Mosaïque

Détente - amitié - rencontre entre nous - un peu de couleurs pour éclaircir le quotidien parfois un peu gris...
 
AccueilAccueil  S'enregistrerS'enregistrer  Connexion  

Partagez | 
 

 Le coiffeur de Marie-Antoinette

Voir le sujet précédent Voir le sujet suivant Aller en bas 
Aller à la page : Précédent  1, 2, 3, 4  Suivant
AuteurMessage
epistophélès

avatar

Nombre de messages : 9924
Age : 27
Date d'inscription : 15/10/2009

MessageSujet: Le coiffeur de Marie-Antoinette   Jeu 28 Juil - 20:09

MéTIer à risQue

MARK KELLOGG, reporter


Fort Lincoln, Dakota du sud, Etats-Unis. Le 21 juin 1876.
Peu avant de partir avec le général Custer et son 7e de cavalerie pour assister au démantèlement d'un immense camp indien installé sur un terrain aurifère du Montana, le journaliste correspondant de guerre Mark Kellogg envoya un message à son journal, The Bismark Tribune : "Au moment où vous recevrez ces lignes, nous aurons rencontré et combattu les diables rouges avec le résultat qu'on verra. Je pars avec Custer et je resterai avec lui jusqu'à la mort."
Au moment de monter en selle, Kellogg n'en doutait pas : ils allaient voir ce qu'ils allaient voir, ces sauvages assis sur leur tas d'or ! Et les lecteurs du Bismark Tribune aussi, par la même occasion... Ca allait être l'article de sa vie ! Mais personne ne vit rien du tout. Le 25 juin, en milieu d'après-midi, du côté de la rivière Little Bighorn, des milliers de guerriers Sioux et Cheyennes commandés par Sitting Bull et Crazy Horse interrompirent brutalement, et prématurément, son reportage.
On retrouva son corps le lendemain des combats. Il gisait dans un ravin avec plusieurs soldats de la compagnie E. Il avait été scalpé et il lui manquait une oreille.
Seules ses bottes permirent de l'identifier. On l'enterra sur le champ de bataille de Little Bighorn aux côtés du général Custer et de deux cent soixante-trois soldats du 7e de cavalerie. Il avait quarante-cinq ans.
Il est le premier correspondant de l'Associated Press (qui fut fondée en 1846 par six journaux new-yorkais sous la forme d'une coopérative. Leur but était de mutualiser leurs efforts pour collecter des nouvelles sur l'étranger et notamment l'Europe.) à être mort dans l'exercice de ses fonctions.
Revenir en haut Aller en bas
Voir le profil de l'utilisateur En ligne
epistophélès

avatar

Nombre de messages : 9924
Age : 27
Date d'inscription : 15/10/2009

MessageSujet: Le coiffeur de Marie-Antoinette   Jeu 28 Juil - 20:27

DernIer VaGaBonDaGe pour CHarLOT

ROMAN WARDAS et GANTCHO GANEV, mécaniciens


Trois mois après sa mort, qui survint le 25 décembre 1977, Charlie Chaplin disparut du petit cimetière de Corsier-sur-Vevey, en Suisse, où on l'avait enterré.
Durant plusieurs jours, personne ne sut où il était passé. Un matin, deux hommes qui préféraient garder l'anonymat appelèrent sa famille pour lui dire qu'ils savaient où il était, mais qui'ls ne se donneraient la peine de le ramener que si on leur donnait 1 million de dollars.
Durant des semaines, Lady Oona refusa de payer.
Enfin, le 16 mais 1978, à force d'écoutes téléphoniques et de négociations toujours à la baisse, la police parvint à mettre la main sur les deux hommes : il s'agissait de deux mécaniciens au chômage, Roman Wardas, un Polonais de vingt-quatre ans, et Gantcho Ganev, un Bulgare de trente-huit ans un peu "bobet" (idiot) comme on dit dans le canton de Vaud. Ils avaient planqué le corps à quelques kilomètres de Corsier, dans un champ de maïs.
"On voulait ouvrir un garage", expliqua Wardas aux enquêteurs. Et lorsqu'on lui demanda s'il se rendait compte de ce qu'ils avaient fait, il bredouilla : "On voulait de l'argent sans faire de mal à personne. Cet homme était mort."
Wardas fut condamné à quatre ans et demi de travaux forcés. Ganev à dix-huit mois de prison avec sursis. Quant à Charlot, sa famille le ramena dans son cimetière et, pour éviter que ça ne recommence, elle le fit ensevelir sous deux mètres de béton. Comme l'expliqua fièrement le fossoyeur aux journalistes présents ce jour-là : "Va falloir un marteau-piqueur pour ouvrir le coffre-fort, maintenant.

(Charlie Chaplin ne fut pas le seul à disparaître après sa mort : dans la nuit du 19 au 20 février 1973, le corps du maréchal Pétain fut déterré par Hubert Massol, un proche de Bruno Mégret, qui s'était mis en tête de le ramener à Verdun. On retrouva le cercueil et son locataire deux jours plus tard, dans le box d'un parking des Puces de Saint-Ouen. Plus près de nous, en 2011, c'est Mike Bongiorno, un célèbre présentateur de télévision italien, mort en 2009, qui disparut de son cimetière d'Arona (Italie). Son corps n'a jamais été retrouvé.)
Revenir en haut Aller en bas
Voir le profil de l'utilisateur En ligne
epistophélès

avatar

Nombre de messages : 9924
Age : 27
Date d'inscription : 15/10/2009

MessageSujet: Le coiffeur de Marie-Antoinette   Jeu 28 Juil - 20:47

La LIBéraTIon CHanGe D'aDresse

LES EPOUX GONDREE ET LOUIS PICOT, cafetiers


Durant des années, les historiens du débarquement de Normandie - et, a fortiori, les touristes qui les ont écoutés - se sont gourés d'adresse : ils ont été persuadés que la première maison à avoir été libérée par les Alliés, dans la nuit du 5 au 6 juin 1944, avait été le café des époux Gondrée (Thérèse et Georges pour les intimes), situé juste avant le pont levant de Bénouville, dans le Calvados. Heureusement, l'historien français Norbert Hugedé est récemment venu remettre les pendules de l'Histoire à l'heure : après des années d'une minutieuse enquête de terrain, il est parvenu à prouver que c'est le bistrot d'en face, celui de Louis Picot, qui avait été visité le premier, (HUGEDE Norbert, Le Commando du pont Pégase, éditions France-Empire, 2004)
Il faut dire, à la décharge des historiens, que le propriétaire de La Chaumine n'était plus là, depuis longtemps, pour revendiquer son ordre d'apparition dans l'Histoire : aux toutes premières heures du 6 juin, vers 0 h 30, alors que les combats faisaient rage pour la prise du pont, Picot avait eu la mauvaise idée de sortir de chez lui en gueulant à l'adresse des soldats allemands planqués derrière un muret :
"Vive les Anglais !"
Trois mots héroïques pour passer de la lumière à l'ombre... Quand on songe qu'il n'en a fallu qu'un seul à Cambronne pour faire exactement le chemin inverse, on ne peut s'empêcher de se dire que, oui, la vie est parfois bien injuste.

