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Détente - amitié - rencontre entre nous - un peu de couleurs pour éclaircir le quotidien parfois un peu gris...
 
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 LA REINE MARGOT

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epistophélès

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MessageSujet: LA REINE MARGOT   Mer 17 Aoû - 20:33

Si Julienne ne joua pas un rôle important dans la vie de Talleyrand, elle le délivra du moins d'un complexe. Grâce à elle, il sut qu'il pouvait plaire aux femmes malgré son infirmité.
Découverte rassurante qui allait lui ouvrir bien vite de vastes horizons...


Cinq mois après avoir reçu dans sa chambre le faux "petit pâtissier", il reparqua, pendant la messe, à Saint-Sulpice, une très jolie personne dont l'air "simple et modeste" le toucha. A l'Ite missa est il se posta sous le porche et attendit, bénissant le Seigneur (en qui, pourtant, il ne croyait pas) de faire tomber une grosse averse. Dès que la jeune femme apparut, il se précipita :

- Puis-je me permettre de vous abriter sous ma cape ?

Deux minutes plus tard, ils enjambaient les flaques d'eau en riant comme de vieux amis. Serrée contre le séminariste, la gracieuse paroisienne révéla son nom. Elle s'appelait Dorothée Dorinville et jouait à la Comédie-Française sous le pseudonyme de Luzy.

- On m'a forcée à être comédienne, avoua-t-elle.
Or j'ai horreur du théâtre.

- Confidence pour confidence, moi, j'ai horreur de l'Eglise, dit Talleyrand.

Ils étaient arrivés devant le 6 de la rue Férou, où elle habitait.

- Alors montez chez moi, murmura-t-elle, nous allons parler d'autres choses.

Talleyrand monta. Une heure après, dans un grand lit confortable, ils se découvraient tous deux une même vocation que ni l'un ni l'autre n'avait l'intention de contrarier...

Dorothée Dorinville avait vingt-cinq ans et un tempérament ardent.

(Juive de naissance, elle s'était convertie au catholicisme, et Sophie Arnould disait d'elle : "Elle s'était faite chrétienne quand elle a su que Dieu s'était fait homme !".)


Charles-Maurice dut quitter son séminaire tous les soirs pour venir lui donner les caresses dont elle avait besoin. Leur liaison dura deux ans. Et pendant deux ans Talleyrand fut obligé de trouver chaque jour un nouveau moyen de s'échapper.

Extraordinaire apprentissage qui lui apprit à être menteur, comédien dissimulé, machiavélique, parjure, hypocrite : qualités qui devaient l'aider un jour à être le plus grand diplomate de tous les temps...

Devenu vieux, il avouera d'ailleurs à Mme de Rémusat :
"La manière dont se passent nos premières années influe sur toute la vie, et si je vous disais de quelle façon j'ai passé ma jeunesse, vous arriveriez à vous moins étonner de beaucoup de choses..."

D'un pied bot, une femme avait fait un diable boiteux...


Au mois de juin 1775, Charles-Maurice, qui avait été nommé chapelain de la chapelle de la Sainte Vierge à l'église paroissiale de Reims, se rendit dans cette ville pour assister au sacre de Louis XVI.

C'est-à-dire que, pendant huit jours, il profita de l'atmosphère de liesse qui régnait sur la vieille cité pour faire la cour à toutes les jolies femmes qu'il rencontrait.

Il en connut trois : la duchesse de Luynes, la duchesse de Fitz-James et la vicomtesse de Laval.

Ces femmes devaient avoir une grande influence sur lui. Il note d'ailleurs dans ses
Mémoires :

"C'est du sacre de Louis XVI que datent mes liaisons avec plusieurs femmes que leurs avantages dans des genres différents rendaient remarquables et dont l'amitié n'a pas cessé un moment de jeter du charme sur ma vie".

De son côté, Louis Monnier écrit :

"Cet homme fut véritablement formé, modelé par les femmes qu'il connut dans son adolescence. Femmes d'esprit, incrédules, libertines, elles marquèrent d'une empreinte indélébile un esprit encore flottant".

De retour à Paris, Talleyrand commença à fréquenter quelques salons.

- Pour réussir, lui avait dit Mme de Laval, il faut faire rire aux dépens de tout le monde.

Et comme il ne répondait pas, elle avait ajouté :

- Voulez-vous que l'on vous aime ?
- Non.
- Alors soyez méchant avec esprit. Vous serez craint et respecté.

Il profita rapidement de la leçon.


Un soir, il fut invité à dîner. Au moment où l'on passait à table, une des invitées arriva en retard. Comme elle entrait et qu'on lui présentait diverses personnes, Talleyrand fit :

- Ah ! Ah !

