hantise, estiment que la reine française, sous l'effet des cruautés révolutionnaires, devait être à cette époque la proie d'émotions aussi intenses que contradictoires. Pour se soustraire à cette angoisse, elle se réfugiait dans ses souvenirs nostalgiques du Petit Trianon - peut-être ceux des derniers jours de bonheur, en octobre 1789, avant que la famille royale ne quitte Versailles pour Paris. Elle aurait ainsi créée une bulle extra-temporelle que les Anglaises auraient visitée par hasard. A moins qu'elles aient capté les pensées de Marie-Antoinette, songeant du fon de sa geôle à son cher Petit Trianon.
Ces hypothèses hardies laissent les historiens dubitatifs. Car il y a un hic : les costumes et les lieux présentés par les deux femmes ne correspondent pas à l'époque désignée. D'autres affirmations font sourire les spécialistes, en particulier l'homme assis près du kiosque qu'elles identifient comme le comte de Vaudreuil, à cause du chapeau et du grand manteau noir qu'il portait dans le rôle d'Almaviva... Or le comte de Vaudreuil, du moins à en croire l'histoire officielle, avait quitté la France à la veille de la Révolution. Il ne s'y trouvait donc pas en 1792...
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MessageSujet: LES FANTÔMES DU TRIANON   Mar 6 Sep - 1:32

Avis d'experts

L'intervention inespéré d'un métapsychiste irlandais ouvre soudain de nouvelles hypothèses. D'après Guy W. Lambert, l'aventure vécue par les deux miss se situerait en 1774, à la veille de la mort de Louis XV.
A l'époque, les jardiniers portaient une livrée verte, l'uniforme rouge ayant été prescrit par Louis XVI. Marie-Antoinette ne serait donc pas l' "inducteur psychique" du phénomène, lié en réalité au botaniste et paysagiste Claude Richard, un homme de soixante-cinq ans, et à son fils Antoine, âgé de trente-cinq ans - différence d'âge dûment constatée par les deux Anglaises correspondant à un projet avorté d'Antoine Richard, datant de 1774. Quant au fameux rocher, il figurait déjà sur un plan de cette époque, disposé de façon à modifier les perspectives. Installé en 1765, il fut enlevé en 1776... Il n'existait donc plus en 1901, année de la vision mystérieuse.
Lambert découvre aussi qu'un petit ruisseau coulait alors entre deux grottes, ruisseau que l'on pouvait franchir sur un pont rustique enjambant une petite chute d'eau.
Or ce pont fut enlevé peu après la création du pont du Rocher en 1780. Quant au Belvédère, repère non négligeable, sa construction remonte à 1779. Les deux miss ne l'ont pas remarqué, et pour cause...
Dernier détail ; le rideau d'arbres qui dissimule le Petit Trianon n'existait plus depuis 1775, lors de l'aménagement du Jeu de la Bague.
Lambert voit juste. Hélas, les personnages de l'aventure ne peuvent s'insérer dans son schéma temporel. En 1774, Marie-Antoinette avait dix-huit ans et ne pouvait donc être cette dame mûre à son chevalet. C'est en 1774 précisément, que Louis XVI lui fait cadeau du Petit Trianon. La jeune reine s'y réfugie volontiers pour y cacher la nostalgie de son Autriche natale. Elle a fini par faire de ce havre un lieu imprégné de tristesse et de mélancolie. Nos Anglaises l'auraient-elles perçu ? Ou bien ont-elles pu croire, en consultant un plan ancien, qu'il n'avait pas évolué et tenté d'identifier tant bien que mal les images de leur visite ?
D'autres spécialistes sérieux se penchent sur leur ouvrage, notamment Pierre de Nolhac, conservateur du domaine de Versailles, qui n'a pour lui aucun secret. Certes, les deux femmes ont commis des erreurs au cours de leurs recherches, mais leur récit contient une part troublante de vérité. Par exemple, le kiosque si minutieusement détaillé dans leur livre, dont aucun document n'attestait l'existence. L'unique élément dont elles aient pu disposer était le projet de construction d'une "fausse ruine", comme on en raffolait au XVIIIe siècle. L'auront-elles confondue avec un kiosque ? On est tenté de le croire... si ce n'est que le projet resta en plan.
Léon Rey, photographe et paléographe, étudie la question et reprend la description faite par miss Moberly d' "un léger kiosque de jardin rond et ressemblant à une estrade de musiciens complètement ombragée par les arbres." A ce kiosque, l'Anglaise trouve "un léger aspect chinois dans la courbure supérieure du toit". Léon Rey observe que la construction du Jeu de Bague, achevée en août 1776, fut la première fantaisie de Marie-Antoinette au Trianon ; il s'agissait d'une sorte de pagode recouvrant un plateau rond et mobile, d'où la confusion avec un kiosque à musique...

Les deux Anglaises n'ignoraient pas l'existence du Jeu de Bague, grâce à une gravure, mais sans lui accorder semble-t-il un intérêt particulier, attachées qu'elles restaient à l'hypothèse de la fausse ruine. Par ailleurs, un détail important faisait défaut : les arbres qu'elles ont bel et bien vus lors de leur excursion temporelle ne figurent pas, sur la gravure, derrière le Jeu de Bague. Or les documents laissés par le jardinier Claude Richard leur donnent raison : des sorbiers avaient été plantés autour du Jeu...

Léon Rey est davantage troublé par le fait que le Jeu de Bague fut réellement installé à l'endroit même où miss Moberly et miss Jourdain disent avoir vu un kiosque d'aspect chinois. La présence d'arbres, en outre, conforte leur témoignage. Leur seule erreur est d'avoir confondu la fausse ruine avec le Jeu de Bague...
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MessageSujet: LES FANTÔMES DU TRIANON   Mar 6 Sep - 14:33

Nouveaux témoignages

Miss Moberly et miss Jourdain, contemporaines de la fameuse Machine à explorer le temps de Wells (1895), sont-elles un cas unique ? D'autres ont-ils réalisé ce fantasme d'historien ?
Impossible de ne pas mentionner le cas de John et Kate Crooke. Ce couple d'Américains a vécu près de Versailles de 1907 à 1909 avec leur fils Stephen. Or ils affirment avoir rencontré à deux reprises dans les jardins du Grand Trianon, en juillet 1908, une dame dont l'allure correspondait à la description donnée par miss Moberly.
Assise, vêtue d'une jupe couleur cème, d'un fichu blanc et d'un chapeau à larges bords, cette femme dessinait. John Crook affirmera avoir entendu des instruments à cordes et vu un homme à tricorne. Le couple aperçoit en outre une femme à la mise démodée qui ramasssait du bois. L'expérience leur a laissé une impression de malaise et d' "irréalité"...

Ce récit mérite-t-il d'être pris en considération ? D'autant moins, semble-t-il, que les Crooke le racontent aux Anglaises en 1914, après la publication de leur livre. Sans doute l'ont-ils trop bien lu. Ils prétendent, au contraire, que c'est la lecture d'An Adventure qui les a décidés à livrer leur secret. Comme s'ils s'étaient soudain écriés : "Mais ça nous est aussi arrivé !" Le fait est que les témoins de phénomènes irrationnels osent rarement se confier, à moins de s'y sentir encouragés.
En 1932, nouveau témoignage stupéfiant : Clare M. Burrow et Anne Lambert, une institutrice et une de ses anciennes élèves, anglaises toutes les deux, affirment avoir aperçu en 1928 des jardiniers à l'endroit où miss Moberly et miss Jourdain les avaient rencontrés. Mal à l'aise, oppressées, elles allongent le pas. En chemin, elles voient encore une femme à sa fenêtre, portant une coiffe haute, qui les regarde. Puis elles croisent un homme âgé, peu engageant, coiffé d'un tricorne et vêtu d'un long manteau gris-vert galonné d'argent. L'une des femmes, s'armant de courage, lui demande des renseignements sur le Petit Trianon. La réponse est abrupte, dans un français qu'elles ne comprennent pas. Un français d'un autre siècle... Elles passent leur chemin, jettent un regard en arrière et... stupeur : le butor s'est volatilisé ! Les deux femmes jurent qu'elles n'ont jamais lu le livre des demoiselles Moberly et Jourdain, leurs compatriotes. Mieux encore, elles n'ont jamais entendu parler de leur aventure.

Trois ans plus tard, en 1935, le jeune Robert Philippe visite le Trianon avec ses parents. Il s'éloigne pour fumer une cigarette quand, soudain, il sent une présence près de lui : une femme est là, surgie de nulle part, qu'il n'a pas entendue arriver. Il échange des banalités avec l'inconnue, qui s'exprime avec un accent étranger. Le jeune homme est surpris de l'entendre dire qu'elle vit au Trianon : l'endroit n'est donc pas inhabité ? Troublé, il détourne la tête, le temps d'allumer une autre cigarette. Lorsqu'il se retourne... la femme a disparu ! Par où s'est-elle esquivée ? Ses parents, bien entendu, ne l'ont ni vue ni entendue...
Etonnants témoignages... Faire le tri ? Ah non !
D'ailleurs, ce n'est pas fini. Le 21 mais 1955, un avoué londonien et sa femme, en vacances en France, visitent le parc de Versailles. Le couple voit soudain approcher, surgis de nulle part, une femme et deux hommes qui marchent tranquillement en bavardant. Leur accoutrement est curieux. La robe ample de la la femme, d'un jaune "merveilleux et chatoyant", attire le regard. Quant aux hommes, l'avoué croit à un déguisement car ils portent de longs manteaux noirs, des culottes, des bas et des souliers ornés de boucles d'argent. Le trio s'éloigne et disparaît brusquement, comme une ancienne télé que l'on éteint. En 1957, date deleur témoignage, cette comparaison n'a d'ailleurs rien d'absurde.

Décidément, le Petit Trianon de Versailles suscite bien des visions... Celle du peintre René Kuder, assurément, est la plus surprenante. Cet aquarelliste reconnu prend des croquis dans la bergerie du Hameau en vue d'illustrer un ouvrage sur Versailles. Il est 10 heures du matin. Soudain, un hurlement de terreur. Le gardien-chef accourt. Il trouve le peintre étendu sur le sol, inconscient. Revenu à lui, l'artiste assure avoir vu Marie-Antoinette descendre l'escalier... sa tête à la main ! Il pouvait entendre le claquement de ses talons sur les marches...
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epistophélès

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MessageSujet: LES FANTÔMES DU TRIANON   Mar 6 Sep - 16:52

Les deux Anglaises et le boniment ?

Parmi tous ces témoignages, seule l'aventure de miss Moberly et miss Jourdain continue d'intriguer.
Robert Amadou, spécialiste de parapsychologie, a cherché à démonter cette étonnante aventure, mais en vain.
Lors de son enquête, il découvre qu'il y a bien eu une fête costumée dans le parc, mais en juin 1901, soit deux mois avant la fabuleuse promenade. Dans son introduction à la version française d'An Adventure, il écrit : "Signalons que la vision des Anglaises ne peut être expliquée ni par la présence d'un décor cinématographique, ni de figurants au Petit Trianon, le 10 août 1901, ni par le déroulement d'une fête folklorique. On a prouvé en effet qu'aucun film n'était tourné à Versailles, qu'aucune fête n'y était donné le jour de l'aventure."
Dès l'origine, on a cherché une explication rationnelle au témoignage des deux Anglaises. On a fait remarquer qu'en 1901 le comte Robert de Montesquiou, propriétaire d'une maison en limite du domaine de Versailles, donnait des fêtes dans les jardins du Trianon. Le célèbre dandy n'avait aucune difficulté à y accéder, puisque le conservateur Pierre de Nolhac lui avait confié une clé.
Montesquiou s'y comportait comme chez lui et y recevait avec son compère, l'Argentin Gabriel Yturri, tous deux parfois vêtus de longs manteaux et coiffés de chapeaux semblables à ceux des jardiniers croisés par les Anglaises.
Eurêka ? Un détail, hélas, permet d'écarter cette explication ; les deux hommes ne portaient jamais de tricornes !

Les sceptiques, à leur tour, s'interrogent ; comment se fait-il que personne, à l'exception des Anglaises n'ait remarqué les deux hommes déguisés ? Réponse des convaincus : elles s'étaient perdues et avaient pu s'égarer dans une enceinte privée... Mais cet étrange malaise, cette terrible désolation ressentie pendant leur incursion, comment l'expliquer ? La rencontre d'une poignée de fêtards déguisés ne vous met pas dans cet état-là, même par un été caniculaire !

Autre point d'interrogation : pourquoi miss Moberly et miss Jourdain ont-elles hésité tant d'années avant de publier leur étrange expérience, si ce n'est - insinuent les incrédules - pour peaufiner leur boniment ? La fusion de leurs deux écrits en un seul a entraîné, font-ils remarquer, des modifications sensibles. Une volonté de plus grande vraisemblance les aura conduites à faire coïncider leur témoignage avec leur connaissance toute fraîche de la période révolutionnaire - sans qu'il faille y voir, forcément, une tentative de mystifier le lecteur. Mais leurs détracteurs leur reprochent d'avoir "pollué" leur récit initial en l'additionnant d'une masse d'informations complémentaires, à dessein d'ancrer leur vision dans un contexte historique inattaquable.
Plusieurs éléments, toutefois, plaident en faveur des deux femmes. Tout d'abord, elles n'offrent pas le profil d'affabulatrices. Toutes deux enseignantes, honorablement réputées, elles n'avaient guère besoin de la mythomanie pour gagner une estime largement acquise.
Certes, miss Moberly s'intéresse aux phénomènes paranormaux, un peu à la façon de sir Arthur Conan Doyle en Angleterre et de Camille Flammarion en France. Son expérience versaillaise l'a troublée, mais elle s'efforce de l'analyser. Elle croit d'abord à un "acte de mémoire", cette faculté qu'ont certaines personnes d'accéder à la mémoire des disparus ; à moins qu'il s'agisse d'un phénomène de "recognition", ainsi que l'on désigne la connaissance du passé acquise par des voies paranormales.
Comment ne pas mentionner Dulce Domum, le livre qu'elle publie en 1916 sous son vrai patronyme ? Dans ce récit autobiographique, miss Moberly évoque les facultés parapsychologiques de ses proches, mais aussi ses propres visions, lorsqu'elle n'était qu'une enfant... Trois autres ouvrages suivront - Five Visions of the Revelation, The Faith of the Prophets et On Prayer for Special Occasion -,illustrant de nouveau son goût pour les expériences mystiques et visionnaires.
Miss Jourdain, quant à elle n'a guère publié que des études littéraires, à commencer par une thèse sur "Le symbolisme dans la Divine Comédie de Dante", rédigée en 1904.

Les deux femmes ont vécu à une époque marquée par le spiritisme. Mais si elles étaient bien de leur siècle, sans doute ouvertes à la possibilités d'un "ailleurs", reste qu'elles ont été deux à vivre ces expériences hors de la compréhension humaine. La distorsion de leurs visions simultanées, plaide en leur faveur ; au même moment, sur le même lieu, elles ne voient pas exactement la même chose. C'est peut-être la preuve la plus solide qu'elles n'ont pas bâti un récit imaginaire. Sans cela, elles eussent accordé leurs violons ! (mouais, c'était peut-être une tactique subtile... geek )

Alors quelle explication rationnelle avancer ? Le mensonge est le plus improbable. Perception extrasensorielle d'un espace-temps reculé ? Hypothèse hautement farfelue, mais sur laquelle la physique quantique du XXIe siècle ouvre des portes crédibles ; notre espace-temps, celui dans lequel nous vivions, qui vous permet de lire ces lignes, ne serait qu'une page de l'espace et du temps... qui en comporte une infinité !

Jean Cocteau l'avait pressenti. Devant cette aventure, "sans doute la plus considérable de toutes les époques", il regrettait "que la science répugne à ces phénomènes exceptionnels car sinon elle éclairerait considérablement sa lanterne". Parole de poète... ou de visionnaire ?


FIN
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Martine

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MessageSujet: Re: LES FANTÔMES DU TRIANON   Sam 10 Sep - 6:52

Merci!
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MessageSujet: Re: LES FANTÔMES DU TRIANON   

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