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Détente - amitié - rencontre entre nous - un peu de couleurs pour éclaircir le quotidien parfois un peu gris...
 
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 NAPOLEON ET LES FEMMES

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MessageSujet: Re: NAPOLEON ET LES FEMMES   Mer 25 Avr - 9:26

Bonne idée, du rendement et encore du rendement, non mais ! Laughing
Bonne journée flower
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epistophélès

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MessageSujet: NAPOLEON ET LES FEMMES   Mer 25 Avr - 19:43

Depuis un siècle, cette anecdote trouble les historiens, qui se demandent avec passion si Bonaparte s'est contenté de pincer le pied de la charmante Mme Junot ou s'il a poussé plus avant ses gamineries... Nous verrons plus loin ce qu'il faut en penser. Laissons pour l'instant Mme d'Abrantès nous conter la suite. Elle ne manque pas d'intérêt :

"J'appelai ma femme de chambre. Je lui dis, sans aucune explication, que je défendais d'ouvrir lorsqu'on frapperait d'aussi bonne heure chez moi.

" - Mais, Madame, si c'est le Premier Consul ?
" - Je ne veux pas être réveillée d'aussi grand matin par le Premier Consul pas plus que par tout autre.
Faites ce que je vous dis."


L'après-midi, Bonaparte emmena toutes ces belles invitées jusqu'au pavillon de Butard, qu'il venait d'acheter pour étendre la Malmaison. Comme les femmes de chambre avaient déjà raconté à qui voulait l'entendre que le Premier Consul était sorti deux jours de suite à six heures du matin de la chambre de Mme Junot, une curieuse atmosphère régna au cours de cette promenade.
La jeune femme eut droit à des égards particuliers. On la traita en favorite reconnue, on s'écarta sur son passage, on la salua respectueusement, et Bonaparte confirma tous les soupçons en adressant à haute voix - lui si avare de louanges - un très long compliment à Mme Junot.
Arrivée au Butard, il annonça son intention d'organiser un déjeuner et une chasse le surlendemain.

- Cela me fera du bien et nous amusera tous. Je vous donne rendez-vous ici à dix heures.


Le soir, à la Malmaison, Mme Junot se coucha, sans parvenir à s'endormir.

"A six heures, écrit-elle, j'entendis les pas du Premier Consul dans le corridor. Il s'arrêta à la porte et frappa, mais un coup beaucoup moins fort que les jours précédents.
"Il attendit un moment, puis frappa une autre fois. Ma femme de chambre s'éveilla alors probablement et j'entendis qu'elle lui disait que j'avais pris la clef. Il ne répondit rien et s'en alla."

Fort troublée par ce qu'elle venait de faire, Mme Junot nous dit qu'elle se mit à pleurer en pensant à la peine que devait ressentir Bonaparte. Finalement, elle se rendormit. Un bruit de porte la réveilla. Le Premier Consul, qui était allé chercher une autre clef, se trouvait dans sa chambre, fort en colère.

- Craignez-vous donc que l'on vous assassine ? dit-il.

Puis, sans écouter les explications de Mme Junot, il aurait ajouté :

- C'est demain notre chasse au Butard. Nous partirons de bonne heure et, pour que vous soyez prête, je viendrai moi-même vous éveiller. Et comme vous n'êtes pas ici au milieu d'une horde de Tartares, ne vous barricadez pas comme vous l'avez fait. Au reste, vous voyez que votre précaution contre un vieil ami ne l'a pas empêché d'arriver jusqu'à vous. Adieu !


Et il s'en alla, mais cette fois sans chanter.

Or, le soir même, alors que tout le monde était endormi, Junot arriva à l'improviste à la Malmaison et se coucha près de sa femme.
Ne pouvant pas prévenir Bonaparte, Laure
(ce n'est toujours pas mouaaaaaaa geek ) attendit le matin avec quelque inquiétude.

Ecoutons-la nous conter sa version :

"La demie de cinq heures venait de sonner lorsque j'entendis le bruit des pas du Premier Consul retentir au bout de notre long corridor. Le coeur me battit violemment. J'aurais donné ma vie pour que Junot fût à Paris. J'aurais voulu le rendre invisible, le cacher, mais il n'était plus temps.
"En reposant ma tête sur l'oreiller, j'attendis les événements.
"La porte s'ouvrit avec bruit.

" - Comment ! Encore endormie, Madame Junot ! Un jour de chasse ! Je vous disais bien que ...

"Tout en parlant, le Premier Consul avait fait le tour nécessaire pour arriver en face du lit, il avait soulevé le rideau et demeurait immobile à la vue de cette figure tant connue, de ce visage de l'ami le plus fidèle, le plus dévoué !
"Je suis presque sûre qu'il crut d'abord que c'était une vision.
"De son côté, Junot, à peine réveillé, appuyé sur un de ses coudes, regardait le Premier Consul avec un air étonné qui aurait égayé un tiers dans ce moment singulier.

" - Eh ! mon Dieu, mon général, que venez-vous faire chez nos femmes à cette heure-ci ?
" - Je venais réveiller Mme Junot pour la chasse, répondit le Premier Consul après m'avoir lancé un long regard dont le prolongement est encore présent à ma pensée malgré les trente années qui me séparent de ce moment. Mais je vois qu'elle à un réveille-matin beaucoup plus matinal encore que moi. Je pourrais gronder, car enfin, monsieur Junot, vous êtes ici en contrebande.
(Junot était gouverneur de Paris, et il était interdit à toutes les "autorités agissantes" de quitter la capitale une seule nuit.)

Après quelques plaisanteries sur un ton de bonne humeur forcé, Bonaparte sortit, et Junot, dont la naïveté était extrême, sauta du lit en disant à sa femme :

- Voilà, je dois l'avouer, un bien excellent homme ! Quelle bonté ! ... Au lieu de me gronder, au lieu de me renvoyer comme un vilain faire mon devoir à Paris. Ma Laure, conviens que c'est vraiment un être non seulement étonnant, mais hors du cercle de l'humaine nature....


Une heure plus tard, tout le monde se trouva réuni sur le pont de pierre du jardin. Bonaparte grimpa dans une petite calèche et appela Laure :

- Madame Junot, voulez-vous m'honorer de votre compagnie ?

La jeune femme monta, et la voiture quitta le château. Au bout d'un moment, le Premier Consul dit :

- Vous vous croyez beaucoup d'esprit ?

Très gênée - toujours d'après ses Mémoires - Mme Junot répondit :

- Je ne me crois pas un esprit au-dessus de la portée ordinaire, mais je pense que je ne suis pas une imbécile.
- Une imbécile, non, mais une sotte !

Comme elle gardait le silence, il ajouta :

- Pouvez-vous m'expliquer pour quelle raison vous avez fait rester votre mari ?
- L'explication sera claire et concise, général. J'aime Junot. Nous sommes mariés et j'ai pensé qu'il n'y avait nul scandale à ce qu'un mari demeurât près de sa femme.
- Vous saviez que je l'avais défendu et vous savez aussi que mes ordres doivent être exécutés.
- Ils ne me regardent pas. Lorsque les consuls auront signifié leurs volontés pour le degré d'intimité qui doit régner entre deux personnes mariées ensemble, et le nombre de jours et d'heures qu'elles doivent accorder à leurs entrevues, alors je verrai à m'y soumettre. Jusque-là, général, mon bon plaisir, je vous l'avoue, sera ma seule loi.

Le soir même, Laure Junot quittait la Malmaison
.
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epistophélès

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MessageSujet: NAPOLEON ET LES FEMMES   Jeu 26 Avr - 15:59

L'anecdote racontée par Mme d'Abrantès est-elle vraie ? La tentative galante du Premier Consul fut-elle vaine ? Les historiens modernes refusent de le croire.
Tout le chapitre des Mémoires que nous avons résumé n'a, semble-t-il, été écrit que pour expliquer l'arrivée de Bonaparte dans la chambre de Laure, le matin où Junot s'y trouvait.
D'autre part, il est un fait assez significatif : l'aventure de la Malmaison se situe pendant l'été de 1801.
Or, le 6 septembre, Bonaparte, qui n'aurait eu vraiment aucune raison d'être gentil avec les Junot après la scène décrite par Laure, fit remettre au ménage une somme se montant à trente millions de notre monnaie (en anciens francs).
En outre, précise Jean Savant, Junot passa - sans motif valable - du grade de général de brigade à celui de général de division. Plus tard, sous l'Empire, il recevra soixante-quinze millions de nos anciens francs chaque année.


On n'est pas aussi généreux avec une femme qui s'est refusée. Il faut donc admettre que, lorsque Bonaparte venait le matin chez Mme Junot, ce n'était pas uniquement pour y lire son courrier, mais pour y commencer la journée par une bagatelle qui vaut tous les massacres....
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MessageSujet: NAPOLEON ET LES FEMMES   Jeu 26 Avr - 16:22

BONAPARTE S'EVANOUIT DANS LES BRAS DE MLLE GEORGE



Elle le trouvait bien. Il se trouva mal... - Geneviève de VILMORIN -


LE 25 juin 1802, les Parisiens, qui se rendirent au théâtre Favart pour voir la troupe des Italiens créer la Tromperie heureuse de Paisiello, furent extrêmement déçus.
Une affiche annonçait que le spectacle était remplacé par une bouffonnerie sans intérêt, interprétée, en outre, par des comédiens de second choix.
Quelques habitués allèrent demander des explications au directeur.

- Je ne suis pas responsable de ce changement de programme, répondit celui-ci. Ce matin, le Premier Consul a convoqué les meilleurs éléments de ma troupe à la Malmaison pour qu'ils donnent une représentation des Noces de Dorine... Je n'ai eu, vous le pensez bien, qu'à m'incliner...


Le caprice de Bonaparte fut rapidement connu et, dans la foule murmurante, des gens à l'esprit mal tourné commencèrent à raconter que le Premier Consul n'avait pas fait venir les comédiens chez lui pour le plaisir d'entendre de la musique et des voix italiennes, mais pour tâter les charmes d'une actrice de la troupe.
Comme toujours, les mauvaises langues avaient raison. Joséphine étant retournée à Plombières avec l'espoir de faire cesser sa navrante stérilité, Bonaparte, qui se sentait, en ce merveilleux mois de juin, des ardeurs impétueuses, avait fait venir les Italiens pour entourer de soins particuliers une jeune comédienne nommé Louise Rolandeau.

Cette charmante personne était fort jolie. "Elle n'est pas italienne, écrit d'elle un rédacteur des Débats, mais ce n'est pas un défaut pour le public français. Sa tournure et son jeu, bien plus que son chant, annoncent une actrice de Paris. On se plaît à l'entendre et on aime la voir. Elle réunit la sensibilité à la coquetterie et, dans toutes les situations, elle a ce maintien particulier, ces manières justes et cette noblesse qui semblent un attribut particulier à la nation et que les Italiens saisissent avec beaucoup plus de peine que nous en avons à imiter leur accent musical."


Après la représentation des Noces de Dorine, Bonaparte fit demander à Louise de ne pas rentrer à Paris avec ses camarades.
La comédienne, ravie à la pensée de voir en chemise l'homme que toute l'Europe admirait en uniforme, accepta avec empressement.
Constant la conduisit dans un salon où le Premier Consul vint la retrouver. Depuis qu'il avait signé la paix d'Amiens, conclu le concordat avec Rome et fait plébisciter son consulat à vie, Bonaparte était d'une extrême gaieté. Il organisait des bals, des spectacles avec Hortense, jouait à saute-mouton sur les pelouses et faisait des farces à ses invités.
Cette gaminerie, que les historiens officiels nous cachent soigneusement, étonna un peu la jeune Louise Rolandeau. A peine fut-il assis auprès d'elle que Bonaparte, en effet, s'amusa à lui retrousser la robe en riant.

- C'est un lever de rideau, répétait-il, enchanté de son bon mot.

Puis, "les mains bien au chaud dans les jupons et les dentelles, il devint lyrique et fit de jolis compliments à la demoiselle sur son talent, ses yeux, sa peau, ses cheveux blonds et sa cambrure. Louise, éblouie, se laissait chiffonner, palper, chatouiller sans rien dire, rêvant déjà d'être la Pompadour de ce grand homme qui la désirait".


Finalement, le Premier Consul l'entraîna vers une chambre, la déshabilla et la porta sur le lit. Piaffant, comme à l'approche d'une bataille, il se dévêtit prestement, renifla une prise de tabac et se précipita dans les bras de Louise.
L'instant d'après, il apaisait ses ardeurs avec une fougue dont la comédienne n'eut qu'à se louer.

La liaison de Bonaparte avec Louise Rolandeau dura peu. Joséphine, informée de la rencontre du 25 juin, rentra de Plombières à bride abattue et fit une scène épouvantable. Le Premier Consul, confus, installa la comédienne dans un des plus beaux hôtels de la capitale, promit d'être sage et retourna rédiger le code civil.


(Louise Rolandeau quitta l'Opéra-Comique en 1806 et devint directrice du Théâtre de Gand. L'année suivante, elle revint à Paris. Un soir qu'elle bavardait près d'une cheminée, le feu prit à sa robe, et elle fut brûlée vive...)
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MessageSujet: NAPOLEON ET LES FEMMES   Jeu 26 Avr - 18:10

Mais Louise - et avant elle la Grassini - (certains ajoutent Mme Branchu, qui aurait été la première comédienne "savourée par Bonaparte) - avait donné à Bonaparte le goût des actrices. Cinq mois plus tard, le 20 novembre, il devait être ébloui par la belle et sculpturale Mlle George, qui, à quinze ans, faisait ses débuts au Théâtre Français, dans le rôle de Clytemnestre d'Iphigénie en Aulide.

Le soir même, Bonaparte se renseigna sur cette pulpeuse jeune fille et apprit qu'elle se nommait Weymer, que ses parents dirigeaient un petit théâtre forain à Amiens, qu'elle avait été découverte par Mlle Raucourt, actrice et lesbienne célèbre, qu'elle habitait depuis peu Paris, qu'elle avait eu une courte liaison avec son frère Lucien Bonaparte et qu'elle était, pour l'heure, entretenue par un Polonais, le prince Sapiéha...
Tout ceci allécha le Premier Consul, et le lendemain Constant allait chercher Mlle George.
La demoiselle, fort intimidée, suivit le valet de chambre au château de Saint-Cloud, où Bonaparte venait de s'installer. Reçue par Roustan, elle se posa sur un fauteuil et attendit en tremblant.
Mais laissons-lui nous conter elle-même cette rencontre dans son tyle naïf de starlette
:

"Le Consul était en bas de soie, culotte satinée blanc, uniforme vert, parements et collets rouges, son chapeau sous le bras. Je me levai. Il vint à moi, me regarda avec ce sourire enchanteur qui n'appartenait qu'à lui, me prit la main, me fit asseoir sur un énorme divan et leva mon voile, qu'il jeta par terrre sans plus de façon. Mon beau voile, c'est aimable, s'il marche dessus. Il va me le déchirer, c'est fort désagréable.

" - Comme votre main tremble. Vous avez donc peur de moi, je vous parais effrayant : moi, je vous ai trouvée bien belle, hier, madame, et j'ai voulu vous complimenter. Je suis plus aimable et plus poli que vous, comme vous voyez.
" - Comment cela, monsieur ?
" - Comment ? Je vous ai fait remettre 3 000 francs après vous avoir entendu dans Emilie, pour vous témoigner le plaisir que vous m'aviez fait. J'espérais que vous me demanderiez la permision de vous présenter pour me remercier. Mais la belle et fière Emilie n'est point venue.


" Je balbutiais, je ne savais que dire.

" - Mais je ne savais pas, je n'osais prendre cette liberté.
" - Mauvaise excuse ; vous aviez donc peur de moi ?
" - Oui.
" - Et maintenant ?
" - Encore plus.

"Le Consul se mit à rire de tout son coeur.

" - Dites-moi votre nom.
" - Joséphine-Marguerite.
" - Joséphine me plaît ; j'aime ce nom, mais je voudrais vous appeler Georgina, hein ? Voulez-vous ? Je le veux.
" (Le nom m'est resté dans la famille de l'Empereur.)
" - Vous ne parlez pas, ma chère Georgina ?
" - Parce que toutes ces lumières me fatiguent, faites-les éteindre, je vous prie, il me semble qu'alors je serai plus à l'aise pour vous entendre et vous répondre.
" - Ordonnez, chère Georgina.

"Il sonne Roustan :

" - Eteins le lustre. Est-ce assez ?
" - Non, encore la moitié de ces énormes candélabres.
" - Fort bien, éteins. A présent, y voit-on trop ?
" - Pas trop, mais assez.


"Le Consul, fatigué quelquefois de ses glorieuses et graves préoccupations, semblait goûter quelque plaisir à se trouver avec une jeune fille qui lui parlait tout simplement. C'était, je le pense, nouveau pour lui. (Il faut avouer que, d'après l'exemple qu'elle vient de nous en donner, la conversation de Mlle George ne nous semble pas avoir été d'une richesse exténuante...)

" - Voyons Georgina, racontez-moi tout ce que vous avez fait ; soyez bonne et franche, dites-moi tout cela

"Il était si bon, si simple, que ma crainte disparaissait.

" - Je vais vous ennuyer, puis, comment dire tout cela ? Je n'ai pas d'esprit ; je vais très mal raconter.
" - Dites toujours.

" Je fis le récit de ma très petite existence, comment je vins à Paris, toutes mes misères.

" - Chère petite, vous n'étiez pas riche, mais à présent, comment êtes-vous ? Qui vous a donné ce beau cachemire, le voile, etc. ?

"Il savait tout. Je lui racontai toute la vérité sur le prince Sapiéha.
"C'est bien, vous ne mentez pas : vous viendrez me voir, vous serez discrète, promettez-le-moi.

"Il était bien tendre, bien délicat, il ne blessait pas ma pudeur par trop d'empressement, il était heureux de trouver une résistance timide. Mon Dieu, je ne dis pas qu'il était amoureux, mais bien certainement je lui plaisais. Je ne pouvait en douter. Aurait-il accepté tous mes caprices d'enfant ? Aurait-il passé une nuit à vouloir me convaincre ? Il était très agité pourtant, très désireux de me plaire, il céda à ma prière qui lui demandait toujours en grâce :

" -Pas aujourd'hui. Attendez, je reviendrai, je vous le promets.

"Il cédait, cet homme devant lequel tout pliait. Est-ce peut-être ce qui le charmait ? Nous allâmes ainsi jusqu'à cinq heures du matin. Depuis huit heures, c'était assez.

" - Je voudrais m'en aller.
" - Vous devez être fatiguée, chère Georgina. A demain ; vous viendrez ?
" - Oui, avec bonheur, vous êtes trop bon, trop gracieux pour que l'on ne vous aime pas... et je vous aime de tout mon coeur... Rolling Eyes

"Il me mit mon châle, mon voile. J'étais loin de m'attendre à ce qui allait arriver à ces pauvres effets.
En me disant adieu, il vint m'embrasser au front. Je fus bien sotte, je me mis à rire et lui dis :


" - Ah ! c'est bien : vous venez d'embrasser le voile du prince Sapiéha.

"Il prit le voile, le déchira en mille petits morceaux ; le cachemire fut jeté sous ses pieds. Puis, j'avais au col une petite chaîne qui portait un médaillon des plus modestes, de la cornaline ; au petit doigt, une petite bague plus modeste encore, en cristal, où Mme de Ponty avait mis des cheveux blancs de Mlle de Raucourt. La petite bague fut arrachée de mon doigt, le consul la brisa sous son peid. Ah ! Il n'était plus doux alors. Je fus interdite et me disais :

" - Quand tu me reverras, il fera beau.

" Je tremblais. Il revint tout gentiment près de moi.

" - Chère Georgina, vous ne devez rien avoir que de moi. Vous ne me bouderez pas, ce serait mal, et j'aurais mauvaise opinion de vos sentiments s'il en était autrement.

"On ne pouvait pas en vouloir longtemps à cet homme ; il y avait tant de douceur dans sa voix, tant de grâce, qu'on nétait forcée de dire :

" -Au fond, il a bien fait.
" - Vous avez bien raison. Non, je ne suis pas fâchée, mais je vais avoir froid, moi.

"Il sonna Constant.

" - Apporte un cachemire blanc et un grand voile d'Angleterre .

"Il me conduisit jusqu'à l'Orangerie.

" - A demain, Georgina, à demain."................


(Ouf ! suis pas fâchée d'avoir fini de vous taper ce dialogue plein de niaiseries... scratch Very Happy )

Et la comédienne rentra chez elle avec une écharpe appartenant à Joséphine...
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epistophélès

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MessageSujet: NAPOLEON ET LES FEMMES   Jeu 26 Avr - 20:13

Ainsi se serait passée la première nuit de Mlle George à Saint-Cloud. Pour qui connaît la nature impétueuse du futur empereur, il semble incroyable que la comédienne n'ait pas été troussée, déshabillée et comblée au cours des dix premières minutes d'entretien. Mais nous savons que les "mémoires" ne sont écrits, le plus souvent, que pour cacher joliment certaines faiblesses...
Le lendemain, Mlle George revint. Cette fois, nous dit-elle, Bonaparte osa se montrer timidement galant :

"Le Consul fut plus tendre que la veille, plus pressant ; mon trouble était palpitant, je n'ose dire ma peudeur, puisque j'étais venue de ma propre volonté ; il n'accablait de tendresse, mais avec une telle délicatesse, avec un empressement rempli de trouble, craignant toujours les émotions pudiques d'une jeune fille qu'il ne voulait pas contraindre, mais qu'il voulait amener à lui par un sentiment tendre et doux, sans violence.
Mon coeur éprouvait un sentiment inconnu, il battait avec force, j'étais entraînée, malgré moi. Je l'aimais cet homme si grand qui m'entourait de tant de ménagements, qui ne brusquait pas ses désirs, qui attendait la volonté d'une enfant, qui se pliait à ses caprices."

Le troisième jour, enfin, - toujours d'après Mlle George - le Premier Consul passa aux actes.
Ecoutons la comédienne :


"Il défaisait petit à petit toute ma toilette. Il se faisait femme de chambre avec tant de gaieté, tant de grâce et de décence qu'il fallait bien céder, en dépit qu'on en ait. Et comment n'être pas fascinée et entraînée vers cet homme ? Il se faisait petit et enfant pour me plaire. Ce n'était plus le Consul, c'était un homme amoureux peut-être, mais dont l'amour n'avait ni violence, ni brusquerie ; il vous enlaçait avec douceur, ses paroles étaient tendres et pudiques : impossible de ne pas éprouver près de lui ce qu'il éprouvait lui-même."

C'est alors que Bonaparte, ayant complètement dénudé la comédienne, se montra homme de bonne compagnie...
Particulièrement brillant ce soir-là, il renouvela plusieurs fois ses bonnes manières, et "l'entretien" se termina à l'aube.

Un peu confuse, Mlle George continue :

"Je me séparai du Consul à sept heures du matin, mais honteuse du désordre charmant que cette nuit avait causé. J'en témoignai tout un embarras.

" - Permettez-moi d'arranger cela.
" - Oui, ma bonne Georgina, je vais même t'aider dans ton service.

"Et il eut la bonté d'avoir l'air de ranger avec moi cette couche, témoin de tant d'oublis et de tant de tendresses..."


Devenue la maîtresse de Bonaparte, Mlle George, la fesse à l'air et le duvet au vent, allait être un extraordinaire témoin pour l'Histoire...
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MessageSujet: NAPOLEON ET LES FEMMES   Jeu 26 Avr - 20:23

La liaison du Premier Consul et de Georgina, malgré l'extrême discrétion de leurs rencontres, ne tarda pas à être connue du public.
Bientôt, des couplets moqueurs coururent Paris. En voici deux qui donneront une idée du ton assez leste employé par les chansonniers :


Au château de Saint-Cloud,
La ravissante George,
Point timide du tout,
Va dénuder sa gorge.
Comme elle est jolie fille,
Ce beau panorama
Fait lever la béquille
Du père Barnaba ..................
("La béquille du père Barnaba était une expression gauloise née des mésaventures d'un capucin du XVIIIe siècle, qui avait, disait-on oublié, un soir, sa béquille dans un mauvais lieu...)

Aussitôt, mise en goût,
Elle devient soumise,
Retire ses bijoux,
Ses bas et sa chemise,
Et se met dans les draps
Pour goûter la béquille
Du père Barnaba...


Cette chanson malicieuse fut chantée, à voix basse, pendant quelque temps : puis les Parisiens s'enhardirent. Un soir que Mlle George jouait Cinna au Théâtre Français, une petite manifestation vint prouver à Bonaparte que ses valets écoutaient aux portes et manquaient de discrétion. Lorsque la jeune tragédienne arriva au vers :

Si j'ai séduit Cinna, j'en séduirai bien d'autres,


tous les spectateurs, levés d'un bons, se tournèrent, en effet, vers la loge du Premier Consul et applaudirent à tout rompre...
Ce qui ne fit pas plaisir à Joséphine
.
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MessageSujet: Re: NAPOLEON ET LES FEMMES   Ven 27 Avr - 10:48

"Et la comédienne rentra chez elle avec une écharpe appartenant à Joséphine..."
Que le vêtement ait été volé à l'épouse légitime de son amant était nettement plus convenable lol!
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MessageSujet: NAPOLEON ET LES FEMMES   Ven 27 Avr - 20:23

Les domestiques du palais, déjà si bavards, allaient avoir bien d'autres choses à raconter.
Le comportement de Bonaparte avec Mlle George prit bientôt un caractère tellement extravagant que les soirs où les amants se retrouvaient, il n'y avait plus une place libre aux trous de serrure. Valets et femmes de chambre, stupéfaits, voyaient le maître de la France se livrer à des plaisanteries de collégien, se cacher sous la table, mettre la robe de Georgina, imiter un chanteur d'opéra ou faire des grimaces...
Ce Napoléon inconnu, mais savoureux, nous est montré par Mlle George elle-même dans ses Mémoires :


"J'arrive un soir aux Tuileries. Constant me dit :
" - Le Consul est monté, il vous attend.
" J'entre. Personne. Je cherche dans toutes les chambres. J'appelle. Rien. Personne. Je sonne.
" - Constant, le Consul est descendu ?
" - Non, Madame, cherchez bien.

"Il me fait signe et me montre la porte du boudoir où je n'avais pas eu idée d'entrer. Le Consul était là, caché sous les coussins, et riant comme un écolier."

Un autre soir, Bonaparte s'adonna à des enfantillages que les écrivains fervents et les historiens austères se sont bien gardés de nous rapporter. Ecoutons encore Mlle George :

"J'avais une jolie couronne de roses blanches. Le Premier Consul qui, ce soir-là, était d'une gaminerie charmante, se coiffa avec ma couronne, et, en se regardant dans la glace, me dit :

" - Hein, Georgina, comme je suis joli avec la couronne. J'ai l'air d'une mouche dans du lait. (Ce sont ses enfantines paroles.)
"Puis il se mit à chanter et me força à chanter avec lui le duo de la Fausse Magie :

Vous souvient-il de cette fête
Où l'on voulut nous voir danser ?"

Les domestiques, ce soir-là, durent passer un bon moment...


Lorsqu'il était avec Mlle George, Bonaparte n'occupait pas, bien entendu, tout son temps à faire des pitreries. Il savait aussi être tendre, passionné et d'une virilité de bon aloi.
"A cette époque, nous dit Albert Sylvain, son appétit sexuel prit les formes d'une boulimie. En homme méticuleux, il organisa sa vie en conséquence et eut bientôt, à deux pas de son bureau, un boudoir propice aux rencontres rapides et discrètes."
A Saint-Cloud, il fit aménager un petit appartement jouxtant sa bibliothèque et, aux Tuileries, il transforma le logement qu'avait occupé Bourrienne en un lieu de détente et de délices (1)

Dans ces retraites sûres, pour peu qu'il eût quelques loisirs, il oubliait les soucis du pouvoir en batifolant comme un amoureux de vingt ans.
Ecoutons encore Mlle George, bien placée pour nous renseigner :


"Pendant les quinze premiers jours, il a satisfait à ma scrupuleuse délicatesse, et j'ose dire à ma pudeur, en réparant le désordre des nuits, en ayant l'air de refaire le lit. Il faisait ma toilette, me chaussait et même, comme j'avais des jarretières à boucles, ce qui l'impatientait, il me fit faire des jarretières fermées, que l'on passait par le pied..."
Après avoir rappelé ces détails charmants, la pudique tragédienne, craignant d'en avoir trop dit, s'empressa d'ajouter une longue note pour Marceline Desbordes-Valmore, qui devait revoir, élaguer, récrire au besoin le manuscrit des Mémoires
(2)

"Je vous donne crûment ces détails, parce que vous m'avez dit de tout mettre sur le papier, bien bonne Madame Valmore. J'obéis. Comment pourrez-vous dire que le sommeil de l'Empereur était aussi calme que celui d'un enfant, sa respiration douce, que son réveil était charmant et avait le sourire sur les lèvres; qu'il reposait sa noble tête sur mon sein et dormait presque toujours ainsi et que, toute jeune que j'étais, je faisais des réflexions presque philosophiques en voyant ainsi cet homme, qui commandait au monde, s'abandonner rour entier dans les bras d'une fille ? Ah ! il savait bien que je me ferais tuer pour lui. Tous ces détails pour vous, mon cher Valmore ; je serais confuse si votre cher fils les lisait. L'amour de l'Empereur était doux. Jamais de dévergondage dans les moments les plus intimes. Jamais de paroles obscènes. Des mots charmants : "M'aimes-tu, ma Georgina ? Es-tu heureuse d'être dans mes bras . Moi, je vais dormir aussi."
"Tout cela est vrai, mais comment le dire ? Vous avez le secret de faire comprendre délicatement ; moi, je ne suis qu'une brute".


(1) Cf. MOLE : "J'ai reçu de ceux qui approchaient Napoléon des révélations curieuses sur sa vie privée. Elle se modifia par degrés, quoiqu'elle n'ait jamais été scandaleuse. D'abord, elle fut austère, sans que cela parût lui coûter. Peu à peu son teint s'éclaircit, il prit de l'embonpoint, mangea davantage et parut prendre des habitudes et des facultés nouvelles. C'est vers l'époque du Consulat à vie que le public put remarquer la révolution qui s'était faite dans l'organisation de cet homme qui fixait les regards du monde. Sa femme, qu'il avait passionnément aimée, se plaignait hautement de ses infidélités, dont elle tirait, d'ailleurs, de complètes vengeances. Il se faisait amener de nuit, secrètement, telle ou telle actrice. Joséphine se vengeait avec quelques uns de ses aides de camp" (Mémoires.)

(2) La larmoyante poétesse commença ce travail ingrat, mais ne le termina point. Nous devons nous en féliciter, car elle eût mis de la littérature dans un récit dont la maladresse et la simplicité font tout le charme. Ce' sont des extraits du manuscrit non retouché que nous publions dans ce chapitre
.
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MessageSujet: Re: NAPOLEON ET LES FEMMES   Dim 29 Avr - 10:37

Je vais faire le difficile mais .. j'aime pas quand tu écris en jaune !
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epistophélès

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MessageSujet: NAPOLEON ET LES FEMMES   Dim 29 Avr - 13:05

Pffffffffffff, c'est pas jaune, mais orange. Néanmoins, je prends bonne note et ne mettrai plus cette couleur..... Wink
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epistophélès

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MessageSujet: NAPOLEON ET LES FEMMES   Dim 29 Avr - 13:07

Le jaune c'est ça............ aïe, aïe, les gneux ........... Razz
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MessageSujet: NAPOLEON ET LES FEMMES   Dim 29 Avr - 17:18

Malgré la jalousie de Joséphine, Mlle George vint ainsi, pendant plusieurs mois donner le meilleur d'elle-même au Premier Consul, qui trouvait dans ses bras un excellent dérivatif à ses ennuis de chef d'Etat.
Or, au début de 1803, il eut singulièrement besoin du corps nacré et savoureux de la jeune tragédienne. Les Anglais cherchaient, en effet, à rompre le traité d'Amiens et lui causaient mille tracasseries.
Au mois de mars, excédé, il envisagea un débarquement en Angleterre et décida brusquement de partir pour Boulogne. Quelques heures avant de monter en voiture, il fit appeler Mlle George.

Ecoutons-la :


"On vient me chercher à huit heures du soir. J'arrive à Saint-Cloud et, ce soir-là, je passai dans la pièce attenant à la chambre à coucher. C'était la première fois que je voyais cette pièce, qui était la bibliothèque.
"Le Consul vint aussitôt.

" - Je t'ai fait venir plus tôt, Georgina. J'ai voulu te voir avant mon départ.
" - Ah ! mon Dieu, vous partez ?
" - Oui, à cinq heures du matin. Pour Boulogne. Personne ne le sait encore.

"Nous nous étions assis tout simplment sur le tapis.

" - Eh bien ! tu n'es pas triste ?
" - Mais si, je suis triste.
" - Non, tu n'éprouves aucune peine de me voir éloigné.

"Il mit la main sur mon coeur et dit, comme s'il me l'arrachait, en me disant d'un moitié colère et moitié tendre :

" - Il n'y a rien pour moi dans ce coeur.
"(Ses propres paroles.)

"J'étais au supplice et j'aurais tout donné au monde pour pouvoir pleurer ; mais enfin je n'en avais pas envie.
"Nous étions sur le tapis, près du feu. Mes yeux étaient fixés sur le feu et les chenets brillants. Restant là, figée comme une momie, soit l'éclat du feu ou des chenets ou ma sensibilité, si vous l'aimez mieux, deux grosses larmes tombèrent sur ma poitrine, et le Consul, avec une tendresse que je ne peux reproduire, baisa ces larmes et les but. (Hélas ! comment dire cela ? Et pourtant, c'est vrai.)
"Je fus tellement touchée au coeur de cette preuve d'amour que je me mis à sangloter de véritables larmes. Que vous dire ? Il était délirant de bonheur et de joie. Je lui aurais demandé les Tuileries dans ce moment-là qu'il me les aurait données. Il riait, il jouait avec moi, il me faisait courir après lui.
"Pour éviter de se laisser attraper, il montait sur l'échelle qui sert à prendre les livres, et moi, comme l'échelle était sur roulettes et très légère, je promenais l'échelle dans toute la longueur du cabinet, lui riant et me criant :

" - Tu vas me faire mal ! Finis, ou je me fâche !

"Ce soir là, le Consul me fourra dans la gorge un gros paquet de billets de banque.

" - Eh, mon Dieu ! pourquoi me donnez-vous tout cela ?
" - Je ne veux pas que ma Georgina manque d'argent pendant mon absence.

" (Ses propres paroles.)

"Il y avait qarante mille francs." (Douze millions de nos anciens francs !)


A son retour, Bonaparte et Georgina reprirent leurs habitudes, et leur liaison eût été sans nuages si un incident fâcheurx n'avait provoqué un scandale aux Tuileries.

Alors que le Premier Consul pouvait, nous dit-on, "diriger à son gré les mouvements orageux de la volupté", un soir, il fut pris d'une crise de nerfs - certains disent d'épilepsie - et perdit connaissance entre les bras de la tragédienne, qui le crut mort. Affolée, Mlle George se pendit aux sonnettes. "On court chercher médecin et chirurgien, la rumeur parvient à Joséphine et l'éveille. Elle passe un peignoir, court chez Bonaparte et le trouve toujours évanoui, soutenu par Mlle George nue. Elle s'empresse et, quand le malade reprend ses sens, il voit, l'entourant, la maîtresse et l'épouse. Il se mit dans une fureur qui manqua de le faire retomber dans l'état où il venait de sortir.
On fit disparaître l'actrice tremblante, et jamais il ne lui pardonna l'esclandre qu'elle avait occasionné". (1)
Comme quoi une favorite doit savoir conserver en toute occasion son sang-froid, même si, par ailleurs, certains côtés de son individu sont un peu chauds.


(1) COUSIN D'AVALLON, Bonapartiana
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MessageSujet: NAPOLEON ET LES FEMMES   Dim 29 Avr - 18:05

BONAPARTE QUITTE Mlle GEORGE POUR ÊTRE SACRE EMPEREUR



Tous les prétextes lui étaient bons - MICHELET -




PENDANT quelque temps, Bonaparte écarta de son lit la trop émotive Mlle George et chercha une autre comédienne pour enchanter ses nuits.
Il ne fut pas long à trouver.
Il y avait alors dans la troupe de la Comédie-Française une jeune personne aux yeux chauds, nommée Catherien-Joséphine Raffin et dit Duchesnois, dont les vieux amateurs de théâtre s'entretenaient volontiers.
Une rivalité sourde opposait Georgina à cette pétulante actrice, et leur petite guerre passionnait le public.
Chacune avait ses partisans. Ironiques, les gazettes appelaient ceux de la belle Mlle George, les Georgiens et ceux de Mlle Duchesnois - qui était fort maigre - les Carcassiens... Et l'on chantait :


Entre deux actrices nouvelles,
Les beaux esprits sont partagés :
Mais ceux qui ne se sont rangés
Sous les drapeaux d'aucune d'elles,
Préféreront sans contredit,
Sauf le respect de Melpomène,
D'entendre l'une sur la scène,
Et tenir l'autre dans son lit
.


Bonaparte ne fut pas de cet avis. Un soir, après avoir entendu Mlle Duchesnois sur scène, il désira la connaître pluss profondément et l'envoya chercher par Constant.
Ancienne "fille à parties", la tragédienne ne se fit pas prier. Elle mit des dessous affriolants, une robe élégante et grimpa dans la voiture qui attendait devant sa porte.

- Vous croyez qu'il va me prendre dans ses bras ? demanda-t-elle.

Constant était discret, galant et ambigu comme un diplomate. Il répondit habiliement que ce serait là, sans doute, la moindre des choses.


Lorsqu'il furent aux Tuileries, le valet conduisit Mlle Duchesnois dans la chambre secrète et alla prévenir le Premier Conseul. Celui-ci, entouré de ses conseillers, était en plein travail.

- Qu'elle attende, dit-il.

Au bout d'une demi-heure, la jeune femme, un peu inquiète, demanda à Constant de rappeler à son maître qu'elle était là.
Le valet entrouvrit la porte du bureau et transmit le message.

- Qu'elle se déshabille, dit Bonaparte.

Mlle Duchesnois obéit, et, nous dit-on, "ne garda que la portion de vêtement la plus indispensable..."

Une demi-heure passa encore. Le Premier Consul, penché sur ses dossiers, oublait la victime grelottante qui l'attendait dans la chambre sans feu. Alors, Mlle Ducesnois sonna et pria Constant d'aller dire qu'elle était transie.

- Qu'elle se couche, dit Bonaparte, sans même lever la tête.

Une heure plus tard, ne voyant rien venir, Mlle Duchesnois rappela Constant, qui se rendit une nouvelle fois dans le bureau du Premier Consul. Cette foi, Bonaparte fit un geste agacé :

- Qu'elle s'en aille, dit-il.

Et il reprit son travail.


Mlle Duchesnois, atrocement vexée, se releva, se rahabilla et retourna chez elle, avec, dans le coeur, le germe d'une belle haine...
("Ce en quoi, écrit Albert Sylvain, la belle avait tort, car sans cette anecdote, qui parlerait encore de Mlle Duchesnois ?" Napoléon et la sexualité.
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MessageSujet: Re: NAPOLEON ET LES FEMMES   Dim 29 Avr - 20:15

T'es un chou ....... Cool
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MessageSujet: NAPOLEON ET LES FEMMES   Dim 29 Avr - 20:33

Le 18 mai 1804, l'Empire fut institué par un senatus consulte, et pendant quelques semaines, Napoléon consacra tout son tems aux affaires de l'Etat. Mais un soir, il eut l'oeil allumé en remarquant la croupe appétissante de Mlle Bourgoin, jeune et jolie sociétaire du Théâtre-Français, dont le grand chimiste Chaptal (alors ministre de l'Intérieur) était léamant en titre (elle l'appelait amicalement "papa clystère"...)
Il se renseigna, apprit que la demoiselle, qu'on appelait "la déesse de la joie et des plaisirs", avait des goûts prononcés pour le libertinage, qu'elle aimait les plaisanteries épicées et que son air ingénu masquait un tempérament fougueux auquel se réchauffaient avec ravissement les cinquante ans du ministre...

Alléché, il demanda à Constant de faire venir cette ravissante cavale aux Tuileries. Le valet lui répondi que Chaptal en était très jaloux.

- Cela me donne une idée... Convoquez le ministre ppour dix heures ce soir. Quand il sera là, vous ferez chercher Mlle Bourgoin. Il saura ainsi à quoi s'en tenir sur la vertu de sa protégée...

Le soir, Chaptal était en train de travailler dans le bureau de Napoléon quand Constant entra :

- Sire, Mlle Bourgoin est là, elle vous attend dans la chambre ! ...
- Dites-lui de se déshabiller, j'arrive, dit l'Empereur.

Après quoi, curieux de connaître les réactions de Chaptal, il se retourna et eut la stupéfaction de voir le ministre de l'Intérieur ramasser ses papiers, les remettre calmement dans son portefeuille, saluer et sortir sans un mot.
Le soir même, Napoléon, ayant savouré le corps délectable de Mlle Bourgoin, reçut la démission du savant...
Sa plaisanterie galante lui avait fait perdre un collaborateur de premier ordre...


Le lendemain, dans tous les coins sombres des Tuileries, on ne parlait que du pauvre M. Chaptal et de ses ennuis sentimentaux.

- Voilà ce que c'est d'être quotidiennement avec des cornues..., disaient les beaux esprits, il vous en reste quelque chose...

Sans doute aurait-on ri de ce bon mot pendant la semaine entière si un autre savant n'avait été, le surlendemain, le héros d'un exploit sans précédent.
Depuis quelques jours, on savait à Paris que le jeune physicien Joseph-Louis Gay-Lussac, qui s'était, un moi plus tôt, élevé en ballon à la hauteur vertigineuse de 4 000 mètres pour faire des observations sur la force magnétique, avait décidé de tenter une nouvelle expérience.
Son dessein était naturellement discuté avec une sentencieuse imbécilité par des marchands de vins, des dames de la Halle et des cireurs de bottes.


Les uns se demandaient comment le savant redescendrait au cas où il parviendrait jusqu'à la lune, d'autres prétendaient qu'il serait attaqué par des aigles, d'autres encore "qu'il se brûlerait aux étoiles", tous enfin étaient d'accord pour affirmer qu'il était navrant de voir les impôts servir à financer de telles plaisanteries.
Ces critiques n'empêchaient pas les braves gens d'être fort excités par l'entreprise de Gay-Lussac. Et, le 16 septembre au matin, il y avait foule autour du Conservatoire des Arts et Métiers, d'où le physicien devait s'envoler.


A 9 heures, on coupa les cordes, et le ballon, dont on voyait le sommet au-dessus des arbres, monta rapidement danss le ciel de Paris. Pendant vingt minutes, le jeune savant, vers qui s'élevaient de folles acclamations, fit des signes d'adieu avec son bicorne. Puis le "laboratoire volant" disparut derrière les nuages.
Or, tandis que less Parisiens rentraient chez eux en pensant que l'aéronautique était arrivée à un point de perfection qu'il serait difficile de dépasser, Gay-Lussac, poussé vers la Normandie par les vents du sud-est, se trouvait stoppé dans son ascension à 4 000 mètres. Bien décidé à battre son précédent record, il jeta tout son lest, et le ballon bondit jusqu'à 5 500 mètres. Le physicien, considérant qu'il pouvait faire mieux encore, prit alors sa chaise et la lança dans le vide. Cette fois, l'aéronef grimpa à 7 016 mètres. Jamais un être humain n'avait espéré monter si haut.

Ivre dejoie, Gay-Lussac observa que sa respiration était gênée, son pouls accéléré et son gosier sec. Il en prit note fébrilement, sans se douter qu'au-dessous de lui un curieux incident se produisait.


Traversant les airs, sa chaise était tombée aux pieds d'une bergère. Prise d'une religieuse frayeur, la paysanne pensa qu'il s'agissait d'une des chaises sur lesquelles sont assis les Bienheureux à la droite de Dieu... Et, dans sa naïve piété, elle alla en porter les débris à l'église de son village...
Quelques jours plus tard, cette histoire était rapportée à Paris, où la Cour s'en divertit à grands cris
.
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MessageSujet: Re: NAPOLEON ET LES FEMMES   Dim 29 Avr - 21:16

Very Happy
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MessageSujet: NAPOLEON ET LES FEMMES   Lun 30 Avr - 3:00

Mlle Bourgoin, malgré tous ses talents, ne retint pas longtemps l'Empereur. Au bout de deux semaines, agacé par les plaisanteries grossières qui constituaient le fond de sa conversation, il cessa de la faire venir et rappela Georgina.
La jeune tragédienne, qui avait souffert de la rupture, commença par refuser. Puis elle se rendit aux Tuileries, où Napoléon l'accueillit avec empressement, la déshabilla avec gourmandise et l'honora avec vigueur...


Quand ils eurent retrouvé leur calme, l'Empereur embrassa tendrement Mlle George et lui dit :

- Ma chère Georgina, pendant un certain temps, nous allons cesser de nous rencontrer. Il va se passer un grand événement qui prendra tous mes instants ; mais je vous reverrais, je vous le promets.


Cet événement était le sacre. Depuis quelque temps, en effet, Napoléon avait décidé de se faire couronneret, dans sa famille, les princes, les altesses, les ducs, étaient déjà désignés.
Ces titres, pourtant prestigieux, ne réussirent point à entamer la mauvaise humeur habituelle des Bonaparte.
Au contraire. En apprenant qu'Hortense devenait princesse, Pauline, Caroline et Elisa entrèrent dans une violente colère.

- Quoi ? une étrangère ! criaient-elles.
- A vous entendre, leur dit Napoléon avec humour, on croirait que je vous ai volé l'héritage de feu notre père...

Les trois femmes se calmèrent. Mais quand elles surent que l'Empereur voulait faire sacrer Joséphine par le pape, leur rage se réveilla et n'eut plus de limites.
Courant chez leur frère, elles lui firent une scène épouvantable, assourdissante, dans un mélange de français et d'italien.
Excédé, Napoléon répondit calmement qu'il était le maître et qu'il ne se laisserait pas dicter ses actes par des putains. Puis il quitta la pièce tandis que Caroline tombait évanouie sur le tapis
.
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MessageSujet: NAPOLEON ET LES FEMMES   Lun 30 Avr - 20:33

Le soir, Joseph s'éleva à son tour contre le couronnement de Joséphine :

- Cette consécration, dit-il, favorise les enfants de Louis. Ils vont devenir petits-fils d'impératrice, tandis que les miens seront fils de bourgeoise (Louis Bonaparte avait épousé Hortense le 14 janvier 1802).

Il n'eut pas plus de chance que ses soeurs. L'Empereur se contenta de hausser les épaules.
Sa décision était irrévocablement prise : la femme qu'il avait aimée lorsqu'il était le général Vendémiaire deviendrait "plus que reine".

Un soir, il se confia à Roederer :

- Si j'avais été dans une prison, au lieu de monter sur le trône, dit-il, elle aurait partagé mes malheurs. Il est donc juste qu'elle participe à ma grandeur.

Et il ajouta, avec sa générosité habituelle :

- Elle sera couronnée, dût-il m'en coûter deux cent mille hommes.


Quand elle sut qu'elle allait être sacrée à Notre-Dame, la Créole qui commençait à craindre d'être répudiée, voulut profiter de l'occasion pour obliger Napoléon à l'épouser religieusement.
L'affaire étant délicat, elle imagina de s'assurer l'appui du pape.
Secrètement, elle demanda une audience privée à Pie VII, qui venait d'arriver, et lui avoua qu'elle n'était unie à Napoléon que par le lien civil.
Sa Sainteté sursauta discrètement.

- Je crains, dans ce cas, ajouta hypocritement Joséphine, que le sacre ne soit pas possible.

Le pape, ravi de cette petite tracasserie qui allait le venger de bien des brimades, répondit en souriant :

- Soyez en paix, ma fille, nous arrangerons cela !

Quelques jours plus tard, il prenait l'Empereur à part :

- Nous sommes au regret, mon fils, de vous rappeler que vous n'êtes pas marié selon les règles sacrées de notre Sainte-Eglise... Aussi, tout comme notre bienheureux prédécesseur Jean VIII, qui refusa de couronner Louis le Bègue, dont le mariage n'étai_t pas valable, ne pouvons-nous vous donner les aintes marques du sacre tant que vous n'aurez pas reçu la bénédiction nuptiale.


Napoléon dut s'incliner. Et, le 1er décembre, veille de la cérémonie à Notre-Dame, un autel ayant été dressé dans la chambre de Joséphine, l'oncle de l'Empereur, le cardinal Fesch, maria en cachette les deux souverains.
Dès lors, l'ancien général jacobin pouvait être couronné empereur avec la complicité de la Sainte-Eglise catholique...

Le sacre eut lieu le lendemain dimanche 2 décembre 1804.

Ecoutons Mlle George, témoin exceptionnel, nous faire le reportage de cette extraordinaire journée :


"J'étais d'une tristesse accablante. Pourquoi ? Je devais être joyeuse de voir le grand Napoléon élevé au rang qui lui appartenait et qu'il avait conquis ; mais l'égoïsme est toujours là. Il me semblait qu'une fois sur le trône, jamais l'Empereur ne reverrait la pauvre Georgina. Je ne désirais pas voir cette cérémonie. J'avais des places pour Notre-Dame. Rien ne m'aurait décidée à y aller. D'ailleurs, je n'ai jamais eu la moindre curiosité pour les fêtes publiques. Mais ma famille voulait voir. Je fis louer des croisées dans une maison qui faisait face au Pont-Neuf . Pour 300 francs, nous en fûmes quittes ; mais il fallait aller à pied, j'eus bien de la peine à m'y décider ; de la rue Saint-Honoré, la course était bonne, et au mois de décembre ! Nous fîmes nos toilettes à la lumière et quand nous partîmes à peine s'il faisait jour. Les rues étaient encombrées, sablées, on ne pouvait marcher qu'au pas, tant il y avait du monde. Au bout de deux heures, nous étions en possession de nos chères fenêtres. Mon valet de chambre ayant été à l'avance commander un bon feu et le déjeuner, nous étions à l'abri du froid et de la faim. L'argent est bon quelquefois. Nous avions quatre fenêtres , deux sur la palce et deux sur le quai. Le salon était bien, très bonnes bergères, très bons fauteuils, c'esst-à-dire tous très durs, les meubles de cette époque étaient atroces.
"Au moindre mouvement, on se jetait aux fenêtres.
" - Viens ma soeur, viens voir le cortège.
" - C'est bien, j'aurai le temps. Vous ouvrez les fenêtres à chaque instant, je suis gelée, laisse-moi au feu, il faudra peut-être jouer demain : je n'ai pas envie de m'enrhumer.
"Puis j'étais d'un ennui assommant.
" - Je dors. Vous m'éveillerez quand vous verrez les chevaux.
" - Ah ! ah ! Le cortège.
"Cette fois, c'était bien lui.
"Les voitures à glace, toute la famille, les soeurs de l'Empereur, cette belle et suave Hortense. La voiture du pape Pie VII ; le port-croix monté sur sa mule et que les mauvais petits gamins tourmentaient ; les pièces de monnaie que l'on jetait dans la foule.
"Enfin, la voiture de l'Empereur, chargée d'or ; tous les pages sur les marches , derrière, partout étaient admirables à voir.Nous étions au premier étage et iren ne nous échappait : nos regards plongeaient dans les voitures. L'Empereur, calme, souriant ; l'Impératrice Joséphine était merveilleuse ; les grandeurs ne l'avaient pas changée ; c'était une femme d'esprit et de coeur. (1)
"Le brillant cortège fini, je rentrai chez moi, le coeur triste, en me disant :
"Allons, tout est fini."


(1) A Notre-Dame, les soeurs de l'Empereur, qui portaient la traîne de Joséphine, avaient failli créer un incident. Furieuses d'être chargées d'une "besogne aussi servile", elle tirèrent à certain moment sur le manteau avec tant de force que les assistants virent l'Impératrice trébucher, et manquer de tomber à la renverse.
Bref, la petite guerre s'était poursuivie jusqu'au pied du trône pontifical
...)
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MessageSujet: NAPOLEON ET LES FEMMES   Lun 30 Avr - 20:50

En effet, tout était fini pour elle. Et Alexandre Dumas lui ayant un jour posé la question :

- Comment Napoléon vous a-t-il quittée ?

Elle pourra répondre fièrement :

- Il m'a quittée pour se faire empereur...

Pourtant, elle revit une fois son amant.

Ecoutons-la :


"Après plus de cinq semaines, Constant arriva.
" - Quel hasard vous mène ici après une si longue absence ? Que voulez-vous ?
" - L'Empereur vous prie de venir ce soir.
' - Ah ! Il se souvient de moi. Dites à l'Empereur que je me rendrai à ses ordres. Quelle heure ?
' - Huit heures.
" - Je serai prête.
"Ah ! Cette fois, j'étais impatiente, je ne tenais pas en place ; j'avais mon pauvre coeur froissé, mon Dieu.
"J'avais fait une toilette éblouissante. L'Empereur me reçut avec la même bonté.

" - Que vous êtes belle, Georgina. Quelle parure !
" - Peut-on être trop bien, Sire, quand on a l'honneur d'être admise auprès de Votre Majesté ?
" - Ah ! ma chère, quelle tenue et quel langage maniérés. Allons Georgina, les manières guindées vous vont mal. Soyez ce que vous étiez, une excellent personne, franche et simple.
" - Sire, en cinq semaines on change ; vous m'avez donné le temps de réfléchir et de me déshabituer. Non, je ne suis plus la même, je le sens. Je serai toujours honorée quand Votre Majesté daignera me recevoir. Voilà tout. Je ne suis plus gaie. Que voulez-vous ? Je suis découragée. Il faut que je change d'air.
"Que vous dirai-je ? Il fut très indulgent, il fut parfait, se donnant la peine de me désabuser sur mes craintes. Je recevais ses bonnes paroles, mais je n'y cromyais pas. Je rentrai avec des pensées très mauvaises, presque paralysée. Dois-je croire ? Dois-je douter ? Oui, je l'ai retrouvé, comme par le passé, mais je ne sais pourquoi l'Empereur a chassé mon Premier Consul. Tout est plus grand, plus imposant, le bonheur ne doit plus être là.
Cherchons-le ailleurs, si le bonheur existe."


Ainsi se termina cette idylle entre une tragédienne pulpeuse et le futur maître de l'Europe...

(Mlle George partit quelque temps plus tard en tournée à l'étranger et devint, à Saint-Pétersbourg, la maîtresse du tsar Alexandre. En 1812, elle revint en France alors que Napoléon commençait la campagne de Russie. En passant à Brunswick, elle partagea pendant deux nuits le lit de Jérôme Bonaparte, roi de Westphalie. Comme toutes les comédiennes, elle avait le don de plaire aux dhefs d'Etats. Elle mourut en 1867, âgée de quatre-vingts ans. Très pauvre, presque dans la misère, elle avait, lors de l'Exposition de 1855, sollicité - vainement - le privilège du bureau des parapluies...
)
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MessageSujet: NAPOLEON ET LES FEMMES   Mar 1 Mai - 20:27

LE MARECHAL NEY VEUT FAIRE DE SA FEMME UNE NOUVELLE MONTESPAN



L'ambition des maris amoureux est sans limite. - MARCEL PREVOST -


LORSQUE l'Empire avait été institué, la joie de Bonaparte s'était accompagnée de quelques craintes. Comment ses anciens frères d'armes, tous ces généraux de la République qui le tutoyaient, allaient-ils désormais s'adresser à lui ? Obtiendrait-il qu'ils lui accordassent le titre de "Sire" exigé par l'étiquette de la Cour ?
Pour les y contraindre, il eut une idée. Le 19 mai, il éleva dix-huit généraux, choisis parmi les plus effrontés, à la dignité de maréchal. Ainsi, les nouveaux promus ravis de se faire appeler "Monseigneur" ne pourraient lui refuser le "Sire" qu'il désirait tant.

(Les dix-huits maréchaux étaient : Berthier, Murat, Moncey, Jourdan, Masséna, Augereau, Bernadotte, Soult, Brune, Lannes, Mortier, Ney, Davoust, Bessières, Kellermann, Lefebvre, Pérignon et Serrurier.)

Cette habile manoeuvre réussit pleinement, et les maréchaux, comprenant que leur titre était avalisé par la marque de respect qu'on exigeait d'eux, "jouèrent le jeu" avec une application enfantine.
Un homme pourtant continua de manifester son antipathie à l'Empereur. Cet homme, brave parmi les braves, mais d'esprit borné, était un Alsacien, issu d'une famille juive, que sa récente conversion au catholicisme avait fait surnommer Neu (nouveau) ; mais qui se faisait appeler Ney...


Alors que Napoléon faisait des efforts pour se concilier ce héros, celui-ci préparait un piège que l'intelligence de certains faits rend assez savoureux.
Deux ans auparavant, dans le dessein de diriger à sa guise le rétif Alsacien, Bonaparte lui avait fait épouser Aglaé Auguié, camarade de pension et amie intime d'Hortense. Or, en ce début de 1805, Ney s'efforçait, par un juste retour des choses, de mettre sa femme dans la couche de l'Empereur pour en faire une nouvelle Montespan et devenir tout-puissant...
Pendant des jours, il obligea Aglaé à se tortiller devant Napoléon, à montrer sa poitrine jusqu'à la limite de la décence et à "prendre des mines"......... Rolling Eyes Mais l'Empereur ne tomba pas dans le piège.
Ecoutons un mémorialiste :


"Depuis quelque temps, la maréchale Ney joue de la croupe et de la prunelle pour attirer l'attention de Sa Majesté. L'Empereur semble se méfier et garde un oeil froid".
Un autre confirme :

"La Cour essayait alors de pousser dans le lit de l'Empereur la jolie maréchale Ney. Il se montra rétif envers la cabale et glacé envers l'aspirante. Le maréchal, qui était l'âme damnée de la cabale, ne pardonna jamais à l'Empereur, et il est probable que son principal grief envers son bienfaiteur était de n'avoir pas été cocufié par celui-ci..."
(Désolée Jean2, mais de temps en temps j'aime bien mettre de la couleur lumineuse. Mais je vais le faire sur de courtes phrases... Embarassed Very Happy )

Cet auteur ajoute que la personne de la maréchale était mal choisie pour plaire à Napoléon.
"Mlle Auguié, malgré son élévation, avait conservé un esprit subalterne, des goûts vulgaires, un esprit mesquin et des habitudes d'antichambre. Voilà pourquoi l'Empereur ne lui accorda pas même la gloriole d'un caprice."
Et sur cet épisode, peu connu de l'histoire intime de Napoléon, il ajoute les détails suivants :

"Mme de R... était l'âme de cette intrigue de sérail : sa grotesque laideur et son nez imposant ne lui permettaient pas de briguer le rang de favorite. La dangereuse comédienne conçut un dépit amer de n'avoir pas réussi dans l'emploi des maquerelles. Il n'est pas probable que l'Empereur se soit fait scrupule de cocufier le "brave des braves". Il estimait, avec Molière, qu'un partage avec Jupiter n'a rien qui déshonore, mais enfin il se réservait le droit de choisir. Il se fit ainsi deux ennemis irréconciliables
."
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MessageSujet: NAPOLEON ET LES FEMMES   Ven 4 Mai - 20:25

A peine sur le trône, Napoléon était donc l'objet d'intrigues de cour. Toutes les femmes qui fréquentaient les Tuileries, dames de compagnie, lectrices, épouses d'officiers et de ministres, amies d'Hortense ou nièces de prélats, frétillaient avec un entrain comique dès que le nouveau souverain paraissait. Chacune, connaissant sa générosité (il donnait facilement vingt mille francs pour une nuit, c'est-à-dire six millions de nos anciens francs), espérait attirer son regard et éveiller son désir.
Certaines, ayant appris que l'Empereur était émoustillé par les tempéraments ardents, se livraient à des expériences érotiques extrêmement osées avec des membres de son entourage immédiat, à seule fin q'uil en fût informé...
Ces excès de roueries devaient valoir à l'une des dames de la cour, la ravissante Mme de V..., une très désagréable aventure.


"En janvier 1805, nous raconte E. Boivin, il se passa, aux Tuileries, un scandale dont il nous faut parler malgré notre répugnance à aborder ce genre d'histoires, car il témoigne du laisser-aller et du libertinage qui régnaient alors parmi les dames de la suite de l'Impératrice. Mme de V..., ravissante blonde aux yeux verts, avait, prétendait-on décidé de devenir, par tous les moyens, la maîtresse de l'Empereur et désirait lui faire savoir par la rumeur publique qu'elle ne dédaignait pas certaines complications amoureuses, ceci afin de le mettre en goût."

Un soir, Mme de V.... invita dans son appartement trois gardes du plais de gigantesque stature, les fit boire, les pria de se déshabiller, se dénuda et leur expliqua qu'elle ne pouvait connaître les joies de l'amour qu'en triplant les plaisirs...
"Le groupe se mit alors sur le tapis et chacun des gardes plaça son drapeua dans le fortin qui lui convenait..."
Or, à un certain moment, alors que les quatre partenaires s'activaient à la satisfaction de chacun, un rat pénétra dans la pièce. A la vue de cet animal, Mme de V... poussa un cri strident et se releva d'un bond, faisant tomber les trois gardes les uns sur les autres...
Blessé dans leur virilité, les malheureux poussèrent ensemble un hurlement qui ameuta l'étage.
Des valets et des femmes de chambre se précipitèrent et découvrirent Mme de V... en proie à une crise de nerfs et les gardes se tenant la nature en gémissant...


Cette histoire déplut énormément à Napoléon, qui fit, quelques jours plus tard, un peu de morale aux dames de la suite...

Ecoutons Mme de Rémusat :

"Un jour que nous étions un assez grand nombre de dames du palais déjeunant avec l'Impératrice, Bonaparte entra tout à coup dans la salle à manger et, avec un visage assez gai, s'apppuyant sur le dos du fauteuil de sa femme, nous adresse aux unes et aux autres quelques paroles insignifiantes. Puis, nous questionnant toutes sur la vie que nous smenons, il nous apprent, d'abord à mots couverts, que, parmi nous, il y en a quelques-unes qui sont l'objet de discours du public. L'Impératrice, qui connaissait son mari at qui savait que, de paroles en paroles, il pouvait aller très loin, veut rompre cette conversation. Mais Napoléon, la suivant toujours, arrive en peu de moments à la rendre assez embarrassante.

" - Puis, mesdames, dit-il, vous occupez les bons habitants du faubourg Saint-Germain. Ils disent, par exemple, que vous madame X..., vous avez telle liaison avec M. Y... : que vous, madame ..., en s'adressant ainsi é deux ou trois d'entre nous, les unes après les autres.
"On peut se figurer aisément l'embarras dans lequel un semblable discours nous mettait toutes. Je crois encore, en vérité, que Napoléon s'amusait de ce malaise qu'il excitait.
" - Mais, ajouta-t-il tout à coup, qu'on ne croie pas que je trouve bons de semblables propos. Attaquer ma cour, c'est m'attaquer moi-même. Je ne veux pas qu'on se permette une parole, ni sur moi, ni sur ma famille, ni sur ma cour.
"Et alors son visage devint menaçant, son ton de voix plus sévère, il fit une longue sortie contre la partie de la société de Paris qui se montrait encore rebelle, disant qu'il exilerait toute femme qui prononcerait un mot sur une dame du palais..."


Le lendemain, une histoire amusante vint heureusement détendre un peu l'atmosphère des Tuileries et faire oublier l'agarade impériale.

Un commissaire des Domaines avait été chargé d'un inventaire au domicile du comte Langlais de Pomeuse.
Après avoir fouillé chaque pièce, le fonctionnaire, ayant pénétré dans la garde-robe de la comtesse, s'était trouvé devant un meuble qui l'avait laisé perplexe. Il s'agissait d'un bidet dont la cuvette avait disparu. Ne connaissant pas l' existence de cet objet, le commissaire avait dicté à son greffier : "Item un étui à violon recouvert d'une peau rouge, garni de clous dorés, monté sur quatre pieds, et dans lequel étui, le violon ne s'est pas trouvé..."

Cette naïveté eut un tel succès que, pendant huit jours, les violonistes de l'orchestre impérial durent cesser de jouer, tant leur apparition au concert déclenchait d'hilarité.

Comme dans une comédie bien agencée, l'Empereur profita du moment où la Cour tout entière était occupée à rire pour s'esquiver.
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MessageSujet: NAPOLEON ET LES FEMMES   Ven 4 Mai - 20:41

Délaissant, en effet, - pour un temps - les dames du palais trop bavardes ou trop expansives à son gré, Napoléon venait de louer une petite maison dans l'allée des Veuves, afin d'y retrouver secrètement des demoiselles ardents, auxquelles il se faisait un plaisir d'éteindre les feux...
Là, nous dit le docteur Passard, "il cocufiait soigneusement des maris dont le bon goût correspondait au sien".
Cette retraite ne l'empêcha pas de se rendre, un soir, au domicile d'une mystérieuse dame, si l'on en croit Constant, le fidèle valet de chambre :


"Un soir, écrit-il, entre onze heures et minuit, l'Empereur me fait appeler, demande un frac noir et un chapeau rond et m'ordonne de le suivre. Nous montons, le prince Murat troisième, dans une voiture de couleur sombre ; César conduisait. Il n'y avait qu'un seul laquais pour ouvrir les portières, et tous deux étaient sans livrée. Après une petite course dans Paris, l'Empereur fit arrêter dans la rue de ...Il descendit, fit quelques pas en avant, frappa à une porte cochère et entra seul dans un hôtel. Le prince et moi étions restés dans sa voiture. Des heures passèrent, et nous commençames à nous inquiéter. La vie de l'Empereur avait été assez souvent menacée pour qu'il ne fût que trop naturel de craidre quele nouveau piège ou quelque surprise. L'imagination fait du chemin lrosqu'elle est poursuivie par de telles craintes. Le prince Murat jurait et maudissait énergiquement, tantôt l'imprudence de Sa Majesté, tantôt sa galanterie, tantôt la dame de ses complaisances. Je n'étais pas plus rassuré que lui, mais plus calme ; je cherchais à le calmer. Enfin,, ne pouvant plus résister à son impatience, le prince s'élança hors de la voiture, je le suivis, il avait la main sur le marteau de la porte losque l'Empereur en sortit. Il était déjà grand jour. Le prince lui fit part de nos inquiétudes et des réflexions que nous avions faites sur sa témérité.

" - Quel enfantillage ! dit là-dessus Sa Majesté, qu'aviez-vous tant à craindre ? Partout où je suis, ne suis-je pas chez moi ?"

Et tout le monde remonta en voiture. A ce moment, Constant aperçut dans les rues voisines de nombreux hommes appartenant à la police qui surveillaient discrètement le logis d'amour...
Napoléon savait allier le plaisir à la sécurité
...
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MessageSujet: Re: NAPOLEON ET LES FEMMES   Sam 5 Mai - 19:48

Il vait bien raison ...
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MessageSujet: NAPOLEON ET LES FEMMES   Sam 5 Mai - 20:17

NAPOLEON, AMOUREUX DE SA NIECE, COURAIT APRES ELLE DANS LES COULOIRS


En amour, la seule victoire, c'est la fuite - NAPOLEON -



AU début de l'année 1805, Napoléon avait trois préoccupations dominantes ; il voulait glisser sa tête sous la couronne d'Italie, poser le pied sur les côtes d'Angleterre et mettre la main au séant de la jeune Stéphanie de Beauharnais...
Cette demoiselle était la nièce de Joséphine. Blonde aux yeux bleus, elle avait séduit l'Empereur, qui désirait lui enseigner, en catimini, quelques-uns des mystères de l'existence.
Mais l'Impératrice veillait.
Un jour, elle le surprit courant dans un couloir après Stéphanie.

- Avez-vous perdu la raison ? Au moment où l'Empire a les yeux fixés sur votre personne, vous vous livrez à des gamineries et vous rêvez de coucher avec votre nièce ? ...


Napoléon n'aimait pas beaucoup qu'on se permît de juger sa conduite. Il entra dans une violent colère, cassa un vase, déchira un rideau et regagna son bureau en claquant les portes.
Pourtant, la remarque de Joséphine le fit réfléchir, et, pendant quelque temps, il s'abstint de jouer les faunes dans les couloirs des Tuileries.
Pour occupaer sa virilité, il continua de rendre des visites discrètes à des demoiselles convouqées par Constant dans la petite maison de l'allée des Veuves. A minuit, lorsque tout Paris dormait, il mettait son chapeau rond, sa redingote, et sortait des Tuileries en cachette, après avoir pris le soin de placer des chandelles allumées près de la fenêtre de son bureau pour maintenir sa légende de travailleur acharné...


Mais ces sorties nocturnes ne tardèrent pas à le fatiguer. Certaine nuit de février, il glissa dans la neige et s'étala devant le poste de garde. La lueur d'ironie qu'il vit briller dans les yeux du factionnaire lui fit comprendre tout le ridicule de sa conduite. Dès le lendemain, il décidait d'utiliser pour son plaisir "le troupeau des dames du palais" qui s'offrait à lui avec tant de persévérante gentillesse malgré son mépris.
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