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Détente - amitié - rencontre entre nous - un peu de couleurs pour éclaircir le quotidien parfois un peu gris...
 
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 NAPOLEON ET LES FEMMES

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MARCO



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MessageSujet: Re: NAPOLEON ET LES FEMMES   Sam 5 Mai - 20:26

Rusé le gars !
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epistophélès



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MessageSujet: NAPOLEON ET LES FEMMES   Sam 5 Mai - 20:32

Ces dames avaient une telle envie de faire "fricon-friquette" dans la couche impériale qu'elles se laisaient insulter, en effet, sans protester, trouvant encore bien bon que le maître leur adressât la parole.
Les façons de Napoléon étaient pourtant cavalières.
Lorsqu'il avaient envie de les voir, il les convoquait dans un salon, où elle devaient s'aligner comme des soldats.
Liste en main, un chambellan procédait à l'appel et précisait :

- Aucune d'entre vous ne doit se déplacer sous aucun prétexte !

La porte s'ouvrait et un garde criait :

- L'Empereur !


Napoléon, l'oeil moqueur, s'avançait en sifflotant et passait en revue ce bataillon en jupon. Devant chaque femme il s'arrêtait, posant des questions comme à ses troupiers et faisait des commentaires peu aimables :

- Votre nom ? Quel âge avez-vous ? Combien d'enfants ? ... Ah ! c'est vous !... Bon Dieu ! On m'avait dit que vous étiez jolie ! ...

Devant une jeune femme de vigt-trois ans qui lui souriait, il fit un soir une vilaine grimace et dit :

- Savez-vous que vous vieillissez terriblement !

Une autre fois, il pinça l'oreille d'une dame un peu mûre en s'exclamant :

- A votre âge, on n'a pas longtemps à vivre ...

S'adressant à la fille du comte Beugnot, il ricana :

- Ah ! pardieu, j'aurais dû vous reconnaître à votre gros nez, qui est bien celui de votre père.


Un jour, un témoin notera ce dialogue qui nous est rapporté par Stendhal :

- Votre nom ?

La jeune femme rougit :

- Montesquieu.
- Ah ! vraiment, c'est un beau nom à porter !
- C'était un bon citoyen.
- Mais non ! c'était un grand homme.

Puis il se tourna vers une voisine de Mme de Montesquieu :

- Que cette femme est bête ! ...


Malgré cette muflerie appliquée, les dames du palais continuaient de frétiller de façon impudique en pensant à l'Empereur...
C'est dans cet escadron énamouré que Napoléon choisit la maîtresse qu'il cherchait. Elle s'appelait Mme Duchâtel. Son mari, conseilelr d'Etat et directeur général de l'Enregistrement, était trop âgé pour lui donner les soins galants qu'exigeait son tempérament ardent. Aussi succomba-t-elle sans se faire prier...
Elle était fort jolie. La duchesse d'Abrantès nous dit qu'elle possédait "un charme irrésistible dans le regard prolongé de son grand oeil bleu foncé à double paupière", ajoutant que "ses yeux avaient toutes les impressions qu'elle voulait leur donner, hors celle de la franchise, parce que les habitudes de son caractère la portaient à la dissimulation
..."
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MORGANE



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MessageSujet: Re: NAPOLEON ET LES FEMMES   Dim 6 Mai - 8:59

Episto
je vis avec le dictionnaire français avec ce texte
des mots difficiles
" fricon friquette' Shocked
pas là
Madame de Montesquieu était la fille de Montesquieu ?
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epistophélès



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MessageSujet: NAPOLEON ET LES FEMMES   Dim 6 Mai - 11:54

Coucou Morgane .......... Very Happy Wink "Fricon-friquette" une jolie façon de dire que les dames de la Cour voulait faire l'amour avec l'Empereur. Oui, apparemment, c'était la fille de Montesquieu.

Gros poutous à vous toutesetousssssssssss pleins de sunny sunny ... Oups, Jean2 va encore râler......... Razz tongue
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epistophélès



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MessageSujet: NAPOLEON ET LES FEMMES   Lun 7 Mai - 19:39

Dès leur première rencontre dans le petit appartement secret attenant au bureau impérial, Napoléon et Mme Duchâtel comprirent qu'ils étaient faits pour accomplir au lit de grandes choses. Ils s'en réjouirent et se livrèrent à des essais qui les firent bien augurer de l'avenir...
Mais Joséphine ne tarda pas à soupçonner sa nouvelle infortune et, nous dit Joseph Turquan, "mit tout son personnel d'espions de campagne pour surprendre son mari".
Celui-ci, renseigné par sa police, décida de ne plus obliger Mme Duchâtel à se promener dans les couloirs à des heures insolites. Et c'est lui qui, pieds nus alla la rejoindre dans son appartement.
Ecoutons Constant :


"L'Empereur attendait chauqe soir pour se rendre chez sa maîtresse, écrit-il, que tout fût endormi au château, et poussait même la précaution jusqu'à faire le trajet qui séparait les deux appartements avec un pantalon de nuit, sans souliers ni pantoufles. Je vis une fois le jour poindre sans qu'il fût de retour, et craignant le scandale, j'allai, d'après l'ordre que l'Empereur m'en avait donné lui-même, si le cas arrivait, avertir la femme de chambre de Mme Duchâtel pour que, de son côté, elle allât dire à sa maîtresse l'heure qu'il était.
Il y avait à peine cinq minutes que ce prudent avis avait été donné, lorsque je vis revenir l'Empereur dans une assez grande agitation dont je connus bientôt la cause ; il avait aperçu à son retour une femme de l'Impératrice qui le guettait au travers d'une croisée d'un cabinet donnant sur le corridor. L'Empereur, après une vigoureuse sortie contre la curiosité du beau sexe, m'envoya vers la jeune éclaireuse du camp ennemi,pour lui intimer l'ordre de se taire, si elle ne voulait point être chassée et de ne pas recommencer à l'avenir.
Je ne sais s'il n'ajouta à ces terribles menaces un argument plus doux pour acheter le silence de la curieuse, mais, crainte ou gratification, elle eut le bon esprit de se taire."


Malgré toutes ces précautions, Joséphine, allait bientôt découvrir les preuves qu'elle redoutait et faire éclater aux Tuileries un scandale dont toute la Cour se régala...

Un soir, Berthier donna une fête à laquelle furent conviés les souverains. Napoléon, qui voulait endormir la méfiance de l'Impératrice, se montra à son égard d'une prévenance et d'une galanterie tellement inusitées qu'elle en fut alarmée.
La bouche pincée, elle le considérait du coin de l'oeil, se demandant ce qu'une telle gentillesse pouvait bien cacher. A un certain moment, il alla même jusqu'à retirer une assiette des mains d'un page pour la lui donner.
Stupéfaite, elle le remrcia d'un sourire crispé et s'installa dans un coin du salon pour le surveiller tout à son aise, "sachant bien, nous dit Favre, que pareille démonstration de tendresse n'était que le paravent d'un désir lubrique et que Napoléon n'allait pas tarder à rôder vers le jupon qui l'attirait..."


Elle n'avait point tort. L'Empereur, se croyant quitte avec Joséphine, fit le tour de la table et s'arrêta entre Mme Junot et Mme Duchâtel, qui, justement, tendait le bras pour atteindre un ravier d'olives.
Aux aguets (surveillant), l'oeil mauvais, l'Impératrice vit Napoléon saisir le plat et le présenter à la dame de compagnie en disant :

- Vous avez tort de manger des olives le soir, cela vous fera mal !

A ce moment, il remarqua le regard soupçonneux de Joséphine, et voulant la tranquilliser, s'adressa à son autre voisine. Mais, nous dit encore Favre, "le sentiment qu'il portait à Mme Duchâtel le poussa à être plus éloquent (plus bavard) qu'il ne l'aurait désiré" :

- Et vous, madame Junot, dit-il, vous ne mangez pas d'olives ? Vous faites bien... et doublement bien de ne pas imiter Mme Duchâtel, car en tout elle est inimitable...

Mme Duchâtel rougit, et son trouble n'échappa pas à l'Impératrice, qui résolut se savoir ce que son mari avait bien pu lui dire de galant. Le lendemain, elle invita Mme Junot à déjeuner :


- L'Empereur avait l'air bien gai, hier soir, chez Berthier. Etait-ce de votre prochain départ pour l'Espagne qu'il vous parlait ?
- Oui, Madame, il me parlait de ma toilette et de mes devoirs comme Française élégante; c'est un sujet que l'Empereur ne traite pas ordinairement.

L'Impératrice s'efforça de prendre un air indifférent :

- Et à Mme Duchâtel, lui parlait-il aussi de sa toilette ?
- Non, Madame, il lui a dit, autant que je puis me le rappeler, qu'il ne fallait pas manger d'olives le soir...

Joséphine éclata d'un rire aigu :

- Et ! puisqu'il lui donnait des conseils, il devait lui dire aussi qu'il est ridicule de faire la Roxelane avec un aussi long nez ! ...

Puis, d'un pas nerveux, elle alla jusqu'à la cheminée, où se trouvait un ouvrage que venait de publier Mme de Genlis sur Mlle de Lavallière...

- Voilà un livre, dit-elle en le tendant à Mme Junot, qui tourne la tête à toutes les femmes qui ont les cheveux blonds et qui sont maigres. Elles se croient toutes des favorites ! Mais on y mettra bon ordre...


Pendant tout le repas, Joséphine gémit, grinça des dents et rumina (excita sa colère), à voix haute, des projets de vengeance.
Mme Junot fit un déjeuner exécrable (très mauvais).
Au dessert, l'Impératrice éclata tout à coup en sanglots :

- Quand je pense, dit-elle, qu'il y a dix jours encore, l'Empereur est venu me retrouver dans ma chambre... Nous avons passé une nuit merveilleuse... Il était tendre et ardent comme un lieutenant...


Et, sans aucune pudeur, elle raconta, en détails, ce que Napoléon lui avait fait sur le lit et même à côté...
Mme Junot écoutait bouche bée, attentive à ne rien perdre de ces propos stupéfiants, qui allaient lui permettre de briller dans les salons de Lisbonne.


Soudain, Napoléon entra et Joséphine devint blême (devint blanche, pâlit).
Prévoyant une belle scène, Mme Junot prit congé - à regret - et s'éclipsa (s'en alla discrètement).

Dès qu'elle fut sortie, les hostilités commencèrent.
L'Impératrice jeta sa serviette par terre, se tordit les mains et déclara en pleurant qu'elle était la femme la plus malheureuse du monde.
On eût dit un vieux bedeau (préposé au bon ordre dans une église) psalmodiant (récitant) un credo approximatif. Ce faux cantique agaça Napoléon. D'un geste il la fit taire.

- Vous devez, dit-il, vous soumettre à toutes mes fantaisies et trouver tout simple que je me donne de pareilles distractions. J'ai le droit de répondre à toutes vos plaintes par un éternel moi. Je suis à part de tout le monde, et n'accepte les conditions de personne !

Ensuite de quoi, il jeta quelques assiettes sur le sol, brisa une carafe, déchira la nappe et sortit d'un pas vif
.
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epistophélès



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MessageSujet: NAPOLEON ET LES FEMMES   Lun 7 Mai - 19:55

Cette scène n'avait servi à rien, car Joséphine ne savait toujours pas si l'Empereur était l'amant de Mme Duchâtel.
Demeurée seule, elle se demanda si le fait d'interdire à une dame de manger des olives le soir pouvait être considéré comme une preuve d'adultère. Au moment où on lui apporta son chocolat, elle avait choisi de donner à la phrase de Napoléon une signification gaillarde. (C'est-à-dire, qu'elle pensait qu'il la trompait)
Dans cette funeste disposition d'esprit, elle occupa la fin de la journée à imaginer des moyens de prendre son mari en flagrant délit (de le surprendre en faute). Mais, comme elle était de nature indolente, elle s'endormit sur son canapé avant d'avoir trouvé ce qu'elle cherchait...


Le soir, au cercle de l'Impératrice, l'Empereur alla s'asseoir tranquillement à une table de jeu et nomma, pour faire sa partie, Mme Murat, Mme de Rémusat et Mme Duchâtel.
Joséphine, assise dans un fauteuil, à l'autre bout du salon, les observa avec une haine mal dissimulée.
Napoléon entama une dissertation à perte de vue sur l'amour, émit les idées les plus inattendues, les théories les plus étonnantes, et amusa beaucoup son auditoire féminin, tout en s'amusant lui-même.
De l'amour, il passa à la jalousie et fit, à très haute voix, un protrait de la femme jalouse qui correspondait si bien à Joséphine, qu'un silence gêné s'établit dans le salon. L'Impératrice, atrocement mortifié, s'en alla pleurer dans sa chambre, suivie du regard par tous les invités ravis d'être les témoins d'une pareille scène.


Pendant quelques jours, Joséphine passa son temps à dicter de venimeuses lettres anonymes à Mme de Rémusat, qui les détruisait en cachette. Puis elle fit surveiller la petite maison de l'allée des Veuves.
Napoléon l'apprit. Agacé, il convoqua Mme de Rémusat :

- Si vous n'approuvez point l'inquisition qu'exerce contre moi l'Impératrice, comment n'avez-vous pas assez de crédit sur elle pour la retenir ? Elle nous humilie tous deux par l'espionnage dont elle m'environne, elle fournit des armes à ses ennemies. Il faut que vous m'en répondiez ou je me prendrai à vous de toutes ses fautes.

Mme de Rémusat baissa la tête. Il continua :


- Je sais que l'Impératrice prétend que je suis amoureux et que j'ai une favorite. C'est faux ! l'amour est fait pour des caractères autre que le mien ! La politique m'absorbe tout entier. Je ne veux nullement, dans ma cour, de l'emprise des femmes. Elles ont fait du tort à Henri IV et à Louis XIV. Mon métier à moi est bien plus sérieux que celui de ces princes. Les Français sont devenus trop graves pour pardonner à leur souverain des liaisons affectées et des maîtresses en titre.

Après quoi, laissant Mme de Rémusat, il s'en fut retrouver Mme Duchâtel, qui, nue dans son lit, l'attendait pour connaître avec lui les joies discrètes d'une liaison sans affectation...
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epistophélès



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MessageSujet: NAPOLEON ET LES FEMMES   Mar 8 Mai - 7:13

Un jour, à Saint-Cloud, Joséphine trouva enfin l'occasion qu'elle cherchait.
Alors qu'elle était entourée d'un cercle assez nombreux, elle vit Mme Duchâtel sortir discrètement du salon. Au bout de dix minutes, la jeune femme n'étant pas revenue, l'Impératrice, tremblante de jalousie se pencha vers Mme de Rémusat :

- Je vais éclaircir mes soupçons ; demeurez dans ce salon avec tout mon cercle et, si l'on cherche ce que je suis devenue, vous direz que l'Empereur m'a demandée.

Un quart d'heure plus tard, elle rentrait, défigurée, chancelante et demandait à Mme de Rémusat de la suivre dans sa chambre. Là, elle explosa :


- Tout est perdu, s'écria-t-elle en fermant la porte derrière sa confidente, ce que j'avais prévu n'est que trop avéré. Je suis allée chercher l'Empereur dans son cabinet et il n'y était point ; alors je suis montée par l'escalier dérobé (escalier secret) dans le petit appartement ; j'en ai trouvé la porte fermée et, à travers la serrure, j'ai entendu la voix de Bonaparte et de Mme Duchâtel. J'ai frappé fortement en me nommant. Vous concevez le trouble que je leur ai causé ; ils ont fort tardé à m'ouvrir, et, quand ils l'ont fait, l'état dans lequel ils étaient tous les deux, leur désordre, ne m'a pas laissé le moindre doute. Je sais bien que j'aurais dû me contraindre; mais cela n'a pas été possible ; j'ai éclaté en reproches. Mme Duchâtel s'est mise à pleurer. Bonaparte est entré dans une colère si violente que j'ai eu à peine le temps de m'enfuir pour échapper à son ressentiment. En vérité, j'en suis encore tremblante et je m'attends à une terrible scène.

Mme de Rémusat, se souvenant des paroles de l'Empereur, voulut donner un bon conseil à Joséphine.

- Retournez vers Sa Majesté, dit-elle. Et, par votre douceur, efforcez-vous de calmer sa colère.

L'Impératrice obéit.


Croyant avoir agi avec adresse, Mme de Rémusat regagna le salon, où venait d'arriver Mme Duchâtel, agitée par une intense émotion.
Tout à coup, des hurlements firent taire tous les invités. On entendait la voix de l'Empereur rouler comme un tonnerre et l'Impératrice pousser des cris. Enfin, des bruits de coups, de gifles, de meubles brisés et de carreaux cassés vinrent prouver à l'assistance que le drame qui couvait depuis des semaines venait d'éclater.
Livide, Mme Duchâtel se leva, demanda ses chevaux et repartit pour Paris. Les autres demeurèrent, trop heureux de se délecter d'un scandale dont ils pourraient parler à leurs petits-enfants.


Après cet incident, la vie au palais devint infernale ; des clans se formèrent, les Murat prirent la défense de Mme Duchâtel, les Rémusat protégèrent Joséphine, Mme Mère s'en mêla, les soeurs de l'Empereur répandirent généreusement leur venin, et la Cour vécut dans une atmosphère d'intrigue. Pendant quelque temps, on vit des princes écouter aux portes, des duchesses cancaner (médire, faire des ragots) comme des portières (comme des concierges) et des maréchaux passer leurs journées à répéter des ragots d'antichambre...
Napoléon lui-même délaissait ses plans d'attaque contre l'Angleterre pour aller caser des potiches (des vases) dans la chambre de l'Impératrice...

Au milieu de tout ce remue-ménage, Mme Duchâtel triomphait. Car, pour aller la retrouver en cachette, l'Empereur, commettant mille extravagances, se conduisait comme un collégien. Un soir qu'il se promenait avec elle à Villiers (paroisse dont dépendait alors Neuilly, où Murat avait acheté une maison de campagne) en compagnie de Duroc, il entendit venir un passant. Affolé à l'idée qu'il pouvait être surpris avec sa maîtresse, il bondit vers un mur, l'escalada et sauta dans un jardin, "d'une si grande hauteur, nous dit la reine Hortense, qu'il courut le risque de se blesser".
Attitude gamine, à laquelle MM. Mallet et Isaac ne nous ont point préparés...


A la fin de février, Napoléon alla passer quelques jouirs à la Malmaison, avec sa femme, sa maîtresse et sa cour. Il s'y conduisit avec une désinvolture stupéfiante. Ecoutons Mme de Rémusat :

"L'Empereur, au grand étonnement de ceux qui le voyaient, se promenait dans les jardins avec Mme Duchâtel et la jeune Mme Savary, et donnait à ses affaires moins de temps que de coutume. L'Impératrice demeurait dans sa chambre, répandant beaucoup de larmes. Elle n'avait plus la force de faire des scènes inutiles ; mais sa tristesse déposait pour sa souffrance secrète et finit par toucher son époux."

En réalité, ce n'est pas l'air malheureux de Joséphine qui éloigna Napoléon de Mme Duchâtel, mais l'ambition qu'il sentit naître chez celle-ci. Il ne pouvait supporter de s'entendre dicter ou même suggérer ses actes.

- Ma vraie maîtresse, disait-il, c'est le pouvoir. J'ai eu trop de mal à la conquérir pour me la laisser ravir (voler) ou souffrir même qu'on la convoite.


Or, nous dit Frédéric Masson, "il sentait qu'on lui gagnait à la main". Pourtant, la dame, très intelligente et adroitement conseillée, ne demandait rien pour elle-même.
Habile jusqu'au machiavélisme, elle refusait même les cadeaux de son amant.

Un jour, Napoléon lui envoya son portrait enrichi de diamants magnifiques ; elle garda le portrait et renvoya les diamants, "s'en trouvant offensée"
Ces marques de désintéressemnt stupéfièrent l'Empereur, qui faillit s'y laisser prendre. Tout d'abord, il accepta de nommer sa maîtresse dame du palais, "bien que sa position ne la désignât point, et que rien dans son passé na la ratachât au passé des Bonaparte".
Ensuite, il accorda une oreille attentive à ses recommandations. C'est ainsi que, grâce à elle, Murat - qui avait été son protecteur - fut promu à la dignité de prince grand-amiral et devint altesse sérénissime...
Mais Napoléon finit par comprendre le jeu de sa maîtresse.


- Elle voulait, dira-t-il un jour, se mettre sur le même niveau que moi. Je lui avais écrit des lettres d'amour que je lui fis réclamer par Duroc. Je n'avais pas envie qu'elles fussent imprimées comme je l'avais vu de divers souverains.

Dès qu'il eut la conviction que sa maîtresse voulait devenir "favorite" et régner à ses côtés, Napoléon décida de rompre. Le moyen qu'il utilisa pour cela est assez étonnant. Il se rendit chez Joséphine et, nous dit Mme de Rémusat, "lui avoua qu'il avait été fort amoureux, mais que cela était fini. Il ajouta qu'il croyait s'apercevoir qu'on avait voulu le gouverner : il lui confia que Mme Duchâtel lui avait fait une foule de révélations assez malignes ; il poussa ses aveux jsuqu'à des confidences intimes qui manquaient à toutes les lois de la plus simple délicatesse et finit par demander à l'Impératrice de l'aider à rompre une liaison qui ne lui plaisait plus
..."
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MessageSujet: Re: NAPOLEON ET LES FEMMES   Mar 8 Mai - 9:58

Rhalala ! moi qui croyais que c'était un homme tellement sérieux ! Merci, Episto study
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epistophélès



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MessageSujet: NAPOLEON ET LES FEMMES   Jeu 10 Mai - 19:57

L'idée de charger sa femme de le débarrasser d'une maîtresse gênante était assez curieuse. Elle ne choqua pas Joséphine.
"L'Impératrice, nous dit Mme de Rémusat, n'était nullement vindicative ; cette justice lui doit être rendue.
Dès qu'elle vit qu'elle n'avait plus rien à craindre, son courroux s'éteignit. Charmée d'ailleurs d'être hors de son inquiétude, elle ne s'avisa d'aucune sévérité envers l'Empereur et redevint pour lui cette épouse facile et indulgente qui lui pardonnait toujours à si bon marché.
"Elle s'opposa à ce qu'aucun éclat fût fait à cette occasion, et même assura son mari que, s'il allait chager de manières avec Mme Duchâtel, elle, de son côté, en changerait aussi et s'efforcerait de la soutenir et de couvrir le tort qu'un tel éclat pourrait lui faire dans le monde."


L'Impératrice fit donc venir la dame du palais et lui annonça avec beaucoup de gentillesse, que son mari n'irait plus la retrouver dans son lit.

- De votre côté, ajouta-t-elle, je vous saurais gré de ne point essayer de lui échauffer les sangs par vos décolletés audacieux. L'Empereur m'a chargée de vous dire qu'il recevrait très mal désormais toutes espèces de marques de tendresse que vous pourriez vous croire autorisée à lui donner.

Mme Duchâtel ne broncha pas. "Elle se montra, nous dit Mme de Rémusat, parfaitement maîtresse d'elle-même, niant avec sang-froid qu'elle méritait de pareils avertissements, ne laissant voir aucune émotion, encore moins aucune reconnaissance, et, devant la Cour, qui eut pendant quelque temps les yeux sur elle, elle conserva une attitude froide et contenue qui prouva que son ceour n'était pas fortement intéressé à la liaison qui venait de se rompre."


Quant à Napoléon, son attitude fut, cette fois encore, assez inélégante. Ecoutons Mme de Rémusat :

"L'Empereur, qui craignait pour lui les apparences du moindre joug, mit une sorte d'affectation à faire paraître que celui sous lequel il avait plié un moment était rompu. Il oublia, à l'égard de Mme Duchâtel jusqu'aux démontrations de la politesse ; il ne la regardait plus, parlait d'elle légèrement, s'appliquant à présenter ses sentiments comme une fantaisie passagère dont il racontait les différentes phases avec une sincérité peu décente. Il rougissait d'avoir été amoureux parce que c'était avouer qu'il avait été soumis à une puissance suppérieure à la sienne.

Bref, il se conduisait comme un parfait goujat...


(Mme Duchâtel demeura au service de Joséphine. Après Waterloo, elle fut l'une des trop rares personnes qui tinrent à venir donner un dernier gage de respect et de fidélité à l'Empereur déchu.)
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epistophélès



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MessageSujet: NAPOLEON ET LES FEMMES   Jeu 10 Mai - 20:29

JOSEPHINE SE MONTRA NUE A UN CAMERIER DU PAPE



(Camérier : dignitaire attaché à la personne du pape)



On ne doit se montrer nue à prêtre qu'en confession. - George SAND -




LE 31 mars 1805, Napoléon quitta Saint-Cloud et alla se faire couronner roi d'Italie. Tout heureux à la pensée de recevoir la fameuse couronne de fer des rois lombards, il oublia un moment ses ennuis sentimentaux.

(Cette couronne datait du VIe siècle. Lorsque Théodelinde, devenue veuve d'Autharis, roi des Lombards, se remaria avec Agilulphe, duc de Turin, elle la fit fabriquer pour l'offrir à son nouvel époux. Elle était composée d'un cercle de fer recouvert de lames d'or.
C'est bien à tort, en effet, que certains historiens ont prétendu qu'elle était d'or pur. Les auteurs contemporains qui ont laissé des écrits à ce sujet affirment qu'elle était faite de fer et d'or, pour faire comprendre à celui qui la portait que la "couronne" est un poids dont l'incommodité est cachée sous un éclat trompeur. La tradition veut, en outre, que le fer intérieur soit celui d'un des longs clous ayant servi à crucifier Jésus.
Charlemagne et Charles Quint avaient porté cette "couronne de fer" avant Napoléon.)



Le voyage fut agrémenté d'un incident savoureux qui se produisit à Turin :

En arrivant dans cette ville, Napoléon, voulant visiter le palais qu'il ne connaissait pas, fit enfoncer toutes les portes condamnées.

- Je suis le maître ! Ouvrez ! disait-il aux chambellans atterrés.


Or, quelques jours plus tard, l'avant-garde du Souverain Pontife s'étant installée à Turin, un vieux camérier du Pape, pénétra par inadvertance (accidentellement) dans un des salons "violés par l'Empereur". Ce digne ecclésiastique eut alors la plus étonnate vision de son existence.
Devant lui, en effet, se trouvait, un peu interdite, (surprise) mais pleine de dignité, l'Impératrice complètement nue.
Un instant, la gêne paralysa les acteurs de cette scène inattendue. Puis Joséphine éclata de rire, et le saint homme, ayant par pudeur fermé un oeil, se retira en bredouillant des excuses.


Informé de cette rencontre peu protocolaire, l'Empereur fut, nous dit-on, "plongé dans une joie profonde", l'affaire n'eut aucune suite.
Joséphine, il est vrai, avait depuis longtemps l'habitude de montrer sa mignonnette (son sexe) aux messieurs
.
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Jean2



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MessageSujet: Re: NAPOLEON ET LES FEMMES   Ven 11 Mai - 10:35

sa mignonnette ... jamais entendu .. Cool



C'est Morgane qui va encore apprendre du beau vocabulaire !
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MessageSujet: Re: NAPOLEON ET LES FEMMES   Lun 14 Mai - 17:00

Dire qu'elle croit apprendre le bô vocabulaire français rendeer Laughing
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epistophélès



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MessageSujet: NAPOLEON ET LES FEMMES   Mar 15 Mai - 0:23

Avant de reprendre la route de Milan, Napoléon décida de séjourner au château de Stupinigi, ancienne maison de plaisance des rois de Sardaigne, située à deux ou trois lieues de Turin.

- Je veux que ce voyage soit une suite de têtes, disait-il, que la musique en poétise les étapes et que les femmes en soient le principal ornement.

L'idée de porter bientôt la couronne d'Italie le rendait joyeux et primesautier (spontané, fou fou). Il riait avec les dames du palais, pinçait l'oreille des princesses, racontait des gauloiseries (des histoires un peu osées) aux duchesses et "mettait allégrement la main aux fesses des femmes de maréchaux".


C'est dans cet état d'esprit qu'il remarqua, un soir, une ravissante créature attachée depuis peu au service de Joséphine.
Cette jeune femme avançait dans la vie précédée d'une réputation galante qui lui ouvriat bien des portes et lui valait des hommages dénués de formalité. On racontait qu'un jour, dans un jardin, la demoiselle avait séduit un jeune peintre, qui jetant palettes et pinceaux, s'était précipité sur elle, l'avait troussée (honorée sexuellement) sans qu'elle eût esquissé le moindre geste de réprobation, et s'était efforcé, en usant d'un moyen vieux comme le monde, de lui montrer, sur le gazon (la pelouse, l'herbe), la chaleur de ses sentiments.


Une femme de chambre, qui se trouvait à une fenêtre, décrivit la scène dans un style naïf et plaisant :
"Mlle N..., raconta-t-elle, était étendue, les jambes ouvertes, au pied d'un arbre, dans une posture peu en rapport avec la dignité d'une demoiselle. Ses jupes, que le garçon avait retroussées, ne voilaient que la partie de son corps qui se trouve entre la ceinture et les épaules, le bas était livré à la curiosité publique et on lui voyait la marmotte (le sexe). Elle semblait attendre.
"Tout à coup, le jeune homme, qui avait sorti son pendentif Razz (son sexe), se précipita sur elle, l'étreignit comme un forcené (comme un fou) et lui ravauda (s'occupa de façon passionnée de sa partie intime - en terme normal, "ravauder", c'est recoudre) la nature en poussant des cris de joie.
"Quand ils en eurent tout leur saoul (qu'ils furent satisfaits), ils se relevèrent et cueillirent des petites fleurs..."


Cette jeune disciple de Jean-Jacques séduisit Napoléon par son air délicieusement pervers, sa poitrine provocante et sa croupe offerte avec une générosité gamine.
Informé de son goût pour les aventures impromptues, il la prit un jour par le bras, l'entraîna dans un petit salon et, la renversant sur un canapé, la rendit impératrice pour quelques instants
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MessageSujet: NAPOLEON ET LES FEMMES   Mar 15 Mai - 2:35

Fort satisfait de cette première prise de contact, l'Empereur résolut de s'entretenir plus longuement avec la demoiselle.

- J'irai vous retrouver un soir dans votre chambre, dit-il. J'ai encore beaucoup de choses à vous dire.

Mlle. N..., rougissante, fit une révérence et remercia Napoléon.
Hélas ! malgré cet avertissement, "l'ardente luronne", comme la nomme Rné Pichard, reprit ses habituels ébats avec tout un chacun (malgré qu'elle savait que Napoléon pouvait venir à n'importe quel moment chez elle, elle continuait de recevoir des messieurs dans sa chambre). Et le soir où l'Empereur s'introduisit dans sa chambre, il se passa une scène digne d'un vaudeville.


Ecoutons Constant :

"Dans la chambre que j'occupais, écrit-il, avit été logée une des dames de Joséphine quand l'Empereur habita le palais de Stupinigi, à l'époque du couronnement d'Italie.
"L'Empereur avait une clef qui ouvrait toutes les portes. Il entre une nuit dans la chambre de la dame en question, muni d'une lanterne sourde, s'assoit devant la cheminée et se met en devoir d'allumer les bougies. Hélas ! la belle dame n'était pas seule. Pourquoi ? Je n'en sais rien ; c'est peut-être parce qu'elle avait peur des souris, dont il y en avait beaucoup à Stupinigi. Quoi qu'il en soit, un aide de camp se trouvait, par hasard, geek dans le lit de la dame quand Napoléon entra.

"L'aide de camp, au premier bruit de la clef dans la serrure, pensant bien que l'Empereur seul pouvait venir à cette heure, s'était laissé glisser dans la ruelle, entraînant avec lui tout ce qui pouvait témoigner de sa présence. Cependant, l'Empereur s'était approché de la belle, qui feignait de dormir (elle faisait semblant de dormir).
"Que voit-il ? Horresco referens ! Il voit... précisément ce vêtement que Louvet à si heureusement surnommé, à l'usage des oreilles de bonne compagnie, le vêtement nécessaire ; car qui est-ce qui oserait dire une culotte ? Ce n'est pas moi, assurément. Je me figure l'Empereur, les yeux fixés sur la fatale pièce à conviction. A cette vue, il dit d'un ton sévère, mais calme :

" - Il y a un homme ici ! Qui que vous soyez, je vous ordonne de vous montrer !

"Il n'y avait pas à tortiller ; il fallut obéir, et l'Empereur, reconnaissant son aide de camp, lui dit seulement :

" - Habillez-vous !


L'aide de camp s'habilla et sortit. Je ne sais malheureusement pas ce qui se passa ensuite entre l'Empereur et la belle dame, mais selon toute probabilité, elle dut commencer par essayer de faire croie à l'Empereur qu'il se trompait. Je sais seulement que, le lendemain, à l'heure du lever, l'aide de camp était dans ses petits souliers (il n'était pas fier et craignait la colère de Napoléon) ; que cependant, il y parut parce qu'il ne pouvait faire autrement. Il en fut quitte pour la peur, car jamais l'Empereur ne lui dit un mot qui pût lui faire croire qu'il se souvenait de la scène nocturne de ma chambre de Stupinigi."

L'aide de camp pouvait dormir tranquille. Mlle N... s'était ingéniée, par des moyens naturels et voluptueux, à faire oublier son infidélité à l''Empereur.
Dès le lendemain, il alla la retrouver et, pendant tout le séjour de la cour à Stupinigi, lui rendit un hommage fervent et vigoureux.


De temps à autre, Joséphine, toujours méfiante, s'étonnait :

- On ne reprend pas bientôt la route pour Milan ?
- J'attends le pape, répondait l'Empereur évasif.

Pieux mensonge qui lui permettait de continuer à caresser sans danger le corps de sa nouvelle maîtresse.
Au bout de quelques jours, l'Impératrice finit par remarquer chez son mari une hostilité qui l'alarma.
Un soir, après le dîner, elle lui demanda ce qu'il avait.
Cette question irrita Napoléon.

- Ce que j'ai ? cria-t-il, une maîtresse, jeune, belle et ardente.


Et sans aucun respect pour son épouse, il se lança dans une description minutieuse de tous les charmes de Mlle. N... et de toutes les caresses qu'elle lui prodiguait.
Puis, laissant la pauvre Joséphine pleurer à chaudes larmes, il sortit en claquant la porte.
Cette attitude était habituelle chez lui. Ecoutons à ce propos, Mme de Rémusat


"J'ai toujours remarqué, écrit-elle, que dès que Bonaparte s'occupait d'une autre femme, soit que le despotisme de son caractère lui fit trouver étrange que sa femme m'ême ne se soumît point à approuver cet usage de l'indépendance ent toutes choses qu'il voulait conserver exclusivement pour lui, soit que la nature lui eût accordé une si faible portion d'affection aimantes qu'elles étaient toutes absorbées par la personne instantanément préférée, et qu'il ne lui restât pas la moindre légère bienveillance à répartir sur toute autre, il était dur, violent, sans pitié pour sa femme dès qu'il avait une maîtresse. Il ne tardait pas à le lui apprendre et à lui montrer une surprise presque sauvage de ce qu'elle n'approuvait pas qu'il se livrât à des distractions qu'il démontrait, pour ainsi dire mathématiquement, lui être permises et nécessaires.

" - Je ne suis pas un homme comme les autres, disait-il, et les lois de morale ou de convenance ne peuvent être faites pour moi."

Il allait bientôt le prouver d'éclatante façon
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MessageSujet: NAPOLEON ET LES FEMMES   Mer 16 Mai - 7:43

EN ITALIE, NAPOLEON TOMBE AMOUREUX D'UNE LECTRICE



Il adorait la lecture - MICHELET -



PENDANT deux semaines, Napoléon consacra toutes ses forces aux charmes capiteux de Mlle N... et perdit les belles couleurs qu'il avait prises en traversant les Alpes.
Un matin, dans son miroir, il se fit peur. L'oeil éteint, la bouche tombante, la mèche fânée, le teint cireux, il ressemblait aux caricatures que le dessinateur anglais Gillray faisait de lui...
Fort impressionné, il décida de rompre immédiatement avec cette dangereuse bacchante. Mlle N... fut donc priée d'aller offrir à d'autres les agréments d'une nature trops exigeante pour un empereur déjà surmené.
Volage par goût, la belle n'éprouva aucune amertume.
Elle sourit, fit un petit geste d'impuissance, et s'en fut choisir sur-le-champ (immédiatement), un bel officier dont elle se régala le soir même...


Libre, Napoléon s'ennuya. Le souvenir des nuits qu'il avait passées avec l'ardente demoiselle du palais le hantait. Au bout de deux jours, il se mit à regarder avec intérêt les dames de la suite et découvrit une petite blonde attachée à l'Impératrice en qualité de lectrice. Elle s'appelait Anna Roche de La Coste et avait tout juste vingt ans.(1)
Un rapide enquête lui permit de savoir que cette jeune personne était, depuis quelques jours, la maîtresse de son chambellan Théodore de Thiard.
Il en fut irrité. Nerveux, il appela Constant et lui demanda des détails. Le valet, qui était au courant de tout, lui apprit que la chose s'était passée à La Novalaire, après la descente du mont Cenis.

- De quelle façon ? Racontez.
- Vous vous souvenez, sire, que M. de Thiard s'occupait de la voiture qui le précédait, afin que les femmes de S.M. l'Impératrice n'allassent point rouler dans le précipice. Or, au moment où nous redescendions dans la vallée, il se contenta de placer un domestique entre la voiture et le ravin, et il disparut.

- Je sais, il est monté dans une ramasse (un traîneau) et il est arrivé quatre heures avant nous à La Novalaire.
Mais comment Mlle de La Coste l'a-t-elle rejoint ?

Constant parut gêné :

- Mais, sire, Mlle de La Coste était également dans la ramasse (2)... Or, leur descente ne dura que dix minutes. Ils eurent donc quatre heures devant eux...

Constant ayant accompagné sa dernière phrase d'un geste fort explicite, Napoléon, agacé, se leva et marcha de long en large, donnant, de temps en temps des coups de pied dans les meubles et lançant des injures à la cantonade...


L'après-midi, il fut d'une humeur massacrante. Délaissant son courrier, les préparatifs du couronnement et les affaires de l'Etat, il partit faire une promenade à cheval, afin de mieux réfléchir au moyen d'évincer Thiard sans causer de scandale.
Après deux heures de méditation, il crut soudain avoir trouvé, rentra précipitamment et appela Constant :

- Est-ce que M. de Thiard va rejoindre tous les soirs Mlle de La Coste ?
- Je ne crois pas, sire. Hier soir, il a dormi avec Mme de Serrant...
- Merci.

Et, comme s'il s'était agi d'encercler les armées autrichiennes, Napoléon prépara son attaque. Sur une grande feuille de papier, il dessina le plan du château et disposa des objets - figurant les gardes - dans les couloirs qui conduisaient à la chambre de Mlle de La Coste. Il fallait parvenir dans cette pièce sans éveiller l'attention des membres de la suite, sans rencontrer Thiard et sans alerter la vigilance des espionnes de Joséphine.
Quand il eut mis au point son dispositfi, l'Empereur se redressa avec fierté. Ses dons de stratège se manifestaient là avec autant d'évidence que sur un champ de bataille. Il rappela Constant et lui tendit la feuille de papier.

- Vous ferez placer des gardes, à partir de dix heures, ce soir, aux endroits qui sont indiqués ici. Et que personne n'approche de l'appartement de Mlle de La Coste pendant que j'y serai...

Constant s'inclina et alla transmettre les ordres. Dès qu'il fut sorti, Napoléon, ravi de son stratagème (de sa tactique), se mit à chantonner Malbrough s'en va-t-en guerre ainsi qu'il avait coutume de le faire avant chaque bataille.


A onze heures, il quitta le salon où il venait de faire une partie de cartes avec quelques dames de la suite de Joséphine et feignit de monter dans sa chambre.
Mais arrivé au premier étage, il se déchaussa, grimpa quatre à quatre jusqu'au second et rencontra un garde.
Malgré son aspect d'amant d'opérette, malgré les chaussures qu'il tenait à la main, il prit un air sévère :

- Tu n'as vu personne ?
- Non, sire.

Très digne, il se dirigea, toujours en chaussettes, jusqu'au couloir qui menait à la chambre de la lectrice. A l'ange, se trouvait un ature garde. Il le regarda bien dans les yeux :

- Rien d'anormal ?
- Rien, sire.

Cette fois, Napoléon avança sur la pointe des pieds. Arrivé devant la porte, il tira une clé de sa poche (il avait toujours un jeu de clés de toutes les portes des palais qu'il habitait), l'introduisit avec précaution dans la serrure, tourna lentement et poussa le battant.
Ce qu'il vit alors le surprit beaucoup.


Sur le lit, Mlle de La Coste complètement nue, était en train de "s'éjouir" avec M. de Thiard, qui avait pour tout vêtement ce qu'on appelait "une petite redingote" avant qu'on ne donnât à cet objet une étiquette anglaise...
L'Empereur demeura figé et Mlle de La Coste en profita pour voiler sa nudité derrière un édredon. Puis il se reprit, et, s'efforçant de cacher les chaussures qu'il tenait à la main, il dit :

- Comment êtes-vous entré ici, monsieur de Thiard ?

Le chambellan, qui avait bondi sur son pantalon, bredouilla :

- Par la porte, sire.

Napoléon ricana :

- C'est impossible... A quelle heure ?
- A cinq heures, cet après-midi, sire.

L'Empereur, cette fois, fut incapable d'articuler un mot. Toute sa science de stratège s'écroulait donc devant un peu de passion, un peu de fantaisie. Lui, qui était pressé en toutes choses, n'avait pu imaginer q'un homme fût assez "turlupin" (constant) pour caresser une femme pendant six heures...

Il se mordit les lèvres, lança un regard furieux aux amants et raprtit en claquant la porte
.



(1) "Elle était orpheline, sans fortune et élevée par une tante que l'on disait fort intrigante. Sans être extrêmement jolie, elle était fort bien faite de sa personne, quoiqu'elle fût un peu maigre et que sa démarche eût peut-être un peu trop d'assurance. Mais elel était parfaitement bien faite et avait de jolis cheveux blonds. Elle était d'ailleurs d'un caractère fort doux et avait reçu une excellente éducation ; elle joignait à beaucoup d'esprit une gaieté séduisante." - Mlle AVRILLON, Mémoires -

(2)Un jour, THIARD évoquera dans ses Mémoires le souvenir de cette descente vertigineuse en compagnie de Mlle de La Coste : "Le charme que l'on ressent pendant ce trajet est inexplicable. Il dégénère en une espèce de fureur, tant il excite des sensations diverses...
" Si ces instants que l'on passe en quelque sorte entre le ciel et la terre, entre l'existence et le néant, produisent une extase qu'il faut avoir éprouvée pour la comprendre, combien ce charme ne doit-il pas être plus puissant quand vous ne vous lancez pas seul dans l'éternité, si vous avez une compagne, si, des formes, en devançant l'âge, laissent sur le visage l'aspect de la plus tendre jeunesse, si une blonde chevelure détachée par l'émotion et flottant en désordre se répand sur un sein agité du charme indéfinissable que cause un danger que l'on a cherché soi-même et que l'on partage..."
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MessageSujet: NAPOLEON ET LES FEMMES   Mer 16 Mai - 18:05

Cette scène burlesque avait mis l'Empereur dans un véritable état de rage. Rentré dans ses appartments, il cassa des vases, injuria ses gardes, malmena ses valets, et se coucha en cherchant dans quelle terre lointaine il pourrait bien exiler M. de Thiard...
A son réveil, un peu calmé, il pensa qu'il valait mieux oublier l'incident et conquérir Anna avec des moyens que n'avait pas le chambellan.
Il lui fit porter un bijou. La belle était ambitieuse.
Dès cet instant, nous dit Adolphe Peneau, dans son style particulier, "M. de Thiard n'eut plus dans le secret de son ceour que le titre dérisoire de"précédent"..."


Quelques jours plus tard, la Cour quitta Stupinigi pour aller s'installer à Milan, où le couronnement devait avoir lieu. A peine arrivé, Napoléon chargea son chambellean d'une mission auprès des autorités religieuses, et, nous dit Adolphe Peneau, "tandis que M. de Thiard allait s'incliner devant le cardinal Bocelli, l'Empereur, qui était allé retrouver Anna dans sa chambre, s'agenouillait pour des motifs moins avouables..."
Il faut reconnaître que Napoléon avait alors d'autres désirs que celui de baiser l'anneau d'un cardinal.
Le lendemain, l'Empereur voulut que sa victoire sur M. de Thiard fût éclatante. Devant toute la Cour, il offrit une bague à Mlle de La Coste. Alors, Joséphine éclata en sanglots et regagna ses appartements en claquant les portes.
C'est dans cette charmante atmosphère que le pape allait être bientôt reçu
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MessageSujet: NAPOLEON ET LES FEMMES   Mer 16 Mai - 20:00

Pendant deux semaines, Joséphine fit tant de scènes, poussa tant de cris, mouilla tant de mouchoirs, qu'un matin, Napoléon, excédé, accepta de se séparer d'Anna :

- Tu veux qu'elle parte ! Et bien ! qu'elle parte ! Mais je pose mes conditions : d'abord que sa tante vienne de Paris pour la chercher ; ensuite que tu la reçoives à ton cercle un soir de grande réception.

Joséphine blêmit. L'étiquette interdisait aux lectrices de sortir de l'appartement intérieur. L'exigence de l'Empereur risquait donc de prvoquer un scandale humiliant pour elle. Sachant que c'était là le seul moyen de se débarrasser d'Anna, l'Impératrice accepta pourtant.
Elle fut payée de ses peines. Un jour, Mlle de La Coste, chaperonnée (accompagnée) par sa tante, monta dans une voiture et reprit la route de Paris. Les deux femmes pleuraient à chaudes larmes. Chaque tour de roue les éloignait de la fortune qu'elle avaient cru tenir, et l'avenir leur paraissait singulièrement sombre.
Fort heureusement, le voyage devait leur apporter une douce consolation. Avant Modane, elles furent violées dans la forêt par des brigands...
Elles en conservèrent un souvenir ébloui jusqu'à Paris...


(Plus tard, Napoléon maria Anna de La Costa avec M. Levasseur, receveur général du département de Maine-et-Loire. Cette union n'apaisa pas les ardeurs de l'ex-lectrice, qui devint successivement la maîtresse d'un diplomate russe, du ministre de Prusse, et, finalement du tsar...)

Après le départ d'Anna, l'Empereur n'eut pas le temps de se chercher une nouvelle maîtresse. Les préparatifs du couronnement, qui le prenaient tout entier, l'empêchaient de se livrer à la chasse aux demoiselles dans les couloirs du palais de Milan...
Le 23 mai, il reçut la couronne de fer. Laissons à un témoin, Mlle Avrillon, le soin de nous conter cet événement :

"L'Empereur fut couronné dans la cathédrale, l'un des plus beaux monuments que compte aujourd'hui l'Italie. On l'avait décorée avec goût, mais dans le goût italien. La majeure partie des draperies était en gaze ou en crêpe (du tissu léger).
"La cérémonie fut magnifique. L'Impératrice y assista dans une tribune d'où l'on voyait parfaitement. J'étais placée un peu plus bas, au-devant d'une tribune, avec quelques personnes de sa maison.
"La couronne de fer, que l'on disait savoir servi au couronnement de Charlemagne et qui servit à celui de l'Empereur, avait été déposée à Monza. On l'alla chercher en grande cérémonie et on l'y reporta le lendemain. Au moment du couronnement, l'Empereur prit la couronne à deux mains, l'enfonça hardiment plutôt qu'il ne la posa sur sa tête, et dit, d'une voix forte et retentissante :

" - Dieu me l'a donnée, gare à qui y touche !


"Ceci est connu de tout le monde, et personne n'ignore que ces paroles devinrent la légende de l'ordre de la couronne de fer, que l'Empereur institua alors peu après. Mais ce que l'on ne peut savoir, ce que l'on ne saurait se figurer, c'est l'expression de la physionomie de l'Empereur en ce moment : elle était rayonnante de joie."


Après le couronnement, Napoléon pensa qu'étant empereur des Français et roi d'Italie, il avait droit désormais à deux favorites, et se trouva bien malheureux de n'en avoir aucune.
Un rapide coup d'oeil sur les dames de la suite le persuada qu'il devait chercher ailleurs.
Les fêtes données à Gênes pour célébrer la réunion de la République ligurienne ( Ligurie au nord de l'Italie) à l'Empire français allaient lui permettre de trouver une maîtresse assez savoureuse pour contenter deux souverains...
Voulant accueillir Napoléon avec grâce, les Génois avaient eu l'heureuse idée, en effet, de grouper, en une meute accorte (séduisante) et frétillante, les plus jolies femmes de la ville.
La seule condition pour appartenir à ce groupe étant d'être belle, il y avait là des dames de toutes conditions, aristocrates, petites bourgeoises, comédiennes et demoiselles de peu (demoiselles plus modestes).
Parmi celles-ci se trouvait une ravissante personne qui surpassait en charme et en beauté toutes ses compagnes.
Elle s'appelait Carlotta Gazzani.
Fille d'une danseuse, elle n'avait jamis évolué dans les salons, mais son élégance naturelle lui donnait une allure princière.
Ecouton Mlle Avrillon :


"Je ne crois pas, écrit-elle dans ses Mémoires, avoir vu de ma vie une figure plus régulièremnt jolie. Il y avait dans sa physionomie je ne sais quoi de séduisant qui obligeait les yeux, même ceux d'une femme, à s'arrêter sur sa figure ; et plus on détaillait ses traits, plus on était sous l'empire du charme que l'on éprouvait en la regardant. Ses yeux, animés par une douceur vraiment angélique, semblaient être de velours, et son regard avait quelque chose de caressant ; c'était comme un magnétisme qu'elle exerçait sur tous ceux qui la regardaient. Sa taille était belle, mais moins remarquable pourtant que sa figure, car on aurait pu lui souhaiter un peu d'embonpoint." (elle était, apparemment, un peu maigre pour l'époque)

Talleyrand, "qui avait toujours des maîtresses plein ses poches" (l'expression veut dire que Talleyrand avait beaucoup de maîtresses), pensa que cette dame pourrait faire une délectable favorite, et il en parla en termes chaleureux à l'Empereur.
Napoléon l'écouta, l'oeil brillant. Puis il se mit à marcher dans le salon à grandes enjambées, en sifflotant un air guerrier. De temps en temps, il s'arrêtait pour interroger le diplomate sur l'anatomie de Carlotta.

- Comment sont ses seins ? Ses pieds ? Ses jambes ? Ses fesses ? Ses genoux ?

Imperturbable, Talleyrand qui s'était renseigné, répondait à toutes les questions sur le ton grave et impersonnel d'un guide qui décrit une cathédrale...
A mesure que le tableau se formait, l'Empereur accélérait son allure. Au comble de la surexcitation, il ressembla bientôt à un rat affolé. Alors, l'oeil congestionné, il s'arrêta net et dit d'une voix essoufflée :

- Allez la chercher !

Talleyrant eut un léger sourire :

- Il faudra attendre quelques jours, sire.
- Pourquoi ?
- Mme Gazzani a, depuis peu de temps, un amant auquel elle semble très attachée...
- Un Français ?
- Oui, sire.
- Son nom ?
- Il s'agit de M. de Thiard, sir...

Napoléon demeura un instant sans voix. Puis il devint écarlate, bondit sur un vase et le brisa aux pieds de Talleyrant, toujours impassible.
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MessageSujet: NAPOLEON ET LES FEMMES   Mer 16 Mai - 21:05

Ainsi donc, pour la seconde fois, l'Empereur avait la désagréable surprise de trouver son chambellan dans le lit d'une femme dont il était désireux de connaître les bons côtés.
Il en éprouva une vive contrariété et, toutes affaires cessantes, conçut un plan pour obtenir les faveus qu'il souhaitait. Une dépêcher de Paris annonçant les intentions belliqueuses de l'Angleterre l'empêcha de mener à bien sa galante entreprise.Contraint de rentrer immédiatment en France, il prit une décision qui fit jaser ; pour tenter de réaliser un peu plus tard ce qu'il ne parvenait point à faire le jour même, il attacha Carlotta Gazzani à la cour de Joséphine comme lectrice, à la place de Mlle de La Coste. La belle Génoise ne connaissant pas un mot de français, sa nomination eût pu sembler extravagante ; fort heureusement, l'Impératrice avait horreur de la lecture...


Et Joseph Turquan ajoute malicieusement :

"Comme l'Empereur, de son côté, ne songeait qu'à effeuiller avec elle le livre d'amour, peu lui importait que la lectrice ne sût pas lire le français ; elle parlait l'italien, il le parlait aussi ; l'italien est la langue de l'amour ; ils devaient donc s'entendre."


Au mois de juin, Napoléon ayant obtenu de Joséphine la promesse qu'elle naurait pas de migraine pendant le voyage, monta dans une voiture et fils vers Saint-Clous où il arriva huit jours plus tard. (Avant de partir, il avait nommé Eugène de Beauharnais vice-roi d'Italie.)
Une semaine après, Mme Gazzani rejoignait la Cour, à la grande joie de M. de Thiard qui pensa que l'Empereur était vraiment d'une bonté exceptionnelle.
Il dut bientôt déchanter...

Un matin, Napoléon l'appela et le chargea d'une mission diplomatique avec ordre de partir sur-le-champ, sans reparaître à la Cour. Comme le chambellan paraissait stupéfait, le souverain laissa tomber d'un ton sec :

- On vous croit en disgrâce et peut-être aurait-on quelque motif à le supposer.

Puis il se leva, redressa sa petite taille d'un air victorieux et, savourant déjà les charmes de Carlotta, il laissa partir le pauvre M. de Thiard complètement effondré...


(Plus tard, Napoléon constinuera d'éloigner Thiard de Mme Gazzani en l'employant auprès de lui pendant la campagne
d'Austerlitz, puis en Dalmatie, enfin pendant la campagne de 1806-1807 - Jean SAVANT, Les Amours de Napoléon -)


Le soir même, Napoléon faisait venir Mme Gazzani dans le petit appartement qu'il réservait pour son déduit (sa chambre personnelle).
Joséphine, toujours à l'affût, ne tarda pas à être informée de la nouvelle liaison de son mari. Furieuse, elle chercha à le surprendre en flagrand délit d'adultère, ce qui donna lieu à une petite scène assez singulière.

Ecoutons Constant nous conter la chose :


"Un jour que l'Empereur avait rendez-vous avec cette dame dans les petits appartements, il m'ordonna de rester dans sa chambre et de répondre aux personnes qui le demanderaient, fût-ce S.M. l'Impératrice, qu'il travaillait dans son cabinet avec un ministre.
"Le lieu de l'entrevue était l'ancien appartement occupé par . de Bourrienne, dont l'escalier donnait dans la chambre à coucher de Sa Majesté. Cet appartement avait été arrangé et décoré fort simplement : il avait une seconde sortie sur l'escalier, dit l'escalier noir, parce qu'il était sombre et peu éclairé. C'était par-là qu'entrait Mme Gazzani. Quant à l'Empereur, il allait la trouver par la première issue. Il y avait peu d'instants qu'ils étaient réunis quand l'Impératrice entra dans la cahmbre de l'Empereur et me demanda ce que faisait son époux.

" - Madame, l'Empereur est occupé en ce moment ; il travaille dans son cabinet avec un ministre.
" - Constant, je veux entrer.
" - Cela est impossible, Madame ; j'ai reçu l'ordre formel de ne pas déranger Sa Majesté, même pas pour Sa Majesté l'Impératrice.
"Là-dessus, celle-ci s'en retourna mécontente et même courroucée (très en colère). Au bout d'une demi-heure, elle revint et, comme elle renouvela sa demande, il me fallut bien renouveler ma réponse. J'étais désolé de voir le chagrin de .S.M. l'Impératrice, mais je ne pouvais manquer à ma consigne.
"Le même soir, à son coucher, l'Empereur me dit d'un ton sévère que l'Impératrice lui avait assuré tenir de moi que, lorsqu'elle était venue le demander, il était enfermé avec une dame. Je répondis à l'Empereur sans me troubler que certainement il ne pouvait croire cela.


" - Non, reprit Sa Majesté, revenant au ton amical dont elle m'honorait habituellement, je vous connais assez pour être assuré de votre discrétion ; mais malheur aux sots qui bavardent, si je parviens à les découvrir."

Puis, ayant enfilé une robe de chambre blanche, il alla retrouver Mme Gazzani, qui l'attendait, la fesse joyeuse
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MessageSujet: NAPOLEON ET LES FEMMES   Jeu 17 Mai - 19:25

NAPOLEON DECOUVRE UNE FEMME NUE AU CHÂTEAU D'AUSTERLITZ




Ce que j'aime dans la guerre, c'est l'imprévu des batailles - Maréchal FOCH -



EXCEDE par la jalousie de Joséphine, Napoléon quitta Paris par un beau matin pour se rendre à Boulogne où cent soixante mille hommes attendaient que la flotte française fût assez puissante pour leur permettre de débarquer en Angleterre.
Dans tous les ports de France, sur toutes les rivières, on construisait en hâte des bateaux plats, des canonnières, des péniches destinées à porter l'expédition.
A Paris, l'Empereur avait fait mettre en chantier quatre-vingts chaloupes (grands bateaux, lourds et robustes). Terminées en juin, elles avaient été lancées sur la Seine (fleuve qui traverse Paris), conduites au Havre, équipées, armées et dirigées le long des côtes vers le Pas-de-Calais. (port en face des côtes anglaises). Sur le rivage, des escadrons de cavalerie et d'artillerie légère avaient suivi tous leurs mouvements, prêts à les protéger contre une attaque ennemie.


De la Loire, de la Gironde, de la Charente, de l'Adour, (fleuves français) sortaient sans cesse de semblables flottilles et, lorsque Napoléon arriva à Boulogne, près de mille chaloupes étaient déjà à pied d'oeuvre (prêtes à naviguer).
Ravi de se retremper dans l'atmosphère d'un camp militaire, le souverain retrouva son langage d'artilleur et se détendit. Après huit mois d'étiquette et d'intrigues de la Cour, il en avait besoin. On le vit plaisanter gaillardement avec ses soldats, s'allonger par terre pour consulter une carte, jurer comme tous les bandits corses réunis et émettre sur les femmes du pays des jugements brefs et vigoureux qui témoignaient d'une psychologie amoureuse un peu simpliste, mais d'une belle virilité.


Une occasion de s'intéresser aux Boulonnaises allait précisément lui être donnée de façon inattendue.
A la fin du mois d'août, un drmae qui couvait depuis longtemps éclata. Il faut dire que les cent soixante mille hommes du camp hantaient les rêves des dames de la ville, qui, toutes ou presque, auraient voulu être victimes des délicieuses brutalités d'un canonnier ou même d'un fantassin.
Lorsque les régiments étaient arrivés à Boulogne, les bourgeoises les plus sages, penchées à leur balcon, avaient été prises d'un délire que le patriotisme seul ne parvenait pas à justifier. En voyant ces beaux militaires, certaines aveint senti courir le long de leur échine un frémissement voluptueux et s'étaient mises à rêver à d'odieux traitements ou à des viols sur la voie publique...
Au bout d'une semaine, aucune femme n'ayant été troussée par les soldats de l'Empereur, quelques demoiselles particulièrement énervées allèrent rôder aux abords du camp.
Mal leur en prit, car des cantinières qui faisaient le guet (qui surveillaient) les chassèrent brutalement en les traitant de "filles à marins", de "putains avariées" et de "blanchisseuses de tuyaux de pipe"...
là, je n'explique pas ce que veut dire la dernière expression, par pudeur pour les "oreilles" de Morgane..... Embarassed Razz )

Fort choquées par ce langage audacieux, les jeunes filles rentrèrent chez elles et cachèrent leur équipée.

Quelques jours plus tard, les dames allèrent se promener, à leur tour, sous des prétextes futiles, autour du camp. L'une d'elles réussit même à engager la conversation avec un militaire; mais l'entretien dura peu, car une horde de dantinières sortit d'une tente et se précipita sur l'imprudente Boulonnaise, qui n'eut que le temps de prendre ses jambes à son cou (de fuir).
L'incident fit le tour de la ville, et l'on sut bientôt que les deux cents "soldats" du camp, jalouses comme des épouses, entendaient se réserver les hommages des cent soixante mille hommes qu'on leur avait confiés.



Chaque soir, elles se tenaient prêtes, dans leurs tentes respectives, et, vers neuf heures, les hommes arrivaient, dix par dix, animés par un beau rêve. Au printemps, ces charmantes jeunes femmes avaient parfois trente militaire chacune à consoler par jour. Elles le faisaient courageusement, ayant toutes un fier tempérament et un brave petit coeur de Française...
Mais un soir du mois d'août, le bruit courut qu'une Boulonnaise avait réussi à se faire violer par un artilleur. Aussitôt, un groupe de deux cents femmes se dirigea vers le camp pour y narguer les cantinières. En entendant les refrains goguenards (moqueurs) qui étaient chanté à leur adresse, celles-ci sortirent de leurs tentes comme des furies et se précipitèrent sur les Boulonnaises.

La rencontre fut effroyable. Au bout d'une heure, quand on put séparer les combattantes, il y avait sur le pré vingt-huit femmes édentées, dix-sept à demi étranglées, cinq quasi tondues, et deux complètement déshabillées qui exposaient leur nature sous le ciel de Picardie.


Napoléon, losqu'il apprit ces faits navrants, se contenta de sourire.
Les dames du palais lui avaient donné une belle dose de philosophie...
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MessageSujet: NAPOLEON ET LES FEMMES   Dim 20 Mai - 19:58

Après avoir passé huit jours au milieu de ses soldats à pincer des oreilles et à goûter la soupe, l'Empereur eut soudain du vague à l'âme. Il pensa aux jolies femmes qu'il avait laissées à Paris et trouva son lit singulièrement désert. Il s'en ouvrit (il se confia) un matin à Murat :

- Depuis quelques jours, je ne vois que des figures à moustaches : c'est fort triste.

Le maréchal jouait volontiers les entremetteurs ; il éclata de rire :

- Je connais justement une dame génoise, belle et spirituelle, qui a le plus grand désir de vous voir...

L'oeil de Napoléon s'alluma.

- Comment est-elle ?

Murat, qui avait pris soin, en bon courtisant, d'essayer la dame avant de la proposer à son souverain, donna de nombreux détails fort alléchants. Le soir même, l'Empereur, mis en appétit, envoya Constant chercher la Génoise, qui arriva en rougissant.

- On m'avait dit que vous étiez belle, dit Napoléon, on m'avait menti. Vous êtes très belle.

Emue, elle éclata en sanglots. Alors, il retira son habit et son pantalon pour la consoler.


A trois heures du matin, lui ayant prouvé qu'en bon empereur il était prêt à oeuvrer personnellement pour le bonheur de ses sujettes (personnes soumises à l'autorité d'un souverain), il la fit reconduire à son domicile et s'endormit calmement en pensant à Joséphine.
Pendant tout son séjour à Boulogne, Napoléon, dont le sang était fouetté par le vent du large, rendit un hommage quotidien et vigoureux à cette jolie Génoise, dont Constant - qui nous rapporte l'anecdote - ne nous révèle ni le nom, ni le prénom...


On s'en doute, Napoléon ne passait pas tout son temps avec sa belle amie. Penché sur des cartes de l'Angleterre, il étudiait les points qui lui semblaient les plus favorables pour un débarquement et, dix fois par jour, montait sur une falaise pour voir si la flotte française arrivait.

- Quand Villeneuve sera là avec ses vaisseaux pour protéger nos trois mille chaloupes, disait-il, nous passeons la Manche et nous irons vaincre les Anglais chez eux ! ...

Mais il avait beau scruter l'horizon avec sa longue-vue, il ne voyait rien venir et en souffrait.
Un jour, une nouvelle accablante lui parvint : l'amiral Villeneuve, trouvant l'entreprise tros hasardeuse, avait préféré rester à Cadix...
Napoléon entra dans une colère épouvantable, cassa quelques meubles et prit une décision stupéfiante :

- Eh bien ! puisque nous ne pouvons aller battre les Anglais dans leur île, nous irons les battre en Autriche...


Une nouvelle coalition, en effet, se formait. La Russie, achetée par l'Angleterre, acceptait de s'unir à l'Autriche, et "une partie du veil hémisphère semblait prête à se renverser sur les jardins de la France. Des millions de soldats étaient déjà en marche venant de l'Oural et des glaces du pôle." (SAINT-GEORGES DE BOUHELIER, Napoléon, grandeurs et misères.)

Changeant de tactique, l'Empereur fit partir immédiatement les armées de Boulogne sur le Rhin et rentra à Saint-Cloud pour préparer son plan.
Après un an de paix, la guerre recommençait. Mais, à la Cour, personne ne paraissait y penser. Quand l'Empereur arriva, tout le palais riait à cause d'une galante aventure dont Mme de Staël venait d'être l'héroïne.
Napoléon, qui la détestait, se fit conter l'histoire et passa, lui aussi, un bon moment.
Cette histoire, la voici, telle qu'elle nous est rapportée par le vicomte de Beaumont-Vassy.
Mme de Staël avait été invitée à une partie de chasse à Mortefontaine. Or, elle était tellement ennuyeuse avec sa manie de philosopher sur tout que les chasseurs s'empressèrent de l'abandonner pour jouir en paix de leur journée de campagne. Restée seule, elle prit la Vie de Marc Aurèle et s'en alla lire dans les bois. A sept heures du soir, alors que la chasse était terminée, elle se trouvait toujours assise sur un tronc d'arbre et plongée dans son livre.


"Tout à coup, un garde paraît à traver bois, regagnant son logis. C'était un grand et beau garçon, qui, peut-être, avait trop fêté Bacchus à l'issue de la chasse.
Il voit devant lui une femme plantureuse, à figure un peu virile et rappelant pour le teint celles des paysannes d'alentour, vêtue, d'ailleurs, avec une simplicité qui n'avait rien d'imposant ; il la prend résoluméent par la taille et l'embrasse en guise de compliment. On comprend la stupéfaction de l'auteur de Corinne. Mais elle se sent glisser à terre sous la robuste impulsion du gars, qui n'avait certes pas tout l'esprit que déploya plus tard Benjamin Constant, mais possédait assurément, de son côté, des qualités que Benjamin Constant n'avait pas. Mme de Staël veut crier et ses cris sont étouffés ; elle lutte, et ses efforts comprimés deviennent promptement inutiles."

Troussée d'un geste vif, elle eut bientôt à l'air la partie la moins intellectuelle de sa personne. Le garde profita de la situation avec un manque total de savoir-vivre.
Abasourdie (surprise), choquée, mais heureuse, Mme de Staël se garda bien d'appeler au secours ; elle se laissa violer en pensant qu'après tout il fallait bien, de temps en temps, faire quelque chose pour les gens du peuple qui ne connaissent pas les joies de l'esprit...

"Quelques instants s'écoulent, poursuit M. de Beaumont-Vassy, et l'on entend des pas dans le bois ; c'est Mathieu de Montmorency, qui, inquiet de son amie, s'est dirigé du côté où il la supposait attardée dans sa promenade. Il est accompagné de loin par un domestique. Le garde se sauve sans qu'il le voie ; mais, à l'aspect de Mme de Staël et du dédordre dans lequel il la trouve, il ne peut s'empêcher de s'écrier :


"- Eh, ma chère, que vous est-il arrivé ?

"Mme de Staël a trop d'esprit pour vouloir du scandale et trop d'empire sur elle-même pour ne pas reprendre vite son sang-froid.

" - A moi ? Mais rien, mon ami.
" - Cependant, l'état dans lequel je vous vois ?
" - Vous ne voyez rien, vous dis-je. Je m'étais probablement endormie et vous m'avez réveillée en sursaut.
" - Mon Dieu, reprend vivement l''excellent homme, je consens à n'avoir rien vu, mais quel singulier rêve faisiez-vous donc ?

Sans répondre, Mme de Staël se releva et suivit son ami en s'efforçant de prendre un air dégagé. Sans doute pensait-elle que personne ne connaîtrait jamais son aventure. Elle ignorait que, derrière un bosquet, se trouvait le domestique de Mathieu de Montmorency, lequel n'était pas aussi discret que son maître.
..
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MessageSujet: Re: NAPOLEON ET LES FEMMES   Mer 23 Mai - 11:05

La partie la moins intellectuelle de sa personne .... Shocked Very Happy Very Happy
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MessageSujet: NAPOLEON ET LES FEMMES   Mer 23 Mai - 11:39

Tandis que la Cour s'amusait de cette aventure, une armée autrichienne pénétrait en territoire bavarois.
Immédiatement, Napoléon fit ses bagages le 24 septembre 1805, il quittait Saint-Cloud avec Joséphine pour se rendre à Strasbourg.
Le 1er octobre, il en repartait seul pour diriger ses troupes, qui, désormais allaient s'appeler la Grande Armée. Le 2, il était à Ludwigsburg ; le 12, à Burgau ; le 24, à Munich ; le 13 novembre, à Vienne... A chaque étape, il envoyait un mot tendre à l'Impératrice, dont il connaissait la jalousie. Ces lettres ne l'empêchaient pas, bien entendu, de penser à la bagatelle. Et à Vienne, Murat, toujours au petits soins, le mit en relation avec une femme agréable au toucher.
Ecoutons Napoléon lui-même nous conter cette aventure :


"A Vienne en 1805, Murat me dit : "je veux vous faire connaître une femme charmante qui est folle de vous, ne veut que vous."
Quoique cela me parût un peu suspect, je lui dis de me l'amener. Elle ne parlait pas un mot de français, et moi pas un mot d'allemand. Elle me plut tant que jej passai la nuit avec elle. C'est une des femmes les plus agréables que j'ai connues, pas d'odeur. Au jour, elle m'a réveillé, et depuis je ne l'ai jamais revue. Je n'ai jamais su qui elle était. Seulement, en 1809, le chef de la police de Vienne dit à Savary que c'était une Judith, (une Juive) et peut-être, depuis, a-t-on voulu faire ce conte là. Il faut qu'une femme soit jolie et aimable pour me plaire, mais alors son affaire est bientôt faite."

(Déclaration de Napoléon faite à Sainte-Hélène en 1817 et rapportée par le général Gourgaud.)

Les sens en repos grâce à cette gentille Viennoise, Napoléon se prépara à rencontrer les troupes ennemies.
Le 1er décembre il s'écria :

- Il nous faut finir cette campagne comme un coup de foudre.

Et ce fut Austerlitz...

Le lendemain, il écrivit à Joséphine ce mot célèbre.


Austerlitz : 12 frimaire an XIV. (3 décembre 1805)

Je t'ai expédié Lebrun du champ de bataille. J'ai battu l'armée russe et autrichienne commandée par deux empereurs. Je me suis un peu fatigué. J'ai bivouaqué (campé) huit jours en plein air, par des nuits assez fraîches. Je couche ce soir dans le château du prince Kaunitz, où je vais dormir deux ou trois heures.
L'armée russe est non seulement battue, mais détruite.
Je t'embrasse.


NAPOLEON
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MessageSujet: Re: NAPOLEON ET LES FEMMES   Ven 25 Mai - 16:19

C'est une des femmes les plus agréables que j'ai connues, pas d'odeur affraid
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MessageSujet: NAPOLEON ET LES FEMMES   Ven 25 Mai - 18:54

Oui, Napoléon ne supportait pas les parfums. Il n'aimait que l'odeur de la poudre.
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MessageSujet: NAPOLEON ET LES FEMMES   Sam 26 Mai - 19:39

Pendant que l'Empereur, en bon mari, rendait compte de sa journée à Joséphine, les survivants de l'extraordinaire bataille qui venait d'être livrée, encore hébétés, se tâtaient les membres avec une joie profonde.

- Vous serez toujours considérés comme des braves, leur dit Napoléon. Quant à ceux qui sont tombés, la France les honorera à jamais.

Il est pourtant des morts qui connurent des destins peu glorieux. Je ne citerai pour preuve que l'étrange avanture qui arriva aux restes du général Morland.
Ecoutons le général Marbot nous conter la chose :


"Mon pauvre ami le capitaine Fournier avait été tué, ainsi que le général Morland. L'Empereur, toujours attentif à ce qui pouvait exciter l'émulation parmi les troupes, décida que le corps du général Morland serait placé dans un monument qu'il se proposait de faire ériger au centre de l'esplanade des Invalides à Paris. Les médecins n'ayant sur le champ de bataille ni le temps, ni les ingrédients nécessaires pour embaumer le corps du général, l'enfermèrent dans un tonneau de rhum qui fut transporté à Paris ; mais les événements qui se succédèrent ayant retardé la construction du monument destiné au général Morland, le tonneau dans lequel on l'avait placé se trouvait encore dans l'une des salles de l'Ecole de médecine lorsque Napoléon perdit l'empire en 1814. Peu de temps après, le tonneau s'étant brisé par vétusté, on fut très étonné de voir que le rhum avait fait pousser les moustaches du général d'une façon si extraordinaire qu'elles tombaient plus bas que la ceinture. Le corps était parfaitement conservé, mais la famille fut obligée d'intenter un procès pour en obtenir la restitution d'un savant qui en avait fait un objet de curiosité. Aimez donc la gloire et allez vous faire tuer pour qu'un olibrius de naturaliste vous place ensuite dans sa bibliothèque, entre une corne de rhinocéros et un crocodile empaillé..."

Tant il est vrai que le destin agit parfois avec une désinvolture dont n'oserait pas user un romancier...

Tandis qu'on remettait un peu d'ordre sur ce champ de bataille où trainaient quinze mille tués, vingt mille blessés, des canons, des fusils, des sabres, des cadavres de chevaux, des épées, des drapeaux et des paires de bretelles, Napoléon se rendit au château d'Austerlitz.
Les serviteurs, que l'empereur d'Autriche et le tsar avaient quittés quelques heures plus tôt, le reçurent avec respect. Pendant qu'ils lui préparaient à dîner, il parcourut pensivement les salles vides, où le mobilier en désordre témoignait du départ précipité de ses ennemis. Au bout d'un couloir, il trouva une porte fermée à clefs. On la força sur son ordre. Il aperçut alors une ravissante jeune femme qui, les draps tirés jusqu'au nez, le considérait du fond d'un grand lit.
Il en fallait plus pour étonner Napoléon.

- Qui est-ce ? dit-il simplement.

Les serviteurs répondirent qu'ils ignoraient le nom de cette demoiselle qui avait été oubliée par le tsar.
L'Empereur s'arrêta au pied du lit et considéra un instant cette charmante personne, dont les yeux, brusquement s'étaient emplis de larmes.

- Qui êtes-vous ?

La belle continua de pleurer sans répondre.

- Le tsar Alexandre est parti, dit encore Napoléon, et il n'a pas pris soin de vous. Ce n'est pas d'un galant homme. Veuillez vous habiller, je vous prie. Je vais charger un de mes officiers de vous conduire jusqu'aux avant-postes russes.
L'inconnue, touchée par la galanterie de l'Empereur, se leva à demi, sourit et voulut s'incliner comme pour une révérence. Le mouvement qu'elle esquissa fit glisser son drap et Napoléon vit qu'elle était nue.
Un instant, il envisagea de profiter de cette extraordinaire occasion, puis il pensa qu'il avait besoin de toutes ses forces pour entamer des pourparlers (des négociations) de paix avec l'Autriche, et se contenta de saluer le joli sein qui pointait vers lui.
Un peu congestionné tout de même, il sortit et fit appeler Duroc. Quesques minutes plus tard, le maréchal était chargé de reconduire la demoiselle en calèche chez les Russes
...
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