(En 1815, durant la bataille de Waterloo, le général Cambronne aurait lancé un "Merde" retentissant au général anglais Colville (à moins qu'il ne s'agît de Maitland) qui lui demandait de se rendre. Ce mot, qu'il nia toujours avoir prononcé, le rendit célèbre).
Revenir en haut Aller en bas
Voir le profil de l'utilisateur En ligne
epistophélès

avatar

Nombre de messages : 9924
Age : 27
Date d'inscription : 15/10/2009

MessageSujet: Le coiffeur de Marie-Antoinette   Jeu 28 Juil - 21:15

LonGTemPS, eLLe S'esT LeVée De Bonne Heure

CELESTE ALBARET, servante


Après être allée enterrer Proust au cimetière du Père-Lachaise, le 21 novembre 1922, (85e division), Céleste Albaret, son ancienne servante, cuisinière et secrétaire dévouée, ouvrit, à l'âge de trente et un ans, un hôtel : L'Alsace-Lorraine, au 14 de la rue des Canettes à Paris, avec son mari Odilon.
La méticulosité et l'ordre strict pour ne pas dire tyrannique que lui avait imposés Proust durant ses huit ans de service fondirent avec le temps. Trois décennies après s'être installée derrière la caisse, son hôtel ne tenait plus debout que par l'opération du Saint-Esprit : les toilettes souvent bouchées, étaient cachées derrière une porte en planches avec des trous ; les lits étaient frinçants et bosselés comme des terrains vagues et les papiers peints, sur lesquels planaient des oiseaux qui ressemblaient à des mouettes, fanés et décollés.
Les quelques personnes qui osaient envore venir y dormir étaient, pour la plupart, de jeunes étudiants sans le sou ou des artistes qui, comme l'écrivain André de Richaud, cherchaient leur inspiration dans le vin plutôt que dans les madeleines trempées dans du thé. Elle ne s'en offusquait pas et offrait même souvent des facilités de paiement. Mais s'il arrivait qu'une chambre fasse un peu trop de tapage, sa silhouette haute et large surgissait dans l'encadrement de la porte et sa voix de paysanne cévenole grondait : "Je n'aime pas cette vie de bohème !" Cela, naturellement, n'y changeait rien.
Elle mit la clé sous la porte vermoulue dans le milieu des années 1950, peu avant la mort de son mari, et alla passer le reste de ses jours à dépoussiérer Le Belvédère, la jolie maison-musée plus tranquille et plus saine de Maurice Ravel à Montfort-l'Amaury.
Quant à L'Alsace-Lorraine, les nouveaux acquéreurs le rénovèrent de font en comble et le rebaptisèrent La Perle, peut-être en hommage à son ancienne propriétaire.
Revenir en haut Aller en bas
Voir le profil de l'utilisateur En ligne
epistophélès

avatar

Nombre de messages : 9924
Age : 27
Date d'inscription : 15/10/2009

MessageSujet: Le coiffeur de Marie-Antoinette   Jeu 28 Juil - 21:48

TInTInoPHILE

LUCIEN PEPERMANS, scout


Le jeudi 8 mai 1930, à 16 heures 8 minutes, un gamin habillé en moujik et la tête surmontée d'une houppette descend du train arrivé en gare du Nord à Bruxelles. Il tient un petit chien blanc en laisse et une valise sur laquelle est étiqueté :"Moscou". La foule qui l'attend est immense (la presse parle de plusieurs centaines de personnes dont une grande majorité d'enfants) et, débordant le service d'ordre, se précipite aussitôt sur lui pour mieux le voir et le toucher.
"Le voilà ! Le voilà !" "Hourra !" Dans l'enthousiasme général, une jeune mère va même jusqu'à lui mettre son enfant dans les bras pour qu'il l'embrasse. Nul doute que si les fameux inspecteurs Dupondt avaient été là, ils y seraient allés de leur petit commentaire :
"Est-ce le fils d'un tsar ? aurait demandé Dupond.
- Je dirais même plus, aurait renchéri Dupont, est-ce le fils d'une star ?"
Ni l'un ni l'autre : il s'agit tout simplement du célèbre reporter Tintin dont le journal Le Petit Vingtième, qui vient d'achever la publication de ses extraordinaires aventures au terrible pays des soviets, a annoncé le retour quelques jours plus tôt. Ou, pour être plus exact, de Lucien Pepermans, un jeune scout de quinze ans originaire du petit village de Woluwe, à qui la rédaction du journal a demandé d'incarner le personnage d'Hergé contre un billet de 100 francs et un bouquet de fleurs aux couleurs nationales (offert par la maison Frouté).
Peperman gardera longtemps un souvenir ébloui de cette folle journée : "Je me souviens encore d'une phrase du discours, dira-t-il : "C'est le coeur étreint par une juste émotion..." et la foule de crier : "Hip, hip, hip, hourra !" D'ailleurs, il y a eu plus de cris de la foule que de phrases prononcées par moi."
Tintin un jour, Tintin toujours... Quelques années plus tard, durant la Seconde Guerre mondiale, on raconte que Pepermans, à l'instar du petit héros de son enfance, s'en alla lui-même bouffer du soviet sur le front de l'Est, au sein de la redoutable "légion Wallonie", un groupe de volontaires belges francophones engagés sous l'uniforme allemand de la Waffen-SS et commandés - le mond est petit - par une ancienne connaissance d'Hergé : le rexiste Léon Degrelle, que l'on surnommait "le Führer belge" et qu'Hitler aurait rêvé d'avoir pour fils.
Revenir en haut Aller en bas
Voir le profil de l'utilisateur En ligne
epistophélès

avatar

Nombre de messages : 9924
Age : 27
Date d'inscription : 15/10/2009

MessageSujet: Le coiffeur de Marie-Antoinette   Jeu 28 Juil - 22:23

Le meILLeur amI De L'Homme (1)

BEBERT, chat


Bébert ! Qu'aurait fait Céline sans lui ? Durant l'Occupation, ce bon gros chat de gouttière qui'l a recueilli en 1942 auprès du comédien Robert Le Vigan fut peut-être bien le seul être en qui il put avoir pleinement confiance. Ca, il l'a aimé son chat, Céline, bien mieux que tous ces Chinois ou ces Sémites "bas du cul qui puent le nègre" (Céline Louis-Ferdinand, Bagatelles pour un massacre, Denoël, 1937) : "Un chat, s'émerveillera-t-il, c'est l'ensorcellement même, le tact en ondes... C'est tout en "brrt" "brrt" de paroles... Bébert en "brrt", il causait positivement. Il vous répondait aux questions." (Céline Louis-Ferdinand, Féerie pour une autre fois, Gallimard. Coll. "Folio", 1995.)

Au temps de l'exil, Bébert a été de tous les voyages : à Sigmaringen, à Baden-Baden, à Berlin, au Danemark... Il a survécu aux bombes, à la faim, au froid, à la misère... "Ah ! Bébert, écrira un jour Paul Vitoux, la plume sanglotante, Céline en a si bien parlé, sobrement, avec une tendresse malicieuse, une intimité qui vouleverse, comme s'il trouvait dans son chat toutes les compensations au commerce si malheureux des hommes." (Vitoux Frédéric, Bébert, le chat de Louis-Ferdinand Céline, Grasset, 1976.)
Oui, il en a eu de la chance, Céline, avec son gros Bébert...


Le meILLeur amI De L'Homme (2)

MOORTJE, chat


Anne Frank, elle, en a eu beaucoup moins avec son Moortje, le petit chat noir qu'elle avait, elle aussi, recueilli en 1942. Le 8 juillet de la même année, au moment de disparaître derrière les murs de sa maison avec toute sa famille, elle dut s'en séparer à tout jamais dep eur que ses "brrt" "brrt" les fassent repérer. Elle en parlait si bien elle aussi : "Moortje me manque à chaque instant de la journée et personne ne peut imaginer combien je pense à lui : chaque fois que je pense à lui, j'en ai les larmes aux yeux. Moortje est si mignon et je l'aime tellement, je rêve à des projets pour le faire revenir."
(Le Journal d'Anne Frank, texte établi par Otto H. Frank et Mirjam Pressler, Calmann-Lévy, 1992.)
Revenir en haut Aller en bas
Voir le profil de l'utilisateur En ligne
Martine

avatar

Nombre de messages : 7972
Date d'inscription : 22/11/2008

MessageSujet: Re: Le coiffeur de Marie-Antoinette   Ven 29 Juil - 13:14

C'est triste cette histoire ! 
Revenir en haut Aller en bas
Voir le profil de l'utilisateur
epistophélès

avatar

Nombre de messages : 9924
Age : 27
Date d'inscription : 15/10/2009

MessageSujet: Le coiffeur de Marie-Antoinette   Ven 29 Juil - 20:06

La DISParue Du Père-LacHaIse

ADELAÏDE PAILLARD DE VILLENEUVE, enfant


Elle fut la première, le mercredi 21 mars 1804, à inaugurer le cimetière du Père-Lachaise dont Napoléon Bonaparte avait ordonné la construction l'année précédente pour pallier les manques de lieux de sépulture à Paris. On ne sait pratiquement rien d'elle, sinon qu'elle était âgée de cinq ans, qu'elle était la fille d'un porte-sonnette (c'était une personne chargée de signaler aux habitants des villes, à l'aide une clochette, l'heure de balayer et de nettoyer les rues) du faubourg Saint-Antoine, qu'elle fut inhumée dans la division 42 et qu'elle avait emporté, pour son interminable voyage, sa petite poupée de chiffon rose.
Durant de longs mois, Adélaïde dormit presque seule dans ce grand parc à l'anglaise de près de dix-sept hectares : les Parisiens snobinards jusque dans la mort, rechignaient à aller se faire enterrer hors de Paris, dans un quartier populaire et pauvre.
C'est alors que la municipalité eut une idée de génie. Tout comme autrefois M. Parmentier avait attisé la curiosité des paysans en faisant poster des gardes à l'entrée de son champ de pommes de terre, ces messieurs de la mairie attirèrent les bourgeois en faisant transférer en grande pompe les restes d'Abélard et d'Héloïse, bientôt suivis de ceux de La Fontaine et de Molière. Succès garanti. Très vite, on manqua de place. Il fallut agrandir, agrandir, agrandir. Et comme on ne pouvait s'étendre à l'infini, on finit par relever les tombes les plus anciennes pour laisser place aux nouvelles. C'est ainsi qu'Adélaïde disparut à tout jamais de la surface du monde.
Ils sont nombreux ceux qui, aujourd'hui encore, arpentent la division 42 dans l'espoir de la retrouver.
Généralement, le petit bouquet de fleurs qu'ils lui destinent finit sur la tombe d'un autre. Voilà comment une petite fille dont il ne reste rien qu'un souvenir ému continue, deux cents ans plus tard, de parfumer le monde.
Revenir en haut Aller en bas
Voir le profil de l'utilisateur En ligne
epistophélès

avatar

Nombre de messages : 9924
Age : 27
Date d'inscription : 15/10/2009

MessageSujet: Le coiffeur de Marie-Antoinette   Ven 29 Juil - 20:29

RéaCTIon conDITIonnée

JAMES MCDONOUGH, dit M. Wallace, chef comptable


Rien n'avait préparé M. James McDonough, un paisible et jovial chef comptable du Connecticut, à devenir un jour acteur. Au cours du mois de juin 1961, ce brave homme de quarante-sept ans interpréta pourtant à quarante reprises, et avec un indéniable talent, le rôle de M. Wallace, un fonctionnaire affable qui, après avoir lu une petite annonce dans le journal, finissait sur une chaise électrique. La pièce à laquelle il participa était très avant-gardiste pour l'époque. Jouée à huis clos dans un laboratoire de l'université de Yale, un seul spectateur à la fois pouvait y assister. Le plus fort dans l'histoire, c'est que ce même spectateur ne savait pas qu'il allait au théâtre. Il croyait qui'l avait été sélectionné pour participer à un testeur sur la mémoire.
Assis derrière un générateur électrique bidon, il devait, sous l'autorité d'un comédien déguisé en scientifique, envoyer des décharges toujours plus puissantes à M. Wallace lorsque celui-ci était incapable de reconstituer des couples de mots qu'on lui avait lus au préalable. Le comédien-scientifique assurait sans rire que cela finirait bien par lui rafraîchir la mémoire. Naturellement, c'est tout l'inverse qui se produisait. A force de prendre le jus, M. Wallace perdait les pédales. Il ne savait plus, suppliait qu'on arrête del e torturer, pleurait, refusait de répondre. Le comédien-scientifique poussait alors le spectateur à continuer malgré tout.

Personne ne savait jamais comment la pièce allait se terminer. Le spectateur allait-il résister aux ordres ?
S'y soumettre ? Au cours de ses quarante représentations, M. Wallace mourut vingt-cinq fois. Le reste du temps, il reçut des décharges factices au moins égales à 300 volts.
Si le nom de James McDonough ne resta pas dans les annales du théâtre, celui de Stanley Milgram, le metteur en scène, resta, lui, dans celles de la psychologie moderne.
Ce psychologue américain spécialiste du comportement venait en effet de prouver, avec sa terrible expérience, que n'importe qui, face à une autorité qu'il juge légitime et supérieure, peut se transformer en monstre.
Revenir en haut Aller en bas
Voir le profil de l'utilisateur En ligne
epistophélès

avatar

Nombre de messages : 9924
Age : 27
Date d'inscription : 15/10/2009

MessageSujet: Le coiffeur de Marie-Antoinette   Ven 29 Juil - 20:43

CHeF ! oui, CHeF !

JACOB BESER, opérateur radio


Trois jours seulement après être allé balancer la première bombe atomique sur Hiroshima à bord de l'Enola Gay, le 6 août 1945, l'opérateur radio Jacob Beser, vingt-quatre ans, s'empressa de réendosser son équipement pour se rendre à Nagasaki à bord du Bockscar. Il devait veiller, comme la première fois, à ce qu'aucune interférence ne fasse prématurément exploser la bombe.
Il entra dans l'Histoire en étant le seul membre d'équipage à avoir participé aux deux opérations.
Durant les années qui suivirent, on lui a souvent demandé s'il le referait et s'il se sentait coupable d'avoir participé à l'anéantissement de près de deux cent cinquante mille vies. Il répondit : "Il faut prendre en compte le contexte de l'époque dans lequel les décisions sont prises. Dans les mêmes conditions que celles de 1945, je n'hésiterais pas un seul instant à le refaire.
Je n'ai aucun regret ni remords pour le petit rôle que j'ai joué. Que je doive en avoir est même complètement absurde. Je me souviens de Pearl Harbor et de toutes les atrocités commises par les Japonais. Je me souviens du choc qu'à ressenti notre nation après tout cela. Je ne veux pas entendre parler de morale. La guerre, par nature, est immorale."
Avant de l'enrôler pour cette mission, son supérieur lui avait dit : "Ne posez pas de questions. Faites-moi juste confiance."
Revenir en haut Aller en bas
Voir le profil de l'utilisateur En ligne
epistophélès

avatar

Nombre de messages : 9924
Age : 27
Date d'inscription : 15/10/2009

MessageSujet: Le coiffeur de Marie-Antoinette   Ven 29 Juil - 21:08

Le Bourreau De MaTa HarI

LUCIEN ARNAUD, sergent


Il été très surpris, ce soir du 14 octobre 1917, lorsqu'on est venu lui donner l'ordre de constituer un peloton d'exécution pour le lendemain à l'aube.
Généralement, ce genre de mission est confié à un officier, pas à un sergent. "Mais nous étions en pleine guerre et les exécutions étaient nombreuses, expliquera-t-il plus tard au journaliste Jean-Claude Delaygues." (DELAYGUES Jean-Claude, Carnet d'un journaliste L'Ecir. 2006.) Je n'ai pas cherché à comprendre. J'ai obéi à cet ordre. " A vingt-trois ans, et après trois ans de conflit, cet Auvergnat du 4e régiment de zouaves n'est plus un bleu. Il a déjà été blessé trois fois : une fois à la tête, une autre fois d'un coups de baïonnette au côté gauche et une troisième fois à l'aine. Ce courageux poilu saura se montrer à la hauteur de la tâche qu'on vient de lui confier. Et peu importe que le premier condamné qui apparaisse sur sa liste soit l'une des femmes les plus intrigantes et les plus troublantes de l'époque. "Nous connaissions bien sûr l'existence de Mata Hari, dira encore Arnaud, et les bruits les plus divers circulaient à son sujet parmi les troupes, notamment son comportement avec l'état-major allemand. On disait même que c'était elle qui avait donné à l'ennemi l'attaque du chemin des Dames."

Aussi, c'est sans défaillir que, le 15 octobre, à 6 heures du matin, dans les fossés brumeux du fort de Vincennes, il s'approche de la belle aventurière coiffée d'un chapeau noir et blanc et sanglée dans un manteau noir à col de fourrure, pour lui bander les yeux. Elle refuse et, regardant le ciel, s'exclame : "Quelle étrange coutume des Français que d'exécuter les gens à l'aube !" (Ibid.)
Puis, ainsi que le raconte la légende, elle envoie un baiser aux soldats juste avant qu'ils ne la mitraillent. Les tirs éclatent. Elle chancelle, tombe à genoux puis s'abat en arrière, les jambes repliées sous elle. Alors Arnaud s'avance, pistolet à la main, et lui donne le coup de grâce derrière l'oreille gauche. Il est 6 h 20. Mata Hari, dont le nom signifie "la Pupille de l'aurore" en hindi, avait quarante et un ans.
Son corps, que personne ne réclama, fut découpé en morceaux par les étudiants de la faculté de médecine de Paris avant d'être incinéré et jeté à la fosse commune.
Quant à sa jolie tête, où Arnaud avait fait un si vilain trou, elle fut longtemps conservée au musée d'Anatomie de Paris avant de disparaître en 1954.
Revenir en haut Aller en bas
Voir le profil de l'utilisateur En ligne
epistophélès

avatar

Nombre de messages : 9924
Age : 27
Date d'inscription : 15/10/2009

MessageSujet: Le coiffeur de Marie-Antoinette   Ven 29 Juil - 23:05

L'EuroPe aVant L'Heure

PHILIBERT BESSON, homme politique


Quelle trombine ! Avec ses petites lunettes rondes et son crâne dégarni d'où partent, de chaque côté de ses tempes, deux grosses touffes de cheveux en broussaille, on dirait le Pr Tournesol. Mais Philibert Besson, député de la Haute-Loire dans les années 1930, n'avait pas que l'allure du fameux savant. Il en avait aussi le côté déjanté et visionnaire.
Si son programme politique ressemblait beaucoup à une liste de courses dans un magasin de farces et attrapes (prolongement de la rue de Rennes jusqu'à la mer : extinction du paupérisme à partir de 21 heures ; aménagement de trottoirs roulants pour faciliter le labeur des péripapéticiennes; attribution d'une pension à la veuve du soldat inconnu...), il était aussi capable, parfois, de dire ou de faire autre chose que des conneries.
Au guidon de sa moto pétaradante ou au volant de sa vieille guimbarde bariolée d'affiches à sa gloire, il n'avait de cesse de courir la France et les couloirs de l'Assemblée nationale pour vilipender les "vautours" de l'industrie électrique et des chemins de fer, s'élever contre les meuniers qui spoliaient leurs fournisseurs de blé, dénoncer les alliances cachées entre les partis politiques et le monde financier... Mais la grande idée de ce don Quichotte à tête de clown, son idéal, son cheval de bataille (à bascule), c'était, comme l'avait rêvé Aristide Briand un peu avant lui, la création des "Etats fédérés d'Europe", l'union des peuples, l'abolition des frontières et des douanes. "Le travail en commun pour la prospérité commune". C'est ainsi qu'il avait, bien avant Delors et consort, imaginé, en 1930, une monnaie commune, l'europa, "la monnaie universelle, la monnaie de la paix", gagée sur le travail (pour qui s'intéresse aux opérations de change, un europa équivalait, entre autres, à "200 grammes de viande, 30 grammes d'or, 50 centilitres de vin à 10 degrés, 30 minutes de travail, 10 kilowatts-heure"...)
Ses amis bellicistes et revanchards de l'Assemblée nationale se chargèrent de lui clouer le bec et de mettre son projet de monnaie unique à la poubelle en rappelant qu'il avait, quelques années plus tôt, effectué un séjour en hôpital psychiatrique et en faisant opportunément sortir dans la presse, à son propos, une sombre histoire de malversation financière.
Privé de son immunité parlementaire, poursuivi par la police, il passa à travers les mailles du filet en se déguisant, tel Fantômas, en femme ou en curé. Durant plus d'un an, il se terra dans le Velay, caché par des paysans.
Finalement disculpé, il revint sur la scène publique plus remonté que jamais, affirmant notamment à qui voulait l'entendre que les armées de la France, qui s'apprêtait à entrer en guerre contre l'Allemagne, n'avaient aucune chance de vaincre. Arrêté pour son défaitisme, il fut condamné à dix ans d'emprisonnement à la forteresse de Riom, en Auvergne.
Il en sortit deux ans et demi plus tard, les pieds devant, le 17 mars 1941. Son visage était tuméfié et il ne pesait plus que trente-trois kilos. Son geolier, un sadique surnommé "la chèvre", l'avait privé de nourriture durant des semaines puis battu à mort pour le punir d'avoir, fidèle à lui-même et à ses principes, participé à une mutinerie. Il avait quarante-trois ans.
Revenir en haut Aller en bas
Voir le profil de l'utilisateur En ligne
epistophélès

avatar

Nombre de messages : 9924
Age : 27
Date d'inscription : 15/10/2009

MessageSujet: Le coiffeur de Marie-Antoinette   Ven 29 Juil - 23:41

Le DéGonFLé De L'ATLanTIQue

JACK PALMER, aventurier (du dimanche)


Temps clair, mer calme. C'est le jour idéal pour s'en aller faire une croisière. Ce dimanche 25 mai 1952, dans le petit port du village de Fontvieille, près de Monaco, Alain et son ami anglais Jack ont pris place à bord d'un Zodiac de cinq mètres sur deux que surmonte une petite voile de trois mètres carrés.
Ils n'emportent rien avec eux qu'un sextant, quelques cartes, des hameçons, un fusil, deux appareils photo, un radiotransmetteur et quelques bouquins. Pas une goutte d'eau ni le moindre morceau de pain. Et pourtant, leur voyage risque de durer plusieurs jours. Ces inconscients ne sont pas fous. Ils entendent prouver à la Terre entière qu'il est possible de traverser la Méditerranée sans autre nourriture que la volonté et la débrouillardise.
Jusqu'à Tanger, qu'ils atteignent en dix-huit jours, tout roule, ou du moins tout flotte, pour les deux hommes qui se nourrissent de poissons et de plancton ; ils forment une équipe du tonnerre et n'ont à souffrir que d'une "constipation opiniâtre".
Mais lorsque Alain, après quelques jours de repos, propose de sa voix fluette mais déterminée de continuer jusqu'aux Canaries, Jack se dégonfle. Pour lui, poursuivre serait un suicide, d'autant qu'Alain envisage désormais de le faire sans fusil ni hameçons. "Pour une raison ou pour une autre, en tout cas ce sont des raisons tout à fait honorables, expliquera alors élégamment Alain à un journaliste, mon ami Palmer n'a plus eu confiance. Et j'estime que dans ces choses-là il faut avoir confiance pour continuer ou bien sans ça le moral risque d'être extrêmement bas et ça risque de vous emmener très loin.
Par conséquent, moi j'ai confiance, lui ne l'a plus. Je ne lui jette pas la pierre. Je comprends très bien qu'il n'ait pas voulu continuer mais d'un autre côté continuer avec un homme qui était persuadé qu'on allait échouer, moi je ne m'en sentais pas le courage." (Compilation d'archives d'Alain Bombard, 1952 et 1953, sur le site de l'Ina - retransmission d'un document audio). Interview réalisée par André Célarié à Casablanca, le 20 août 1952).

Ce que tout le monde ignorait, et Jack le premier, c'était qu'Alain voyait déjà plus loin que les Canaries. Son but, son rêve, c'était l'Atlantique. Le lundi 22 décembre 1952, après soixante-cinq jours d'un épouvantable voyage durant lequel il faillit mourir plusieurs fois, Alain Bombard aperçut enfin les côtes de La Barbade (Caraïbes). "J'ai ri, se souviendra-t-il. J'ai pensé à tous ces cons qui avaient dit que mon projet était impossible". Il avait maigri de vingt-cinq kilos, perdu tous les ongles de ses doigts de pied, souffrait d'éruptions cutanées et de graves troubles oculaires. Mais il avait survécu. Quant à ce "con" de Jack Palmer, plus personne n'entendit jamais parler de lui.
Pas même le dessinateur de bande dessinée René Pétillon ; c'est le hasard qui voulut que son désopilant personnage de détective privé (pourtant régulièrement embarqué, lui aussi, dans des aventures auxquelles il ne comprend pas grand-chose) portât le même patronyme. (Dargaud et Albin Michel, parmi lesquels : L'enquête Corse, Palmer en Bretagne, L'Affaire du voile
.)
Revenir en haut Aller en bas
Voir le profil de l'utilisateur En ligne
Martine

avatar

Nombre de messages : 7972
Date d'inscription : 22/11/2008

MessageSujet: Re: Le coiffeur de Marie-Antoinette   Sam 30 Juil - 14:53

Shocked perdre 25 kilos!
Revenir en haut Aller en bas
Voir le profil de l'utilisateur
epistophélès

avatar

Nombre de messages : 9924
Age : 27
Date d'inscription : 15/10/2009

MessageSujet: Le coiffeur de Marie-Antoinette   Dim 31 Juil - 16:26

L'esPIon QuI n'en éTaIT Pas un

JAMES BOND, ornithologue


Son nom était Bond. James Bond. Mais lui, ce n'étaient pas les femmes ni les espions qu'il aimait.
C'était les oiseaux aux couleurs chamarrées. Ce qui ne veut pas dire qu'l ne connut pas d'aventures : en 1925, à l'âge de vingt-cinq ans, James Bond partit durant six mois capturer des animaux en Amazonie pour les revendre à l'Academy of Natural Science of Philadelphia : en 1926, il s'envola pour les Caraïbes et Haïti où il devint un expert de l'avifaune. En 1936, il publia un livre référencé, A Field Guide to the Birds of the West Indies, (Guide des oiseaux des Antilles) un gros bouquin illustré décrivant plus de quatre cents espèces d'oiseaux des Antilles, qui fut réédité à de nombreuses rerpises. Un jour de 1953, ce dernier tomba entre les mains d'un ornithologue amateur qui s'était récemment mis à l'écriture de romans d'espionnage et cherchait un nom pour son héros.
Revenir en haut Aller en bas
Voir le profil de l'utilisateur En ligne
epistophélès

avatar

Nombre de messages : 9924
Age : 27
Date d'inscription : 15/10/2009

MessageSujet: Le coiffeur de Marie-Antoinette   Dim 31 Juil - 16:42

DernIer PLeIn Pour Camus

M. BAUMAS, pompiste


Quand il voit la voiture s'arrêter devant la pompe de sa station-service Shell de Lourmarin, ce 3 janvier 1960 au matin, M. Baumas ne peut s'empêcher d'émettre un petit sifflement. C'est qu'on n'en voit pas tous les jours, des bagnoles comme ça, dans ce petit coin du midi de la France.
Pensez : une Facel-Vega FV3B noire comme un corbillard. Un vrai monstre de confort et de puissance produit à seulement quatre-vingt-onze exemplaires et capable, grâce à son V8 Plymouth 4.9 litres, de pointes à plus de 200 kilomètres à l'heure...
Alors qu'il fait le plein tout en discutant mécanique avec le conducteur, le pompiste reconnaît soudain Albert Camus assis sur la banquette arrière à côté d'une jeune fille et d'un petit chien.
Tout le monde connaît l'écrivain à Lourmarin ; cela fait bientôt deux ans qu'il est venu s'installer dans ce petit village du Vaucluse qui lui rappelle la lumière et les couleurs de son Algérie natale. Sympa et tout simple, Camus, pas comme l'autre, là, le Henri Bosco qui vit enfermé dans son bastidon de pierres sèches sans jamais voir personne.
S'essuyant les mains dans un chiffon, M. Baumas laisse tourner la pompe et file chercher L'Etranger qu'il a acheté quelque temps plus tôt à la librairie du village pour se le faire dédicacer. C'est fort volontiers que Camus accepte d'inscrire quelques mots sur la page de faux titre à l'intention de son admirateur maculé de cambouis.
Les derniers qu'il écrira jamais : "A monsieur Baumas, qui contribue à me faire revenir souvent dans le beau Lourmarin."
M. Baumas le verra effectivement revenir trois jours plus tard à bord d'un corbillard noir comme la Facel-Vega FV3B de Michel Gallimard qui était allée s'entortiller autour d'un platane du côté du joli petit village de Villeblevin, dans l'Yonne.
Revenir en haut Aller en bas
Voir le profil de l'utilisateur En ligne
epistophélès

avatar

Nombre de messages : 9924
Age : 27
Date d'inscription : 15/10/2009

MessageSujet: Le coiffeur de Marie-Antoinette   Dim 31 Juil - 16:54

EmIncé De GénIe

THOMAS HARVEY, médecin légiste


C'est lui qui, le 18 avril 1955, réalisa l'autopsie d'Albert Einstein, sept heures et demie après sa mort.
Au terme de son examen qui confirma une rupture d'anévrisme, il préleva délicatement le cerveau du grand homme, le pesa (1 230 grammes) puis, sans rien demander à personne, le sectionna en cent soixante-dix morceaux qui'l découpa à leur tour en deux cent quarante fines lamelles microscopiques dans l'espoir de percer le secret du génie. Lorsque la famille d'Einstein l'apprit, elle fut très en colère. Mise devant le fait accompli, elle obtint que les clichés des lamelles et les commentaires les accompagnant ne soient publiés que dans des revues scientifiques et non sensationnalistes.
Harvey passera trente ans le nez sur son microscope. En vain. En 2010, trois ans après sa mort, ses héritiers ont fait don des géniales lamelles au National Museum of Health and Medicine Chicago qui, oubliant les voeux des légataires d'Einstein, s'empressa de les numériser puis de les vendre sur Internet pour financer ses besoins. Tout le monde, du plus grand savant au plus parfait imbécile, peut désormais s'essayer à découvrir le mystère, moyennant la modique somme de 7,70 euros. "O tempora, O mores" (Ô temps, Ô moeurs), comme disait le grand Cicéron qui sait de quoi il parle : en 43 avant J.-C., sa tête et ses mains furent elles-mêmes exposées durant plusieurs jours aux Rostres de Rome (une tribune en plein air, située dans le Forum, destinée aux harangues des magistrats et des orateurs) sur ordre de Marc-Antoine qui tenait à ce que tout le monde s'interrogeât sur ce qu'était le génie politique.
Revenir en haut Aller en bas
Voir le profil de l'utilisateur En ligne
epistophélès

avatar

Nombre de messages : 9924
Age : 27
Date d'inscription : 15/10/2009

MessageSujet: Le coiffeur de Marie-Antoinette   Dim 31 Juil - 17:09

Le cerveau De VoLTaIre

PIERRE-FRANCOIS MITOUART, apothicaire


Pierre-François Mitouart fut, lui, un peu moins curieux que Thomas Harvey lorsque, au terme de l'embaumement de Voltaire qui eut lieu à Paris, le 31 mai 1778, il se retrouva avec le cerveau de celui-ci entre les mains. Plutôt que de le découper en rondelles (ou de le jeter aux latrines, comme cela fut le cas pour les viscères du philosophe), il se contenta de le passer dans l'alcool bouillant pour le durcir, puis il l'introduisit dans un bocal de cristal rempli d'esprit-de-vin et fermé par un bouchon de liège goudronné.
A défaut de chercher à percer le mystère du génie du grand homme, Mitouart fit preuve du sien en exposant la précieuse relique dans son officine du 23 de la rue de Beaune, faubourg Saint-Germain. On venait parfois de fort loin admirer "la cervelle et le cervelet du feu sieur de Voltaire, singulièrement remarquable soit par leur volume extraordinaire, soit par une consistance toute particulière". La famille de Voltaire n'y trouva, elle, jamais rien à dire. "O Tempora, O Mores", comme disait l'autre.


(A la mort de Mitouart, en 1786, le cerveau passa de main en main pour finir dans celles d'Alfred Monard - un lointain parent de Mitouart - qui, en 1924, en fit don à la Comédie-Française, où il se trouve toujours. Pour de plus amples informations sur les rocambolesques tribulations du cerveau de Voltaire, voir l'article de VARIOT G., "Le cerveau de Voltaire", Bulletin de la Société française d'histoire de la médecine, numéro 21, 1927).
Revenir en haut Aller en bas
Voir le profil de l'utilisateur En ligne
epistophélès

avatar

Nombre de messages : 9924
Age : 27
Date d'inscription : 15/10/2009

MessageSujet: Le coiffeur de Marie-Antoinette   Dim 31 Juil - 17:35

Les SurVIVanTs Du VOL 571

SERGIO CATALAN, gaucho


Une légende andine raconte que, dans la Cordillère, vivent d'étranges vampires : les pishtacos, des monstres blanchâtres à l'apparence humaine qui tuent les hommes pour les découper et dévorer leur graisse.
La plupart du temps, ils traquent leurs victimes sur les sentiers de montagne. Ils sont séduisants, portent les cheveux longs et une barbe négligée. A leur ceinture pend un lasso en peau humaine. Peut-être Sergio Catalan, un gaucho chilien de quarante-sept ans, crut-il, ce soir du 22 décembre 1972, que les deux hommes qu'il venait d'apercevoir, cirant et gesticulant de l'autre côté de la rivière Azufre, à 1 400 mètres d'altitude, étaient des pishtacos. Tout, dans leur apparence, en tout cas, pouvait le laisser penser : blancs, décharnés, les lèvres saignantes, les cheveux longs et la barbe en broussaille, ils semblaient tout droit sortis de l'enfer. Protégé par la rivière qui bouillonne à ses pieds et par son chien qui n'en finit pas d'aboyer, il s'approche ; mais ce que les deux hommes disent est incompréhensible à cause du vacarme de l'eau. Il crie alors "Demain !" et disparaît dans la nuit. Lorsqu'il revient au petit matin, les deux hommes sont toujours là, autour d'un feu éteint. Il leur jette deux morceaux de pain qu'ils dévorent aussitôt et une feuille de papier enroulée autour d'une pierre. Elle lui revient avec le message suivant, tracé d'une main fébrile : "Je viens d'un avion qui est tombé dans les montagnes, je suis uruguayen. Cela fait déjà dix jours que nous marchons. Il y a encore quatorze personnes blessées dans l'avion. Nous devons sortir rapidement d'ici et nous ne savons pas comment. Nous n'avons rien à manger. Nous sommes épuisés. Quand viendront-ils nous chercher là-haut ? S'il vous plaît, nous ne pouvons pas marcher. Où sommes-nous ?"
Sergio Catalan n'en crut pas ses yeux. Il venait de retrouver les survivants du vol 571 pour Santiago du Chili.
Cela faisait soixante-douze jours que l'avion de l'équipe de rugby à XV de Montevideo, pris dans une violente tempête, avait disparu des écrans radars. Tout le monde les croyait morts. De fait, seulement seize personnes sur quarante-cinq en avaient réchappé. Ce dont Catalan ne se doutais pas, en éperonnant son cheval pour aller chercher des secours dans la vallée, c'est que ces deux hommes et les quatorze compagnons qu'ils avaient laissé sur les flancs du volcan Tinguiririca, à plus de 4 000 mètres d'altitude, étaient bel et bien des pishtacos
; après avoir épuisé leurs maigres réserves de nourriture (un peu de vin et des carrés de chocolat), ils avaient dû dévorer les cadavres de leurs compagnons pour survivre.
Les apparences ne sont pas toujours trompeuses.
Revenir en haut Aller en bas
Voir le profil de l'utilisateur En ligne
epistophélès

avatar

Nombre de messages : 9924
Age : 27
Date d'inscription : 15/10/2009

MessageSujet: Le coiffeur de Marie-Antoinette   Dim 31 Juil - 19:56

"Je suiIs Ton Père"

SEBASTIEN SHAW, comédien


Soixante-cinq ans de carrière. Des années d'apprentissage dans les théâtres régionaux de Bristol, Liverpool, Hull. Un diplôme de la Royal Academy of Dramatic Art de Londres. Soixante-deux films à son actif, pour le cinéma ou la télévision, entre 1930 et 1991. Dix ans au sein de la Royal Shakespeare Compagny. Des rôles prestigieux à la pelle (Roméo, Gloucester, Polonius...), des milliers de vers appris. L'Histoire aime les pieds de nez ; elle n'a gardé du grand comédien Sebastian Shaw qu'une toute petite scène d'à peine deux minutes et sept secondes. Elle se trouve à la fin du film de Georges Lucas, Le Retour du Jedi. Il interprète le rôle de Dark Vador mourant, démasqué, devant les yeux de son fils Luke Skywalker. Son texte tient sur une feuille de papier à cigarettes : "Maintenant va, mon fils. Laisse-moi./Tu l'as déjà fait, Luke./Tu avais raison à mon sujet. Dis à ta soeur que tu avais raison."

"Je n'ai aucune idée pourquoi ils se sont focalisés sur moi, déclarera-t-il plus tard. La raison était qu'ils avaient besoin d'un acteur expérimenté pour jouer cette scène très difficile. Ca n'a pas été facile." Grâce à cette brève mais cruciale apparition, Shaw recevra plus de demandes d'autographes et de lettres d'admirateurs qu'il n'en avait jamais reçues de toute sa carrière.
Il mourut (pour de bon) le 23 décembre 1994 à l'âge de quatre-vingt-neuf ans. Personne ne sait quels furent ses derniers mots.
Revenir en haut Aller en bas
Voir le profil de l'utilisateur En ligne
MAINGANTEE

avatar

Nombre de messages : 4314
Date d'inscription : 17/10/2009

MessageSujet: Re: Le coiffeur de Marie-Antoinette   Dim 31 Juil - 20:13

study
Revenir en haut Aller en bas
Voir le profil de l'utilisateur
epistophélès

avatar

Nombre de messages : 9924
Age : 27
Date d'inscription : 15/10/2009

MessageSujet: Le coiffeur de Marie-Antoinette   Dim 31 Juil - 20:20

La ZamBIe Dans La Lune

EDWARD MAKUKA NKOLOSO, instituteur


A dix-sept ans, Matha Mwamba a de la chance. Elle a été choisie, avec ses dix chats, pour faire partie de l'expédition qui, à la fin de l'année 1965, emmènera le premier équipage zambien sur la lune.
Pour l'initiateur de ce projet, Edward Makuka Nkoloso, le directeur de l'Académie de recherches spatiales zambiennes, cela ne fait aucun doute : "Les Américains et les Russes vont perdre la course à la lune." Cet ancien instituteur en mettrait sa main à couper. "J'aurai mon premier astronaute zambien sur la lune en 1965. Mes hommes de l'espace sont prêts. Nous utiliserons mon propre système de mise à feu, dérivé de la catapulte."
Le lieu et la date du lancement ont été choisis avec soin ; l'engin, baptisé D-Kalu 1, et dont la forme fait penser à un gros tambour, partira du stade de football de Lusaka, la capitale de la Zambie, à l'occasion du premier anniversaire de l'indépendance du pays.
Seul petit hic : Makuka Nkoloso a besoin d'un peu d'argent pour mener à bien son formidable projet : 700 millions de livres zambiennes que l'Unesco, allez savoir pourquoi, tarde à lui envoyer malgré ses innombrables lettres de relance.
Ce qui ne l'empêche pas de continuer à entraîner intensivement ses hommes de l'espace, ses "afronautes", comme il les appelle. Il note à l'intention du Dr Kabunda Kayongo, le ministre zambien des Technologies : "Je les habitue au voyage dans l'espace en les plaçant dans ma grande capsule spatiale tous les jours. Il s'agit d'un baril de pétrole de quarante gallons dans lequel ils s'assoient et que je fais dévaler au bas d'une pente. Cela leur donne l'impression d'être en apesanteur. Je les fais aussi se balancer au bout d'une longue corde - ce qui produit une sensation de chute libre."

Malheureusement pour Makuka Nkoloso, les problèmes s'accumulent : en plus de voir des espions partout (d'après lui, les Américains et les Russes auraient tenté de kidnapper Matha et ses chats pour leur arracher des informations), ses "afronautes" eux-mêmes lui causent bien des soucis. Car ils ne se montrent pas vraiment intéressés par la lune, du moins celle qui flotte, là-haut, entre deux étoiles. "J'ai des problèmes avec mes hommes de l'espace et avec ma femme de l'espace, écrit Makuka Nkoloso, dépité, au Dr Kayongo. Ils ne se concentrent pas sur le voyage dans l'espace. Ils font trop l'amour alors qu'ils devraient étudier la Lune.
Les mois passent. L'Unesco ne répond toujours pas. A force de s'entraîner, Matha Mwamba finit par tomber enceinte. Makuka Nkoloso doit, la mort dans l'âme, renoncer à son rêve.
Mais lorsque la presse lui demande d'expliquer les raisons de son échec, le rêve le reprend soudain, comme un dernier frisson de fièvre. Si son projet a foiré, explique-t-il le plus sérieusement du monde, c'est parce que le comité chargé des célébrations de l'indépendance a estimé que le lancement de sa fusée risquait d'effrayer les invités, voire la population entière. "Je pense qu'ils s'inquiétaient beaucoup pour la poussière et le bruit. C'est très dommage."

On pourra penser ce que l'on veut de Makuka Nkoloso qui, à sa mort, le 4 mars 1989, fut inhumé avec les honneurs présidentiels. Mais ce doux rêveur aura au moins eu un mérite : celui d'associer une femme à l'aventure lunaire. Les Etats-Unis, forts de leurs six voyages sur notre satellite, n'ont, eux, jamais eu cette attention.
Revenir en haut Aller en bas
Voir le profil de l'utilisateur En ligne
epistophélès

avatar

Nombre de messages : 9924
Age : 27
Date d'inscription : 15/10/2009

MessageSujet: Le coiffeur de Marie-Antoinette   Dim 31 Juil - 20:46

Les FonDus De La cuISInIère en Fonte

M. ANGLADE et M. RUQUIER, forains


Dans son édition du dimanche 28 janvier 1923, le journal Le Matin rapporte :
"Hier a eu lieu, en salle de la cour d'assises de Versailles, la dernière vente des objets mobiliers ayant appartenu à feu Landru. M. Béguin, receveur des domaines, a réalisé un chef-d'oeuvre de mise en scène.
Au centre du prétoire, le plus près du siège où se tint le président Gilbert, resplendit la cuisinière - c'est d'ailleurs une façon de parler. Elle resplendit par son seul prestige car depuis qu'en prit soin la dernière fiancée, personne ne s'est préoccupé de la passer à la pâte à reluire.
Au-dessus de la cuisinière, en panoplie, des ciseaux, des cisailles, des scies, des couperets."
Mais aussi des fers à friser et à onduler "auxquels des cheveux adhèrent encore", des valises, des peignes en imitation écaille, des vêtements, des pneus (!) et encore "d'immondes choses grises qui ont la couleur même de la misère".
La salle est comble. La vente peut commencer.
"Un très banal encrier de verre, mais dans lequel Landru trempa son joli brin de plume" fait 50 francs. Une paire de souliers argentés, 2,50 francs. Un pilon de cuisine "peu appétissant", 7 francs. Un ruban bleu pâle et une épingle à cheveux, 3 francs. Une ceinture cartouchière, 19 francs. Un petit porte-monnaie à deux sous, 22 francs. "C'est de la folie !"
"Mais une immense clameur s'élève. Des hommes de peine amènent au premier rang la cuisinière.
- J'ai besoin de silence ! s'écrie M. Béguin.
Et il ajoute :
"J'ai preneur à 500 francs.
Une voix répond :
- 1 500 francs !
- 3 000 francs ! crie un autre.
Les enchères se multiplient. On en est déjà à 4 000 francs.
Un temps d'arrêt.
- Personne au-dessus de 4 000 francs ?
L'enchère reprend :
4 200 francs.
Le crieur, humoristique, pousse, en disant :
- Y en a qu'une, vous savez !
Enfin, la cuisinière est adjugée à 4 200 francs au forain Anglade."

Drôle d'époque. En effet, aujourd'hui, personne ne songerait à qualifier le directeur (en l'occurrence la directrice) du musée Grévin de "forain""...
Après avoir trôné durant quelques années au milieu des statues de cire de M. (le forain directeur) Anglade, la cuisinière en fonte de Gambais rejoignit, en 1932, une collection privée, aux Etats-Unis, avant de repasser aux enchères, en France, en 2005. C'est de nouveau un forain qui emporta la mise. Ou, pour parler comme aujourd'hui, "un parolier-écrivain-dramaturge-producteur et animateur de télévision" : Laurent Ruquier.
Revenir en haut Aller en bas
Voir le profil de l'utilisateur En ligne
epistophélès

avatar

Nombre de messages : 9924
Age : 27
Date d'inscription : 15/10/2009

MessageSujet: Le coiffeur de Marie-Antoinette   Lun 1 Aoû - 0:38

Du BOIS DontT on FaIT Les Héros

GABRIEL MARECHAL PETAIN PERI, chêne


Date de naissance : vers 1680. Hauteur : 41 mètres, circonférence : 3,70 mètres. Volume ; 23 mètres cubes.
Le moins que l'on puisse dire, c'est que ce beau chêne de la forêt domaniale de Tronçais (Allier), que Colbert avait fait semer en vue de fournir un jour la marine du Roi-Soleil, a vécu bien des aventures.
Après avoir échappé à l'enrôlement dans les armées navales de Sa Majesté, supporté des siècles d'orages, de soleil et de grêle et abrité des générations d'oiseaux, il fut, à l'aube de ses deux cent soixante ans, au mois de novembre 1940, offert au maréchal Pétain qui, qu cours d'une jolie cérémonie, le marqua au tronc "de trois empreintes du marteau de l'Etat et d'une empreinte de son marteau particulier"
"Le Maréchal est aussi grand que le chêne !" s'écria un participant sous les hourras de la foule, les flonflons de l'orchestre et les crépitements des flashs des nombreux journalistes présents ce jour-là.
Durant des années, le pied ceinturé de fils de fer barbelés, le "Maréchal Pétain", comme l'appelait désormais, étendit ses ombrages vert-de-gris au-dessus de son royaume.
Jusqu'à cette nuit du 13 février 1944 où trois courageux bûcherons du pays, Julien Vincent, André Brodin et Charles Rougelin, s'en vinrent arracher la plaque "Chêne Maréchal Pétain" pour la remplacer par la palque "Chêne Gabriel Péri", du nom d'un député communiste fusillé par les nazis en 1941.
Et voici comment ce grand arbre, qui n'avait jamais rien fait ni rien demandé à personne, passa, en moins de temps qui'l n'en faut pour l'écrire, du statut de collabo à celui de résistant.
Un bien bel exemple que, quelques mois plus tard, à la Libération, plusieurs centaines de milliers de Français - qui étaient loin d'être du même bois innocent dont était fait le héros de la forêt de Tronçais - s'empressèrent d'imiter.
Revenir en haut Aller en bas
Voir le profil de l'utilisateur En ligne
epistophélès

avatar

Nombre de messages : 9924
Age : 27
Date d'inscription : 15/10/2009

MessageSujet: Le coiffeur de Marie-Antoinette   Lun 1 Aoû - 1:05

La muse De GauGuIn

TEHA'AMANA, femme modèle


Lorsqu'il la rencontra à Tahiti, vers le milieu de l'année 1892, elle n'avait que treize ans. Il en avait, lui, quarante-quatre. Après s'être mis d'accord avec ses parents, il la demanda en mariage en ces termes :
- Tu n'as pas peur de moi ?
- Non.
-Veux-tu toujours habiter ma case ?
- Oui.
- Tu n'as jamais été malade ?
- Non

Durant près de deux ans, cette jeune vahiné originaire de Rarotonga dans les îles Cook, sera, pour Paul Gauguin, qu'elle a rebaptisé Koké, une épouse parfaite, discrète, débrouillarde, docile et aimante.
Son nez épaté, ses lèvres charnues, ses hanches et ses jambes robustes enchantent l'homme et inspirent l'artiste. Au côté de cette jeune fille dont le nom signifie "donneuse de forces" en tahitien, il retombe presque en enfance, retrouve l'envie de peindre et le bonheur de vivre qui l'avaient quitté lorsqu'il vivait en métropole. Il écrit : "Chaque jour au petit lever du soleil, la lumière était radieuse dans m on logis. L'or du visage de Tcha'amana inondait toutl 'alentour et tous deux dans un ruisseau voisin nous allions naturellement, simpleent comme au paradis, nous rafraîchir.
En quelques mois seulement l'amoureux transi accumule près de soixante-dix toiles (dont plusieurs représentent son joli modèle) et une douzaine de sculptures en bois "ultra sauvages" qui feront l'écoeureument du public et des critiques parisiens à qui il viendra les présenter, en novembre 1893, chez le galeriste Durand Ruel.

Miné par cet échec, éprouvé par la mort soudaine de sa fille préférée, Aline, Gauguin rentré à Tahiti, sombre dans la dépression. Les gestes tendres et la beauté sauvage de Tcha'amana n'y feront rien. Après une tentative de suicide à l'arsenic, il quitte Tahiti, en 1901, pour les Marquises où il espère refaire sa vie. Quant à Tcha'amana, il la laissa sur son île, comme autrefois ce salaud de Thésée abandonna Ariane sur celle de Naxos.
Revenir en haut Aller en bas
Voir le profil de l'utilisateur En ligne
Contenu sponsorisé




MessageSujet: Re: Le coiffeur de Marie-Antoinette   

Revenir en haut Aller en bas
 
Le coiffeur de Marie-Antoinette
Voir le sujet précédent Voir le sujet suivant Revenir en haut 
Page 3 sur 4Aller à la page : Précédent  1, 2, 3, 4  Suivant
 Sujets similaires
-
» Le coiffeur de Marie-Antoinette
» Si j'étais Robespierre...
» Barbie Collector
» Les barbie collection 2008 2009
» Réunion autour du patronyme AUBER

Permission de ce forum:Vous ne pouvez pas répondre aux sujets dans ce forum
Mosaïque :: Bibliothèque :: HISTOIRE D'AMOUR DE ...-
Sauter vers: