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Détente - amitié - rencontre entre nous - un peu de couleurs pour éclaircir le quotidien parfois un peu gris...
 
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 ANGELE LAVAL ..........

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epistophélès

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MessageSujet: ANGELE LAVAL ..........   Sam 28 Sep - 20:17

En attendant de recevoir ma commande.Rolling Eyes 


Angèle Laval marche à petits pas dans les rues de Tulle. Le soleil brille en ce début d'été 1904. Elle est heureuse... Pourtant rien ne l'indique vraiment sur son visage. D'ailleurs, on ne voit pas son visage. Angèle Laval est une jeune fille bien élevée, une jeune fille à principes. Elle marche la tête baissée, comme on lui a appris à le faire quand elle est dans la rue...
Angèle a dix-huit ans. Elle est vêtue du costume de son collège religieux : une robe bleu marine qui lui descend jusqu'aux chevilles et qui est strictement boutonnée jusqu'au cou. Sur ses cheveux blonds, ramenés en chignon, elle porte un béret un peu ridicule.
Pour elle, ce jour de juin 1904 est un grand jour. Ses études terminées, elle rentre chez elle, à Tulle. Elle va retrouver sa mère et habiter avec elle, car son père est mort depuis longtemps.
L'avenir ? Elle essaie d'y penser en retrouvant les rues de sa ville. Il a pour l'instant quelque chose d'abstrait. Logiquement, elle devrait se marier. N'a-t-elle pas appris au couvent tout ce qui fait une parfaite épouse : la cuisine, la couture, les bonnes manières ?... Angèle Laval arrive devant chez elle : un hôtel particulier datant de Louis XIII, non loin de la cathédrale. Elle monte au premier étage. Sur le palier, une porte massive, avec le long cordon de soie de la sonnette.
Elle le tire... Il y a un bruit aigrelet à l'intérieur. Sa mère, Mme Laval, lui ouvre. Ce sont les retrouvailles tant attendues.
Angèle s'installe dans sa chambre haute de plafond, mais sombre et austère. Elle est heureuse de se retrouver dans ce cadre où elle a passé son enfance. Maintenant, elle n'a plus qu'à attendre que le futur mari se présente...
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epistophélès

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MessageSujet: ANGELE LAVAL ..........   Sam 28 Sep - 20:37

Janvier 1920. Seize ans ont passé. Il faut croire que le futur mari est en retard, car Angèle Laval vit toujours seule avec sa mère. Elle a maintenant trente-quatre ans. Pour occuper ses journées vides, elle se consacre comme elle aux bonnes oeuvres. C'est une des dames les plus actives de sa paroisse. De temps en temps, elle travaille à l'extérieur, afin d'assurer sa subsistance.
Il est quatre heures à l'horloge du salon, lorsqu'on sonne à la porte. Angèle et sa mère sursautent. Elles n'attendent personne. Mme Laval va ouvrir : c'est le facteur avec une lettre. C'est très étonnant, car ni la mère ni la fille ne reçoivent jamais de courrier.
Angèle Laval voit sa mère ouvrir l'enveloppe, rester un instant immobile, pâlir et s'effondrer dans un fauteuil.
La lettre commence par : "Grande sale..." et la suite est tellement ignoble qu'elle en reste sans voix; des accusations immondes, avec un luxe, un flot de détails inimaginables; le tout illustré de dessins pornographiques.

L'instant de stupeur passé, Mme Laval roule les feuillets en boule et les jette dans le poêle. Le mépris est la seule réponse que méritent ces horreurs...

C'est sans doute ce que pense aussi le maire de Tulle lui-même quand il jette au feu le lendemain une lettre anonyme du même acabit. Lui aussi veut traiter cet incident par le mépris...

Une mécanique effrayante est lancée... Les jours, les semaines passent et les notables de Tulle, les uns après les autres, reçoivent les mêmes messages délirants et abjects. Mais jusqu'ici, seuls eux-mêmes sont au courant. Tous les destinataires dissimulent soigneusement leur mésaventure. Ils font bonne figure quand ils croisent leur voisin, tout en se demandant si par hasard ce ne serait pas lui...
La bourgeoisie de Tulle est atteinte, mais elle l'est intérieurement. C'est un secret que les intéressés cachent, comme un secret de famille. Rien ne transpire encore.
C'est sans doute ce que doit se dire l'auteur des lettres anonymes. Sans doute espérait-il un résultat plus spectaculaire. Car brusquement il emploie les grands moyens. Et désormais tout va éclater au grand jour.
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epistophélès

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MessageSujet: ANGELE LAVAL ..........   Sam 28 Sep - 20:50

Avril 1920. C'est le jour des Rameaux. Tulle, petite ville de province jusque-là assoupie, pour ne pas dire léthargique, est en ébullition. Les fidèles, en se rendant aux premiers offices, ont découvert des enveloppes sur les prie-Dieu. Croyant qu'il s'agissait d'un message religieux ou du texte des cantiques, ils les ont ouvertes et, en pleine église, il y a eu des cris horrifiés.
C'était la réplique exacte des lettres anonymes répandues dans la ville depuis des semaines. Les noms des destinataires s'étalaient en haut du premier feuillet, avec des accusations horribles, diaboliques...
Cette fois, impossible de se taire. Le scandale est public. Le lendemain lundi, le commissaire de Tulle est assailli d'une foule de plaintes.

Être commissaire de police à Tulle, ce n'est pas la même chose qu'à Paris ou Marseille. Bien sûr, il y a quelques affaires, mais sans être de tout repos, le poste est plutôt tranquille... Aussi peut-on imaginer la stupéfaction du commissaire quand il découvre que, depuis des semaines, la ville est inondée de lettres anonymes, quand il voit ces bourgeois en col dur, l'air respectable et horriblement gêné, faire le pied de grue dans son couloir, en attendant leur tour.
Certains ont gardé les missives sur eux et les lui montrent. Le commissaire n'est pas comme ces gens de la bonne société provinciale qu'un rien suffit à choquer. Au cours de sa carrière, il a fréquenté des mauvais garçons, des prostituées. Il sait ce qu'est la verdeur de langage. Pourtant, en parcourant les lettres, il a le souffle coupé. Jamais il n'avait lu de pareilles horreurs jamais il n'aurait cru qu'un pareil raffinement ordurier soit possible.
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JEAN

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MessageSujet: Re: ANGELE LAVAL ..........   Lun 30 Sep - 16:59

Un vrai thriller !
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epistophélès

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MessageSujet: ANGELE LAVAL ..........   Lun 30 Sep - 17:04

Vous mets la suite ce soir. En ce moment, suis mal débordée.
Bibizzzzzzzzzzzzzz. .........
Wink 
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epistophélès

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MessageSujet: ANGELE LAVAL ..........   Lun 30 Sep - 19:21

Une semaine plus tard, le commissaire a sur son bureau une vingtaine de lettres. Et de nouveaux plaignants viennent lui apporter tous les jours. Sur la forme des textes, il est maintenant blasé. Il s'intéresse au contenu. Il n'a rien de surprenant. C'est une série d'accusations quant à la fidélité des maris, des épouses, à la conduite des enfants. Bref les ragots que colporte naturellement une ville de province, à cette différence près que cette fois, ils sont jetés à la face des intéressés.
L'ennui, pense le commissaire, c'est qu'il y a forcément une part de vrai dans ces outrances. Et cette vérité, à la longue, peut devenir terriblement dangereuse.
Malheureusement, les moyens dont il dispose sont limités. En cette année 1920, la graphologie est encore balbutiante. Il n'est pas possible de déterminer, au vu de l'écriture, la personnalité du coupable... Alors ?

Faire surveiller les boîtes aux lettres ? C'est ce que fait le commissaire. Mais il ne va tout de même pas interpeller tous ceux qui glissent une enveloppe.
L'anonyme poste environ une lettre tous les deux jours. Quoi de plus simple de dissimuler ?...

Janvier 1921. Près d'un an a passé et ce que redoutait le commissaire vient de se produire : l'auteur des lettres vient de faire une victime.
Quand Honoré Bertrand, chef de service à la préfecture, a reçu sa lettre comme les autres, il n'a pas été surpris. Après tout, lui aussi faisait partie des notables.
C'est tout juste s'il ne se sentait pas vexé d'avoir été oublié. Mais en relisant le message, il s'est senti brusquement inquiet. C'est que les accusations étaient terriblement précises :

Ta femme te trompe avec Legrand. Tu es cocu depuis des années et tu es le seul à ne pas le savoir.

Legrand était un de ses employés à la préfecture.
Tout à coup affreusement jaloux, Honoré Bertrand s'est mis à surveiller sa femme. Et c'est ainsi qu'il a découvert que l'auteur anonyme disait vrai. Le résultat a été brutal et dramatique. Chassé séance tenante, Legrand n'a pu supporter le scandale. Il s'est suicidé en rentrant chez lui.

Cette fois, le commissaire est décidé à employer les grands moyens. La vie à Tulle est devenue impossible, l'air irrespirable. Chacun s'épie, chacun se suspecte. Il n'a pas le droit de laisser agir plus longtemps ce maniaque qui est devenu un criminel. Il va donner l'ordre à ses hommes d'interpeller tous ceux qui déposeront une lettre dans la boîte et de vérifier l'écriture.

Pourtant, le commissaire n'aura pas besoin d'en arriver là. Le lendemain même, il reçoit une visite inattendue : un prêtre. C'est le curé de la cathédrale. Il le fait entrer sans attendre. L'homme d'Eglise a l'air bouleversé.
"Mon père, ne me dites pas que vous aussi avez été victime."

Le curé l'interrompt :
"Ma mission n'est pas très agréable à remplir, mais dans les circonstances actuelles j'estime que c'est un devoir. Je connais le coupable."

Le commissaire en reste muet. Le prêtre parle d'une voix amère :

"C'est Angèle Laval, la plus assidue de mes paroissiennes, celle qui fait le catéchisme des filles. J'étais chez elle hier pour discuter de la prochaine vente de charité. Et c'est alors que j'ai vu, sur son bureau, une lettre..."

Le commissaire ne veut pas y croire.
"C'est impossible. Vous avez dû vous tromper. C'est une lettre anonyme qu'elle a reçue comme les autres."

Le curé secoue la tête d'un air accablé.
"Non. La lettre n'était pas terminée. La moitié de la page était encore vide. Elle était en train de l'écrire.
D'ailleurs, elle a surpris mon regard. Elle a eu un instant de trouble. Elle s'est tout de suite reprise, mais j'ai lu dans ses yeux que c'était elle."

Le curé s'en va en soupirant. Et le commissaire se rend immédiatement au premier étage de l'hôtel particulier Louis XIII. Il trouve Angèle Laval avec sa mère. Il demande à la demoiselle un moment d'entretien.
Une fois seul avec elle dans sa chambre, il contemple longuement ce visage fermé, ces grands yeux bleus sans flamme, ces lèvres minces et serrées. Il regarde aussi le cadre qui l'environne : un crucifix au mur, des images pieuses, un lit impeccablement fait, comme au couvent.
Il dit doucement :

"Je sais tout, mademoiselle. Pourquoi avez-vous fait cela ?

Angèle Laval toise le commissaire.
"Fait quoi, je vous prie ?"

Alors le commissaire explique la visite du curé. Il lui demande d'avouer. Cela soulagera sa conscience. Mais rien à faire. La demoiselle nie farouchement. Le commissaire n'insiste pas. Il prend congé.

Dès qu'il est parti, Mme Laval entre dans la chambre de sa fille. Elle lui dit sans élever la voix :
"Les lettres, c'était toi. Je le sais depuis toujours. C'est à moi que tu as envoyé la première et ensuite, tu as continué."

Devant sa fille stupéfaite, elle poursuit :
"Pourquoi t'enfermais-tu des journées entières ?
Une fois, je t'ai suivie quand tu es sortie. Tu as été mettre deux lettres à la boîte. A qui étaient-elles destinées ?"

Et comme le commissaire, elle pose la question avec douceur :
"Angèle, pourquoi as-tu fait cela ?..."

Alors Angèle avoue. Elle raconte. Une histoire sotte, pitoyable, déchirante.

Au début, en rentrant du couvent, elle a attendu le futur mari. Elle s'imaginait qu'il suffisait de l'attendre, qu'il viendrait de lui-même tirer le grand cordon de soie de la sonnette. Mais les années ont passé et personne n'est venu. Alors elle a fait comme sa mère, elle s'est intéressée aux bonnes oeuvres. En 1920, pour subsister, elle a dû travailler. Elle a pris un petit poste à la préfecture. C'est là qu'elle a fait la connaissance de M. Moury, son chef de service. Il n'était pas spécialement beau, de taille moyenne, blond, avec un collier de barbe.
M. Moury ne lui a jamais rien dit de spécial :
"Bonjour, mademoiselle Angèle", en arrivant le matin, et "au revoir, mademoiselle Angèle", en partant le soir.
Comme elle en a rêvé de ces "bonjour" et de ces "au revoir" ! Pourquoi est-elle tombée amoureuse folle le premier jour ? Elle ne le saura jamais. Sans doute parce qu'elle en avait tellement envie.
Intérieurement, Angèle était sûre qu'il y aurait quelque chose entre eux. Elle sentait dans les "bonjour" de M. Moury quelque chose de joyeux, une complicité. Et, dans ses "au revoir", un regret comme celui d ne pas avoir osé parler... M. Moury était sûrement timide. Mais un jour il se déciderait, il lui parle
rait.
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epistophélès

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MessageSujet: ANGELE LAVAL ..........   Lun 30 Sep - 19:36

Ce jour est arrivé en janvier 1920. Le soir, au lieu du "au revoir" habituel, il lui a dit :
"Mademoiselle Angèle, est-ce que vous seriez libre demain soir ?"


Angèle Laval a balbutié quelque chose comme : "Oui, peut-être" alors le jeune homme barbu a ajouté :
"Parce que j'offre un vin d'honneur pour les collègues. C'est pour fêter mon mariage, vous comprenez..."

Comment Angèle a-t-elle fait pour rentrer jusque chez elle ? Elle se demande encore. Mais en arrivant, sa décision était prise. Il fallait qu'ils souffrent, qu'ils souffrent tous - oh ! non pas comme elle c'était impossible - mais qu'ils en aient seulement une idée.
C'est le lendemain que sa mère a reçu la première lettre anonyme...

Angèle Laval a terminé sa confession. Elle s'arrête, épuisée.
On pourrait imaginer que tout est fini, que la suite ne concerne plus que la justice. Erreur. Le plus affreux est encore à venir.
Mme Laval, catholique pratiquante, a alors une réaction incroyable. Elle dit à sa fille :
"Tue-toi !"
Angèle la regarde, hésite, et réplique finalement :
"D'accord, mais avec toi."

Et le lendemain, au petit matin, les deux femmes se dirigent à pied vers l'étang de Ruffaud, à quelques kilomètres de la ville. Il fait froid. Elles se serrent l'une contre l'autre. Elles ne se parlent pas. Arrivées devant l'étendue d'eau, elles s'y jettent ensemble.
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epistophélès

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MessageSujet: ANGELE LAVAL ..........   Lun 30 Sep - 20:11

La suite est racontée par les sauveteurs. Deux pêcheurs le voient plonger. Mme Laval se laisse couler sans se débattre et descend à pic. Mais Angèle refuse de se laisser noyer. Elle s'accroche aux herbes flottantes, elle crie, elle appelle. Quelque minutes plus tard, les pêcheurs la sortent de l'eau, peu avant sa mère, qu'il est impossible de ranimer.
L'auteur des lettres anonymes de Tulle vient de faire sa seconde victime.

Quand elle passe, en avril 1922, devant les Assises de Tulle, Angèle Laval nie farouchement, nie contre l'évidence. L'expertise graphologique, faite par un professeur de Lyon, un des seuls spécialistes de cette science à l'époque, prouve d'une façon indiscutable qu'elle est bien l'auteur des lettres. D'ailleurs, le jour même où elle a été en prison, les messages anonymes ont cessé.

Devant le tribunal, un psychiatre vient parler de la personnalité de l'accusée. Son exposé joue certainement en sa faveur car il la montre telle qu'elle est, derrière sa carapace : une malheureuse et même une désespérée.
"L'accusée est un être frustre et naïf. Un être, surtout, qui, à la suite de certaines circonstances qu'elle n'a pas voulu préciser, a reçu une blessure profonde. Le jour où Angèle Laval a écrit sa première lettre, elle devait avoir le sentiment de n'être plus rien. Elle a contemplé cette ville tranquille, assoupie, alors qu'elle avait envie de crier. Et elle a décidé qu'elle allait la réveiller, la tirer de sa torpeur, de son bonheur."

Le président veut néanmoins éclaircir un point.
"Mais les mots obscènes, les dessins pornographiques ? Comment est-il possible qu'une jeune fille qui ne connaissait rien de la vie ait pu... enfin, ait pu en faire usage

-Elle connaissait certainement plus que nous ne le pensions du moins en théorie. Je suppose qu'il s'agit du résultat de quelques lectures interdites ou de conversations surprises ici ou là."

A l'issue des débats, Angèle Laval a été condamnée à un mois de prison et cent francs d'amende. Une peine indulgente qui frappait un être qui n'avait agi, dans le fond, que par désespoir.

Mlle Laval fera par la suite un séjour de cinq ans dans un hôpital psychiatrique. Après, elle retournera chez elle dans l'appartement de sa mère, au premier étage de l'hôtel Louis XIII et elle y habitera seule pendant quarante-cinq ans. Mais son histoire n'est pas tombée dans l'oubli. C'est elle qui a inspiré à Jean Cocteau sa pièce La Machine à écrireet à Henri-Georges Clouzot son film Le Corbeau...

Angèle Laval est morte en septembre 1967 à l'âge de quatre-vingt-un ans. De quoi a été peuplée sa solitude dans cet appartement vide, dans cette chambre, avec aux murs le crucifix et les images pieuses, où elle avait écrit des centaines de lettres anonymes ?
Face à elle-même, Angèle Laval a sans doute vécu dans la plus terrible des prisons. Avec, peut-être, une image qui revenait de temps en temps, aussi persistante que la mémoire : un employé de préfecture, un fonctionnaire barbu, M. Moury, qui l'invitait, avec un sourire timide, à un vin d'honneur pour fêter ses noces...

FIN
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MAINGANTEE

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MessageSujet: Re: ANGELE LAVAL ..........   Mer 2 Oct - 13:29

Mon dieu ! Quelle histoire ..
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MARCO

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MessageSujet: Re: ANGELE LAVAL ..........   Ven 4 Oct - 17:28

Ouh la méchante !
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Martine

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MessageSujet: Re: ANGELE LAVAL ..........   Mar 8 Oct - 16:54

Pas sympa en effet .. ahhh ces gens jaloux !
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MessageSujet: Re: ANGELE LAVAL ..........   

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