Au cours du repas, il ne prononça pas un mot ; mais dans la soirée, la dame vint lui demander pourquoi, à sa vue, il avait dit : "Ah ! Ah !"

Talleyrand la regarda de son air le plus impertinent et répondit :

- Je n'ai pas dit : "Ah ! Ah !", madame, j'ai fait : "Oh ! Oh !"

"Ce fut sur ce mot, nous dit Louis Thomas, que commença à s'établir sa réputation d'homme d'esprit".

Comme quoi il suffit parfois de bien peu de choses
.
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epistophélès

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MessageSujet: LA REINE MARGOT   Jeu 18 Aoû - 0:56

Reçu licencié en théologie le 2 mars 1778, Talleyrand fut ordoné prêtre le 19 décembre 1779 à Reims.
Cet évènement ne l'empêcha pas de continuer à courir les alons en quête d'une jolie femme. On le vit même participer à cette époque à des dîners légers en compagnie de jeunes comédiennes faciles qui n'hésitaient pas à se dévêtir dès les hors-d'oeuvre pour être agréables "à la société". On raconte qu'un soir, au cours d'un de ces repas agrémentés d'attractions, un convive proposa un jeu assez curieux :

- Vous allez vous bander les yeux à tour de rôle avec ette serviette, dit-il aux invités. Tandis que vous serez "aveuglés", nous allons placer devant vous trois verres pleins de champagne, et trois des jeunes personnes qui nous ont fait l'honneur de partager notre repas viendront tremper la pointe de leurs seins dans l'un des verres. Vous devrez alors boire le champagne et identifier les trois "baigneuses" d'après le goût laissé par leurs tétons...
M. de Talleyrand sortit vainqueur de cet étrange tournoi.

Pourtant, ces jeux ne l'amusaient guère. Il n'était pas attiré par le vice et préférait une maîtresse ardente aux désordres d'une partie galante.


Il allait être servi par le destin. En 1782, il fit la connaissance d'Adélaïde Filleul, charmante jeune femme de dix-huit ans que l'on avait mariée au comte de Flahaut, âgé de cinquante-trois ans. C'était une ravissante créature que le baron de Maricourt décrit ainsi :

"Elle est mieux que jolie, elle est charmante, mise avec une élégance sans recherche qui rehausse sa démarche noble et aisée, dessine sa taille souple malgré un soupçon d'embonpoint ; une étrange séduction émane de sa personne tout entière. L'ovale du visage, chez elle, est très pur et l'opulence de sa chevelure châtain, qui semble friser naturellement sous la poudre, fait ressortir la blancheur du teint éclairée par deux yeux bruns, les plus beaux yeux du monde".

De plus, Mme de Flahaut était douée d'un tempérament ardent qu'elle avait hérité de sa mère, Irène du Buisson, dont Louis XV avait jadis apprécié les charmes au Parc-aux-Cerfs. Enfin, elle s'intéressait fort à la politique et avait créé un salon où se réunissaient des gens importants. Tant de qualités devaient attirer Talleyrand qui aimait l'amour et était ambitieux. On le vit donc régulièrement chez Mme de Flahaut, où il arrivait chaque après-midi clopin-clopant.

Il y avait quelque mérite car la jolie comtesse occupait avec son mari un appartement situé au dernier étage du Louvre et l'escalier pour y accéder était raide, sale, encombré et malcommode pour un pied-bot.


(Cette partie du palais était devenue, en effet, une manière de caravansérail d'artistes auxquels on avait concédé des ateliers, d'abord, puis des logements, d'autant plus recherchés que l'occupation en était gratuite. C'est ainsi que le petit papa Fragonard occupait un côté du couloir voisin de la galerie d'Apollon ayant comme voisins : Latour, Isabey, Pajou.
Hubert Robert était logé dans l'autre cour, Vernet et Greuze lui faisaient face."
Le comte de Flahaut, qui n'était pas artiste, avait obtenu cet appartement grâce à son frère, M. d'Angivillier, qui était directeur des Bâtiments royaux).


Naturellement, Talleyrand faisait la cour à Mme de Flahaut. Leur galant manège avait lieu sous l'oeil indifférent du comte qui avait renoncé à toute espèce d'exigences dans ce domaine. Et Adélaïde, privée de caresses, devint rapidement la maîtresse du chapelain.

Ils se rencontraient publiquement, soit chez elle, soit chez lui, et leur liaison prit bientôt une allure conjugale. Un jour, Governor Morris, qui devait être nommé quelques années plus tard ambassadeur des Etat-Unis à Paris, assista à une scène curieuse.
Arrivant à l'improviste chez Mme de Flahaut, il trouva celle-ci en train de prendre un bain de pieds tandis que Talleyrand chauffait le lit de sa maîtresse avec une bassinoire. L'Américain fut ébahi :

"Je regardais, écrit-il dans ses Mémoires, car il est assez curieux de voir un homme d'Eglise engagé dans cette pieuse opération..."

Tous les jours, tandis que le comte faisait la sieste, Talleyrand et Mme de Flahaut s'ébattaient sur un grand lit. Le 21 avril 1785, le ciel récompensa de tels efforts en leur envoyant un fils : Charles-Joseph.


M. de Flahaut, en homme bien élevé, ne montra aucun étonnement et accueillit, avec bonté, et enfant qui venait égayer son foyer.

(Charles-Joseph devait avoir une vie pleine d'aventures. Il fut successivement aide de camp de Napoléon Ier et ambassadeur sous Louis-Philippe. De ses amours avec la reine Hortense, il eut un fils, le duc de Morny, futur membre du corps législatif. C'est ainsi qeu deux romans d'amour firent de Talleyrand le grand-père du demi-frère de Napoléon III).

Dès lors, Talleyrant fut constamment au Louvre.
Il venait jouer avec son fils, sans se cacher, puis retrouvait dans le salon de sa maîtresse les personnages influents qui devaient l'aider dans sa carrière.

Le 16 janvier 1789, enfin, le chapelain, abandonnant pour quelques heures ses devoirs de père de famille, alla se faire sacrer évêque d'Autun, en la chapelle des Sulpiciens d'Issy. Mais dès le lendemain, oubliant crosse et mitre, il revenait chanter une berceuse à son fils.

Le 15 mars, il dut se rendre à Autun, afin d'y prêter les serments rituels. Mais le 12 avril, il quittait sa ville épiscopale pour n'y jamais revenir...

Réinstallé à Paris, dans son luxueux hôtel de la rue de Bellechasse, il put reprendre sa vie "conjugale" avec Mme de Flahaut et briller de nouveau dans ce salon où il avait appris la désinvolture et l'impertinence.


Car c'est là que Talleyrand, petit abbé timide et mal assuré, s'était métamorphosé entre 1782 et 1785.
Mêlé aux hommes les pls brillants de Paris, il avait aiguisé son esprit, cet esprit incisif et souvent cruel qui allait faire de lui l'homme politique le plus craint de son époque. On connaît ses mots. En voici quelques-uns qui devaient affirmer sa réputation :


Dans une des premières séances de l'Assemblée constituante, comme il s'agissait d'élire le président, Mirabeau demanda la parole pour indiquer à ses collègues les conditions de caractère et de talent qu'ils devaient chercher dans celui qui serait appelé par l'élection à l'honneur de présider l'Assemblée.

"Il entra dans l'énumération des qualits avec un détail de circonstances tel qu'il n'était pas possible de ne pas reconnaître l'orateur lui-même dans l'idéal qu'il présentait d'un président accompli."

Talleyrand, craignant qu'une partie de l'Assemblée n'eût pas suffisamment compris ajouta :

- Il ne manque qu'un trait à ce que vient de dire M. de Mirabeau : c'est que le président doit être marqué de la petite vérole...

Toute l'assemblée s'esclaffa.


Un autre jour, Talleyrand réfutait un discours de Mirabeau et celui-ci s'écria :

- Attendez ! Je vais vous enfermer dans un cercle vicieux !

- Vous voulez donc m'embrasser, répartit Talleyrand.

Cet esprit fut en toute occasion sa meilleure arme :


Un soir, dans le couloir d'un théâtre, un individu l'examinait avec une curiosité à peine polie. A la fin, le futur diplomate, impatienté, lui en demanda la raison

- Cela vous gêne, Monsieur ? dit l'homme narquois, un chien peut bien regarder un évêque.

- Comment savez-vous que je suis évêque ? riposta Talleyrand.

Et l'on connait la réponse qu'il fit à une femme qui louchait de façon effroyable et qui lui demandait comment allaient les affaires :

- Comme vous voyez, madame !


Sa correspondance était le reflet de sa conversation.
A une jeune femme qui venait de perdre son mari, il envoya ce mot :

Chère madame. Hélas ! Votre dévoué.

Quelques mois plus tard, la veuve s'étant remariée, il écrivit :

Chère madame. Bravo ! Votre dévoué...


Mme de Flahaut avait donné à la France son plus spirituel homme d'Etat...
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epistophélès

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MessageSujet: LA REINE MARGOT   Jeu 18 Aoû - 18:55

J'ai commandé le Tome VI d'Histoires d'amour de l'Histoire de France...... Very Happy
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MessageSujet: LA REINE MARGOT   Jeu 18 Aoû - 20:55

CAMILLE DESMOULINS RÊVAIT DE LA TERREUR DANS LE LIT DE SA MAÎTRESSE



Le décor importe peu au rêveur - Docteur J. SIMON -



UN soir d'avril 1783, un jeune homme aux vêtements élimés se promenait au Luxembourg. Pâle, le regard mauvais, il considérait avec envie tous les gens qui profitaient du premier soleil de printemps et leur voulait du mal.

Soudain, son oeil jaune s'illumina ; il venait d'apercevoir, sur un banc, une jeune femme dont les seins à peine voilés par une mousseline pointaient joliment vers le ciel d'Ile de France.
Auprès d'elle jouaient deux fillettes d'une douzaine d'années.

Le jeune homme rôda pendant quelques instants autour du banc et chercha un moyen d'aborder cette femme dont il avait brusquement une furieuse envie.
Il fut servi par le hasard. Le ballon d'une des petites filles vint lui choir sur l'épaule. Il bondit, l'attrappa et le rendit à la mère, en s'efforçant de paraître aimable.


Remercié d'un sourire, il se crut autorisé à engager la conversation. Il le fit dans un style un peu emphatique qui avait été mis à la mode par Jean-Jacques Rousseau, l'écrivain helvète.

- Que la Nature est une douce mère, Madame, qui fait jouer sous les arbres séculaires ces adolescentes belles comme des Hébé...

La jeune femme était habituée au langage de l'époque. Elle ne s'étonna point et prit un air flatté. Alors le garçon vint s'asseoir auprès d'elle et se présenta en bredouillant :

- Je me nomme Camille Desmoulins. Je suis étudiant et me destine au barreau...


Lorsqu'ils se quittèrent, il savait qu'elle s'appelait Annette Duplessis, qu'elle avait pour mari un vieillard qui occupait le poste de premier commis au contrôle général des Finances, qu'elle habitait rue de Tournon, qu'elle tenait un salon littéraire et qu'elle était assez libre de son temps...

- Est-ce que je peux espérer que les dieux tutélaires qui nous ont aujourd'hui réunis auront la bonté de nous rassembler bientôt en cet asile accueillant ? dit-il.

- Bien sûr, répondit simplement Mme Duplessis, à demain...

Et d'un pas léger, elle rentra chez elle suivie de ses deux fillettes dont les longs cheveux volaient dans le soleil couchant.

Camille Desmoulins la regarda s'éloigner, admira sa silhouette, pensa qu'elle devait avoir trente ans, c'est-à-dire sept ans de plus que lui, et que sa croupe était bien appétissante...

Cette idée le ravit. Malheureusement, il s'y attarda et s'en trouva gêné...


Alors, pauvre étudiant sans amie, sans maîtresse, il se dirigea vers le Palais-Royal où les filles accueillantes étaient toujours prêtess à rendre service pour quelques livres...

Lorsqu'il arriva sous les galeries, les prostituées qui le connaissaient éclatèrent de rire :

- Tiens, voilà le bafouilleux ! dit l'une d'elles.

Car les filles ne l'aiment pas. Il avait trois défauts qui, de tout temps, ont éloigné les femmes : il était pauvre, il était laid, il était triste...

Une autre lui fit une grimace obscène :

- Reviens quand tu auras de l'argent ...

Une troisième intervint :

- Laisse-le ! Il va encore piquer une crise de nerfs...

Desmoulins leur lança un coup d'oeil plein de haine et pressa le pas. Pour sortir de l'état dans lequel l'avait mis la pulpeuse Mme Duplessis, il se dirigea vers les Tuileries. Là, les étreintes ne coûtaient que quelques sols et avaient lieu dans l'ombre...


Vers neufs heures du soir, il se glissa dans le jardin royal et fut bientôt accosté par une femme qui l'entraîna sans façon sur une pelouse... Tout autour d'eux, un concert de soupirs montait vers les jeunes feuilles de printemps. Les Tuileries, depuis quelques années étaient, en effet, dès la tombée de la nuit, l'un des plus mauvais lieux de la capitale.

"Les belles de nuit, nous dit l'auteur des Sérails de Paris, agaçaient les hommes avec une sorte d'impunité. D'un autre côté, des paillards honteux, de vieux avares, des gens mariés, des débauchés d'un genre particulier, des ecclésiastiques timides, des moines attentifs à ménager leur robe, recherchaient ces bonnes fortunes et étaient enchantés de pouvoir assouvir, dans l'ombre du mystère et dans le silence des bois, une passion qu'ils n'osaient aller satisfaire dans les lieux consacrés à cet effet.
A la faveur d'un léger crépuscule, d'une lueur incertaine, les divers défauts s'éclipsent, tout ce qui porte les attributs du sexe s'embellit et acquiert le droit de plaire. Les grâces surannées reprennent leur fraîcheur, et la matrone la plus hideuse trouve encore à trafiquer de sa laideur dégoûtante.


Ces femmes aident autant qu'elles le peuvent à la méprise par une toilette préparatoire : elles quittent leurs haillons, elles se parfument, elles replissent les rides de la vieillesse avec des pommades, elles blanchissent, elles adoucissent leur peau noire, livide et tannée ; elles compriment fortement leurs appas sans fermeté ; elles réparent par des lotions astringentes les hiatus trops énormes de leurs gouffres secrets ; elles endossent une robe de taffetas consacrée à ce seul usage et donnent ainsi l'extérieur d'une nymphe propre et charmante.

"Deux choses contribuaient à mettre en vogue ces belles de nuit. D'abord, il se trouvait dans le nombre quelques honnêtes femmes, les unes guidées par une curiosité indiscrète et folle, les autres douées d'un tempérament insatiable qu'elles cherchaient à calmer, au moyen de plaisir furtifs, qui, en leur laissant l'extérieur de la vertu, les garantissaient des suites funestes de leur fureur utérine ; et cette amorce, quoique souvent chimérique, était d'un grand attrait pour les galants."


L'ardente femme que Camille avait rencontrée n'était pas de ces donneuses de demi-plaisir. Elle lui fit tant de savoureuses caresses, qu'il se releva complètement apaisé et put rentrer dans sa petite chambre de la rue Saint-André-des-Arts et y rêver calmement de Mme Duplessis...
Le lendemain, il revit Annette et lui offrit ce poème insipide qu'il avait composé pour elle :


Chacun s'arrête et se dit qu'elle est belle
Pour moi, je ne la vis jamais
Sans demander : est-elle déesse ou mortelle ?
Pouvais-je m'y méprendre en voyant tant d'attrait
Et deux colombes auprès d'elle
?



Puis il fut troublé et, comme la veille, se trouva contraint d'aller demander quelques apaisements à une dame des Tuileries. Le même jeu se renouvela chaque jour, et au bout d'une semaines, la modeste somme que Camille recevait tous les mois de son père ne fut plus qu'un beau souvenir.

Alors le jeune homme pensa qu'il serait plus économique de devenir l'amant de Mme Duplessis...

Il le fut par un bel après-midi de juin, alors que le premier commis au Contrôle général des Finances faisait sa promenade quotidienne sur les quais
...
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MessageSujet: LA REINE MARGOT   Ven 19 Aoû - 20:22


Si Mme Duplessis consentait à entrer dans le lit de Camille, en revanche, elle n'acceptait pas que celui-ci parût dans son salon. Et le pauvre, qui était ambitieux et jaloux, en souffait. Un soir, avec un grand sans-gêne, il se rendit rue de Tournon sans être invité. Mme Duplessis l'accueillit très froidement.

Vexé, Camille montra une mine maussade. Il se tint mieux toutefois que chez un ami de son père où, quelques mois auparavant, il était brusquement monté sur la table et avait piétiné la vaisselle avant de s'écrouler sur le plancher en proie à une crise d'épilepsie...

Mme Duplessis était amoureuse. Le lendemain elle avait pardonné son incorrection au futur "procureur de la lanterne".

- Revenez quand vous voudrez ! Mon mari est si candide, dit elle ...


Camille Desmoulins ne se le fit pas dire deux fois. A partir de ce jour, il vint régulièrement prendre ses repas rue de Tournon. Le dimanche, il allait retrouver la famille Duplessis à Bourg-la-Reine et jouait avec les deux fillettes Adèle et Lucile, avant de monter au grenier où la maman l'attendait...

Cette existence idyllique dura quatre ans.


En 1785, Camille devint avocat. Sa nomination fut fêtée avec enthousiasme chez les Duplessis qui donnèrent une soirée en son honneur.

- Notre ami sera demain l'un des maîtres du barreau, dit la maîtresse de maison.

Hélas ! Cette prophétie, fondée sur une admiration amoureuse ne devait pas se réaliser. Camille Desmoulins, qui bredouillait, jalousait ses semblables, et promenait sur tout le monde un regard mauvais, n'inspirait aucune confiance. Il devint avocat sans cause.


Pour vivre, il fut bientôt contraint d'accepter des besognes humiliantes ; il copia des rôles, fit des courses, prépara des dossiers pour deux de ses confrères qu'il jugeait idiots - mais qui avaient su réussir - et il s'aigrit...

A vingt-cinq ans, orgueilleux et médiocrement intelligent, ambitieux sans talent, vindicatif et jaloux, il possédait toutes les qualités qui font d'un homme un raté dangereux.

Rejeté par ses anciens condisciples, qui ne pouvaient supporter longtemps ses continuelles jérémiades, il finit par écrire des vers extrêmement polissons qui étaient vendus sous le manteau à des vieillards de peu de moyens
...

Cette pornographie de bas étage lui permit de végéter. Rimaillant le matin, l'après-midi il traînait de café en café. Alors une flamme l'animait et il discourait pendant des heures, vitupérait les gens en place, insultait le gouvernement, réclamait la justice...

Après ces parlotes, il allait, tout chaud de haine, chez Mme Duplessis. Rendu amoureux par la colère, il entraînait sa maîtresse loin de la chambre où le premier commis dormait, et lui donnait, avec une sorte de rage, des preuves multiples de sa virilité...


Or, tandis que l'ardente Annette sentait son âme s'embraser, Camille mêlait à son plaisir des idées de meurtre. Il pensait à tous les imbéciles qu'il faudrait pendre un jour et chaque nouvelle étreinte avait pour lui un goût de sang...
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MessageSujet: LA REINE MARGOT   Ven 19 Aoû - 20:46

Au début de 1787, Camille s'aperçut tout à coup que l'une des filles de Mme Duplessis, la blonde Lucie, le considérait d'une façon hagarde qui lui sembla être la marque même d'un amour profond.

Intrigué, il la regarda avec des yeux neufs et vit qu'elle était belle. La petite fille qui lui avait, quatre ans plus tôt jeté un ballon sur l'épaule au Luxembourg et qui l'appelait M. Honhon, à cause du grognement qui précédait toutes ses phrases, était devenue une délicieuse adolescente dont la gorge semblait vouloir succéder dignement à celle de Mme Duplessis.

Camille détailla Lucile avec soin et s'aperçut qu'elle commençait à ressembler étrangement à sa mère : mêmes yeux, même bouche sensuelle, même nez fureteur, mêmes mains longues, même cou flexible, même croupe émouvante...

Il résolut de se tromper.

Un jour, au clos Payen, à Bourg-la-Reine, où il continuait de passer ses dimanches avec la famille Duplessis, au lieu d'aller rejoindre Annette, il alla retrouver la jeune fille dans le jardin et lui proposa de jouer à colin-maillard.
Or, il est très difficile de jouer à colin-maillard lorsqu'on n'est que deux. Ou très facile, suivant le cas.
... Et ce fut le cas.


Camille, les yeux bandés, cherchait à tâtons une demoiselle qui ne demandait qu'à être trouvée, caressée, plapée, décoifée, chiffonnée...

Pendant une demi-heure, les deux partenaires firent une espèce de petit ballet qui ressemblait assez aux danses nuptiales des canards de Barbarie ainsi que les décrivent les zoologistes les plus distingués.

Le jeu se termina par un tableau très romantique où l'on vit le jeune avocat à genoux sur le sable du jardin, jurant un amour éternel à Lucile assise sur un banc de pierre moussu comme il se devait.


Pendant quelques semaines, les deux jeunes gens cachèrent leurs étreintes dans les taillis du clos Payen.
Jusqu'au soir où Camille, se traînant devant la jeune fille, lui dit, en versant d'abondantes larmes :

- Demain, j'irai demander votre main à vos parents.

Lucile n'était pas une petite dinde. Elle se contenta de répondre :

- Mais que dira maman ?

Camille baissa la tête. Mme Duplessis pouvait, en effet, poussée par une jalousie assez compréhensible, empêcher le mariage de son amant et de sa fille.

- Elle s'inclinera, répondit Camille qui n'avait pas perdu son beau style, car elle sait qu'il ne faut pas poser un bâillon sur la bouche de la Nature.

Ce langage un peu spécial transporta Lucile, qui était déjà sensible à la phraséologie ampoulée dont devaient se repaître bientôt les Conventionnels.


Elle posa ses lèvres humides sur celles de Camille et le jeune couple revint en titubant légèrement vers la maison familiale.

Le lendemain, rue de Tournon, Camille alla trouver M. Duplessis.

Le premier commis au Contrôle général des Finances fut un peu étonné par l'air exalté du jeune homme qui, prenant son élan depuis la porte, se jeta à genoux sur le tapis.

- Que voulez-vous mon ami ? demanda simplement M. Duplessis.

Le jeune avocat fit un geste de prière :

- Je veux la main de Lucile.


Une petite lueur ironique s'alluma dans l'oeil du premier commis :

- Croyez-vous vraiment, dit-il, que je puisse en parler à Mme Duplessis ?

Cette question gêna considérablement Camille. Il bredouilla, fort désapointé de constater que décidément toute la famille Duplessis était au courant de sa liaison...

Le premier commis sourit :

- Rentrez chez vous, je vais en parler à ma femme.


Le soir même, Camille trouvait chez son logeur de la rue d'Enfer où il avait transporté ses hardes depuis quelque mois, une lettre l'informant sèchement que Mme Duplessis refusait de lui donner sa fille...
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MessageSujet: LA REINE MARGOT   Lun 22 Aoû - 19:19

Cet échec devait éloigner le jeune homme pendant trois ans de la rue de Tournon. Il devait, en outre, aigrir un peu plus son caractère...

On vit alors Camille hanter les bouges les plus mal famés de Paris à la recherche d'un auditoire. Lorsqu'il avait trouvé cinq ou six personnes suffisamment prises de boison pour l'écouter, il parlait, se lançait dans des discours violents contre les riches, les avocats à succès, les nouvellistes attachés à un journal, les bien logés et même les bien mariés...


Après quoi, n'ayant rien fait de sa journée, il rentrait en maugréant, l'oeil jaune de jalousie dans sa chambre sordide.
Pendant deux ans, Camille, qui unissait "un cerveau ardent à une singulière mollesse de carcatère, tomba de chute en chute jusqu'aux dernières déchéances".
(Raoul ARNAUD, La Vie de Camille Desmoulins.)

Ruminant sa rancoeur, obsédé par l'image de Lucile, il en voulait à tout le genre humain et ses discours étaient remplis de haine.

Chaque jour, il faisait un portrait des puissants du régime qui était une description caricaturale de M. Duplessis et il reprochait publiquement aux gens en place tout ce qu'il reprochait secrètement au père de Lucile. Ses déboires sentimentaux lui permettaient ainsi de brosser un tableau très noir des personnages officiels...

Pensant à la jeune fille qu'on lui refusait, il s'écriait :

- Nous sommes entourés de tyrans ! Le royaume est rempli d'abus ! ...


De tels propos étaient généralement bien accueillis en cette fin de 1786 où tout le monde commençait à parler de coup d'Etat. Deux années de mauvaises récoltes avaient appauvri le pays. Les impôts écrasaient le peuple. Dans certaines régions, les paysans qui ne mangeaient de la viande que trois ou quatre fois par an, se nourrissaient de pain trempé dans de l'eau salée et des pamphlets violents circulaient dans tout le royaume.

Louis XVI aurait voulu agir. Paralysé par le Parlement, qui refusait de supprimer les exemptions dont jouissaient certaines classes, sans autorité contre les grandes institutions armées de leurs privilèges, il décida de recourir à l'arbitrage des Etats Généraux...

Les lettres de convocation furent envoyées le 24 janvier 1789. Aussitôt, un enthousiasme extraordinaire s'empara du peuple qui crut avoir la fin de ses malheurs.


Pendant qu'on dansait au coin des rues, Camille quitta Paris et se rendit à Guise où son père, lieutenant général civil et criminel, était chargé de publier la lettre royale. L'avocat sans cause pressentait que des évènements allaient lui permettre d'utiliser sa haine...

Il arriva dans une ville en liesse et en fut attristé.
Le texte de la lettre de convocation était affiché, lu en chaire par les curés et commenté avec attendrissement par les braves gens qui louaient la bonté du roi.

Le 5 mars, soixante-quinze délégués du premier degré furent nommés à Guise. M. Desmoulins et Camille étaient du nombre. Le père refusa son mandat ; mais le fils partit pour Laon où l'on devait procéder au choix des députés.


Un de ses cousins, Deviefville, fut élu. Pas lui.
Plus amer que jamais, il revint à Guise, reprocha à son père de ne l'avoir point soutenu et retourna à Paris. Là, une nouvelle devait le rendre plus bilieux encore.
Il apprit qu'une de ses anciens condisciples de Louis-Le-Grand, qu'il jugeait inférieur à lui, avait été désigné par le Collège d'Arras.
Il s'agissait de Maximilien Robespierre
.
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epistophélès

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MessageSujet: LA REINE MARGOT   Lun 22 Aoû - 20:25

Au début de mai, Camille, qui avait pris goût aux réunions politiques, hantait Versailles où les Etats Généraux avaient attiré une foule de curieux.
Allant de groupe en groupe, discourant selon son habitude, il finit par se faire remarquer de Mirabeau qui le prit comme secrétaire.
Ce jour-là, il eut bien envie de courir chez les Duplessis...

Mais la politique l'accaparait. La politique et les scènes de rues. Quotidiennement, en effet, des émeutes éclataient à Versailles pour la plus grande joie de Camille...


Le dimanche 12 juillet, il était au Palais-Royal, en compagnie de quelques ratés de son espèce, Colard, l'abbé Bénard, Saint-Giniès, Saint-Huruge.
"Incapables d'avoir un métier honorable, écrit Raoul Arnaud, ils se croyaient aptes à remplir toutes les fonctions et passaient leur temps à critiquer ce qui se disait, à blâmer ce qui se faisait. Ils étaient sans fortune et sans emploi et cherchaient à attirer sur eux l'attention des passants et à provoquer les applaudissements des badauds."

Ils déambulaient, ce jour-là, prêts à exciter les esprits et à provoquer le désordre.
Soudain, une nouvelle circula dans le jardin : Necker était renvoyé. Aussitôt, des gens, qui se disaient bien renseignés, prétendirent que les Etats Généraux allaient être dissous et la faillité déclarée. Ce fut l'affolement
.

Les filles du Palais-Royal couraient en tous sens, Camille vit alors l'occasion d'effacer, par un coup d'audace, tous les affronts qu'elles lui avaient fait subir et de leur montrer ce qu'il était, lui, le "bafouilleux", capable de faire.

Il monta sur une table et, comme électrisé, s'adressa à la foule.

- Citoyens, vous savez que la nation avait demandé que Necker lui fût conservé, qu'on lui élevât un monument et on l'a chassé ! Peut-on vous braver plus insolemment ? Après ce coup, ils vont tout oser, et pour cette nuit, ils disposent peut-être une Saint-Barthélemy pour les patriotes ! Aux armes !

- Aux armes ! hurla la foule.
- Bravo ! crièrent les prostituées.

Camille, frissonnant de plaisir, savourait sa revanche.

- Aux armes ! Aux armes ! braillait-il.

Bientôt, il sembla pris d'ivresse :

- On veut nous tuer ! Défendons nos libertés ! Aux armes !

Alors, le peuple, surexcité, se précipita vers les Tuileries. Deux heures plus tard, les troupes du prince de Lambesc étaient lapidées.

En faisant la roue devant quelques filles de joie qui l'avaient un jour humilié, un homme venait de jeter l'étincelle qui allait tout embraser.



La France était à la veille du plus grand bouleversement de son histoire. Et cet événement sans précédent avait, nous l'avons vu, quelques gracieuses dames pour responsables...

Sans Mme de Pompadour qui avait pris le sceptre des mains de Louis XV, sans Mme du Barry qui s'était ingéniée à salir Marie-Antoinette, sans cette jeune reine dont la légèreté et l'imprudence avaient donné lieu à d'injurieux pamphlets, la monarchie n'aurait pas vu disparaître le prestige qui la préservait des attaques populaires depuis mille ans.

A cause de trois femmes, les Français se mirent, pour la première fois, à douter de l'origine divine de la royauté. Et ce doute, auquel se mêlait une profonde, une vertigineuse déception, allait donner naissance à toutes les fureurs, à toutes les révoltes, à tous les excès...

Or, à l'instant même où le peuple de France connaissait l'amertume des amoureux déçus, une poignée de femmes - aveugles et charmants instruments du Destin - poussaient quelques hommes inconnus vers des places qui devaient leur permettre de renverser le trône et d'ébranler le pays.


L'amour, sous toutes ses formes, avait, une fois de plus, joué un rôle déterminant ; car on peut dire que ce sont des milliers de petits frissons qui amenèrent la grande secousse.

Mais, pour faire cette Révolution qui s'annonçait, les hommes, dont on connaît le tempérament frivole et inconstant, avaient besoin d'être soutenus dans leur colère.

Quelques femmes libertines, ardentes, passionnées, mais toujours gracieuses, allaient s'en charger...



Nous arrivons au terme du Tome V. Je n'ai pas encore reçu le Tome VI. En attendant qu'il arrive, je vais reprendre le volume II.
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Jean2

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MessageSujet: Re: LA REINE MARGOT   Mer 24 Aoû - 8:56

Tu as pû trouver le 6 ?
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epistophélès

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MessageSujet: LA REINE MARGOT   Mer 24 Aoû - 13:40

Je l'ai commandé, Jean2. J'attends ......... Very Happy
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MARCO

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MessageSujet: Re: LA REINE MARGOT   Mer 24 Aoû - 20:43

AAaaaahhhhh !!! Super!
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MessageSujet: Re: LA REINE MARGOT   Lun 29 Aoû - 10:51

Il est attendu de pied ferme Laughing
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MessageSujet: Re: LA REINE MARGOT   

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LA REINE MARGOT
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