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 NAPOLEON ET LES FEMMES

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MessageSujet: Suite à votre message   Lun 18 Mar - 0:57

Re-bonsoir,
Je vous remercie pour votre message.
N'ayez surtout aucune crainte, je ne veux pas vous faire de l'ombre : vous ne trouverez jamais sur Internet quoi que ce soit de ma part. Je n'ai ni site ni blog et n'ai nullement l'intention d'en créer.
Les documents que je crée sont pour mon usage personnel et éventuellement celui de mes proches.
Je vous souhaite bonne continuation pour la suite de ce livre et vous adresse à nouveau toutes mes félicitations.
Cordialement.
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epistophélès



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MessageSujet: L'APRES NAPOLEON ...   Lun 18 Mar - 18:51

Bonsoir Ophélie.
Encore merci pour tes encouragements.
Les Z'Autres, z'êtes des sagouins ...........
Razz
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epistophélès



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MessageSujet: L'APRES NAPOLEON ...   Lun 18 Mar - 19:40

Miss Howard ne pleura pas longtemps. La colère l'emporta bientôt sur le chagrin qu'elle éprouvait. Repoussant d'un geste nerveux tous les objets qui encombraient la tablette de son secrétaire, elle écrivit un billet à l'empereur.
En quelques mots fort secs, elle exigeait une audience prioritaire "toute affaire cessante".
Une femme de chambre alla porter la lettre aux Tuileries. Le soir même, Napoléon III, fort penaud se présentait rue du Cirque.
Miss Howard le fit asseoir. Puis, elle lui tendit le journal qu'elle avait acheté au Havre et dit simplement :

- D'habitude, vous me faites part vous-même de vos projets...

L'empereur baissa son gros nez.
Elle désigna ensuite le désordre qui régnait encore dans la pièce et prit un ton suave :

- Je vous remercie d'avoir envoyé vos amis, dit-elle. Avec votre délicatesse habituelle vous avez compris que c'était le seul moyen de reprendre vos lettres... J'avais la faiblesse d'y tenir plus qu'à ma vie et vous saviez que je me serais fait tuer plutôt que de vous les rendre...

Napoléon, rouge jusqu'aux oreilles, considérait sans rien dire le feu qui flambait dans la cheminée.
Miss Howard reprit :

- Je ne vous ai pas demandé cette entrevue pour vous parler du passé... mais de l'avenir...
Nous avons déjà envisagé ensemble l'éventualité d'une rupture. A maintes reprises, vous avez exprimé le désir de me voir épouser un fonctionnaire veuf parvenu à l'âge de la retraite.
Comme nos vues diffèrent sensiblement à ce sujet, j'ai rédigé quelques notes. Les voici. Vous voudrez bien en prendre connaissance et me répondre demain. Il n'y est pas question des sommes que je vous ai, à plusieurs reprises, avancées. Mais je compte, là encore, sur votre délicatesse.

Napoléon III se leva. Maladroitement, il s'approcha d'Harriet et tenta de l'enlacer. La jeune femme se dégagea d'un geste brusque.

- J'attends votre réponse demain soir...

L'empereur s'inclina, sortit sans prononcer un mot et regagna les Tuileries. Là, il étudia le document que lui avait remis Harriet et vit qu'il comportait quatre clauses que Mme Simone André-Maurois a pu résumer ainsi :

"I. Puisque Sa Majesté l'exigeait, miss Howard promettait de se marier, mais elle voulait avoir le droit de choisir elle-même son futur conjoint. Au "parti honorable" qu'on lui proposait (et qui était un fonctionnaire veuf, parvenu à l'âge de la retraite), elle avouait préférer "n'importe quel Anglais".

"2. N'ayant jamais troublé l'ordre public, ni commis le moindre délit, elle ne voulait pas être exilée à cent lieuses de Paris. Que l'empereur se contentât de reléguer sa victime en Seine-et-Oise ! Dès le mois de septembre 1852, craignant le pire, elle s'y était ménagé un refuge. Vouée aux placements immobiliers, elle y avait acheté une domaine de 184 hectares comprenant le château de Beauregard, la ferme de Béchevêt et le haras de Bel-Ebat. Si, conformément à l'étiquette de l'ancienne monarchie, miss Howard devait être mise quelque part en résidence forcée, que ce fût au moins sur ses propres terres.

3. Si la châtelaine était, après cela, faite comtesse de Beauregard, quel nom porterait son fils ? Ce détail l'inquiétait. Dans l'intérêt de Martin Constantin, miss Howard insistait pour un titre héréditaire.

"4. Elle ne tenait pas moins à conserver la garde de "ses bien-aimés fils adoptifs", Louis et Eugène (bâtards que l'empereur avait eus de Mlle Vergeot, la petite blanchisseuse du fort de Ham)."

De sa petite écriture, Napoléon III rédigea sur-le-champ la réponse qu'attendait Harriet. Le lendemain, un garde la portait rue du Cirque. En voici le résumé. (On remarque que l'empereur avait ajouté une cinquième clause) :

"1. Miss Howard était autorisée à épouser un Anglais. La liberté de choix s'étendait à tous les citoyens britanniques, qu'ils fussent célibataires, veufs ou divorcés.

"2. L'ex-favorite serait comtesse de Beauregard et de Béchevêt après érection de ces terres nobles en majorat. Et, comme Agnès Sorel avait été dame de Beauté, Harriet Howard serait aussi dame de Bel-Ebat.

"3. Martin-Constantin, son héritier naturel, lui succéderait dans ses privilèges, dignités et biens terrestres. Avec la nationalité française, l'empereur offrait à ce jeune homme la possibilité d'entrer dans la carrière diplomatique.

"4. Eugène et Louis ne seraient pas séparés de leur éducatrice. Pendant toute la durée des études secondaires, les fils Vergeot partageraient le sort de Martin-Constantin, jusqu'à ce qu'ils eussent choisi un état ou manifesté une vocation. Alexandrine Vergeot, leur mère, ne voyait à cela aucun inconvénient. (Elle s'y prêtait d'autant plus volontiers qu'elle avait maintenant un troisième enfant, né le 22 août 1850, de sa liaison avec Pierre Bure, trésorier général de la Couronne, et baptisé Pierre-Alexandre.)

"5. Dans son appartement de Saint-Cloud, miss Howard avait ajouté, au mobilier national, des portraits, bronzes et porcelaines qui lui appartenaient en propre. L'empereur ayant pensé qu'il lui serait agréable de présider elle-même à l'emballage, puis à l'enlèvement de ses objets d'art et effets personnels, elle était autorisée à se rendre et à séjourner au château.


Quelques jours plus tard, comme les Parisiens commençaient à pavoiser pour le mariage impérial, miss Howard fit ses bagages et se rendit à Saint-Cloud.
Elle y était encore le 30 janvier, lorsque le canon et les cloches annoncèrent qu'Eugénie de Montijo était impératrice des Français. (I)

Elle fut heureuse alors d'être loin de la capitale; mais le soir, quand elle apprit que les nouveaux époux allaient venir passer leur nuit de noces au château de Villeneuve-l'Etang, situé à l'extrémité du parc de Saint-Cloud, elle éclata en sanglots et décidé de rentrer rue du Cirque.
(2)



(I) Le 29 janvier, à 9 heures du soir, la cérémonie du mariage civil avait eu lieu aux Tuileries. Le 30, au matin, Napoléon III et Eugénie furent unis devant Dieu à Notre-Dame par l'archevêque de Paris.

(2) Le lendemain, elle envoya ce dernier mot à l'empereur :
Sire, je vais partir. Je me serais aisément sacrifiée à une nécessité politique, mais je ne puis pardonner de m'immoler à un caprice.
J'emmène avec moi vos enfants et, nouvelle Joséphine, j'emporte votre étoile.
Je sollicite seulement une dernière entrevue pour vous faire un adieu éternel. J'espère que vous voudrez bien ne pas me la refuser...

L'empereur la reçut et elle rentra tristement chez elle.
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MessageSujet: L'APRES NAPOLEON ...   Lun 18 Mar - 20:26

Tandis que miss Howard pleurait, à Paris, une foule en délire acclamait les souverains.
Cette fois, Eugénie, qui avait connu tant d'affronts, pensa qu'elle avait définitivement gagné la partie et que son titre d'impératrice des Français ferait taire tous ses adeversaires.
Elle se trompait.

Le soir même, les rédacteurs du Tombinoscope, journal humoristique, écrivaient :

"En 1851, Mlle de Montijo parut aux fêtes de l'Elysée qui devaient la conduire si vite au faîte du pouvoir. Elle ne tarda pas à s'y faire remarquer par sa grâce et le talent qu'elle avait de s'habiller avec presque rien. Un soir, Napoléon III valse avec elle; elle était en corsage (typographes, pas de coquille!) Le lendemain, Eugénie de Montijo était demandée en mariage par l'empereur. Elle avait alors vingt-sept ans.
En face d'une pareille proposition, les convenances exigeaient qu'elle rougît et baissât les yeux; elle y parvint en rappelant les souvenirs de sa plus tendre enfance. L'empereur devenant pressant, elle demanda à consulter sa mère et la chronique assure qu'elle eut assez de présence d'esprit pour refuser le denier à Dieu que l'empereur lui demandait. Son mariage fut célébré à Notre-Dame; la messe fut dite au maître-autel, la chapelle de la Vierge étant en réparations..
."

Ce ne fut pas la seule note discordante. Au moment même où Napoléon III et Eugénie, quittant leur invités, s'apprêtaient à gagner le petit château de Villeneuve-l'Etang pour s'y savourer en paix, le bon peuple de Paris chantait des couplets ironiques. Les uns étaient allusifs :

Depuis que de César en ses sacrés parvis
Un archevêque a béni l'amourette,
Notre-Dame de Paris
C'est Notre-Dame de Lorette.

D'autres étaient plus directs :

Montijo, plus belle que sage,
De l'empereur comble les voeux.
Ce soir, s'il trouve un pucelage,
C'est que la belle en avait deux !


Bref, le règne d'Eugénie commençait curieusement...

1853. Le Second Empire - qui n'eût pas existé sans miss Howard - va ressembler pendant dix-sept ans à un quadrille. Au rythme de la musique trépidante d'Offenbach, Napoléon III, les moustaches bien lissées et le mollet tendu dans un bas de soie, changera inlassablement de partenaires, jusqu'au jour où ces dames trop fougueuses l'ayant épuisé, il se retrouvera faisant cavaler seul devant Sedan...

Alors, quelques belles créatures bien en chair, comme on les aimait à cette époque, dotées de la silhouette appétissante d'un édredon pincé Razz par le milieu, deviendront les maîtresses de solennels barbus en gibus et en jaquette, pour aider à l'édification d'une IIIe République une, indivisible et égrillarde par hérédité...



Bon, le tome IX est terminé.
Demain, j'attaque le Xème et dernier volume.
......... Very Happy
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epistophélès



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MessageSujet: L'APRES NAPOLEON ...   Mer 20 Mar - 17:34

AVEZ-VOUS REMARQUE QUE J'AVAIS OUVERT UNE NOUVELLE PAGE, ET QUI S'INTITULE : AU TEMPS DE L'AIGLON ?......... Wink
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MessageSujet: Re: NAPOLEON ET LES FEMMES   Jeu 11 Avr - 14:29

Voui clown
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MessageSujet: Re: NAPOLEON ET LES FEMMES   Aujourd'hui à 20:10

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