Mosaïque

Détente - amitié - rencontre entre nous - un peu de couleurs pour éclaircir le quotidien parfois un peu gris...
 
AccueilAccueil  S'enregistrerS'enregistrer  Connexion  

Partagez | 
 

 Le coiffeur de Marie-Antoinette

Voir le sujet précédent Voir le sujet suivant Aller en bas 
Aller à la page : 1, 2, 3, 4  Suivant
AuteurMessage
epistophélès

avatar

Nombre de messages : 9467
Age : 27
Date d'inscription : 15/10/2009

MessageSujet: Le coiffeur de Marie-Antoinette   Lun 18 Juil - 19:21

Auteur : Frédéric Richard.

"JE N'AIME DE L'HISTOIRE QUE LES ANECDOTES."

PROSPER MERIMEE

Le dernier homme sur la lune

EUGENE CERNAN, astronaute

Comme des millions de gens, je me rappelle très bien le jour où Neil Armstrong a posé le pied sur la lune.
C'était en juillet 1969. J'avais trois ans. A l'époque, nous n'avions pas la télévision à la maison. Ma mère nous avait emmenés, mon frère et moi, assister à l'événement dans l'arrière-boutique de la mère Tape-dur, l'épicière du quartier, qui devait son surnom au fait qu'elle pratiquait des prix dignes de Bon Marché.
Etait-ce le matin ? L'après-midi ? Le jour ou la nuit ? Je ne me souviens plus. Mais je nous revois, mon frère et moi, assis sur des chaises en Formica, la tête penchée en arrière, en train de regarder une petite télévision noir et blanc perchée au sommet d'un Frigidaire. Sur l'écran, un type qui ressemblait au bonhomme Michelin de la station-service où mon père allait faire le plein de sa R16 descendait une petite échelle tout en parlant comme s'il se bouchait le nez.
Par contre, comme des millions de gens, je ne me rappelle absolument pas où j'étais le 14 septembre 1972.
Le jour où Eugène Cernan, trente-cinq ans, fut, après quatre jours passés à collecter des minerais avec son ami Harrison Schmitt, le dernier homme à quitter le sol lunaire. Des douze astronautes qui sont allés sur la lune, il est celui qui y a marché le plus longtemps : 22 heures, 3 minutes et 57 secondes. Il est aussi, au volant du Lunar Rover, le détenteur du record de vitesse lunaire : 11.2 miles per hour, soit 18 kilomètres à l'heure.
Si Armstrong a lancé une grande phrase en arrivant sur notre satellite, lui a laissé un petit mot en partant, trois lettres écrites avec son doigt dans la poussière : TDC, pour Tracy Dawn Cernan, les initiales de sa fille âgée de neuf ans.
Revenir en haut Aller en bas
Voir le profil de l'utilisateur En ligne
epistophélès

avatar

Nombre de messages : 9467
Age : 27
Date d'inscription : 15/10/2009

MessageSujet: Le coiffeur de Marie-Antoinette   Lun 18 Juil - 19:51

MAUVAISE COMEDIE POUR MARIE-ANTOINETTE

GUILLAUME-ANTOINE NOURRY, dit Grammont, acteur

EN CETTE FIN DE MATINEE DU 16 OCTOBRE 1793, les rues qui vont de la Conciergerie jusqu'à la place de la Révolution en passant par la rue Saint-Honoré et le pont au Change sont pleines à craquer. Tout le monde est venu voir passer Marie-Antoinette qui, quelques heures plus tôt, a été condamnée à mort par le tribunal révolutionnaire.
Robespierre, qui craint des réactions inattendues de la part de la foule, a tout prévu. Non seulement il a fait disposer trente milel hommes de troupe le long du trajet mais il s'est également adjoint les services d'un comédien récemment retiré des planches, Guillaume-Antoine Nourry, dit Grammont, pour exciter la foule au passage de "Mme Déficit".
Habillé en garde national, monté sur un cheval noir, l'ancien pensionnaire du Français, devenu entre-temps adjudant-général des armées, se donne à fond ; tout en faisant de grands moulinets avec son sabre et en roulant des yeux terribles, il n'a de cesse de couvrir la reine d'injures."Elle est foutue ! La voilà, la garce, la salope !"
Mais son jeu tombe à plat. Le peuple qui s'attendait à contempler un monstre s'émeut de voir passer une femme aux yeux rougis et au teint blême, vêtue d'un pauvre déshabillé de piqué blanc et dont le petit bonnet de linon cache mal ses cheveux devenus blancs. C'est elle, la traîtresse ? Aux vociférations de Grammont répondent des soupirs. Des hommes se signent, des femmes tombent à genoux, des enfants envoient des baisers.
Ce n'est pas la première fois que Guillaume-Antoine Nourry fait un four. Durant sa carrière au Français, les critiques ont souvent eu à déplorer "la sécheresse de son eu, le défaut de sensibilité, et souvent même d'intelligence". En 1782, il a même été forcé de quitter précipitamment la scène, hué par le public qui désapprouvait son interprétation d'Orosmane dans Zaïre.
Arrêté le 13 mars 1794 pour s'être fourvoyé dans l'affaire dite "de la conspiration des prisons*", Nourry monte une dernière fois sur scène un mois plus tard, le 13 avril. C'est le bourreau Sanson qui, ce jour-là, lui donne la réplique. A 13 h 15, face à un parterre indifférent, sa tête, en tombant, fait comme une ultime révérence. Rideau.


*Pour se débarrasser des prisonniers qui engorgeaient les prisons sous la Terreur, les révolutionnaires eurent l'idée de les condamner à mort par brassées entières en prétextant une conspiration de leur part.
Revenir en haut Aller en bas
Voir le profil de l'utilisateur En ligne
epistophélès

avatar

Nombre de messages : 9467
Age : 27
Date d'inscription : 15/10/2009

MessageSujet: Le coiffeur de Marie-Antoinette   Mar 19 Juil - 15:32

Route 466 Pour L'enfer

RUDOLF KARL WÜTHERICH, dit Rolf Wütherich, mécanicien

Le choc avec la Ford Sedan a été d'une telle violence que le passager de la Porsche 550 Spyder, le mécanicien Rolf Wütherich, a été éjecté de l'habitacle. Il a atterri sur le bas-côté de la route. Il est toujours conscient mais son bassin et ses jambes sont brisés. Le conducteur du bolide, lui, est resté prisonnier des tôles. Il n'entend pas Wütherich qui l'appelle : "Jimmy ! Jimmy ! Jimmy !" Il gît sur la banquette avant, la nuque rompue, le pied gauche écrabouillé entre la pédale de frein et l"'embrayage, les os des bras fracassés. Nous somme le vendredi 30 septembre 1955, en Californie, sur la highway 466. Il est un peu plus de 17 h 30. James Dean et son mécanicien (dont certaines mauvaises langues prétendent qu'il ne s'intéressait pas qu'aux gicleurs des moteurs) n'arriveront jamais à Salinas où ils devaient participer à une course automobile.
Donald Turnupseed, le conducteur de la Ford qui a provoqué l'accident, est choqué mais n'a que quelques contusions. Tout l'avant de sa bagnole est en miettes. Il ne comprend pas ce qui vient de lui arriver. Aux policiers qui l'interrogeront plus tard, il jurera : "Ididn't see him, by God. I really didn't see him." (Je ne l'ai pas vu, je jure devant Dieu que je ne l'ai pas vu).
Rolf Wütherich mettra plus d'un an à récupérer de ses blessures physiques. Mais ses blessures psychologiques, elles, ne cicatriseront jamais. Miné par les rumeurs qui disent que c'est lui qui conduisait ce jour-là, harcelé par des milliers de fans qui l'accusent d'avoir tué leur idole, il tente d'abord de se faire oublier en quittant les Etats-Unis pour l'Allemagne, son pays natal, puis d'oublier tout court en s'enfonçant dans l'alcool et en cognant sur sa femme. Il se suicide le 22 juillet 1981, à l'âge de cinquante-trois ans, en jetant sa voiture, une Honda Civic, contre un mur. Il était seul. Et soûl. Cette fois-ci, les pompiers mettront près d'une heure pour le désincarcérer.


Revenir en haut Aller en bas
Voir le profil de l'utilisateur En ligne
epistophélès

avatar

Nombre de messages : 9467
Age : 27
Date d'inscription : 15/10/2009

MessageSujet: Le coiffeur de Marie-Antoinette   Mar 19 Juil - 16:04

L'escargot du Tour de France

ARSENE MILLOCHEAU, cycliste

Celle-là, elle est pour J2. ........... Very Happy ........ geek

Deux mille quatre cent vingt-huit kilomètres. Six étapes gargantuesques : Montgeron-Lyon ; Lyon-Marseille ; Marseille-Toulouse ; Toulouse-Bordeaux ; Bordeaux-Nantes ; Nantes-Paris, (respectivement : 467 km. 423 km. 268 km. 425 km et 471 km) vingt mille francs de primes à se partager. Soixante-dix-neuf coureurs au départ. Vingt et un seulement, à l'arrivée.
Lorsque Maurice Garin, après dix-huit jours de course, franchit en vainqueur la ligne d'arrivée du premier Tour de France, le 18 juillet 1903, Arsène Millocheau, le dernier du classement général, lui, se promène toujours dans la nature.
Personne ne sait exactement où il est. Il finira par arriver 10 heures, 11 minutes et 5 secondes plus tard. Il expliquera qu'il s'était perdu. Apparemment, ce n'était pas la première fois.
Sur l'ensemble de la course, il accuse un retard de 64 heures, 57 minutes et 8 secondes. Il vient de faire le tour de la France à la vitesse moyenne et extravagante de 15,72 kilomètres à l'heure.
Aucun coureur du Tour de France n'est, depuis allé moins vite que lui.
Revenir en haut Aller en bas
Voir le profil de l'utilisateur En ligne
epistophélès

avatar

Nombre de messages : 9467
Age : 27
Date d'inscription : 15/10/2009

MessageSujet: Le coiffeur de Marie-Antoinette   Mar 19 Juil - 17:25

Vol au-Dessus Du mur De Berlin

HANS CONRAD SCHUMANN, garde-frontière

L'image a fait le tour du monde : un soldat est-allemand qui écarte la bretelle de son fusil saute par-dessus un enchevêtrement de fils de fer barbelés sous les regards médusés d'un petit groupe d'hommes et de femmes situé à l'arrière-plan. Nous sommes le 15 août 1961, à Berlin, au coin de Ruppiner Strasse et Bernauer Strasse, au troisième jour de la construction du mur. Le jeune garde-frontière Hans Conrad Schumann, dix-neuf ans, vient de rejoindre le monde libre sous l'oeil interloqué du photographe Peter Leibing. Il laisse tout derrière lui : son petit village de Leutewitz, ses parents, ses amis, une fiancée peut-être. "J'étais dans un état d'extrême nervosité, expliquera-t-il plus tard. Je n'arrivais pas à me décider à sauter car j'avais peur de m'accrocher aux barbelés et d'être abattu par mes collègues. Jusqu'à ce que j'aperçoive un fourgon de police toutes portes ouvertes. Ca m'a donné du courage au ventre. J'ai foncé sur le fourgon." Entre 1961 et 1989, deux mille cinq cents gardes-frontières lui emboîteront le pas avec, il faut le dire, moins de facilité.
Conrad Schumann retrouvera les siens vingt-huit ans plus tard, après la chute du mur. Aucun photographe ne sera là pour immortaliser l'instant. Chez lui, personne ne l'a oublié ; personne non plus, ne lui a pardonné son geste. Le héros des uns est devenu le traître des autres.
Affligé, désabusé, celui qui se disait "fier d'être entré dans l'histoire en incarnant la liberté" se pend dans un verger, près d'Ingolstadt, une petite ville située en ex-Allemagne de l'Ouest, le 20 juin 1998. A quoi bon être aimé du monde quant les vôtres vous détestent ?
Revenir en haut Aller en bas
Voir le profil de l'utilisateur En ligne
epistophélès

avatar

Nombre de messages : 9467
Age : 27
Date d'inscription : 15/10/2009

MessageSujet: Le coiffeur de Marie-Antoinette   Mar 19 Juil - 17:36

Des Fleurs pour le Soldat Inconnu

AUGUSTE THIN, commis-épicier

Avec son petit bouquet d'oeillets blancs et rouges à la main. Engoncé dans un uniforme tout neuf qui le boudine un peu, le soldat du 132e RI, Auguste Thin, n'en mène pas marge.
Et dire qu'il ne devrait même pas être là, dans cette galerie souterraine de la citadelle de Verdun... Mais celui qui était prévu, un Martiniquais de Fort-de-France, est tombé malade quelques heures avant la cérémonie.
Pourquoi l'a-t-on choisi, lui ? se demande-t-il. Est-il plus méritant qu'un autre ? Tout le monde le regarde. Il faut qu'il se décide. Le pas raidi par l'émotion, il fait rapidement un premier tour des huit cercueils sur lesquels ne figure aucun nom. Lequel choisir ? Lequel ? Soudain, c'est l'illumination. Il appartient au 6e corps : s'il additionne les chiffres de son régiment, ça donne six aussi ! Voilà. C'est aussi simple que ça. Au deuxième tour, Auguste Thin dépose son bouquet sur le sixième cercueil qu'il rencontre.
"Il était toujours prêt pour ce qu'on lui demandait de faire, dira plus tard sa belle-soeur Janine. C'était un homme de bonne volonté." Ce 10 novembre 1920, Auguste Thin, ce brave petit soldat dont personne ne se souvient, vient de faire rentrer dans l'Histoire un soldat inconnu que personne n'a oublié.
Revenir en haut Aller en bas
Voir le profil de l'utilisateur En ligne
epistophélès

avatar

Nombre de messages : 9467
Age : 27
Date d'inscription : 15/10/2009

MessageSujet: Le coiffeur de Marie-Antoinette   Mar 19 Juil - 18:16

La Promesse De Christophe Colomb

RODRIGO DE TRIANA, marin (1)

D'aucun le disent né à Séville, d'autres à Coria del Rio, d'autres encore à Lepe. Certains le disent juif, d'autres musulman, d'autres chrétien. Tous, en revanche s'accordent à dire que c'est lui qui, à la proue de la Pinta, fut, au milieu de la nuit du 12 octobre 1492, le premier à apercevoir le Nouveau Monde. Grâce à cette découverte, il venait de gagner la prime de plusieurs milliers de maravédis que Christophe Colomb avait promise, la veille, à qui découvrirait la terre en premier.

Les mensonges De Christophe Colomb

RODRIGO DE TRIANA, marin (2)

En apprenant que la marin de la Pinta avait hurlé "Tierra ! Tierra !", Chirstophe Colomb a surgi sur le pont de la Santa Maria comme un diable d'une boîte. Ses yeux sont encore barbouillés de sommeil mais cela ne l'empêche pas de prétendre aussitôt, sans vergogne ni peur du ridicule, que c'est lui qui l'a vue en premier.
A ceux qui le regardent en fronçant les sourcils, il explique que, de toute façon, il avait déjà aperçu une lueur surl es coups des dix heures du soir, mais qu'elle avait été si furtive qu'il n'avait pas voulu affirmer que c'était la terre (Journal de bord du premier voyage de C. Colomb. B. N. de Madrid, copie de Fr. Bartolomé de Las Casas, in Christophe  Colomb. Oeuvres complètes). A quoi bon discuter ?
Le capitaine a toujours raison. Rodrigo de Triana n'empochera jamais la prime.
Revenir en haut Aller en bas
Voir le profil de l'utilisateur En ligne
epistophélès

avatar

Nombre de messages : 9467
Age : 27
Date d'inscription : 15/10/2009

MessageSujet: Le coiffeur de Marie-Antoinette   Mar 19 Juil - 21:05

Jeanne D'ARC ressuscitée

GUILLAUME DE MENDE, berger

Lorsque le petit roi d'Angleterre, Henri VI, dix ans, entre dans Paris par la porte Saint-Denis pour aller se faire sacrer roi de France à Notre-Dame, le 16 décembre 1431, la foule est au rendez-vous. Il faut dire que le spectacle que l'occupant anglais a mitonné aux Parisiens est grandiose. Non content de leur donner à voir le souverain, suivi de toute sa cour, passer sous "un grand dais d'azur, semé de fleurs de lys d'or", il a en effet, et selon l'usage, organisé de nombreux spectacles sur le parcours qui mène à la cathédrale : sauvages qui s'ébattent dans un petit bois en jouant avec des écus, innombrables fontaines de vin et de lait auxquelles buvait qui voulait et qui pouvait, sirènes barbotant dans des fontaines couvertes de pétales de roses, peintures pieuses tendues sur des échafaudages, comme cette immense fresque qui, s'étendant de la Trinité jusqu'à la rue Darnétal, représente le mystère de la Conception de Notre-Dame jusqu'à la fuite en Egypte.
Mais au milieu de cette débauche d'images de sons et de couleurs, un petit détail retient l'attention. Qui est donc le jeune garçon lié et garrotté que le roi entraîne derrière lui tel, autrefois, Vercingétorix derrière César ?
Réponse : Guillaume de Mende, un jeune berger qui, lorsqu'il avait appris que Jeanne d'Arc avait été capturée à Compiègne, en mai 1430, s'était aussitôt mis en tête de reprendre son rôle pour maintenir le moral des troupes royales françaises.
Capturé dans une escarmouche près de Beauvais, le 12 août 1431, à la tête d'une poignée d'anciens compagnons de Jeanne, les Anglais n'ont pas tardé à découvrir que la Pucelle était un puceau et l'ont laissé s'interroger en prison, durant quatre mois, sur l'origine miraculeuse de ses testicules avant de le convier au sacre.
Après l'avoir traîné jusqu'à la cathédrale Notre-Dame comme un chien au bout de sa laisse, les Anglais ne prirent même pas la peine de lui construire un bûcher.
Ils l'enfermèrent dans un sac et le noyèrent dans la Seine.
Maigre consolation pour Guillaume : c'est dans ce même fleuve, un peu en aval, que, quelques mois plut tôt, le bourreau Geoffroy Thérage était allé jeter les cendres encore fumantes de Jeanne.
Revenir en haut Aller en bas
Voir le profil de l'utilisateur En ligne
epistophélès

avatar

Nombre de messages : 9467
Age : 27
Date d'inscription : 15/10/2009

MessageSujet: Le coiffeur de Marie-Antoinette   Mar 19 Juil - 21:22

A un POIL(U) Près

AUGUSTIN TREBUCHON, berger

Il pose seul, en uniforme, tête nue, sanglé dans une veste à gros boutons et aux épaulettes pendant comme deux grosses serpillières à franges. Dans sa main gauche, une cigarette : dans la droite, une paire de gants blancs immaculés. A-t-il jamais porté un si beau costume ? Il regarde fièrement devant lui, un peu au loin, les lèvres serrées, comme s'il était conscient et convaincu de la tâche qu'il devait accomplir.
La photo a été prise le 4 août 1914. Dans quelques jours, le petit berger communal du Malzieu-Forain, âgé de trente-six ans va, pour la première fois de sa vie, quitter sa Lozère natale.
En quatre ans de conflit, cet aîné d'une fratrie de six enfants va voir du pays et survivre à tous les massacres : la Marne, Verdun, l'Artois, la Somme...
Mais le 11 novembre 1918, dans les Ardennes, à 10 h 45 du matin, soit quinze minutes avant le cessez-le-feu final, il est abattu d'une balle dans la tête par un Allemand, alors qu'il portait un message à son capitaine : "Rassemblement à 11 h 30 pour le ravitaillement." Il est le dernier des un million six cent quatre-vingt-dix-sept mille poilus morts pour la France.
Douglas Kennedy a raison :


"LE DESTIN N'EST PAS CRUEL, IL EST CON."
Revenir en haut Aller en bas
Voir le profil de l'utilisateur En ligne
epistophélès

avatar

Nombre de messages : 9467
Age : 27
Date d'inscription : 15/10/2009

MessageSujet: Le coiffeur de Marie-Antoinette   Mar 19 Juil - 23:51

Un pas Derriere Davy Crockett

LOUIS ROSE, boucher

FEVRIER 1836. Derrière les murailles de Fort Alamo, un bastion planté au coeur de l'Etat mexicain du Texas, cent quatre-vingt-sept colons américains font face à mille cinq cents Mexicains armés jusqu'aux dents, bien décidés à chasser ces fichus gringos de leur terre. William Travis, vingt-six ans, le commandant des insurgés, sait qu'ils n'ont aucune chance de s'en sortir. Se tournant vers ses hommes, des gamins pour la plupart, il trace une ligne au sol avec la pointe de son sabre et ordonne à ceux qui acceptent de se battre de passer cette ligne.
Tous, sans plus attendre, Davy Crockett en tête, franchissent d'un seul pas la frontière symbolique de la mort. Tous... sauf un. Le Français Louis Rose, dit Moïse, venue rejoindre les rebelles quelques semaines plus tôt, n'a pas bougé. A cinquante et un ans, ce vétéran de la Grande Armée napoléonienne, qui a miraculeusement survécu aux campagnes d'Italie, du Portugal, d'Espagne et de Russie, vient de se rendre compte que la chance est sur le point de tourner et qu'il ne tient pas spécialement à mourir au Texas où il était venu refaire sa vie, vers 1827.

Après avoir pris la poudre d'escampette - à défaut de la poudre à canon -, Rose s'installe à Nacogdoches (Texas) où il ouvre une boucherie, puis à Logansport en Louisiane, où il meurt en 1851, à l'âge de soixante-six ans, sans laisser de descendance. Pour les Américains, les fils spirituels de ce traître de Frenchie - dont le musée d'Alamo conserve, aujourd'hui encore, le revolver flambant neuf - furent nombreux -. Le dernier en date, Jacques Chirac qui, en 2002, refusa de franchir la ligne que le Texan George Bush Jr avait tracée au beau milieu de la salle des Nations Unies avant de s'en aller combattre Saddam Hussein, lequel, avec sa grosse moustache, faisait, il est vrai, beaucoup penser à un Mexicain.
Revenir en haut Aller en bas
Voir le profil de l'utilisateur En ligne
Jean2

avatar

Nombre de messages : 9189
Date d'inscription : 10/12/2008

MessageSujet: Re: Le coiffeur de Marie-Antoinette   Mer 20 Juil - 8:36

Merci d'avoir pensé à moi Episto . tongue
Moi je suis tout petit , je suis rapide ... Na
Revenir en haut Aller en bas
Voir le profil de l'utilisateur
MAINGANTEE

avatar

Nombre de messages : 4148
Date d'inscription : 17/10/2009

MessageSujet: Re: Le coiffeur de Marie-Antoinette   Mer 20 Juil - 9:02

Aaahh je pensais que c'était une histoire complète sur Marie-Antoinette
Revenir en haut Aller en bas
Voir le profil de l'utilisateur
MAINGANTEE

avatar

Nombre de messages : 4148
Date d'inscription : 17/10/2009

MessageSujet: Re: Le coiffeur de Marie-Antoinette   Mer 20 Juil - 9:03

J2 t'es léger mais t'as des petites jambes .... rendeer
Revenir en haut Aller en bas
Voir le profil de l'utilisateur
epistophélès

avatar

Nombre de messages : 9467
Age : 27
Date d'inscription : 15/10/2009

MessageSujet: Le coiffeur de Marie-Antoinette   Mer 20 Juil - 12:12

Le Speedy Gonzales de la pédale en somme, J2. .......... Wink

M'aurait étonnée que l'Ondine pédulivienne ne trouve pas quelque chose à redire Exclamation ........ Rolling Eyes ...........
Razz
Revenir en haut Aller en bas
Voir le profil de l'utilisateur En ligne
JEAN

avatar

Nombre de messages : 1774
Date d'inscription : 10/12/2008

MessageSujet: Re: Le coiffeur de Marie-Antoinette   Mer 20 Juil - 14:59

Merci pour la lecture Epistophélès.
Revenir en haut Aller en bas
Voir le profil de l'utilisateur
epistophélès

avatar

Nombre de messages : 9467
Age : 27
Date d'inscription : 15/10/2009

MessageSujet: Le coiffeur de Marie-Antoinette   Mer 20 Juil - 15:18

Deux casseurs eT une caisse à la casse (1)

JESSE WARREN, couvreur,
et sa femme RUTH, sans emploi


Jesse Warren est l'homme le plus heureux du monde. En cette mi-mars 1934, ce couvreur de Topeka, dans le Kansas, vient de s'acheter un petit bijou : le dernier modèle Ford, une DeLuxe Fordor Sedan. Quelle bagnole ! Cette berline cinq places à moteur V8 développe 65 chevaux à 3 400 tours par minute et passe de 0 à 100 kilomètres à l'heure en à paine vingt secondes.
Quant aux finitions, c'est la classe : carrosserie couleur gris clair, housses de sièges aux motifs fantaisie, butoirs, couvercle en métal sur le pneu de secours, bouchon de radiateur chromé en forme de lévrier bondissant. "Ca, c'est les voisins qui vont en faire une tête !" a dû penser Warren en sortant de chez son concessionnaire. Et quand, en plus, il leur dira qu'au lieu de la payer 785,92 dollars il l'a eue pour 582,92 dollars, leur figure risque bien de s'allonger encore un peu plus...
Durant près d'un mois et demi, Jesse Warren et sa femme Ruth vont parader dans leur quartier en veillant bien, période de rodage oblige, à ne jamais dépasser les 80 kilomètres à l'heure. Mais le dimanche 29 avril 1934, en début d'après-midi, catastrophe ! La merveille disparaît. C'est la faute de Ruth ; cette tête en l'air a laissé les clés sur le contact après être allée faire des courses.
Trois semaines plus tard, les Warren sont toujours sans nouvelles de leur automobile. Enfin, le 23 mai, le téléphone sonne. On a retrouvé la Ford en Louisiane. Pas de chance ; c'étaient de dangereux gangsters Bonnie Parker et Clyde Barrow qui étaient au volant. Les policiers ont dû sortir l'artillerie lourde pour les mettre hors d'état de nuire. Résultat, la voiture est foutue. Les portes sont criblées de balles de pistolets -mitrailleurs et de fusils à pompe, les pneus sont crevés, les vitres brisées ; le moteur et le tableau de bord ont explosé, le volant et les fauteuils sont déchiquetés et tout l'habitacle est repeint en rouge sang.
Si, losqu'on la lui rendit, Jesse ne sut pas quoi faire de sa jolie voiture transformée en passoire, sa femme, elle, fit preuve de plus d'imagination : elle la loua pour 200 dollars par mois à un certain Charles Stanley, membre de l'Organisation nationale anticriminalité, qui l'exhiba avec succès dans plusieurs foires du pays. En 1940, Ruth finit par lui vendre l'épave - dont elle avait obtenu la garde après son divorce d'avec Jessie - pour 3 500 dollars.

(La voiture est aujourd'hui exposée dans un casino de Las Vegas (Nevada). le Whiskey Pete's Hotel and Casino.

Deux casseurs eT une caisse à la casse (2)

PATRICK SANFOURCHE, directeur commercial

Patrick Sanfourche est l'homme le plus heureux du monde. En ce mois de mars 1979, ce directeur commercial de la concession BMW de Clichy-la-Garenne (boulevard Jean Jaurès) vient de recevoir le tout dernier modèle fabriqué par la firme allemande : une série 5 E12, 528i à boîte manuelle quatre rapports. Quelle bagnole ! Cette berline cinq places à moteur six cylindres en ligne développe 184 chevaux à 5 800 tours par minute et passe de 0 à 100 kilomètres à l'heure en un peu moins de dix secondes. Quant aux finitions, c'est la classe ; peinture marron métallisée, sièges en velours beige, phares anti-brouillard, pare-chocs chromés... "Ca, c'est les clients qui vont en faire une tête !" a dû penser Sanfourche.
Durant plusieurs mois, histoire d'appâter le chaland, Sanfourche va parader dans les rues de Clichy au volant de son bijou douze soupapes. Il en est même tellement content qu'il l'emmène passer l'été avec lui, sa femme et ses enfants, à Quiberon, en Bretagne.
Enfin, un jour de septembre, un couple se présente à la concession ; le modèle lui plaît. L'homme, un certain Jacques Vettois, journaliste de profession cherche une voiture fiable et confortable pour le conduire, lui et sa femme sur les routes ensoleillées de sa prochaine retraite. Affaire conclue. Pour somme rondelette de 100 667 francs, payés cash, la voiture change de main. Et pour 15 666 autres francs, on fera installer, à la demande du nouveau propriétaire, des jantes Motorsport de quatorze pouces, un autoradio et la climatisation.

Quelques mois plus tard, le 2 novembre 1979, Patrick Sanfourche sera l'homme le plus surpris du monde en voyant sa belle Béhème passer au journal de 20 heures : en guise de retraités, c'étaient le très actif Jacques Mesrine et sa non moins entreprenante compagne Sylvia Jeanjacquot qui lui avaient acheté la bagnole. Les flics de l'antigang qui attendaient les gangsters, porte de Clignancourt, nel eur ont laissé aucune chance. Mesrine a reçu dix-huit balles dans le buffet, Sylvia Jeanjacquot est grièvement blessée; Fripouille, le petit caniche abricot qui les accompagnait, a été transformé en chair à pâté.
Quant à la voiture, les poulets français ont été un peu plus précis que les flics de Louisiane avecl a Ford de Bonnie et Clyde, quarante-cinq ans plus tôt : seul le pare-brise et une partie du toit sont criblés de balles. Le reste est impeccable. En revanche, l'intérieur de l'habitacle est, lui aussi, entièrement repeint en rouge sang.
Durant près de vingt-sept ans, pour les besoins de l'instruction, la Béhème ensanglantée dormira à la casse de Bonneuil-sur-Marne, dans le Val-de-Marne.
Enfin, le 14 mai 2007, comme l'enquête était enfin bouclée et que personne ne s'en vint à réclamer l'épave, elle fut conduite à la casse d'Athis-Mons, dans l'Essonne, où elle fut aplatie comme une crêpe avant d'être recyclée en fer à béton.
Lorsqu'on demanda à l'avocate de la famille Mesrine pourquoi personne n'avait voulu de la voiture, elle confessa : "On n'y a pas pensé".


DOMMAGE...
Revenir en haut Aller en bas
Voir le profil de l'utilisateur En ligne
epistophélès

avatar

Nombre de messages : 9467
Age : 27
Date d'inscription : 15/10/2009

MessageSujet: Le coiffeur de Marie-Antoinette   Mer 20 Juil - 15:19

Avé plaisir JEAN. .......... Very Happy .... Wink
Revenir en haut Aller en bas
Voir le profil de l'utilisateur En ligne
Jean2

avatar

Nombre de messages : 9189
Date d'inscription : 10/12/2008

MessageSujet: Re: Le coiffeur de Marie-Antoinette   Mer 20 Juil - 16:11

Pôvre Béhème .. triste fin ! En crêpe .... Evil or Very Mad
Revenir en haut Aller en bas
Voir le profil de l'utilisateur
epistophélès

avatar

Nombre de messages : 9467
Age : 27
Date d'inscription : 15/10/2009

MessageSujet: Le coiffeur de Marie-Antoinette   Mer 20 Juil - 19:44

La VIGIe DU TITanic

FREDERICK FLEET, marin

Il a d'abord cru qu'il s'agissait d'un navire. Mais comment aurait-il pu être sûr de quoi que ce soit par cette nuit sans lune, et surtout sans jumelles ? Il faudra de longues secondes au guetteur Frederick Fleet, vingt-cinq ans, perché dans le nid-de-pie du Titanic, pour se rendre compte que ce qu'il prenait pour un bateau était, en fait, un iceberg. "A première vue, il n'avait pas l'air très important, de la taille de deux tables posées côte à côte, se rappellera la jeune vigie devant la commission d'enquête américaine mais il est devenu de plus en plus gros au fur et à mensure que nous nous en approchions." Tu parles !
Trente mètres de haut, cent mètres de large, des milliers de mètres cubes de glace, une forme qui fait penser au rocher de Gibraltar...
Fleet sonne aussitôt trois coups de cloche et téléphone à la passerelle. "Iceberg droit devant !" Trop tard. Trente-sept secondes après l'alerte et malgré un coup de barre désespéré sur bâbord, le fleuron de la White Star Line lancé à 22 noeuds (plus de 40 kilomètres à l'heure !) heurte l'énorme glaçon sur tribord avant. On connaît la suite ; la voie d'eau, le bateau qui s'immobilise puis s'enfonce lentement dans l'eau noire et glacée, les femmes et les enfants d'abord, l'orchestre qui joue jusqu'au bout. Les lumières qui s'éteignent comme une guirlande après la fête... Fleet ne verra pas le Titanic sombrer. Affecté aux avirons du canot numéro 6 qui emportait une trentaine de personnes, il ramait de toutes ses forces pour se mettre à l'abri des remous.
D'aucuns, aujourd'hui encore, laissent entendre que, s'il avait aperçu l'iceberg seulement cinq secondes plus tôt, la collision aurait pu être évitée.

Durant les cinquante-trois années qu'il vécut encore, Fleet connut une existence misérable, bourlinguant un temps our la concurrence, surveillant des entrepôts, avant de finir par vendre des journaux dans les rues de Southampton pour mettre un peu de beurre dans les épinards desséchés de sa retraite. Lorsqu'il se pendit dans un jardin avec une corde à linge, le 10 janvier 1965, à l'âge de soixante-dix-sept ans, quelques esprits romantiques voulurent croire qu'il n'avait jamais réussi à se défaire d'un horrible sentiment de culpabilité. En réalité, Fleet avait, ce jour-là, d'autres soucis en tête : il venait, après la mort de sa femme, d'être foutu d'hors de chez son beau-frère qui les hébergeait et, sans argent, ne savait plus où aller. C'est la municipalité de Southampton qui se chargea de lui offrir sa dernière demeure : la fosse commune.
Revenir en haut Aller en bas
Voir le profil de l'utilisateur En ligne
epistophélès

avatar

Nombre de messages : 9467
Age : 27
Date d'inscription : 15/10/2009

MessageSujet: Le coiffeur de Marie-Antoinette   Mer 20 Juil - 19:56

Des GoûTs roYaux

CATHERINE-HENRIETTE BELLIER, dite "Cateau la Borgnesse", première femme de chambre

Pour laide, borgne, bossue et avare qu'elle fût, Catherine-Henriette Bellier, dame de compagnie et première femme de chambre de la reine Anne d'Autriche à qui elle administrait force lavements, eut, contre toute attente, et jusqu'à sa mort en 1689, à l'âge de soixante-quinze ans, un nombre considérable d'amants. Le plus célèbre d'entre eux : Louis XIV qu'elle fut, à quarante ans, chargée de déniaiser sur ordre de la reine mère alors qu'il avait à peine seize ans et qu'il tardait à montrer de l'appétit pour le sexe opposé. Apparemment, le jeune roi y prit goût, selon certaines indiscrétions (dont celles de M. de Saint-Simon qui, durant le règne de son maître, prit toujours plaisir à se cacher derrière les tentures), il poussa à plusieurs reprises la porte de sa repoussante maîtresse. Elle reçut, pour ce royal dépucelage, une pension de 2 000 livres ainsi qu'un beau terrain dans le Marais, un quartier de Paris, sur lequel elle fit ériger un véritable palace, l'hôtel de Beauvais. Quant à son mari, Pierre de Beauvais, un marchand de rubans, on le remercia d'avoir prêté sa femme en lui offrant d'un même coup le titre de baron et de cocu.
Revenir en haut Aller en bas
Voir le profil de l'utilisateur En ligne
epistophélès

avatar

Nombre de messages : 9467
Age : 27
Date d'inscription : 15/10/2009

MessageSujet: Le coiffeur de Marie-Antoinette   Mer 20 Juil - 20:09

La ménagerie Des MonTGOLFIER

MONTAUCIEL, mouton

Le 19 septembre 1783, la machine aérostatique des frères Montgolfier, Le Martial, un ballon grand comme une maison de six étages, s'élève pompeusement dans le ciel de Versailles devant les yeux ébahis du roi, de la reine et de leurs sujets venus en nombre assister au spectacle. Il emporte avec lui, enfermés dans une cage d'osier suspendue au bout d'une longue corde, trois passagers : un coq, un canard et un mouton à la toison couleur de nuage qui, s'ils reviennent vivants, prouveront qu'il est possible de respirer à haute altitude.
Après être montés à près de 480 mètres et être restés un instant stationnaires, nos trois aéronautes, poussés par un petit vent du sud, s'en vont se promener du côté de la forêt de Vaucresson où ils finissent par s'écraser, au lieu-dit le Carrefour-Maréchal, devant deux gardes-chasses médusés. Durant l'atterrissage, la cage est venue buter contre une grosse meule de bois et s'est disloquée. Le canard et le coq en sont tout étourdis. Quant à notre mouton, il s'est, lui, déjà remis sur ses pattes pour s'en aller brouter de l'herbe.
Si le public versaillais salue comme il se doit le retour des trois héros, Marie-Antoinette, elle, se prend d'une véritable passion pour le flegmatique ovidé aux yeux et au pelage si doux. Elle l'affuble du nom subtil de Montauciel et le fait transporter à la bergerie du Petit Trianon dans un panier tapissé de soie rose. C'est là qu'il mourra, à un âge avancé, la toison toute tressée de rubans multicolores, gavé par sa maîtresse de guimauve et de sucre candi.
Revenir en haut Aller en bas
Voir le profil de l'utilisateur En ligne
JEAN

avatar

Nombre de messages : 1774
Date d'inscription : 10/12/2008

MessageSujet: Re: Le coiffeur de Marie-Antoinette   Jeu 21 Juil - 12:50

Guimauve et sucre candi ! Pauvre bête!
Revenir en haut Aller en bas
Voir le profil de l'utilisateur
Martine

avatar

Nombre de messages : 7759
Date d'inscription : 22/11/2008

MessageSujet: Re: Le coiffeur de Marie-Antoinette   Ven 22 Juil - 7:20

Pauvre vigile du Titanic, on ne parle jamais de son histoire ...
Revenir en haut Aller en bas
Voir le profil de l'utilisateur
epistophélès

avatar

Nombre de messages : 9467
Age : 27
Date d'inscription : 15/10/2009

MessageSujet: Le coiffeur de Marie-Antoinette   Dim 24 Juil - 16:22

Le BaDauD D'ABBEY RoaD

PAUL COLE, vendeur


Ce 9 août 1969 au matin, Paul Cole, cinquante-sept ans, citoyen américain en visite à Londres, n'a aucune envie d'accompagner sa femme au musée. Il décide de l'attendre en allant faire quelques pas sous le soleil. Non loin de lui, un flic glande dans un fourgon noir garé sous un arbre. Colle s'approche et, pour passer le temps, entame la conversation : "Je lui parlais de tout et de rien, de la ville de Londres et du contrôle de la circulation, des trucs comme ça." Mais voilà qu'au bout de la rue, sur la gauche, un photographe se pointe soudain, plante un escabeau au milieu d'un passage clouté, monte dessus et, durant une dizaine de minutes, mitraille quatre drôles de zigs qui traversent la rue à plusieurs reprises, l'un derrière l'autre, comme des canards. "Je les ai pris pour une bande dingues, se rappellera Cole, parce qu'ils étaient plutôt habillés n'importe comment pour l'époque." Il y en a même un qui se balade pieds nus ! Pas à dire : ils sont vraiment cintrés, ces Anglais.
Ce n'est que quelques mois plus tard, une fois rentré au pays, que Cole découvrira qu'il figure sur la pochette d'Abbey Road, le dernier disque des Beatles*. On le voit nettement en arrière-plan, sur le côté droit, mains sur les hanches et lunettes sur le nez, juste à côté de la voiture de police.
L'album se vendra à près de 30 millions d'exemplaires. La photographie de Iain MacMillan sera reproduite des centaines de milliers de fois sur des tee-shirts, des mugs, des serviettes, des sacs, des livres... Comme quoi on peut refuser d'entrer dans un musée et se retrouver tout de même au Panthéon.


* Le disque parut aux Etats-Unis l e 1er octobre 1969
Revenir en haut Aller en bas
Voir le profil de l'utilisateur En ligne
epistophélès

avatar

Nombre de messages : 9467
Age : 27
Date d'inscription : 15/10/2009

MessageSujet: Le coiffeur de Marie-Antoinette   Dim 24 Juil - 17:00

La Fausse morTe De FLauBerT

DELPHINE DELAMARE, femme au foyer


Le 6 mars 1848, Delphine Delamare, vingt-six ans, une jolie brune aux yeux troublants, se suicide en avalant de l'arsenic. Elle n'en pouvait plus de sa vie sans relief au village de Ry en Seine-Maritime, de son officier de santé de mari, lourdaud et apathique, de ses amants qui lui promettaient des voyages qui ne dépassaient jamais les frontières d'un lit, des relances des banquiers auprès desquels elle avait contracté des dettes. On l'enterra (non sans mal dans une fosse trop petite) au cimetière de Ry qui jouxtait l'église et l'on grava sur sa tombe, en dessous de son nom : "Priez Dieu pour le repos de son âme." Flaubert la ressuscita quelques années plus tard, en 1856, toujours aussi malheureuse, sous le nom d'Emma Bovary.
Belle histoire, n'est-ce pas ? Dommage qu'il ne s'agisse que d'une légende que l'on colporte de génération en génération depuis que l'écrivain et journaliste rouennais Georges Dubosc, s'appuyant sur les mémoires tardifs et approximatifs de Maxime du Camp, un ami de Flaubert, fut le premier à la raconter dans le Journal de Rouen, en 1890
.*

Delphine fut ainsi considérée comme le pygmalion d'Emma jusqu'à ce que, au milieu des années 1950, René Herval, président de la Société des écrivains normands, s'intéresse à l'histoire et ne vienne, preuves à l'appui, sérieusement écorner le mythe. Il ne remettait pas en cause le fait que Flaubert avait entendu perler d'elle. Il avait toutefois découvert que la jeune femme, si elle avait été très malheureuse, ne s'était probablement jamais suicidée (sinon comment aurait-elle pu être inhumée en terre consacrée ?), que sa tombe n'avait jamais été trop étroite, que le village de Ry n'avait qu'un lointain rapport avec le Yonville-l'Abbaye du roman, mais aussi, et peut-être surtout, que Flaubert avait eu l'idée de son personnage bien avant la mort de son soi-disant modèle*.
Cela n'y changea rien. On continua à penser que Mme Bovary, c'était elle.
Plus proche de nous, d'autres chercheurs sont venus ajouter leur grain de sel, affirmant que plusieurs femmes avaient servi de modèle à Flaubert : Mme Loursel, une Rouennaise empoisonnée par son mari épris d'une certaine Esther de Bovery, en 1844, mais aussi Marie Lafarge, une Corrézienne soupçonnée, en 1840, d'avoir empoisonné son mari, ou encore Louise Pradier, une Parisienne dont Flauber n'ignorait rien des aventures amoureuses et des déboires financiers.*
Encore une fois, ces révélations furent vaines.
Au grand soulagement, il faut bien le dire, de la petite commune de Ry qui, chérissant le mythe, vient de voter la réalisation d'un projet de parcours touristique numérique. "Sur les pas d'Emma Bovary", pour somme de 20 985 euros.


* En 1837, à l'âge de 16 ans, Flaubert avait en effet écrit un texte d'une trentaine de pages intitulé Passion et vertu dans lequel, dixit Herval, "Madame Bovary se trouvait déjà presque en entier". Cf. Herval, René, Madame Bovary n'est pas Madame Delamare. Les Amis de Flaubert, Bulletin numéro 5. 1954. Durant sa vie, Flaubert lui-même répéta à l'envi que "Madame Bovary (était) une pure invention" et que "tous les personnages de ce livre (étaient) complètement imaginés".

* A commencer par Claudine Gothot-Mersch dans son livre La Genèse de Madame Bovary, éditions Slatkine Reprints.

* Et pour cause, puisqu'il était l'ami de son mari.
Revenir en haut Aller en bas
Voir le profil de l'utilisateur En ligne
Contenu sponsorisé




MessageSujet: Re: Le coiffeur de Marie-Antoinette   

Revenir en haut Aller en bas
 
Le coiffeur de Marie-Antoinette
Voir le sujet précédent Voir le sujet suivant Revenir en haut 
Page 1 sur 4Aller à la page : 1, 2, 3, 4  Suivant
 Sujets similaires
-
» Si j'étais Robespierre...
» Barbie Collector
» Les barbie collection 2008 2009
» Réunion autour du patronyme AUBER
» Jarry-Trudeau, Marie-Antoinette

Permission de ce forum:Vous ne pouvez pas répondre aux sujets dans ce forum
Mosaïque :: Bibliothèque :: HISTOIRE D'AMOUR DE ...-
Sauter vers: