Mosaïque

Détente - amitié - rencontre entre nous - un peu de couleurs pour éclaircir le quotidien parfois un peu gris...
 
AccueilAccueil  S'enregistrerS'enregistrer  Connexion  

Partagez | 
 

 CASQUE D'OR

Voir le sujet précédent Voir le sujet suivant Aller en bas 
AuteurMessage
epistophélès



Nombre de messages : 8789
Age : 26
Date d'inscription : 15/10/2009

MessageSujet: CASQUE D'OR   Jeu 5 Sep - 17:40

Comme je n'ai toujours pas eu de réponse à mes commandes, vous mets quelques histoires de P. Bellemare et J-F. Nahmias.



"Le commissaire Deslandes, de la brigade criminelle, entre dans une chambre de l'hôpital Tenon, à Paris.
Un homme d'une trentaine d'années, au type méditerranéen prononcé, fine moustache, peau mate, cheveux raides et très bruns, est alité, couvert de pansements. A la vue du visiteur, il a une légère grimace. Le commissaire Deslandes s'assied à son chevet.
- Bonjour, Leca. J'ai des questions à te poser...

Ce n'est pas la première fois que le commissaire Deslandes rencontre Dominique Leca dit "le Corse", souteneur notoire et chef de la redoutable bande de Popincourt qui terrorise Belleville, Montmartre et Ménilmontant. Nous sommes le 9 janvier 1902 et les bandes de jeunes voyous sont en recrudescence en ce début de siècle. Le public, d'ailleurs, n'a pas tardé à leur trouver un nom exotique, venu de la lointaine Amérique : les "Apaches"...
Dominique Leca, dit le Corse, a un sourire contraint.
- Fallait pas vous déranger, monsieur le commissaire.

Le commissaire Deslandes prend un ton apitoyé :
- Je suis venu aux nouvelles. Deux balles dans le corps, c'est grave.

Dominique Leca bougonne :
- Ca va très bien, merci.

Le commissaire Deslandes change de ton pour en arriver aux choses sérieuses :
- Bon. Cela t'est arrivé comment ?
- Eh bien, avant-hier, je me promenais rue des Haies quand on m'a tiré dessus. J'ai reçu une balle dans le bras et une dans la cuisse. Voilà...
- Tu te promenais ! A deux heures du matin ?
- Ben, oui. On est en république.
- Et tu sais ce que mes agents ont retrouvé sur le trottoir, à part toi ? Deux revolvers de gros calibre, un couteau à cran d'arrêt, un couteau de boucher, une hache et une vingtaine de douilles.

Le blessé ne se démonte pas.

- C'est fou ce que les gens sont distraits...
- Ecoute-moi, le Corse, ce coup-ci tu n'as rien à craindre. C'est toi la victime. Alors parle. Sinon, le jour où on te coincera, cela te coûtera très cher. Avec quelle bande vous vous êtes battus, toi et les Popincourt ? Pourquoi vous avez déterré la hache de guerre ?

Leca fixe le policier de son regard sombre.
- Je ne sais pas de quoi vous voulez parler, vraiment pas...

Le commissaire Deslandes se lève et remet son chapeau melon.
- Cela m'aurait étonné que tu ne respectes pas la loi du milieu. Mais nous trouverons sans toi. Et on aura tous les Apaches, toi y compris.

Le commissaire s'en va en claquant la porte et dans le couloir, il s'arrête malgré lui... Il n'a pas l'habitude de dévisager les femmes, mais là, impossible de faire autrement. Celle qu'il vient de croiser doit avoir vingt-cinq ans. Elle n'est pas spécialement bien faite avec son corps menu de petite fille ; ses traits ne sont pas un chef-d'oeuvre d'harmonie, non plus : sa bouche est trop grande, son ne légèrement épaté. Mais sa chevelure est éblouissante, unique. Sa coiffure, très haute, à la mode du moment, met en valeur des cheveux d'une couleur indéfinissable, à la fois roux et blonds, avec des reflets orangés. En plus, la jeune femme dégage on ne sait quoi d'attirant et de trouble : elle a "du chien", comme on dit volontiers à l'époque.

La radieuse apparition ne semble pas avoir remarqué le policier et disparaît dans la chambre de Leca.
Le commissaire Deslandes continue son chemin. Elle existe donc, cette créature extraordinaire dont lui ont parlé ses informateurs et elle est la maîtresse du Corse.
Oui, elle mérite bien le surnom qu'elle a reçu dans le monde des Apaches : Casque d'Or...


Dans sa chambre de l'hôpital Tenon, Dominique Leca a sauté au bas de son lit. Casque d'Or se précipite pour le retenir mais le Corse l'envoie promener sans ménagements.
- Donne-moi mes fringues. Je m'en vais !

La jeune femme proteste :

- Tu ne peux pas faire cela !

Leca fait quelques pas en titubant.
- Dépêche-toi, je te dis ! Le commissaire sort d'ici. Ca sent le roussi. Tu vas descendre me chercher un fiacre. Tu m'attendras devant l'entrée.

Casque d'Or lui donne en tremblant ses vêtements.
- Ne fais pas cela Dominique ! Je suis sûre qu'ils sont en bas. En venant, j'ai cru voir le Dénicheur. Manda n'est pas loin.
- Fais ce que je te dis.

On ne discute pas un ordre du Corse. Casque d'Or baisse la tête et s'en va...
Revenir en haut Aller en bas
Voir le profil de l'utilisateur
epistophélès



Nombre de messages : 8789
Age : 26
Date d'inscription : 15/10/2009

MessageSujet: CASQUE D'OR   Jeu 5 Sep - 18:00

A quoi pense Casque d'Or, en trottinant dans les rues de Ménilmontant, à la recherche d'un fiacre ?
Sans doute à tous les événements qui ont conduit à cette dramatique journée du 9 janvier 1902...


A sa naissance, dans le XXe arrondissement, en 1878, elle est seulement Amélie Hélie, une pauvre fille du peuple. A l'école, Amélie n'apprend pas grand chose et, dès qu'elle est en âge, elle se lance dans la profession à laquelle elle se sait destinée : la rue le trottoir. Elle est moins jolie que d'autres, mais sa flamboyante chevelure attire tous les regards.

Peu après, en 1898, l'année de ses vingt ans, a lieu un événement capital dans la vie d'Amélie Hélie. Le bal, du Point du Jour est l'un de ces nombreux bals musettes tenus par les Auvergnats, dans lesquels l'accordéon vient tout récemment de remplacer la cornemuse. Mais le nom de "musette" est resté... Au son de l'accordéon, donc, Amélie danse la nouvelle danse à la mode : la java. Elle a tout de suite compris que c'était lui. Il n'était pas spécialement grand, ni beau. Il avait vingt-deux ans. Il s'appelait Marius Pleigneur.
Marius n'était pas l'un de ces mauvais garçons que l'on rencontre si souvent dans les bals de barrière - ce qui n'aurait guère choqué Amélie - mais un honnête ouvrier polisseur. De son côté, il est tombé fou d'elle.
A tel point que, peu après, il lui a donné la plus grande preuve d'amour. Pour la garder, pour continuer de satisfaire ses caprices, il a abandonné sa vie d'honnête homme. Il est d'abord devenu son protecteur. Et puis il a pris d'autres filles sous sa protection, pour devenir enfin le chef de la redoutable bande des Orteaux.

Il n'y a plus désormais de Marius Pleigneur ni d'Amélie Hélie. Lui, se fait appeler Manda ou tout simplement "l'Homme" avec un grand "H" ; elle c'est Casque d'Or. Elle est heureuse au milieu de tous ces garçons que les bourgeois appellent les Apaches, avec de la crainte dans la voix. De Montmartre à la Bastille, ce sont eux qui tiennent le haut du pavé. Ils sont si sûrs d'eux qu'ils ont adopté la même façon de s'habiller, presque un uniforme :casquette large et molle, fine moustache rejoignant presque les favoris, foulard de couleur vive, blouse déboutonnée, pantalon évasé.
Revenir en haut Aller en bas
Voir le profil de l'utilisateur
epistophélès



Nombre de messages : 8789
Age : 26
Date d'inscription : 15/10/2009

MessageSujet: CASQUE D'OR   Jeu 5 Sep - 18:25

Casque d'Or revoit les membres de la bande à Manda, ces garçons redoutables qui lui parlaient avec le respect dû à la femme du chef : Polly dit "le Dénicheur", une petite canaille à l'audace folle pour qui deux femmes se sent entre-tuées, Frédo le Balafré, le Jockey, Titine mes Bottes, le Rouget... Tout cela a duré près de quatre ans, et puis, il y a un mois, ce fut un nouveau coup du destin. Ce soir-là, ils dînaient, Manda et elle, dans un bistrot, en compagnie de Dominique Leca, chef de la bande rivale de Popincourt, et de sa maîtresse Germaine la Panthère. Il y a longtemps que Casque d'Or ressentait un penchant pour le beau Corse. Elle a toujours été une passionnée, une instinctive et elle a toujours suivi ses impulsions sans tenter de s'y opposer...

Germaine la Panthère, elle aussi, devait être une instinctive et avoir compris l'état d'esprit de Casque d'Or car, en fin de dîner, elle lui a fait une scène épouvantable. Furieux, Leca l'a renvoyée à son trottoir et s'est excusé platement auprès de Manda.
C'est alors que Manda a eu une fâcheuse initiative. Comme il avait rendez-vous avec sa bande, il les a laissés tous deux finir la soirée en tête-à-tête.

Casque d'Or n'attendait que cela. Elle a fait comprendre à Leca qu'elle n'était pas insensible à son charme. A sa grande déception, le Corse a repoussé ses avances. Il respectait la loi du milieu. Prendre la femme d'un chef rival, cela ne se fait pas. Mais Casque d'Or a eu une idée diabolique. Elle dit à Leca :
- De toute façon, Manda n'aurait rien à dire, et la Panthère non plus.
- Et pourquoi ?
- Parce qu'ils sont amants, pardi ! Et ce n'est pas d'hier.

Dominique Leca l'a crue et, le soir même, il l'enlevait...
Casque d'Or savait ce que serait la fureur de Manda. L'Homme avec un grand "H", la terreur du quartier ainsi bafoué !


Une semaine plus tard, elle a vu arriver le Dénicheur pour une tentative de conciliation. Elle l'a envoyé promener. Alors, des deux côtés, chacun s'est préparé à la bataille. Elle a eu lieu rue des Haies au petite matin du 7 janvier. C'est là que Dominique Leca a été ramassé par la police avec deux balles dans le corps.
Casque d'Or ne pense rien de particulier de ce drame dont elle est directement responsable. Il y en aura sans doute d'autres. Et après ?... Que peut-elle y faire ? Elle ne sait pas lutter contre son instinct. C'est quelque chose qui la dépasse, qui ressemble à la fatalité...
Revenir en haut Aller en bas
Voir le profil de l'utilisateur
epistophélès



Nombre de messages : 8789
Age : 26
Date d'inscription : 15/10/2009

MessageSujet: CASQUE D'OR   Jeu 5 Sep - 18:36

Casque d'Or retire sa main droite de son manchon pour héler le fiacre qu'elle vient d'apercevoir. Le cocher s'arrête avec empressement devant cette superbe créature à la chevelure flambloyante et, quelques instants plus tard, le véhicule arrive devant l'entrée de l'hôpital Tenon. Casque d'Or descend. Leca est là, soutenu par deux de ses lieutenants. Elle va vers lui pour l'aider à se hisser sur le marchepied, s'installe à ses côtés sur la banquette et c'est alors qu'un cri retentit dans la rue :
- Les Orteaux !...


Casque d'Or se penche à la portière, se retourne. Elle entrevoit le Dénicheur et le Rouget qui courent, un couteau à la main, puis une forme incroyablement agile, qui les dépasse en quelques bonds. C'est lui, c'est l'Homme, c'est Manda... Casque d'Or pousse un cri.
Manda, casquette sur la tête, foulard rouge autour du cou, grimace à la vitre ouverte du fiacre, de l'autre côté, du côté de Leca...
Manda lève son bras droit et frappe deux fois.
Touché au bras et à la poitrine, le Corse s'effondre en gémissant. Immédiatement, des coups de feu retentissent. Les membres de la bande de Popincourt, surpris par la rapidité de l'attaque, réagissent enfin pour dégager leur chef. Mais Manda et ses deux lieutenants ont déjà disparus.
C'est dans un état lamentable que Leca est reconduit à la chambre de l'hôpital Tenon qu'il avait quittée quelques minutes plus tôt. Vu la gravité de ses blessures, les médecins refusent de se prononcer. Toute la bande, y compris Casque d'Or, est priée de se retirer, le blessé a besoin du repos le plus absolu...

Revenir en haut Aller en bas
Voir le profil de l'utilisateur
epistophélès



Nombre de messages : 8789
Age : 26
Date d'inscription : 15/10/2009

MessageSujet: CASQUE D'OR   Jeu 5 Sep - 19:02

Pourtant, une personne entre peu après dans la chambre de Leca. C'est le commissaire Deslandes qui est accouru et qui attend pour l'interroger.
Dominique Leca est couvert de sueur. Il bout de fièvre. Longtemps, il reste silencieux dans un demi-coma, puis il se met à articuler des mots sans suite. Le commissaire se penche sur lui. Il saisit avec peine :
- C'est l'Homme... C'est l'Homme...
Le commissaire croit d'abord que Leca délire, et puis il se souvient que "l'Homme" est le surnom d'un autre chef apache.
- L'Homme, c'est Manda ?
- Manda... Oui, Manda... Casque d'Or...

Cette fois, le commissaire Deslandes tient son inculpation. La fièvre a été plus forte que la loi du milieu.
Dominique Leca a donné le nom de son agresseur. Marius Pleigneur, dit l'Homme, dit Manda, est arrêté peu après, et le public de la Belle Epoque va découvrir avec surprise et ravissement cette histoire digne de la chevalerie opposant deux mauvais garçons du pavé parisien.

31 mai 1902. Devant la cour d'assises de la Seine, s'ouvre le procès de Marius Pleigneur, dit Manda, chef de la bande de mauvais garçons des Orteaux, accusé d'avoir frappé de deux coups de couteau Dominique Leca, dit le Corse, tout cela pour les beaux yeux d'Amélie Hélie, à qui sa merveilleuse chevelure rousse a valu le surnom de Casque d'Or...

Dominique Leca, d'ailleurs, bien que victime dans cette affaire, a été arrêté à son tour et va bientôt passer en jugement. Après l'inculpation de Manda, il s'est remis rapidement de ses blessures et il a été pris au cours d'une expédition punitive contre les lieutenants de son rival...

Mais pour l'instant, c'est de Manda qu'il s'agit et la foule se presse au Palais de Justice. Casque d'Or, en effet, est devenue en quelques semaines la coqueluche du Tout-Paris. Les messieurs de la bonne société sont fascinés et émoustillés par l'égérie des mauvais garçons, la reine des Apaches, à la chevelure inimitable.
Elle a été engagée, le mois précédent dans une revue musicale intitulée "Casque d'Or et les Apaches".
Mais la bande de Manda et celle de Leca ayant sorti les couteaux lors de la première, le préfet de Police Lépine a interdit les autres représentations.
Qu'à cela ne tienne : voici Casque d'Or à la barre dans un nouveau rôle, celui de témoin principal. Les messieurs ajustent leurs lorgnons, les dames ont des mines d'envie. Jamais elle n'a été aussi éblouissante.
Elle est habillée d'une robe verte, la couleur qui met en valeur les rousses, et porte un chapeau aussi minuscule que possible afin de ne rien laisser perdre de son principal attrait.
En présence de l'homme qu'elle a délaissé, Casque d'Or adopte l'attitude de tous ceux de son milieu face à la police et à la justice. Elle nie tout.
- Manda frapper Leca ? Je ne sais pas, monsieur le président. Je n'ai rien vu. e ne sais pas qui a pu faire cela.

Le président insiste :
- Mais enfin, Manda et Leca se sont battus pour vous. Tout Paris le sait ! Vous ne pouvez pas dire le contraire !

Casque d'Or agite sa toison rousse dans un geste insolent et répond de sa voix faubourienne :
- Tout cela c'est des inventions de journalistes ! Les Apaches, ça n'existe pas. On est tous des copains...

Malgré la fière déposition de celle qu'il n'a jamais cessé d'aimer Marius Pleigneur, dit Manda, est condamné à la peine la plus lourde, compte tenu qu'il n'y a pas eu mort d'homme : le bagne à perpétuité.
Avant que les agents ne l'entraînent, il lance au procureur :
- Nous nous sommes battus, le Corse et moi, parce que nous avions la même femme dans la peau. Vous ne savez donc pas ce que c'est que d'aimer une fille ?
Revenir en haut Aller en bas
Voir le profil de l'utilisateur
epistophélès



Nombre de messages : 8789
Age : 26
Date d'inscription : 15/10/2009

MessageSujet: CASQUE D'OR   Jeu 5 Sep - 19:15

Manda a quitté la scène et le dernier épisode juridique s'ouvre le 21 octobre de la même année avec le procès de son rival, Dominique Leca...
Cette fois, Casque d'Or ne paraît pas à la barre. Le nouveau président, sachant par avance ce qu'elle allait dire, n'a pas jugé bon de la faire citer et lui a même interdit la salle d'audiences...
D'ailleurs, dans le public, le coeur n'y est plus. Les foules sont versatiles et les Apaches sont passés de mode. C'est presque dans l'indifférence que le tribunal prononce sa sentence : Dominique Leca est condamné à huit ans de bagne...

Manda et Leca se sont retrouvés peu après à Saint-Martin-de-Ré, le port d'embarquement pour Cayenne.
Au bagne, Leca fera ses huit ans et, après sa libération, préférera rester en Guyane, où il sera tué peu après, dans une rixe entre chercheurs d'or...

Manda, quant à lui, a subi là-bas une véritable métamorphose. Ayant définitivement perdu celle pour qui il s'était fait mauvais garçon, il est redevenu l'honnête homme qu'il aurait été sans cela; il a retrouvé sa mentalité de brave ouvrier polisseur dont la carrière s'était brutalement interrompue un jour de 1898, au bal du Point du Jour. Prisonnier exemplaire, se dépensant sans relâche pour soigner ses compagnons, il est devenu infirmier-chef du pénitencier.
Libéré pour bonne conduite, il n'a pas quitté Cayenne et il est mort en 1936, usé par les fièvres et le climat..
Revenir en haut Aller en bas
Voir le profil de l'utilisateur
epistophélès



Nombre de messages : 8789
Age : 26
Date d'inscription : 15/10/2009

MessageSujet: CASQUE D'OR   Jeu 5 Sep - 19:27

Et Casque d'Or ?... Après la condamnation de ses deux amants, elle a tenu encore quelque temps le devant de la scène. Elle a eu de riches amants, elle a chanté dans des cabarets, elle a publié ses Mémoires.
Et puis, les mondains se sont lassée d'elle. Faute de mieux, elle a accepté la place qu'on lui proposait : elle est devenue dompteuse dans un cirque.
C'est là qu'elle a rencontré une dernière fois le destin. A la sortie d'une représentation un homme l'attendait, la casquette sur les yeux, un foulard de couleur vive autour du cou. C'était le Rouget, un des lieutenants de Manda, pour venger son chef, il lui a plongé un couteau dans le corps.
Casque d'Or, grièvement blessée, n'est pas morte.
Mais quand elle est sortie de l'hôpital, longtemps après, tout le monde l'avait oubliée. Elle n'était même plus bonne à s'exhiber dans un cirque. Casque d'Or, Manda, Leca, Germaine la Panthère, le Dénicheur étaient définitivement passés de mode...

Définitivement ? Non. Casque d'Or devait connaître la gloire en 1952, avec la sortie du film de Jacques Becker, sous les traits de Simone Signoret.
Et c'est alors qu'il s'est produit quelque chose d'extraordinaire. Un certain M. Nardin a porté plainte pour défendre la mémoire d'Amélie Hélie dont le film retraçait l'existence d'une manière, à son avis, trop romancée.
M. Nardin n'était pas un original ni un fou. C'était un honnête ouvrier parisien. Il s'était marié avec Amélie Hélie le 27 janvier 1917 à la mairie du XXe arrondissement et c'est par lui qu'on a appris la fin de Casque d'Or...
Une fin de vie rangée et tranquille. Pendant des années, celle pour qui s'étaient battus les mauvais garçons de la capitale, a vendu des étoffes et de la bonneterie sur les marchés de banlieue, à Montreuil, aux Lilas.
Elle s'est éteinte à Bagnolet, en 1933, à l'âge de cinquante-cinq ans. Elle était prématurément vieillie.
Personne n'a fait attention à la disparition de cette petite femme au corps menu, à la bouche trop grande, au nez légèrement épaté et aux cheveux gris...
Depuis longtemps, Casque d'Or n'était plus qu'Amélie Hélie.
Revenir en haut Aller en bas
Voir le profil de l'utilisateur
Jean2



Nombre de messages : 8892
Date d'inscription : 10/12/2008

MessageSujet: Re: CASQUE D'OR   Mar 10 Sep - 16:50

Elle était sublime Signoret dans ce rôle ....
Revenir en haut Aller en bas
Voir le profil de l'utilisateur
Martine



Nombre de messages : 7432
Date d'inscription : 22/11/2008

MessageSujet: Re: CASQUE D'OR   Mer 11 Sep - 8:27

 Ma grand mère adorait ce film!
Revenir en haut Aller en bas
Voir le profil de l'utilisateur
MARCO



Nombre de messages : 5462
Date d'inscription : 09/12/2008

MessageSujet: Re: CASQUE D'OR   Mer 11 Sep - 16:49

C'est une histoire vraie alors?
Revenir en haut Aller en bas
Voir le profil de l'utilisateur
Contenu sponsorisé




MessageSujet: Re: CASQUE D'OR   

Revenir en haut Aller en bas
 
CASQUE D'OR
Voir le sujet précédent Voir le sujet suivant Revenir en haut 
Page 1 sur 1
 Sujets similaires
-
» Casque pour bébé
» casque enfant (pour vélo, draisienne,...)
» Stage casque spécial Bidel
» Énigme 201 - Casque cérémonial de Sutton Hoo
» Casque M1 ouM2?

Permission de ce forum:Vous ne pouvez pas répondre aux sujets dans ce forum
Mosaïque :: Bibliothèque :: HISTOIRE D'AMOUR DE ...-
Sauter vers: