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 Les pires décisions de l'Histoire

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epistophélès



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MessageSujet: Les pires décisions de l'Histoire   Dim 2 Aoû - 19:17

AVANT-PROPOS

"Si j'avais su...", c'est ce qu'aurait pu dire Grouchy après la défaite de Waterloo, Nivelle devant les morts du Chemin des Dames, Daladier après les accords de Munich, Custer après le fiasco de Little Big Horn... Car les mauvaises décisions de ces hommes ont changé le cours d'une guerre, décidé de la destinée d'un Etat et de la vie des milliers d'hommes.
L'Histoire est faite de choix irrévocables, d'entêtements meurtriers, de constats trop vite faits, qui eurent des conséquences aussi graves que durables. De l'inconséquente loi salique à la funeste fuite de Louis XVI, des désastres humains de la bataille de Crécy à ceux de la campagne de Russie, en passant par l'acharnement de Philippe le Bel contre les Templiers ou par l'inflexibilité de Robespierre, notre histoire de meure le résultat de ces dramatiques décisions.
Et si elle ne se répare pas davantage qu'elle ne peut se réécrire, l'histoire, par contre, se répète parfois. Seule la connaissance du passé pourrait permettre de ne pas refaire les mêmes erreurs. Espérons alors que ce petit ouvrage contribuera à rafraîchir nos mémoires...
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epistophélès



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MessageSujet: Les pires décisions de l'Histoire   Dim 2 Aoû - 19:29

LE DIVORCE DE LOUIS VII ET ALIENOR D'AQUITAINE

Sans doute Louis VII n'aurait-il pas dû écouter ses conseillers qui le pressaient de se séparer d'une épouse que l'on dit volage et infidèle. Héritière du duché d'Aquitaine, Aliénor est avant tout une femme libre et cultivée qui s'accommode pal d'un époux austère que l'on dit "plus moine que mari"...

La reine qui répudia le roi

Faut-il croire les rumeurs d'une possible liaison qu'elle aurait entretenue avec son oncle Raymond de Poitiers ? C'est peu probable, et quand Louis VII lui en fait le reproche, Aliénor saisit l'occasion pour demander l'annulation d'un mariage ennuyeux. Le roi de France s'y résigne, et le pape prononce sa dissolution en mars 1252.
Or la duchesse d'Aquitaine est un trop beau parti pour demeurer longtemps seule...

Une seconde couronne

Elle jette son dévolu sur Henri Plantagenêt, comte d'Anjou, duc de Normandie et prochain roi d'Angleterre. Aliénor l'épouse en mai 1252, et deux ans plus tard, celle qui avait été reine de France devient la nouvelle reine d'Angleterre.
La voici à la tête d'un immense domaine qui encercle dangereusement le royaume de son ancien époux. Le second mariage d'Aliénor ne sera pas plus heureux que le premier, mais les plus grands malheurs sont à venir : la couronne d'Angleterre est désormais une formidable puissance continentale, et il ne faudra bientôt rien moins qu'une guerre de Cent Ans pour en venir à bout ! Si Louis VII avait su garder sa femme, il aurait certainement épargné à son royaume et à ses sujets les affres d'un si long conflit
.
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MessageSujet: Les pires décisions de l'Histoire   Dim 2 Aoû - 19:47

LA MALEDICTION DES TEMPLIERS

Fallait-il condamner l'ordre du Temple ? Après le supplice de son grand maître Jacques de Molay, une malédiction s'abat sur le royaume de France et signa la fin prochaine des Capétiens.

Le massacre des Templiers

Le vendredi 13 octobre 1307, une centaine de dignitaires de l'ordre du Temple sont arrêtés, et parmi eux le grand maître Jacques de Molay. Tous avouent sous la torture une conduite impie et des pratiques contre-nature, ce qui suffit à les condamner. De son côté, le pape Clément V, qui les a d'abord défendus, ne veut pas lutter contre le roi de France ; il se résout à les abandonner à leur sort et dissout l'ordre en 1312. Philippe a désormais les mains libres pour s'emparer des richesses des Templiers. Le 18 mars 1314, Jacques de Molay et l'un de ses compagnons, Geoffroy de Charnay, sont conduits au supplice sur l'île de la Cité.

Des rois maudits

Sur le bûcher, le grand maître a-t-il réellement prononcé la célèbre malédiction que la légende lui prête ? "Pape Clément, juge inique et cruel bourreau, chevalier Guillaume de Nogaret, roi Philippe, avant un an je vous ajourne à comparaître au tribunal de Dieu. Soyez maudits, vous et votre descendance !"
Ce qui est vrai, c'est que le pape Clément V mourra un mois après, le 20 avril, et Philippe le Bel, le 29 novembre de la même année.
Guillaume de Nogaret était mort depuis déjà un an. Les trois fils de Philippe le Bel se succèderont sur le trône, mais le dernier des trois, Charles IV, mourra en 1328 sans héritier mâle.
La dynastie capétienne s'achève, et les règles de succession au trône menacent de voir le roi d'Angleterre s'emparer de la couronne de France.
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epistophélès



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MessageSujet: Les pires décisions de l'Histoire   Dim 2 Aoû - 20:00

LA LOI SALIQUE : UNE OFFENSE FAITE AUX FEMMES !


Elle a bon dos cette étrange loi qu'on dit remonter aux Francs Saliens et qui aurait, pour toujours, exclu les femmes du pouvoir. La loi des Francs a bel et bien existé, mais jamais elle n'a prévu d'empêcher les femmes de gouverner.

Un royaume sans roi

Il s'agit en fait d'une invention de la monarchie capétienne qui en 1316, pour la première fois de son histoire, se retrouve sans héritier mâle. Qui succédera à Louis X le Hutin ? En toute logique dynastique, cela devrait être sa fille Jeanne, mais on doute fort de sa légitimité" depuis que sa mère, la reine Marguerite de Bourgogne a été convaincue d'adultère. Le frère du roi défunt monte donc sur le trône, mais Philippe V à son tour meurt sans héritier. La couronne va alors au dernier frère, Charles IV, qui en 1328 meurt sans fils, lui aussi...
Il reste bien une soeur, Isabelle de France, mais outre qu'il s'agit d'une femme, il y a pire encore...

Le pouvoir masculin

Isabelle (souvenez-vous, la p'tite garce qui avait dénoncé ses belles soeurs tongue - Histoires d'amour de l'Histoire de France -) est mariée au roi d'Angleterre, auquel elle a donné un fils ! Peut-on donner la couronne de France au jeune roi d'Angleterre ? Impensable !
On invente alors de toutes pièces la prétendue loi qui stipule qu'une femme en France ne peut régner ni transmettre le titre. Le tour est joué, et quelques décennies plus tard, les juristes de Charles V exhumeront la vieille loi des Francs, la traduiront à leur guise et en feront la grande loi qui justifie qu'en France une femme ne règne pas.
Si l'on en juge par la place des femmes dans les instances dirigeantes de la société française, les effets de cette prétendue loi se font encore sentir.

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epistophélès



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MessageSujet: Les pires décisions de l'Histoire   Dim 2 Aoû - 20:16

LA BATAILLE DE CRECY : UNE LOURDE DEFAITE


Les Anglais d'Edouard III sont pris au piège à Crécy, et la chevalerie française, sous les ordres de Philippe VI de Valois, devrait n'en faire qu'une bouchée ! Pourtant, sans trop réfléchir, le roi de France ordonne une charge héroïque et pitoyable, qui mène à une grave défaite, prélude à la guerre de Cent Ans.

Une victoire annoncée des Français ?

Revendiquant ses droits sur la couronne de France et fort de son bon droit, Edouard III d'Angleterre débarque à Saint-Vaast-la-Hougue en juillet 1346.
Depuis le nord du Cotentin, il entame une chevauchée qui lu permet de piller la Normandie, puis il atteint la Seine à Poissy avant de remonter vers le nord. Le roi de France, Philippe VI, ronge son frein, pensant que l'adversaire, si loin de ses bases, finira par se fatiguer et se mettre en danger. De fait, l'incursion anglaise était audacieuse.
Après quelques semaines seulement, les Anglais sont harassés, et, de son côté, Philippe VI rassemble à Saint-Denis ses chevaliers pour qu'ils se portent au-devant de l'adversaire avant que celui-ci ne reprenne la mer pour l'Angleterre.
Non sans mal Edouard III parvient à franchir la Somme, mais il va lui falloir livrer bataille.
Elle aura lieu le 26 août dans la plaine de Crécy, non loin d'Abbeville. S'il a pu choisir le terrain, Edouard III est en fâcheuse posture et ne dispose que de 12 000 hommes à pied. Regroupés en bataillons serrés, ceux-ci s'apprêtent à encaisser le choc de la chevalerie française.

Une très lourde défaite

Mais Philippe VI ne perd pas de temps en tactiques savantes... Il a l'avantage du nombre, ce qui devrait être suffisant pour bousculer et mettre en déroute les Anglais. Certains, autour du roi de France, ayant aperçu le dispositif adverse, le mettent en garde contre une charge frontale qui pourrait se briser sans succès. Mais déjà la plupart des chevaliers français, trop impatients d'en découdre et certains d'une trop facile victoire, se sont précipités.
L'orage qui éclate rend très vite le terrain glissant, ce qui freine la chevauchée française.
A l'abri derrière leurs positions, les archers anglais décochent alors leurs flèches qui s'abattent sur des cavaliers trop lourdement chargés. C'est l'hécatombe. Le bilan pour la noblesse française est lourd. Le roi lui-même a été blessé, son frère Charles gît sur le champ de bataille. Et avec lui, le duc d'Alençon, le duc de Lorraine, les comtes de Blois, de Nevers, d'Harcourt... Plus de 1 500 chevaliers, grands princes du royaume ou petits seigneurs, pour la plupart, ont trouvé la mort à Crécy.
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Jean2



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MessageSujet: Re: Les pires décisions de l'Histoire   Dim 2 Aoû - 21:18

cheers
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epistophélès



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MessageSujet: Les pires décisions de l'Histoire   Lun 3 Aoû - 0:50

LA GRANDE PESTE : UNE "INVENTION"FUNESTE

La cité de Caffa en Crimée est un comptoir génois qu'en 1346 les Mongols assiègent en vain durant de longs mois. L'idée leur vient alors de catapulter par-dessus les murs de la ville des cadavres de pestiférés, inventant ainsi la guerre bactériologique...

La mort noire

Invention funeste, car la peste se montre bientôt plus redoutable que les armes classiques et décime les camps.
Faute de combattants les deux côtés, Génois et Mongols cessent alors les hostilités. Les navires peuvent de nouveau faire route vers les ports de Méditerranée, mais tous ont à leur bord le terrible fléau.
Après quelques semaines, la peste débarque à Constantinople, gagne la mer Egée, la Crête, puis elle atteint la Sicile, Gênes, et enfin Marseille en novembre 1347. Elle y cause des ravages épouvantables et les rares survivants, pensant trouver leur salut dans la fuite, vont propager le mal dans un royaume de France déjà éprouvé et affaibli par la guerre de Cent Ans.
Or le royaume de France n'est qu'une étape de l'épidémie que rien n'arrête : de l'Ecosse jusqu'aux Pays-Bas et même la Russie, tout l'Occident paie un tribut dramatique à la maladie qui fauche les individus par millions. Un quart peut-être de la population a péri en moins de cinq ans.

La peste de Marseille

L'histoire parfois se répète sans que les hommes tirent les leçons du passé. En mai 1720, un navire venu d'Orient, le Grand-Saint-Antoine, arrive à Marseille. A son bord, plusieurs malades : on sait pertinemment qu'il s'agit de la peste. Des mesures strictes de mise en quarantaine ont été depuis longtemps établies pour affronter ce genre de situation. Or l'appât du gain va se montrer plus fort que le souci prophylactique... Les armateurs et les négociants, non sans de nombreuses complicités parmi les responsables municipaux, sont trop pressés de tirer des bénéfices pour interdire au bateau d'accoster. La quarantaine de rigueur est donc négligée...
En quelques semaines, c'est toute la Provence qui est touchée ; l'épidémie tuera plus de 100 000 personnes.
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MessageSujet: Les pires décisions de l'Histoire   Lun 3 Aoû - 1:06

LA SAINT-BARTHELEMY

L'une des grandes tragédies de l'histoire de France commence... par un mariage ! Celui d'Henri de Navarre et de Marguerite de Valois, soeur du roi Charles IX et fille de Catherine de Médicis, qui a voulu cette union pour rapprocher - peut-être - les partis catholiques et protestant.

Un attentat raté

Le mariage a lieu le lundi 18 août 1572 à Paris où plus d'un millier de huguenots sont présents avec leurs familles.
Gaspard de Coligny, chef historique des protestants, quitte le Conseil royal quand il est victime d'un attentat qui le manque de peu. Les protestants réclament justice, persuadés que le complot a été ourdi par les Guises, à la tête du parti catholique.

Un conseil au Louvre

Le lendemain, 23 août, dans la soirée, se tient au Louvre un conseil étroit autour de Catherine de Médicis et en présence de Charles IX, de son frère Henri, duc d'Anjou, et des conseillers de la reine mère. Nul ne sait quelle décision a été prise lors de ce conseil, mais les événements qui s'ensuivent sont d'une brutalité sans précédent.

Pris au piège

A l'aube du dimanche 24 août, alors que le prévôt de Paris a reçu l'ordre de tenir fermées toutes les portes de la ville, une troupe fait irruption dans l'hôtel de Ponthieu où est soigné l'amiral de Coligny.
Le chef protestant est assassiné et son corps jeté par la fenêtre. Au même moment le tocsin résonne dans plusieurs églises parisiennes... C'est le signal d'une infernale curée. Partout dans Paris, on assassine les gentilshommes huguenots, des familles entières, sans discernement. Le massacre, qui dure plusieurs jours, fera plus de 2 000 victimes.

Un massacre prémédité ?

Qui a ordonné une telle tuerie ? A-t-elle seulement été préméditée ou bien l'élimination de quelques chefs protestants a-t-elle dégénéré ?
Les historiens n'ont toujours pas la réponse.
Certains mémorialistes ont rapporté que, lors du conseil au cours duquel tout aurait été décidé, Charles IX, incapable de s'opposer au plan criminel que l'on échafaudait devant lui, se serait résolu à l'accepter, en s'écriant : "Eh bien ! Par la mort Dieu soit ! Mais qu'on les tue tous, qu'il n'en reste pas un pour me le reprocher après !"
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MessageSujet: Les pires décisions de l'Histoire   Lun 3 Aoû - 10:25

HENRI VIII ET ANNE BOLEYN : L'ACTE DE SUPREMATIE


"Si un homme prend la femme de son frère, c'est une impureté ; il a découvert la nudité de son frère ; ils resteront sans enfants". Les paroles du Lévitique résonnent aux oreilles du roi d'Angleterre Henri VIII, et pour cause. En 1509 il a épousé Catherine d'Aragon, la femme de son frère défunt, et en 1525, celle-ci ne lui a pas encore donné d'enfant. La répudier lui permettrait d'éloigner la colère de Dieu, et mieux encore, d'épouser l'une de ses maîtresses, la belle Anne Boleyn.

Les prémices du conflit

Il y a pourtant un obstacle de taille à cette répudiation : il faut obtenir une dispense du pape. Or son mariage avec Catherine avait été permis grâce à une première dispense. Il faut donc qu'un pape, Clément VII, annule la bulle de son prédécesseur Jules II. Henri VIII charge donc ses conseillers de trouver l'argument théologico-juridique qui lui permettra de se séparer de Catherine.

Le noeud de la discorde

Il s'en trouve toutefois pour s'opposer à ce projet, car Catherine d'Aragon est la tante du très puissant Charles-Quint, que le pape ne souhaite pas froisser. Clément VII décide donc de ne surtout rien décider, et fait traîner l'affaire en la confiant à des juristes et des théologiens qui s'affairent lentement.
L'impatient Henri VIII de son côté recueille des avis favorables à sa cause, ce qui ne fait que prolonger l'affaire sans la régler. Puis il menace directement de rompre avec le Saint-Siège. Une menace prise très au sérieux alors que l'Europe entière est agitée par la dissidence luthérienne et la fronde "protestante" et que l'autorité du pape est toujours contestée.

La naissance de l'anglicanisme

Cruel dilemme donc pour Clément VII, qui n'aura finalement pas à choisir. Car Henri VIII précipite les choses en janvier 1533, en épousant secrètement Anne Boleyn.
Peu après, l'archevêque de Canterbury annule le précédent mariage d'Henri et de Catherine d'Aragon. Une annulation lourde de conséquences (tant de tracasseries, de persécutions, après cette rupture, pour finalement faire exécuter sa nouvelle épouse, deux ans après le mariage.... Rolling Eyes )
La rupture avec Rome est complète, si bien qu'Henri VIII fait voter par le Parlement l'acte de Suprématie qui fait du roi d'Angleterre la seule autorité de l'Eglise en son royaume. Cette nouvelle Eglise d'Angleterre, séparée de fait d'avec Rome, ce sera l'Eglise anglicane.

La religion de l'Angleterre

Dans ses premières années, l'Eglise anglicane demeure originale ; elle n'est pas protestante à proprement parler et Henri VIII avait d'ailleurs commis un ouvrage réfutant les thèses de Luther. Elle n'est également plus totalement catholique et emprunte aux deux partis avant de glisser peu à peu vers un protestantisme radical qui verra par la suite, et pour longtemps, l'Angleterre jouer un rôle capital dans les querelles politico-religieuses qui agiteront l'Europe.
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MessageSujet: Les pires décisions de l'Histoire   Lun 3 Aoû - 10:39

LA REVOCATION DE L'EDIT DE NANTES


L'édit de pacification promulgué par Henri IV à Nantes en 1598 avait apaisé les passions et ramené la concorde religieuse dans le royaume. Mais un siècle plus tard, Louis XIV, (sous l'influence de la Montespan Rolling Eyes ) le roi "très chrétien", décide de revenir sur cet édit pourtant "perpétuel et irrévocable".

L'absolutisme religieux

Pour le Roi-Soleil qui entend tout régenter, y compris les consciences, la présence dans le royaume d'une religion "prétendue réformée" est comme une verrue intolérable. Dès 1679, les protestants, qui n'avaient jamais cessé de faire l'objet de mesures vexatoires, sont instamment priés de renoncer  à leurs "erreurs" et d'abjurer leur foi coupable.
Une caisse de compensation est même instituée pour acheter les consciences, mais sans réel effet. On emploie alors des moyens plus violents, le sabre remplace le goupillon et les tristement célèbres dragonnades incitent brutalement à la conversion. Louis XIV a-t-il été abusé par des chiffres prometteurs, et a-t-il cru que partout la religion protestante reculait ? Toujours est-il que le 18 octobre 1685, il signe, à Fontainebleau l'édit qui révoque celui de Nantes.


La faute politique

Le culte protestant est désormais interdit, les temples sont détruits, les huguenots pourchassés et ceux qui refusent d'abjurer sont envoyés aux galères. Plutôt que renoncer à leur foi, beaucoup de protestants choisissent de quitter le royaume.
Il s'ensuit un formidable exode : plus de trois cent mille protestants fuient la France. La plupart d'entre eux sont des artisans, des commerçants, des intellectuels. Leur départ va provoquer une véritable saignée dans l'économie du royaume, dont les conséquences se feront encore sentir longtemps après.

Autre conséquence, la colère des pays protestants, à commencer par l'Angleterre. Il y a prie, et la révocation de l'édit de Nantes, considérée comme "la grande faute du règne", va provoquer un profond et durable malaise au sein de la communauté protestante qui depuis considère le pourvoir et l'Etat avec beaucoup de défiance.


Dernière édition par epistophélès le Lun 3 Aoû - 12:09, édité 1 fois
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MessageSujet: Les pires décisions de l'Histoire   Lun 3 Aoû - 10:50

LA GUERRE DE SEPT ANS : UNE DEBÂCLE RUINEUSE

La France était sortie sans gloire de la guerre de la Succession d'Autriche en 1748, avec le sentiment amer de "s'être battue pour le roi de Prusse". En 1756, Louis XV l'engageait dans un nouveau conflit, contre l'Angleterre cette fois, pour lui disputer la suprématie maritime. Erreur fatale, car cette "première guerre mondiale", qui se déroulera sur toutes les mers du globe, tourne au fiasco.

La débâcle française

Une cuisante défaite à Rossbach annonce la couleur. Puis c'est Montcalm qui s'incline à Québec, et Lally-Tollendal qui capitule aux Indes. En février 1763, Louis XV doit se résoudre à signer le traité de Paris qui entérine la défaite française. Une défaite ruineuse qui voit disparaître le premier empire colonial français.

Des "confettis d'empire"

En Amérique, la Louisiane est cédée à l'Espagne et le Canada est abandonné à l'Angleterre. La France renonce également à tous ses territoires situés à l'est du Mississippi. Aux Caraïbes, elle ne conserve que la Guadeloupe, la Martinique, Sainte-Lucie et la partie occidentale de Saint-Domingue (aujourd'hui Haïti). Aux Indes enfin, quelques comptoirs laissés aux Français achèvent la maigre liste de ces "confettis d'empire".
L'Angleterre, quant à elle, s'est taillée la part du lion et règne sans partage sur un formidable empire qui n'a pas fini de faire de l'ombre aux velléité colonisatrices de la France.
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MessageSujet: Les pires décisions de l'Histoire   Lun 3 Aoû - 12:32

LA COMTESSE du BARRY : LA FAVORITE D'UN ROI "MAL-AIME"

Le peuple ne manifesta aucun chagrin à la mort de Madame de Pompadour survenue le 15 avril 1764.
Cette bourgeoise faite marquise, "qui fut vingt ans pucelle, quinze ans catin et sept ans maquerelle", comme le dit son épitaphe, avait régné en quasi-reine, et tous espéraient que Louis XV adopterait désormais une existence plus conforme à sa dignité royale.


De la fille de joie à l'"Ange"

Or ce fut tout le contraire qui se produisit. Le roi se choisit une nouvelle favorite qui allait briser définitivement le lien qui unissait les Français à leur roi. Car Louis XV jeta son dévolu sur une fille publique, une prostituée que des courtisans complaisants avaient jeté entre ses bras. Surnommée l"Ange" en considération de ses talents, la petite Jeanne Bécu fut faite comtesse du Barry ! Toute la Cour fut choquée d'être contrainte de s'incliner devant cette fille de joie qui lui fut officiellement présentée le 22 avril 1769.

Le roi "Mal-Aimé"

Aux yeux de ses sujets, le roi ne fut plus que Louis le "Mal-Aimé", voire franchement détesté... Jeanne Bécu n'étant bien sûr pas la seule cause de cette disgrâce. Depuis qu'en 1764 il avait fait expulser les Jésuites, Louis XV avait vu se liguer contre lui un puissant parti dévot. Ses confesseurs n'avaient cessé de le mettre en garde contre une existence peu catholique qui l'éloignait de Dieu et de ses sujets tandis que les évêques tonitruaient en chaire contre "les vieillards vicieux qui conservent encore au milieu des glaces de l'âge les feux impurs de la concupiscence".


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MessageSujet: Les pires décisions de l'Histoire   Lun 3 Aoû - 12:47

LA FUITE DE LOUIS XVI A VARENNES

Quel aurait été le destin de la Révolution française si Louis XVI n'avait pas pris la terrible décision de fuir un royaume où il pouvait encore espérer jouer le rôle d'un monarque constitutionnel ?

D'une fuite rocambolesque...

Louis XVI voulait-il seulement fuir ? A-t-il été influencé par Marie-Antoinette ? Le soir du 20 juin 1791, tout est prêt pour que la famille royale quitte discrètement le palais des Tuileries.
Munis de faux passeports - le roi est M. Durand et la reine Mme Rocher - le couple royal et leurs enfants prennent en calèche la route de Meaux pour rejoindre la Belgique. Mais leur périple s'interrompt le lendemain à l'auberge de Varennes, où ils sont reconnus et arrêtés.


... au déshonneur funeste

Quand le roi est ramené à Paris, interdiction est faite à la foule de l'acclamer, et nul n'a le droit de le conspuer. Le roi fuyard est désormais un roi traître. Le jour même, les représentants du club des Cordeliers exigent sans succès la proclamation de la République.

Le roi pourtant sera rétabli dans ses fonctions, ce qui provoque la colère de la foule qui se rassemble sur le champ de Mars et sur laquelle La Fayette fait tirer.
La Révolution prend un tournant décisif.
Louis XVI ne peut plus désormais jouer un quelconque rôle et s'obstine dans une "politique du pire" qui conduira bientôt à) sa déchéance, puis à son procès, durant lequel il refuse de se justifier. Jugé par la Convention, le roi monte à l'échafaud le 21 janvier 1793.
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MessageSujet: Les pires décisions de l'Histoire   Lun 3 Aoû - 13:08

"LA TERREUR A L'ORDRE DU JOUR"

Troubles à l'intérieur, périls aux frontières, la Révolution est menacée de toutes parts et en 1792 la "Patrie est en danger". Les victoires de Valmy puis de Jemmapes ont donné raison à Danton, qui avait demandé "de l'audace, toujours de l'audace, et la Patrie sera sauvée !" mais rien n'est encore gagné.

La radicalisation de la Révolution

L'abolition de la monarchie en septembre 1792, et l'exécution du roi en janvier 1793 ne font qu'exacerber la haine des ennemis de la Révolution, et quand la levée de 300 000 hommes est décrétée pour grossir les rangs de l'armée, l'insurrection éclate en Vendée. Des mesures exceptionnelles alors sont prises pour juguler les périls ; en mars 1793 est créé un Tribunal révolutionnaire aux compétences toujours plus grandes, puis le mois suivant le pouvoir passe aux mains d'un Comité de salut public : Marat, Robespierre et leurs amis sont désormais les seuls maîtres du cours des événements. L'assassinat de Marat par Charlotte Corday, le 13 juillet 1793, attise la fureur des sans-culottes qui exigent une répression féroce. Le 5 septembre, la Convention "met la Terreur à l'ordre du jour".

La Terreur au service de la vertu

C'est un régime d'exception qui s'établit, une véritable dictature assumée par Robespierre, qui fait adopter le 17 septembre la loi sur les "suspects" permettant d'arrêter aussitôt tous ceux qui "par leur conduite, leurs relations, leurs propos ou leurs écrits, se sont montrés partisans de la tyrannie ou du fédéralisme et ennemis de la liberté". Aux accusations de tyrannie, Robespierre répond que : "La terreur n'est autre chose que la justice prompte, sévère, inflexible ; elle est donc une émanation de la vertu..." Des milliers d'individus sont envoyés à la guillotine !
Puis la machine s'emballe et dévore ceux qui l'ont engendrée. Autour de Jacques René Hébert, les "enragés" veulent accentuer la Terreur alors qu'avec Danton les "indulgents" souhaitent en modérer l'application. Maximilien Robespierre refuse de choisir entre "deux factions" dont l'une le pousserait à l'excès, l'autre à la faiblesse, et décide d'éliminer l'une et l'autre. Le 24 mars 1794, les hébertistes sont exécutés ; le 5 avril, Danton, à son tour monte sur l'échafaud avec Camille Desmoulins (et sa femme)et Fabre d'Eglantine.

La chute de Robespierre

Peu après, "l'Incorruptible" perd le soutien de tous ceux qui le craignaient et qui pensent le moment venu d'en finir avec une tyrannie devenue insupportable. Le 9 thermidor an II (27 juillet 1794), Robespierre est arrêté puis guillotiné le lendemain avec Saint-Juste et une vingtaine de partisans. Le régime de la Terreur est terminé.
Le bilan humain de la Terreur est difficile à établir.
20 000 personnes ou plus ont été guillotinées ; la répression de l'insurrection vendéenne a fait des dizaines de milliers de morts.
Fallait-il en passer par là ? Les Français ne savent pas répondre. Robespierre n'a pas de rue à son nom et demeure un réprouvé de l'Histoire. Or il est l'artisan majeur d'une Révolution qui est encore aujourd'hui "l'horizon insurpassable" de l'Histoire de France.
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epistophélès



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MessageSujet: Les pires décisions de l'Histoire   Lun 3 Aoû - 13:30

LA DESASTREUSE CAMPAGNE DE RUSSIE

Napoléon a négligé les appels à la prudence de tous ceux qui l'exhortaient à ne pas conduire sa Grande Armée jusqu'en Russie.
Pourtant, Napoléon, que les armes avaient porté au sommet de sa gloire, crut à sa chance...


Une incroyable puissance militaire

L'armée qu'il a rassemblée est la plus puissante jamais vue : plus de 650 000 hommes de vingt nationalités différentes. Des Français bien sûr, mais aussi des Polonais, des Italiens, des Suisses, des Belges, des Hollandais, qui s'enfoncent dans les immenses plaines russes où l'ennemi chaque fois se dérobe, brûlant les récoltes pour affamer l'adversaire.

La bataille de Borodino

Quand Napoléon approche de Moscou, il peut enfin livrer bataille à Borodino, le 7 septembre 1812.
L'empereur perd 30 000 hommes dont pas moins de 37 généraux et plus de 6 000 officiers ! Ce n'est pas une victoire pour autant, car Koutouzov a rompu le combat pour se replier. Le 14 septembre, Napoléon entre dans Moscou désertée par le tsar Alexandre Ier. Le lendemain, un formidable incendie détruit la ville que les Français doivent fuir.
Napoléon ordonne alors la retraite. Le piège peut maintenant se refermer sur lui.


La Berezina

En longues cohortes épuisées, la Grande Armée qui ne compte plus que 150 000 hommes, doit affronter un adversaire plus redoutable encore que les cosaques : l'hiver russe. Quand Napoléon atteint Smolensk, il fait -20°C... Le 27 novembre, la retraite est barrée par le fleuve Berezina, qui n'est pas entièrement pris par les glaces.
Alors que les cosaques harcèlent sans relâche les Français, les soldats du général Eblé parviennent à construire deux ponts grâce auxquels une partie de l'armée peut passer sur l'autre rive. Le 9 décembre, c'est une Grande Armée en guenilles, épuisée et affamée, qui arrive à Vilnius où il faut encore abandonner des milliers de malades et de blessés.

Le déclin de l'Empire napoléonien

C'est "le début de la fin" pour Napoléon, contre qui toute l'Europe désormais peut se liguer. La Prusse et l'Autriche dénoncent les traités passés pour s'allier à la Russie. Napoléon reconstitue tant bien que mal son armée et bat les Prussiens à Lützen et à Bautzen en mai 1813, mais la défaite de Leipzig, le 16 octobre 1813, sonne le glas de l'Empire, alors qu'au mois de juin précédent, l'Espagne a été perdue.
En décembre 1813, les Alliés franchissent le Rhin ; les jours de l'Empire sont comptés.
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MessageSujet: Les pires décisions de l'Histoire   Lun 3 Aoû - 13:42

GROUCHY A WATERLOO

Les 125 000 soldats lancés à marche forcée à la rencontre de la coalition anglo-prussienne, remportent une première victoire sur les Prussiens de Blücher à Ligny, le 16 juin 1815. Napoléon, qui croit pouvoir scinder en deux le dispositif ennemi, ordonne au général Grouchy de poursuivre Blücher, que l'on croit en déroute.



Waterloo : une erreur stratégique


Or le Prussien ne fuit pas mais se replie tactiquement, entraînant à sa suite une partie de l'armée française, qui s'éloigne ainsi dangereusement.
Quand la grande bataille de Waterloo s'engage le 18 juin, les Anglais de Wellington prennent le dessus, et Napoléon espère, avec impatience le retour de Grouchy.
Au soir du 18 juin, la situation devient périlleuse pour Napoléon, et, celui-ci, pour reprendre les mots de Victor Hugo, "soudain joyeux, il dit Grouchy ! C'était Blücher ; l'espoir changea de camp, le combat changea d'âme..."

Grouchy : un trop bon petit soldat

Pourquoi Grouchy n'est-il pas revenu sur ses pas ? Il avait pourtant entendu la canonnade de Waterloo, et plusieurs de ses officiers l'ont supplié de "marcher au canon" comme l'exige le règlement. Or, le règlement stipule que "marcher au canon est un devoir impératif sauf pour les unités qui ont reçu d'autre consignes". Et Grouchy, en bon soldat, s'en tient aux premiers ordres reçus, à savoir poursuivre les Prussiens... En suivant trop à la lettre le règlement, le très discipliné général Grouchy aura tragiquement manqué à Napoléon.
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MessageSujet: Les pires décisions de l'Histoire   Lun 3 Aoû - 14:48

LA BATAILLE DE LITTLE BIG HORN

Le génie militaire a ses limites... et les Américains s'en sont aperçus en juin 1876. Dans le Dakota, l'on a découvert de l'or dans les Black Hills, en plein territoire indien. Les Sioux y vivent en paix et depuis la signature du Traité de Fort Laramie en 1868, les Black Hills sont leur "propriété éternelle".

La ruée vers l'or

Puisqu'ils refusent les offres de rachat, la décision est prise de déposséder par la force les Sioux de leur terre. Les généraux Crook et Terry ayant échoué lors d'une première campagne, c'est au fougueux lieutenant-colonel Custer et à son fameux 7ème de cavalerie qu'échoit la conduite des opérations. L'opinion publique américaine en est certaine : le 7ème ne peut pas perdre contre de vulgaires peaux-rouges, même s'ils sont conduits par un chef déjà légendaire : Sitting Bull.

Les derniers feux de la conquête de l'ouest

Le 25 juin 1876, sur les rives de la Little Big Horn, Custer déploie son dispositif pour attaquer le campement indien et pense l'emporter facilement. Le 25 au soir, il n'y a plus une "tunique bleue" encore vivante... Et si Custer n'a pas été scalpé (ça c'est une invention des blancs... scratch ), c'est parce qu'il avait pris soin de se faire couper les cheveux très court ! La nouvelle de la défaite est un coup de tonnerre pour les Américains. Beaucoup exigent des explications, plus encore refusent d'y croire.
Les indiens n'auront de cesse de leur rappeler ce "Waterloo" américain. Dépossédés par la suite des Black Hills, les Sioux obtiendront une réparation morale.
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MessageSujet: Les pires décisions de l'Histoire   Lun 3 Aoû - 15:04

LE DESASTRE DU CHEMIN DES DAMES

A Verdun, la "mère de toutes les batailles" n'est pas encore achevée que déjà l'état-major songe à porter ailleurs l'offensive dans l'espoir d'une percée définitive.
Le général Nivelle, qui vient de remplacer Joffre à la tête des armées, a élaboré un plan qui prévoit d'abandonner la guerre de position pour "brusquer" l'adversaire.


La décision du général Nivelle

Nivelle a choisi le plateau du Chemin des Dames, qui domine la vallée de l'Aisne, où la ligne de front s'est figée. Il en est convaincu, une vaste offensive des forces françaises et anglaises permettrait de remporter une victoire décisive. Le Chemin des Dames, se sera le "dernier coup".
En mars 1917, les préparatifs se sont accélérés. Or, à cette date, les Allemands, qui ont renoncé à Verdun, ont entamé un repli stratégique et sérieusement renforcé leurs lignes de défense sur un front désormais réduit. Le plan de Nivelle n'apparaît donc plus aussi pertinent ni prometteur. Beaucoup à l'état-major le pressent de revoir sa tactique, mais Nivelle s'obstine. Il a rassemblé plus de 800 000 hommes et n'entend pas renoncer.


Un désastre militaire et humain


Malgré des conditions météorologiques détestables, la grande offensive est déclenchée le 16 avril au matin. Après seulement quelques heures de combats terribles, les pertes humaines sont effroyables. Tous les assauts échouent, les hommes tombent par milliers et il semble évident qu'il faut arrêter l'opération avant qu'il ne soit trop tard. Rien pourtant ne fera dévier le généralissime Nivelle de ses espoirs de victoire, et surtout pas la vie des poilus. Après une semaine de combats (alors que l'offensive ne devait pas durer plus de deux jours...), les combattants n'ont pratiquement pas progressé. 35 000 hommes déjà sont morts ! Les autres sont cloués au sol et vivent un calvaire qui va continuer des semaines.

De Nivelle à Pétain

L'obstination criminelle de l'état-major suscite des mutineries par milliers, non que les soldats refusent de se battre, mais parce qu'ils ne veulent plus aller "au casse-pipe" en suivant des ordres imbéciles et meurtrier. L'échec menace de se transformer en fiasco.
A la mi-mai, le général Pétain a remplacé Nivelle, le moral revient et il faut attendre la victoire de la Malmaison, le 24 octobre, pour que s'achève enfin la bataille la plus absurde de cette Grande Guerre... 200 000 soldats français et anglais ont été tués ou blessés au Chemin des Dames.
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MessageSujet: Les pires décisions de l'Histoire   Lun 3 Aoû - 18:00

LA SIGNATURE DU TRAITE DE VERSAILLES

Le 28 juin 1919 est signé le traité de Versailles, qui fixe les conditions de la paix. Mais elle sont si dures qu'elles contiennent en germe le second conflit mondial.

Orchestrer le bilan de la guerre

Avec 1 400 000 morts, plus encore de blessés et de mutilés, avec une partie de son territoire dévasté par quatre années de guerre, la France entend bien faire payer les vaincus. Entamées quelques semaines après l'armistice, les négociations de paix ont été menées par les seuls vainqueurs ; elles s'achèvent le 28 juin 1920, jour anniversaire de l'attentat de Sarajevo, dans la galerie des Glaces du château de Versailles.
Là, Georges Clemenceau a élaboré une mise en scène humiliante pour les plénipotentiaires allemands : derrière eux ont pris place cinq "gueules cassées" qui font peser sur leurs épaules le poids tragique d'une guerre effroyable...

"L'Allemagne paiera !"

C'est le sentiment qui domine alors l'opinion. Elle paiera parce qu'elle est jugée responsable de la guerre, ce qu'affirme solennellement le traité :
"(...) l'Allemagne et ses alliés sont responsables, pour les avoir causés, de toutes les pertes et de tous les dommages subis par les gouvernements alliés et associés...". S'ensuit une longue liste de conditions drastiques : l'Allemagne perd plus de 70 000 km2 de son territoire, elle est presque entièrement démilitarisée, ne conservant qu'une armée de 100 000 hommes, sans état-majoir, sans aviation, sans artillerie.
Quant aux réparations financières, elles sont exorbitantes, fixées à 132 milliards de mark-or !

D'un traité jugé injuste...

Pour les Allemands, ce traité est un diktat inacceptable. Du côté des vainqueurs, ils sont nombreux à s'inquiéter des conséquences possibles d'une telle sévérité. Un officier français, Charles de Gaulle, parle d'une "mauvaise couverture jetée sur des ambitions non satisfaites"...
De fait, comment croire que le découpage territorial des empires vaincus puisse satisfaire tout le monde ? La création d'un "corridor" à Dantzig, pour donner à la Pologne reconstituée un accès à la mer scinde le territoire allemand en deux.
Dans la région des Sudètes, 3 millions d'Allemands se retrouvent malgré eux citoyens de la nouvelle Tchécoslovaquie. Les réparations financières exigées de l'Allemagne plongent celle-ci dans une crise économique, politique et sociale sans précédent, et les difficultés rencontrées n'ont d'égale que l'inflexibilité française : l'Allemagne a du mal à payer ? La Ruhr est aussitôt occupée. Nouvelle humiliation...

... à la Seconde Guerre mondiale

C'est en partie cette humiliation qui portera Hitler au pouvoir. Et la suite des événements donnera raison à ceux qui s'étaient inquiétés des trop sévères dispositions du traité de Versailles.
En 1935, Hitler réorganise l'armée allemande et rétablit un service militaire, puis en 1936, il réoccupe la zone démilitarisée sur les rives du Rhin, en violation du traité. Celui-ci interdisait également à l'Allemagne d'annexer l'Autriche ? Hitler passe outre en 1938. La même année, il "libère" les Allemands de la région des Sudètes de "l'oppression tchécoslovaque". En 1939 enfin, il exige le retour à l'Allemagne de la ville libre de Dantzig. Le monde est alors au bord d'un second conflit dont les causes sont en grande part contenues dans le traité signé vingt ans plus tôt à Versailles.

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MessageSujet: Les pires décisions de l'Histoire   Mar 4 Aoû - 23:40

LA LIGNE MAGINOT

Le sentiment patriotique est vif en France après le conflit mondial, mais tous espèrent que la Grande Guerre sera la "der des der", et le pacifisme domine dans les esprits. Nus n'ignore que l'Allemagne vaincue demeure un ennemi irréductible dont il faut se méfier, mais on songe moins désormais à une stratégie offensive qu'à protéger les frontières du pays derrière une puissante muraille.

Un choix discuté et discutable

C'est le maréchal Pétain, et ils sont rares au gouvernement comme à l'état-major à remettre en cause l'opinion du vainqueur de Verdun, qui souhaite voir édifier une ligne de fortifications courant le long de la frontière. Le général Guillaumat pourtant, dès 1922, avait prévenu : "Il est dangereux de laisser se répandre la notion fausse et démoralisante qu'avec la fortification on assure l'inviolabilité d'un pays et qu'un système matériel quelconque puisse être substitué au rude labeur de la préparation des volontés, des coeurs et des cerveaux".
D'autres font valoir qu'un tel choix va à l'encontre de la diplomatie car les traités en vigueur pourraient obliger la France à se porter au secours de la Tchécoslovaquie ou de la Pologne. L'opinion défensive pourtant l'emporte, et en janvier 1929, le Conseil des ministres adopte le projet de loi préparé par le ministre de la Guerre André Maginot "sur l'organisation défensive des frontières".

Une "grande muraille" illusoire

Débutés dans les premières semaines de 1930, les travaux de la ligne Maginot sont presque achevés en 1939 et auront coûté plus de cinq milliards de francs. Depuis la mer du Nord jusqu'aux Alpes, la France est maintenant à l'abri derrière une ligne de fortifications jugée infranchissable. Certains secteurs sont moins bien défendus, mais le relief naturel, croit-on, suffira à freiner une possible attaque de l'Allemagne. C'est particulièrement le cas dans les Ardennes dans lesquelles on doute que des blindés pourraient se frayer un chemin ; c'est une région boisée au relief tourmenté.
Quand éclate la guerre en 1939, l'armée française est bien à l'abri derrière la ligne Maginot.
Mais en mai 1940 la "drôle de guerre" prend fin brutalement avec une drôle de surprise...
Contre toute attente, les Allemands ont attaqué à travers les Ardennes et en quelques jours sont parvenus à contourner la ligne Maginot, défense illusoire malgré l'héroïsme des troupes françaises dont certaines combattront jusqu'à l'armistice.

Fallait-il construire la ligne Maginot ?

Peut-être, mais la grande faute de l'état-major est d'avoir négligé les autres options, à commencer par l'arme blindée capable de se déplacer vite et efficacement, et à laquelle auront manqué cruellement les budgets engloutis dans le béton de la "ligne".
Surtout, le choix d'une stratégie purement défensive a endormi les consciences qui se sont crues à l'abri. "Nous vaincrons parce que nous sommes les plus forts", avait osé affirmer le président du Conseil Paul Reynaud en septembre 1939... Seulement voilà, si nous étions les plus forts, la ligne Maginot, elle, avait une faiblesse.
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MessageSujet: Les pires décisions de l'Histoire   Mar 4 Aoû - 23:55

LES ACCORDS DE MUNICH : UN LÂCHE SOULAGEMENT

Depuis son accession au pouvoir en 1933, Adolf Hitler n'a eu de cesse de mépriser les dispositions du traité de Versailles sans rencontrer de véritable opposition. Après la restauration du service militaire, après la remilitarisation de la Rhénanie, après l'Anschluss du 13 mars 1938 qui a réuni l'Autriche à l'Allemagne, c'est au tour de la Tchécoslovaquie d'être convoitée par le Führer.

L'ultime violation du Führer ?

Dans ce pays créé au lendemain de la Grande Guerre, vivent près de trois millions d'Allemands, principalement dans la région des Sudètes dont Hitler envisage purement l'annexion. Le jeune Etat tchécoslovaque se sent protégé par les accords diplomatiques et reste convaincu que ni l'Angleterre ni la France ne laisseront faire. Mais le sort des Sudètes va être sacrifié au vain espoir d'une paix impossible.

"Vous avez choisi le déshonneur et vous aurez la guerre" (Churchill)

Neville Chamberlain pour l'Angleterre négocie sans relâche pour sauver la paix, et les Français ne sont pas en reste. Céder sur la Tchécoslovaquie permettra-t-il d'éviter le pire ?
C'est le sentiment qui domine dans les chancelleries, et une conférence est convoquée à Munich le 29 septembre 1938, alors que la France de son côté a déjà rappelé 400 000 réservistes.
Hitler, Mussolini, Daladier et Chamberlain tentent une ultime négociation, mais Hitler mène le jeu et sa "diplomatie du bluff" va fonctionner. Il exige et obtient l'annexion des Sudètes, France et Angleterre préférant ce "lâche soulagement" à une nouvelle guerre.
Or, pour certains observateurs, il est trop clair que Hitler ne s'arrêtera pas là et que la guerre aura bel et bien lieu.
Les opinions publiques se laissent pourtant berner et saluent dans l'enthousiasme les accords de Munich qui, pense-t-on, ont sauvé la paix.
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MessageSujet: Les pires décisions de l'Histoire   Mer 5 Aoû - 0:09

LA CONFERENCE DE YALTA : UN AVANT GOÛT DE LA GUERRE FROIDE ?

Les jours du IIIe Reich sont comptés, et même si ce dernier n'a pas encore capitulé, les Alliés s'apprêtent à redistribuer les cartes diplomatiques du monde de l'après-guerre.

Un partage du monde ?

Réunis à Yalta, en Ukraine, du 4 au 11 février 1945, Roosevelt, Churchill et Staline tentent de rebâtir ce qu'a détruit la folie d'Hitler. Mais entre les alliés de circonstance, l'heure n'est plus à l'entente, car l'URSS, qui a consenti d'énormes sacrifices dans le conflit, espère bien pousser son avantage. Roosevelt, diminué par la maladie qui l'emportera bientôt, ne peut s'opposer aux prétentions hégémoniques de Staline. Les Américains en outre espèrent une issue prochaine à la sanglante guerre engagée dans le Pacifique contre les Japonais. Ils ont pour cela besoin de l'URSS qui accepte d'entrer en guerre contre le Japon et obtient en contrepartie d'avoir les mains libres en Europe de l'Est.

Vers un monde bipolaire

Fallait-il céder à Staline ? Celui-ci peut désormais imposer ses diktats aux Etats de l'est et les incorporer au système communiste.

La conférence de Yalta devait jeter les bases d'un renouveau démocratique dans le monde, elle s'achève sur la partition de celui-ci en deux camps irréductibles qui s'apprêtent à un long conflit, une guerre froide qui durera cinquante ans.


FIN
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MessageSujet: Re: Les pires décisions de l'Histoire   Lun 21 Sep - 10:11

cheers
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