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 PANCHO VILLA

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epistophélès

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MessageSujet: PANCHO VILLA   Lun 30 Sep - 20:21

Toujours en attendant de recevoir ma foutue commande. ........ Evil or Very Mad 
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epistophélès

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MessageSujet: PANCHO VILLA   Lun 30 Sep - 20:51

Il fait une chaleur torride dans la campagne qui entoure Parral, au nord du Mexique.
Pourtant, l'homme qui galope sur son pur-sang tout blanc, en ce jour de fin avril 1896, est vêtu chaudement. Elégamment, aussi. Son costume de daim blanc, brodé de fils d'argent et aux boutons de nacre, étincelle au soleil. Don Leonardo Lopez Negret, le fils du propriétaire de l'immense hacienda, a fière allure sous son immense sombrero, blanc également, tandis qu'il parcourt ses domaines.

Un long cigare noir à la bouche, il sourit. Aussi loin qu'il peut voir, dans cette éclatante journée ensoleillée, tout appartient aux Lopez Negrete, tout sera un jour à lui. Sa famille est l'une des plus puissantes du Mexique. A elle seule, elle possède une partie du nord du pays ; sur ses terres travaillent des milliers d'ouvriers agricoles, de péons, comme on dit là-bas. Et le dictateur lui-même, celui qui dirige le Mexique depuis près de trente ans, Porfirio Diaz, est de leurs amis. Alors comment, dans ces conditions, ne pas être satisfait de la vie ?

Soudain, don Leonardo fait une grimace de contrariété et jette avec agacement son long cigare. Devant lui, sur une petite mule, il y a un jeune paysan de dix-huit ans environ, un garçon en haillons, qui lui barre la route :
"Ecarte-toi, péon !"

Mais l'homme ne s'écarte pas. Il descend de sa mule, tout en tenant respectueusement son sombrero de paille à hauteur de sa poitrine.
"Vous ne me reconnaissez pas, don Leonardo ? Je suis Doroteo Arango."

Le fils du propriétaire a un geste d'impatience.
"Je t'ai chassé il y a six mois, après t'avoir fait fouetter.Tu ne veux tout de même pas que je te reprenne ?"

L'homme secoue la tête en le regardant bien en face.
"Ce n'est pas cela don Leonardo.
- Alors, qu'est-ce que tu veux ? La charité ? Tiens, attrape et file."

Quelques pièces roulent sur les cailloux avec un bruit de clochette. L'homme ne s'est pas baissé, n'a pas bougé.
"Ce n'est pas cela don Leonardo."
Le jeune noble est tremblant de colère.
"Alors, que veux-tu ? Parle !

Doroteo Arango lui répond calmement, comme s'il s'agissait d'une évidence :
"Don leonardo, je vais te tuer."

L'autre, sur son cheval, éclate de rire.
"Me tuer ! Toi ! Et pourquoi ?"

L'ancien péon, l'homme en haillons, le regarde au fond des yeux.
"Parce que tu as violé ma soeur, don leonardo."

Le fils du propriétaire a un sourire de défi qui découvre ses dents blanches.
"Et alors ?
- Alors, tu vas mourir."

Sur son cheval, le cavalier a levé sa cravache. Mais il n'a pas eu le temps de l'abaisser. Le sombrero de paille que Doroteo Arango tenait sur sa poitrine vient de voler en éclat. Il n'y a eu qu'un seul coup de feu et le beau costume de daim blanc de don leonardo est brusquement recouvert d'une tache rouge, tandis qu'il tombe à terre.
Alors, l'ancien péon remet tranquillement son sombrero déchiqueté, s'approche de l'agonisant et, calmement, lui tire ses cinq dernières balles dans la tête. Puis il remonte sur sa mule et s'en va.
Il s'en va vers la Sierra Madre toute proche. La Sierra Madre, c'est-à-dire la "Montagne Mère", au nom bien mérité, car depuis toujours elle abrite et protège tous ceux qui, pour une raison ou une autre, on fui la société : les bandits, les proscrits, les révolutionnaires...


Doroteo Arango, qui chemine sur sa mule en cette chaude journée d'avril 1896, va donc devenir un bandit. Mais pour cela il lui faudrait trouver un nom, un nom qui sonne bien, un nom de guerre en quelque sorte. Sur le petit sentier en lacet qui monte les premières pentes, il a tout le temps de réfléchir. Arrivé dans la montagne, il a trouvé. Il va s'appeler Villa, comme son arrière-grand-père, qui était un bandit légendaire, et comme prénom, un peu au hasard, il choisit Pancho. Il sera Pancho Villa ...
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epistophélès

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MessageSujet: PANCHO VILLA   Mar 1 Oct - 15:50

Dans la montagne, Pancho Villa s'est endormi paisiblement. A son réveil, il y a autour de lui une centaine d'hommes, avec des cartouchières sur leur poitrine et des fusils ou des revolvers plein les mains.
Un homme se détache du groupe. Il est grand, sec, il a les cheveux blancs.
"Je suis Parra. Et toi, qui es-tu ? Pourquoi es-tu là ?"


Parra... le plus célèbre bandit du Mexique. Pancho sourit. Il n'est pas intimidé.

"Je suis Pancho Villa. J'ai tué un homme."
Le vieux bandit plisse les yeux.
"Qui nous dit que n'es pas un espion ?"

Sans un mot, Pancho enlève sa chemise et se retourne. Sur son dos, les traces des coups de fouet sont encore bien visibles. Sans un mot non plus, Parra lui donne l'accolade, tandis que ses hommes déchargent leurs armes vers le ciel en criant :
"Viva Villa !...

Sous la direction du vieux bandit, Pancho Villa apprend rapidement toutes les astuces de son nouveau métier. L'important est de tromper les milices recrutées par les propriétaires terriens, les "rurales", qui sont perpétuellement à leur poursuite. Quand on a besoin de trois boeufs pour se nourrir, il faut n'en voler qu'un seul, et se serrer la ceinture. Ainsi, en face ils s'imaginent qu'ils ont affaire à quelques dizaines d'hommes, alors qu'il y a en a une centaine. Ou bien, au contraire, au lieu de trois boeufs, on en vole dix et on en enterre sept sans les manger. Et les "rurales", épouvantés, croient avoir devant eux plusieurs centaines de bandits.
C'est Parra qui apprend à Villa à chevaucher avec une branche de pin attachée à sa selle pour effacer derrière lui les traces de son cheval. C'est lui aussi qui lui enseigne les seuls rudiments de tactique qu'il possède : envoyer d'abord vingt ou trente cavaliers attaquer une hacienda ; tous les "rurales" se précipitent comme un seul homme, et pendant ce temps-là, le gros de la troupe se rue dans la petite ville ou le village et rafle tout, y compris les jolies filles.

C'est Villa qui est à la tête de ces chevauchées dévastatrices. Villa qui est devenu, en quelques mois, le second de Parra.
Il faut dire qu'il est effrayant à voir, avec son épaisse moustache noire, lorsqu'il surgit à la tête de quatre ou cinq cents cavaliers qui hurlent, en tirant dans toutes les directions, le vieux cri sauvage des Mexicains : "Viva la muerte !" (vive la mort !)

Un jour, au cours d'une attaque particulièrement audacieuse contre une diligence qui transportait cent mille dollars-or pour la paie d'une mine américaine, le vieux Parra est tué. Grâce à son sang froid, Pancho Villa parvient à arrêter le début de panique qui s'est emparé des hommes. Sous ses ordres, tous les soldats de l'escorte sont tués les uns après les autres, et les cent mille dollars changent de mains.
Villa est choisi par tous comme le nouveau chef.
Avec lui les choses ne traînent pas et changent un peu de tournure, car l'ancien péon n'a pas oublié l'arrogance de ses maîtres d'autrefois. C'est contre eux qu'il entend lutter désormais, même s'il reste malgré tout un bandit.
De fait, les opérations de la bande de Pancho Villa prennent de plus en plus l'aspect d'une lutte sociale.
Villa s'attaque aux grosses haciendas, aux banques, aux perceptions et principalement aux intérêts américains aux Gringos, comme les appellent avec mépris les Mexicains. Peu à peu, Pancho Villa devient une sorte de Robin des Bois, qui rançonne les riches et épargne les pauvres, un patriote aussi, qui défend son pays contre la puissance des Etats-Unis, et même, ce qui inquiète le plus le dictateur Porfirio Diaz, un révolutionnaire.

A partir de ce moment, la vie de Villa se confond avec l'histoire du Mexique. Il déclare la guerre à Porfirio Diaz, et il la mène à sa manière : comme un bandit, mais avec une terrible efficacité. Bandit, hors-la-loi, il l'est, dans toute l'acceptation du terme. Chaque fois qu'il prend une ville, il se choisit une femme. Mais il a un sens très particulier de la légalité : cette femme, il veut l'épouser. Et vingt fois, exactement, dans une église bourrée de bandits en armes, un prêtre tremblant sous la menace des fusils unira Pancho Villa pour le meilleur et pour le pire...

Mais malgré tout, Pancho Villa est un réel chef de guerre. Un moment, il a jusqu'à soixante mille hommes sous ses ordres, et c'est lui qui, en 1911, après une bataille rangée à Juarez, triomphe de Porfirio Diaz, qui est contraint à l'exil.
La suite est une succession de batailles, de victoires, de défaites et de nouvelles victoires. Tantôt Villa perd presque tous ses hommes, parce qu'ils se font massacrer en chargeant follement à cheval contre des mitrailleuses et des barbelés, ou parce qu'ils se laissent surprendre le matin, après s'être enivrés toute la nuit pour fêter un succès. Alors, Pancho n'est plus qu'un fuyard, qui se réfugie dans la montagne, accompagné d'une poignée de fidèles. Mais quelques mois plus tard, il a de nouveau des milliers d'hommes sous ses ordres, et il reprend le combat.
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MessageSujet: PANCHO VILLA   Mar 1 Oct - 17:01

Il se bat pendant des années, il se bat contre le général Huerta, qui a fait assassiner le président Madero, un patriote libéral. Et il triomphe de Huerta.
En 1915, après deux ans de combats, il fait son entrée, triomphale à Mexico, à la tête des rebelles du Nord, tandis qu'au même moment, à la tête des rebelles du Sud, un autre bandit patriote, tout aussi célèbre, pénètre lui aussi à Mexico : Emiliano Zapata.

Les deux hommes se font photographier ensemble sur les marches du palais, et puis ils repartent tous deux dans leurs montagnes, l'un au Nord, l'autre au Sud, car ils se sentent mal à l'aise au milieu de ces marbres, sur ces tapis rouges, parmi les jeux de la politique...

La politique reprend ses droits, et la guerre recommence avec elle. Le général Caranza, qui est l'homme de confiance des Américains, se déclare de lui-même président d'un gouvernement provisoire.
Pancho Villa reprend donc les armes contre Caranza, comme il s'était battu contre Porfirio Diaz. Ce sont des combats indécis et sanglants, qui durent plusieurs années. Villa est devenu un chef d'armée, avec son état-major, son quartier général qui se déplace de village en village, de montagne en montagne.
Oh ! certes, ce n'est pas un grand stratège. Sa tactique est toute simple : l'enthousiasme et le courage poussés jusqu'à la folie. Avec ses bandes de cavaliers hurlants, il fonce droit sur l'objectif au cri de "Viva la muerte !" Et ses hommes meurent ou sont vainqueurs !

Villa a toutes les audaces. Il est la terreur du gouvernement en place. Mais un jour de 1916, le 9 mars exactement, il se décide à aller plus loin encore : il prend une initiative folle, incroyable.
Il se trouve alors avec sa troupe dans la petite ville de Palomas-Colombus, qui a la particularité d'être partagée entre le Mexique et les Etats-Unis. La frontière passe juste au milieu de la rue principale.
La veille, Pancho Villa vient d'apprendre que les Etats-Unis ont reconnu le gouvernement du général Caranza. Et de plus, il y a un trafiquant américain qui ne lui a pas livré les armes promises et déjà payées.
Alors, en pleine nuit, il réunit ses lieutenants et fait réveiller ses hommes. Il leur dit simplement :
"On va attaquer les Gringos."
Un hurlement enthousiaste lui répond.
Le 9 mars 1916, Pancho Villa vient, ni plus ni moins, de déclarer la guerre aux Etats-Unis...
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MessageSujet: PANCHO VILLA   Mar 1 Oct - 17:19

Colombus est une ville de garnison. C'est le siège du 12e régiment de cavalerie américain. Peut-être Villa ne le sait-il pas, mais de toute façon, même s'il le sait, ce n'est pas ce genre de considération qui peut le faire changer d'avis.
Sombrero sur la tête, brandissant leur carabine, les Mexicains de Villa se ruent à travers la ville endormie.
Ils n'ont pas d'objectif précis. Ils tirent partout, n'importe où, sur tout ce qui se présente, sur les fenêtres qui s'allument, sur les formes qui fuient, sur les bêtes et sur les humains. C'est un massacre.

Le 12e de cavalerie est totalement pris au dépourvu.
Aucun manuel n'avait prévu une attaque de nuit venant du Mexique. Pendant la nuit - c'est le règlement - les armes sont enfermées dans des placards verrouillés pour qu'elles ne risquent pas d'être volées.
Mais malheureusement, les hommes qui ont les clefs couchent quelquefois à l'autre bout de la ville. Il faut aller les chercher au milieu de la fusillade. Et il faut qu'ils reviennent.
Quand les premiers placards sont ouverts, la petite ville de Colombus n'est plus qu'un gigantesque brasier et les hommes de Villa sont loin...


Inutile de dire que la réaction des Etats-Unis est immédiate et particulièrement violente. Jamais, au cours de leur histoire, un bandit étranger n'avait osé prendre ouvertement les armes contre eux.
Et le 15 mars 1916, le général Pershing, qui un an plus tard sera chef du corps expéditionnaire en France, conduit une armée de vingt mille hommes à la poursuite de Pancho Villa.

Villa est traqué à la fois par les troupes américaines et gouvernementales mexicaines. Pour lui, c'est un long calvaire qui commence. Ses hommes se font tuer les uns après les autres, dans des charges héroïques et absurdes. Bientôt, il n'est plus qu'un proscrit, pourchassé dans la montagne avec une poignée de fidèles.
Pour tromper ses poursuivants, il retrouve les vieilles ruses que lui avait enseignées son maître Parra : tuer un boeuf au lieu de trois ou au contraire en tuer dix quand on a besoin d'un seul ; attacher derrière son cheval ou sa mule une branche d'arbre pour effacer les traces...

Et ni les Américains, ni le général Caranza, bientôt chassé par un autre général du même bord, ne viendront à bout de Villa. Partout ailleurs dans le pays, la guérilla a cessé, l'ordre règne. Le vieil allié de Pancho Villa, Emiliano Zapata, lui-même, est mort, tombé dans une embuscade.
Lui, Villa, est toujours là. Il est traqué, acculé, mais il lui suffit de descendre dans la vallée pour que les péons prennent les armes, et qu'en quelques jours, il se retrouve à la tête d'une armée. En 1918, il a de nouveau dix mille hommes sous ses ordres.
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epistophélès

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MessageSujet: PANCHO VILLA   Mar 1 Oct - 17:51

Cette fois, le chef du gouvernement mexicain, qui s'appelle alors Obregon, comprend qu'il n'y a décidément rien à faire.
Jamais personne ne viendra à bout de Pancho Villa. Villa n'est pas un adversaire comme les autres. C'est plus qu'un bandit, Cette fois, le chef du gouvernement mexicain, qui s'appelle alors Obregon, comprend qu'il n'y a décidément rien à faire. c'est le peuple mexicain lui-même, c'est la colère, c'est la misère des péons depuis toujours écrasés par les riches propriétaires et l'administration. Jusque-là, ils n'avaient rien dit, parce qu'ils se sentaient isolés ; maintenant, ils se reconnaissent en Villa. Tant que Pancho Villa sera avec eux, toue une partie du Mexique échappera au gouvernement.

Aussi le général Obregon, qui ne manque pas de finesse, envoie-t-il à Pancho Villa des émissaires pour essayer de l'acheter à n'importe quel prix. Pancho Villa vient juste d'avoir quarante ans. Il s'est épaissi, sa moustache commence à grisonner ; il n'est plus le brillant cavalier d'autrefois. Plus question de charger à la tête des folles chevauchées. D'ailleurs, il s'est mal guéri d'une balle dans la jambe, il traîne la patte. En fait, il passe maintenant la plus grande partie de son temps entre ses vingt femmes légitimes et ses dizaines d'enfants. Car, à sa manière, il est bon père et bon époux.

Si bien que, quand les émissaires du général Obregon viennent le trouver, au lieu de les faire pendre ou fusiller, comme il l'aurait certainement fait quelques années plus tôt, Pancho Villa les écoute et peu à peu, il se laisse convaincre.
Le président a décidé de se montrer large et les propositions de ses envoyés ont de quoi séduire un hésitant : ils lui offrent l'amnistie, la nomination au grade de général de l'armée mexicaine, avec le traitement correspondant, et surtout, une immense hacienda de dix mille hectares.
Pancho Villa accepte. Avec l'une de ses femmes, sa première, qui regroupe autour d'elle les enfants de toutes les autres épouses, il s'en va vivre une vie de grand propriétaire dans son hacienda.

Sur ses terres, travaillent des centaines de péons.
Pancho Villa a toujours été autoritaire et il lui arrive de les traiter durement. Quand l'un d'eux boit ou fume de la marijuana, il le corrige lui-même à coups de fouet. Ensuite, il va faire un tour dans une de ses Cadillac, car il en a deux, une pour lui et une autre, toute blanche, pour sa femme.

A quoi pense Pancho Villa vieillissant, dans son automobile importée directement des Etats-Unis, symbole de la puissance industrielle des Gringos ? A péon qu'il vient de fouette ? Aux revenus de sa dernière récolte ?...
Parfois, très brièvement, passe devant ses yeux un souvenir lointain, qu'il s'efforce de chasser dans une bouffée de son long cigare noir : un jeune homme en haillons, le dos zébré de cicatrices, qui, par une journée torride d'avril 1896, debout près de sa mule, cachait un revolver derrière son sombrero de paille...

Il y a aussi cet homme, ce vieillard, qui lui revient en mémoire... C'était il y a un mois, deux peut-être...
Il galopait dans la montagne quand l'autre s'est brusquement dressé devant lui et lui a dit, en secouant tristement la tête !
"Tu n'es plus des nôtres, Pancho Villa !"

Oui, à quoi pense Pancho Villa, le 20 juillet 1923, au volant de la Cadillac dans laquelle ont pris place ses quatre gardes du corps ?
La chaleur est étouffante. Mais il faut bien se rendre à la ville, à la banque de Parral, pour retirer les vingt mille pesos nécessaire à la paie du personnel. Cela fait partie des obligations, des corvées d'un gros propriétaire terrien.

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epistophélès

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MessageSujet: PANCHO VILLA   Mar 1 Oct - 18:09

Juste à l'entrée de la ville, la Cadillac, qui avance lentement à cause de l'état de la route, croise dans un nuage de poussière un petit vieillard accroupi.
Pancho a un mouvement de recul. Cela lui rappelle un souvenir désagréable. Mais non, l'homme se lève et agite son grand sombrero rouge en criant :
"Viva Villa !"


Pancho Villa esquisse un geste amical de la main. Il n'a pas le temps de l'achever. C'était le signal. Douze fusils de gros calibre sortent des buissons qui bordent la route et tirent jusqu'à épuisement de leur chargeur.
Dans le corps de Pancho Villa, on retrouvera douze balles.

Mais l'histoire ne s'arrête pas là... Faut-il s'en étonner d'ailleurs dans ce Mexique où la mort a toujours fait partie de la vie, où les hommes tombaient en cirant "Viva la muerte" ?
Il y a une suite macabre, qui est la fin véritable de l'histoire de Pancho Villa.
Huit jours après sa mort, des inconnus déterrent son corps, coupent  sa tête et la vendent à un riche collectionneur américain du Connecticut, pour le compte duquel ils avaient agi*
Et pendant des années, la tête de Pancho Villa a trôné sous un globe de verre dans le salon d'un collectionneur aux goûts particuliers...
La mort a quelquefois, avec ceux qui l'ont courtisée toute leur vie, de cruelles ironies
.


* Pancho Villa a été supprimé par des tueurs au service d'Alvaro Obregon, qui le craignait toujours.
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MARCO

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MessageSujet: Re: PANCHO VILLA   Mer 2 Oct - 18:36

Beuuhhh la fin Crying or Very sad 
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Martine

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MessageSujet: Re: PANCHO VILLA   Mar 8 Oct - 16:56

J'ai vu un film que Maria m'avait envoyé .. heureusement ils avaient zappé la fin !
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MessageSujet: Re: PANCHO VILLA   

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